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mardi 26 avril 2016

Good Luck Algeria


Du sport au cinéma, une veille de marathon, c'est le programme idéal.

Pour assurer la visibilité de leurs skis artisanaux, Sam et Stéphane veulent un athlète aux Jeux Olympiques. Quand leur champion suédois les abandonne, il faut trouver un plan B.

Good Luck Algeria est tiré d'une histoire vraie: en 2006, Nourredine Bentoumi participe aux JO de Turin en ski de fond (50 km) aux couleurs de l'Algérie. C'est son frère Farid Bentoumi qui réalise le film aujourd'hui.
Comme beaucoup de films tirés d'histoires réelles, il parait peu vraisemblable, et pourtant...

Sport d'hiver, choc des cultures, tolérance: on peut penser à Rasta Rockett. Ce n'est pas aussi drôle mais c'est quand même une bonne comédie. 

Le scénario sent les bons sentiments, le courage, l'amitié, la famille. Oui c'est un peu facile, pas très abrasif et sans doute très Bisounours. Mais les dialogues sont bien ficelés, le casting est étonnant (Chiara Mastroianni face à Franck Gastambide des Kaïra) et l'ensemble bien rythmé.

Good Luck Algeria parle de la bi-nationalité, sujet d'actualité s'il en est. Sam, entrepreneur idéaliste et un peu rêveur doit se poser la question de ses racines. Son père (Bouchakor Chakor Djaltia, très touchant) vit entre ses oliviers en Algérie et le futur de ses enfants en France. Sa mère, française, a choisi l'intégration inversée: c'est elle qui parle arabe alors que ses enfants non.
Sam comprend petit à petit ce qu'il retient de ses origines, ce qu'il choisit d'en garder.

Et si, comme moi, un athlète portant un drapeau et/ou un hymne national dans un stade vous font monter les larmes aux yeux, Good Luck Algeria jouera alors aussi la corde de l'émotion.

Un film convenu mais agréable, "feel good movie" français, assez rare pour être noté.

La petite anecdote:
Sami Bouajila a été choisi pour son jeu mais aussi pour sa ressemblance avec Noureddine Bentoumi

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Good Luck Algeria
sorti le 30 mars 2016 en France
réalisateur: Farid Bentoumi
avec: Sami Bouajila, Chiara Mastroianni, Franck Gastambide

mardi 19 mai 2015

Girls Only


Voilà un nouveau venu dans la catégorie "film de filles" et sauf si vous êtes absolument allergique à tous les autres styles disponibles en ce moment (super-héros, film dramatique, super-production métal...), vous ferez mieux de vous abstenir.

Megan a 30 ans et elle ne sait pas où elle en est. Pour fuir ses responsabilités, elle se réfugie chez sa nouvelle copine Annika, 16 ans.

Le héros (ou l’héroïne) trentenaire paumé(e) et fuyant ses choix d'adulte et se posant plein de questions existentielles, c'est LE sujet du cinéma français. Et pourtant, cette fois, ça se passe à Seattle avec une actrice anglaise.
Et si, de loin, Girls Only peut avoir l'air d'un film indépendant - présentation au festival de Sundance à l'appui - on est très loin de l'humour d'un Little Miss Sunshine ou de la profondeur d'un States of Grace

Le sujet pouvait pourtant donner de la matière. Ce moment de flottement pour passer à l'âge adulte, le poids de ces choix qui ne se font pas tout seuls pour tout le monde, la pression d'un groupe d'amis qu'on ne reconnaît plus, la volonté de garder une part d'insouciance: tout cela aurait pu nourrir un scénario qui se contente de survoler les thèmes. 

Les moues de Keira Knightley (qui perd beaucoup de son charme en abandonnant son accent britannique) et celles de Chloë Grace Moretz (décidement beaucoup moins fun que dans Kick Ass) ne suffisent pas.
Le seul personnage masculin, celui joué par Sam Rockwell(vu dans Cet été là), est complètement sous-exploité.

