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jeudi 22 mai 2014
Grace de Monaco
Il faut parfois laisser les légendes tranquilles: en voulant toucher à un des contes de fées les plus connus du XXème siècle, Olivier Dahan ne reproduit pas la magie de La Môme...
En 1962, Grace Kelly est mariée depuis 6 ans au prince Rainier de Monaco, avec qui elle a deux enfants. Quand Hitchcock la sollicite pour participer à son prochain film, elle doit faire face à ses sacrifices et se demande s'ils en valent la peine.
Grace de Monaco était le film d'ouverture du Festival de Cannes 2014 où il a reçu un accueil très froid. La famille Grimaldi a, de son côté, boycotté le film en indiquant que les faits ont été inutilement glamourisés et que nombre d'entre eux sont tout simplement... faux.
Le réalisateur se défend en disant n'avoir jamais eu l'intention de réaliser un biopic. Son film est "une fiction inspirée de faits réels". Mais le spectateur n'est jamais prévenu de ce qui est vrai ou pas. En lisant par la suite ce qui s'est réellement passé à cette époque, on a la désagréable impression de s'être fait avoir sur toute la ligne.
Grace de Monaco est un film caricature: tous les traits sont grossis et poussés à l'extrême, de la beauté froide de l'héroïne au soleil qui semble briller en permanence dans le ciel de la principauté, en passant par les monégasques, dépeints comme des santons provençaux. On frise souvent le ridicule.
Nicole Kidman s'en sort plutôt bien, tout d'abord parce qu'on ne peut nier une certaine ressemblance physique avec Grace Kelly mais aussi par l'énergie et la fragilité qu'elle met dans son jeu.
Tim Roth est Rainier et paraît se demander pendant 1h45 ce qu'il vient faire dans cette galère.
Entre publicité pour les bijoux qu'elle porte et leçon de morale mettant le devoir conjugal devant les ambitions personnelles, Grace de Monaco ressemble à une pâtisserie indigeste, pompeuse et pleine de guimauve.
La petite anecdote:
Dans le nombreuses réalisations de (la vraie) Grace Kelly, il y a la conception du maillot de l'équipe de foot ASM en 1960.
Note:
1/5
Infos pratiques:
Grace de Monaco
sorti le 14 mai 2014
réalisé par Olivier Dahan
avec Nicole Kidman, Tim Roth, Franck Langella
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19543494&cfilm=201484.html
lundi 29 octobre 2012
J'ai été voir... Paperboy
Paperboy avait créé en mai dernier des remous du côté de la Croisette où il était présenté en compétition officielle du Festival de Cannes. Nombreux étaient ceux qui se demandaient tout simplement comment il avait pu être sélectionné... L'une des raisons est sans doute son casting, qui garantissait une montée des marches glamour à souhait (Nicole Kidman, Matthew McConaughey, Zac Efron).
J'avais donc envie de m'en faire ma propre opinion.
Paperboy raconte l'enquête menée par un journaliste (Matthew McConaughey) pour innocenter un pauvre type (John Cusack) accusé un peu précipitamment du meurtre d'un policier. Accompagné par son petit frère (Zac Efron) et à la demande de la copine du taulard (Nicole Kidman), il va donc revenir dans sa ville natale et tenter de comprendre ce qui s'est passé.
Le premier mot qui vient à l'esprit en parlant de Paperboy est "trash". Le réalisateur Lee Daniels (qui avait réalisé Precious en 2009) ne nous épargne rien et prend même un malin plaisir à nous mettre en face de scènes difficiles à digérer.
Le scénario n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour explorer les facettes déviantes et les parts d'ombre des personnages. Du coup, on est vite perdus dans l'histoire et on a la sensation de perdre le fil, ce qui est désagréable. Trop de petits morceaux d'histoire(s) qui ne s'emboîtent pas bien et qui ne sont pas aboutis.
Esthétiquement, Daniels pousse les références aux années 70 à fond. Couleurs criardes, costumes bariolés, musique: pas de doute, on est en 1969.
Les thèmes abordés sont d'époque également: racisme sous-jacent, homosexualité refoulée, etc. Sauf qu'à vouloir parler de trop de choses, le film s'éparpille et perd de son intensité.
En revanche, il reste une constante qui dure 1h50: le côté poisseux.
L'action se situe en Floride, dans ce sud bouseux des Etats-Unis qui a été filmé tant de fois qu'on a l'impression de le connaître sans y avoir pourtant jamais mis les pieds. L'atmosphère, chaude et humide, vous prend à la gorge et ne vous lâche pas.
Le bayou de Floride étant visiblement un endroit approprié pour grandir avec une case en moins, les protagonistes de Paperboy sont tous un peu barrés.
Pour les interpréter, Lee Daniels a mis sur pied un casting solide (et glamour donc) qui le suit sans complexe dans ses scènes tordues.
Tout d'abord Nicole Kidman qui écorche avec plaisir son image de diva froide en interprétant avec une grande fragilité ce personnage très ambigu de bimbo vieillissante obsédée par les prisonniers. Trois scènes ont particulièrement fait couler l'encre des critiques, pendant lesquelles elle flirte avec l'exhibitionnisme (on vous laissera identifier les moments en question).
John Cusack, malgré peu de temps à l'écran, campe un type complètement taré, le cheveux sale, l'esprit tordu et le regard vide.
Zac Efron, lui, saute dans la cour des grands. Après les films pour adolescentes qui l'ont lancé (High School Musical 1,2 et 3, 17 ans encore ou Happy New Year), il ne livre pas ici la performance du siècle mais donne à voir un potentiel. On a en revanche de temps en temps l'impression que Daniels le filme davantage pour ses abdos et pour le fantasme qu'il représente que pour son jeu.
Enfin Matthew McConaughey, encore une fois en grande forme, nous régale avec le personnage de Ward Jansen, très juste dans sa recherche des limites. On ne se lasse pas de le voir aussi souvent en 2012 (Magic Mike, Killer Joe et bientôt Mud de Jeff Nichols)
C'est donc là que se trouve le plaisir, un peu pervers, du spectateur de Paperboy: voir de bons acteurs aller jusqu'au bout du challenge que leur propose un réalisateur qui n'a pas peur de faire dans le cra-cra. Même si le résultat est globalement vulgaire et dérangeant, il est aussi captivant.
Pervers on vous dit...
La petite anecdote
Paperboy est un roman de Peter Dexter, inspiré d'une histoire vraie.
L'adaptation a longtemps été entre les mains de Pedro Almodovar, qui a finalement décliné.
Infos pratiques
Paperboy
sorti le 17 octobre 2012 en France
réalisateur: Lee Daniels
avec: Nicole Kidman, Matthew McConaughey, John Cusack, Zac Efron
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19400197&cfilm=193901.html
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