On a donc droit à une énième comédie romantique qui a oublié d'être drôle mais qui n'a pas oublié sa fin ultra prévisible.

A éviter.

La petite anecdote:
La réalisatrice Lynn Shelton a réalisé plusieurs épisodes de la série New Girl avec Zoey Deschanel. Série qui, elle, ne manque pas d'humour.

Note:
1/5

Infos pratiques:
Girls Only
sorti le 13 mai 2015 en France
réalisatrice: Lynn Shelton
avec: Keira Knightley, Chloë Grace Moretz, Sam Rockwell

lundi 4 mai 2015

Good Kill


Pour compléter American Sniper, sorti il y a quelques semaines, voici un autre film sur les interventions militaires américaines et leurs dégâts sur les soldats.

Thomas Egan est un pilote qui ne vole plus. Après avoir eu un F-16 entre les mains, il commande maintenant un drone de combat, depuis une base située à côté de Las Vegas.

Le réalisateur Andrew Niccol s'intéresse depuis longtemps à la place que prend la technologie dans nos vies. Après Bienvenue à Gattaca et plus récemment Time Out, le scénariste de The Truman Show abandonne la science-fiction et base son récit sur des faits réels. 
La problématique reste cependant proche: la guerre se fait maintenant par écrans interposés et devient de plus en plus virtuelle, même si les victimes sont toujours de chair et de sang.

L'armée américaine utilise de plus en plus souvent ces drones pour bombarder les théâtres d'opération. Capable d'une précision chirurgicale alors qu'ils sont stationnés à 10 000 pieds et minimisant les dangers (moins d'hommes au sol), cette technique a aussi ses détracteurs. Les dommages collatéraux, les morts de civils sont en effet non négligeables.
C'est d'ailleurs là que se trouve le premier reproche qu'on peut faire au film: Niccol dénonce ces frappes et leur côté inhumain mais il le fait de façon peu subtile. Il ne donne pas à Good Kill l'ampleur nécessaire à un réquisitoire anti sale guerre. Certains dialogues entre soldats frisent d'ailleurs la caricature.

Pour Thomas Egan, ce n'est pas l'éthique de ces frappes qui le dérange mais plutôt de ne pas être lui-même en danger. A l'abri dans son caisson climatisé, il rentre chez lui le soir pour border ses enfants et ça le rend malade. 
Le sujet pouvait être passionnant: ces pilotes, souvent recrutés parce qu'ils sont bons aux jeux vidéos, comment font-ils la part des choses? Comment compartimenter? A quels conflits moraux font-ils face?
Alors que le film aurait pu traiter plus en profondeur de cette déconnexion à la réalité, il dérive vers un grand classique des films qui touchent à l'armée: le personnage principal traverse une crise conjugale. Tous les soldats américains ont-ils tous des problèmes à la maison? Les états d'âme de notre pilote de drones tournent finalement davantage autour des soupçons d'infidélité de sa femme que sur le nombre de civils qu'il a pu tuer. Et c'est dommage.

Le rythme est volontairement lent et le spectateur, comme le personnage principal, se retrouve en mal d'action. Un malaise s'installe et ont suit passivement que l'histoire se déroule. Niccol n'évite d'ailleurs pas l'écueil la démagogie sur la fin du film. Il réalise une démonstration assez laborieuse: certes très documentée mais pas enthousiasmante.

Ethan Hawke (dés)incarne ce pilote qui rêve de Top Gun mais qui est coincé avec une X-Box meurtrière dans le désert de Las Vegas. Son visage se creuse petit à petit et il garde une fermeture qui correspond bien au personnage complexe.
On remarque également January Jones, déjà vue dans la série Mad Men et qui endosse à nouveau le costume de mère de famille délaissée.

Good Kill (expression à traduire par "dans le mille") explore un sujet d'actualité et à fort potentiel cinématographique: la guerre à distance et à armes inégales. Malheureusement, le réalisateur ne se donne pas la chance d'aller au bout. Le résultat est trop sobre et défend des idéaux trop manichéens pour nous embarquer avec lui.

A voir pour nourrir le débat sur les nouvelles formes d'intervention armée, pas nécessairement pour l'objet ciné.

La petite anecdote:
A ce jour, l'armée américaine est quasiment la seule à utiliser des drones de combat, en particulier pour des frappes (la France en possède deux qu'elle utilise pour des missions de reconnaissance). 
Les USA viennent par ailleurs d'autoriser la vente des drones de combat à leurs alliés, ce qui va ouvrir un marché conséquent aux entreprises américaines qui ont pris de l'avance dans le domaine.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Good Kill
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Andrew Niccol
avec: Ethan Hawke, January Jones, Zoe Kravitz

jeudi 23 octobre 2014

Gone Girl


Le maître du thriller est de retour. David Fincher (Se7en, Fight Club et plus récemment, Millenium) adapte un best-seller de Gillian Flynn et nous fait trembler.

Nick Dunne rentre chez lui pour fêter ses 5 ans de mariage. Mais sa femme Amy a disparu et il se rend progressivement compte que tout l'accuse.

Gone Girl est tiré du roman Les Apparences de Gillian Flynn, qui a elle-même écrit le scénario (et a ainsi pris quelques libertés). 
Tout part d'un couple en apparence idéal et dont on découvre les fêlures petit à petit. Difficile de ne rien révéler du scénario qui va de surprises en rebondissements. 
Le réalisateur crée une tension qu'il fait grandir petit à petit et qu'il manipule à sa guise. 

L'intelligence de Fincher est de se servir de cette histoire pour parler d'autres aspects de la société américaine. Il a réalisé The Social Network en 2010: les conséquences de l'omniprésence de Facebook et la place de la vie privée sont abordés dans Gone Girl. La disparition d'Amy prend en effet des proportions gigantesques quand les médias s'en emparent. Les effets sur la vie des protagonistes sont démultipliés.

Fincher dénonce également l'image du couple et du mariage qui sont, selon lui sources de non-dits, de malaise et de désir de contrôler l'autre. A ce titre, Gone Girl est un film très pessimiste: sous de faux airs de comédie et en faisant appel à l'humour, le réalisateur a une vision très noire.

C'est finalement de l'image dont il est question (n'oublions pas le titre du roman d'origine Les Apparences): l'image qu'on renvoie aux autres, à ceux qu'on aime, à ceux qui nous entourent, à ceux qui jugent sans nous connaître. Jusqu'à quel point crée-t-on un illusion et comment peut-on jouer de ces apparences?

Ben Affleck est le mari pas si parfait qui risque d'être victime de lui-même. Il s'en sort correctement, sans plus. Rosamund Pike (vue dans le mauvais Jack Reacher) sort, elle, son épingle du jeu en héroïne hitchcockienne: beauté froide et fragile mais pas seulement.

Fincher maîtrise ses effets de réalisation à la perfection et nous balade de bout en bout. Certes, certains rebondissements sont difficilement crédibles et d'autres prévisibles. Mais on se dit quand même que ce sera bien de voir Gone Girl une 2ème fois pour ne rien louper.
Les références aux maîtres du genre sont nombreuses (une scène de douche par exemple n'est pas sans rappeler Hitchock) et on s'en délecte comme autant de clins d’œil. 

Une machine diaboliquement bien huilée...

La petite anecdote:
Pour les fans du clip "Blurred Lines" de Robin Thicke qui a fait couler beaucoup d'encre en 2013, sachez qu'Emily Ratajkowski est au générique de Gone Girl, et que c'est davantage pour sa taille de soutien gorge que pour son jeu d'actrice.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Gone Girl
sorti le 8 octobre 2014 en France
réalisateur: David Fincher
avec: Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris, Emily Ratajkowski

mardi 27 mai 2014

Godzilla


Le célèbre monstre japonais est de retour... Après la version (ratée) de Roland Emmerich en 1998, c'est au tour de Gareth Edwards (réalisateur de Monsters sorti en 2010) de livrer son interprétation du mythe. On compte quasiment 30 films mettant en scène ce monstre et autant de mangas, séries et jeux vidéos.

En 1999, le Dr Serizawa découvre aux Philippines une spore préhistorique. Au même moment, un accident conduit à la destruction d'une centrale nucléaire au Japon. 15 ans plus tard, ces événements resurgissent avec l'apparition de monstres.

Le scénario de ce Godzilla est minime est c'est là son principal défaut. S'appuyant pourtant sur un casting honorable (Bryan Cranston, héros de la série Breaking Bad et vu dans Drive , Ken Watanabe, vu dans Inception et Batman Begins et même Juliette Binoche dans un petit rôle), les personnages sont relayés au second plan. ce qui intéresse le réalisateur Gareth Edwards, ce n'est pas les humains et ça se comprend vite. 
On les découvre dans une première partie plutôt bien construite pour mieux les oublier dans la seconde moitié du film, où les rapports humains sont vraiment à la peine.
On n'est pas aidés par Aaron Taylor-Johnson (vu dans Kick-Ass, Savages et Anna Karenine) qui interprète le héros, Ford Brody. Mon camarade de séance ciné a trouvé la bonne métaphore: il joue "comme une tong".

Le scénario est donc très faiblard mais la réalisation est extrêmement maîtrisée: l'intérêt principal de Godzilla est visuel.

Edwards choisit intelligemment de ne pas nous montrer tout de suite les monstres. Il fait monter la tension en nous les dévoilant par petits morceaux, voire en les laissant hors champs. On est vite au cœur de l'action sans pouvoir prendre de recul. En jouant tout au long du film sur les différences d'échelles, le réalisateur livre quelques scènes magnifiques, notamment le saut en parachute au dessus de San Francisco, sur une musique extraite de 2001: L'Odyssée de l'Espace.
Evidemment, les destructions sont nombreuses (c'est pour une fois San Francisco qui fait l'objet de la rage des monstres) et la 3D permet de se lâcher sur les effets spéciaux. Chacun aura son avis sur le style de Godzilla, que de nombreux fans ont trouvé trop gras... Les scènes de bataille tirent parfois en longueur mais c'est aussi ça qu'on vient voir en prenant son billet.

A part un scénario construit, un autre élément fait cruellement défaut à Godzilla: le second degré. Le film, à l'image de son héros, se prend beaucoup trop au sérieux et c'est vite pénible.

Quant au retraitement du mythe et le message que Gareth Edwards veut faire passer, il est loin d'être exploité à fond. Ce Godzilla serait une incarnation de la Nature, plus forte que l'Homme et capable de se rééquilibrer...

On a donc affaire à un blockbuster très premier degré, dont la dimension humaine est réduite à peau de chagrin mais à la mise en scène très réussie. Pas de surprise mais du grand spectacle.

La petite anecdote:
Le directeur de la photographie s'est un jour trompé de plateau dans les studios de Vancouver. Il s'est retrouvé sur le tournage de La Planète des Singes: L'Affrontement qui avait ce jour-là un décor assez similaire.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Godzilla
sorti le 14 mai 2014
réalisateur: Gareth Edwards
avec: Bryan Cranston, Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Juliette Binoche
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540635&cfilm=179616.html 

mercredi 2 avril 2014

Les Gazelles


Attention! ceci est une comédie française... drôle! et ça n'était pas arrivé depuis longtemps.

Marie a la trentaine, elle est en couple depuis bientôt 15 ans avec Eric, ils viennent d'acheter un appartement. Mais elle décide de le quitter sur un coup de tête et va goûter à la liberté et au célibat, aux côtés d'une bande de copines, les "gazelles".

Les Gazelles est un film de filles: réalisé par une fille, Mona Achache (réalisatrice de Le Hérisson avec Josiane Balasko), co-écrit par 3 filles (Mona Achache, Camille Chamoux et Cécile Sellan) et qui parle d'une bande de filles. Les spectateurs masculins pourraient bien y laisser quelques plumes.

Car la gazelle a le sens de la vanne et les traits d'humour fusent à toute vitesse. Ce n'est pas son scénario qui fait de Les Gazelles un film qui tient la route mais bien la fluidité de ses dialogues et son rythme soutenu. Les scènes dans lesquelles les 5 filles enchaînent les soirées et les commentaires sur les hommes qui les entourent sont assez jouissives.

Camille Chamoux donne le ton du film et impose son énergie à tout ce qui l'entoure. Elle a un débit et une fraîcheur très agréable. Il sera intéressant de voir si elle veut jouer autre chose que le rôle de la "trentenaire" qu'elle joue ici et dans son spectacle "Née sous Giscard".
Elle est bien entourée de sa bande de copines qui vont lui apprendre les règles du célibat: Audrey Fleurot (la rousse pulpeuse d'Intouchables), Naidra Ayidi (vue dans Polisse) ou Joséphine de Meaux (La Délicatesse) se régalent.

L'humour de Les Gazelles se rapproche par certains aspects de celui de la série Girls, en moins trash et plus... français. Ça fonctionne sur le clin d’œil et la reconnaissance: on rit parce qu'on remarque certains détails qui nous ressemblent ou nous rappellent un souvenir. Un peu comme Bref! Ce type d'humour fait que Les Gazelles vieillira sans doute mal mais a un goût de "code générationnel" très plaisant.

Au-delà de cet humour très bien porté par les actrices, le sujet des Gazelles est intéressant. Ces filles ne veulent pas se conformer à se conformer à ce qu'on attend d'elles, et pourtant elles souffrent (parfois) d'être seules. En les montrant avec leurs crises de confiance et leurs défauts et surtout en ne les rangeant pas dans des cases, Les Gazelles nous montre des héroïnes émancipées et ça fait du bien! Ces filles reprennent un certain pouvoir pendant leurs soirées alcoolisées qui débouchent sur des histoires sans lendemain. Sauf que le dimanche soir est toujours aussi déprimant pour elles.

Tout le film va un peu vite et n'est pas complètement maîtrisé (ce n'est que le second film de Mona Achache) mais il sait mettre le doigt sur certaines galères sans les dramatiser.

Les Gazelles est un film réjouissant. Pas seulement parce que je suis pile dans le public visé mais aussi parce que le mélange d'humour au cordeau et de regard sans concession sur une génération de filles un peu paumées est réussi. Pas le film du siècle mais un "film de meufs" bien agréable qui confirme qu'on est mieux seule que mal accompagnée.

La petite anecdote:
Sur l'affiche du film, un numéro de portable apparaît sur le bras de Camille Chamoux. Si on l'appelle, on tombe sur le répondeur de celle-ci, et un message qui nous demande de raconter notre "meilleure anecdote sur le célibat" et qu'elle en fera bon usage.

Infos pratiques
Les Gazelles
sorti le 26 mars 2014 en France
réalisatrice: Mona Achache
avec: Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Anne Brochet, Naidra Ayidi

vendredi 7 mars 2014

The Grand Budapest Hotel


Wes Anderson (A bord du Darjeeling Limited, La Vie Aquatique, Fantastique Mr Fox, Moonrise Kingdom) réunit un grand casting pour nous conter sa nouvelle aventure farfelue et poétique.

Monsieur Gustave, concierge omniprésent et attentionné du Grand Budapest Hotel se retrouve impliqué dans des péripéties rocambolesques suite au décès soudain de l'une des clientes. 

L'univers de Wes Anderson est particulier et si vous êtes sensible à son charme désuet, à son attention aux détails et à son humour décalé, The Grand Budapest Hotel ne vous décevra pas.
Moins extravagant que certaines de ses précédents réalisations (La Via Aquatique par exemple), Anderson signe ici un conte malin et pétillant.

Monsieur Gustave est un personnage fascinant qui parvient à conserver son élégance dans toutes les situations. Dandy quasi gigolo, il érige les bonnes manières en style de vie et façonne son monde à coup de politesses. Le flegme britannique de Ralph Fiennes est parfait pour ce personnage qui donne largement le ton du film.

Anderson nous emporte dans le labyrinthe de son Grand Budapest Hotel, allant même jusqu'à faire des sauts dans le temps entre les années 30, 60 et 80.
Il ne perd jamais le rythme et les aventures s'enchaînent de façon surprenante et délicieuse. 
Les connaisseurs du réalisateur reconnaîtront des symboles et des thématiques qui lui sont chers (les trains, les costumes colorés, l'animation image par image, les dédales...).

L'affiche en dit long sur le festival de stars venues faire une apparition (Jude Law, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Willem Defoe et les habitués Owen Wilson et Bill Murray qui apparaissent pour la 7ème fois). Il semble que même les figurants soient connus! Sans doute ces acteurs et actrices viennent se régaler pour quelques jours de tournage à endosser les costumes loufoques que Wes Anderson a imaginé et participer à son univers.

Il n'a pas son pareil pour créer une atmosphère et y faire vivre ses histoires. Il jongle ici entre film d'action et d'évasion, comédie bourgeoise, enquête et romance et semble aussi à l'aise avec tous ces styles.

A bien y réfléchir, il y a une certaine noirceur derrière le rose bonbon de la façade du Grand Budapest Hotel. Le monde de M. Gustave touche à sa fin, l'armée s'installe et la violence n'est pas absente.
Mais grâce à un humour fin et décapant, le spectateur passe 1h40 dans un monde à part, entre burlesque et raffinement.

La petite anecdote:
The Grand Budapest Hotel n'est pas vraiment situé dans les Alpes du pays de Zubrowka: c'est le magasin görtlitzer Warenhaus en Allemagne (à la frontière avec la Pologne et la république tchèque) qui a servi de décors au film.

Infos pratiques:
The Grand Budapest Hotel
sorti le 26 février 2014 en France
réalisateur: Wes Anderson
avec: Ralph Fiennes, Tony Revolori, Adrian Brody, Willem Defoe, Mathieu Amalric, Jude Law, Hrvey Keitel 
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19539015&cfilm=207825.html 

mercredi 27 novembre 2013

J'ai été voir... Les Garçons et Guillaume, à table!


Si vous n'avez pas entendu parlé de Les Garçons et Guillaume, à table!, vous êtes sans doute enfermé dans une grotte, sans télé ni radio. Guillaume Gallienne, réalisateur et acteur principal a su mener sa campagne de communication: 600 000 entrées pour la 1ère semaine, c'est tout simplement le meilleur démarrage d'un film français en 2013.

Guillaume grandit dans une famille bourgeoise où ses manières efféminées le classent d'office dans la catégorie "homosexuel". Il nous raconte son cheminement pour s'approprier qui il est.

Les Garçons et Guillaume, à table!, chronique d'un succès annoncé? le réalisateur/acteur, pensionnaire de la Comédie Française a su s'entourer pour son 1er film, adaptation de son spectacle qui avait déjà très bien marché.

Ce film est une comédie douce-amère qui aborde le sujet sensible de l'identité sexuelle. En racontant cette histoire à la première personne, Guillaume Gallienne nous immerge dans sa propre histoire, qu'il a légèrement revisitée...
Et cet humour plaît au plus grand nombre car il n'est pas méchant, pas vulgaire, simplement élégant et bien écrit. On n'assiste pas à un règlement de comptes mais à un récit un peu foldingue et décomplexé. Quand Gallienne nous raconte sa mère dévoreuse et désopilante, ce n'est pas pour l'accabler mais pour qu'on essaie de comprendre.

Le sujet central des étiquettes que l'on pose sur les gens sans se soucier des dégâts qu'elles peuvent causer, Les Garçons et Guillaume, à table! l'aborde de façon sensible, et pourtant frontale. 

En revanche, fuyez si vous n'aimez pas le phrasé, les manières et le ton de Guillaume Gallienne car il est omniprésent. Interprétant les deux rôles principaux, c'est aussi à une performance d'acteur que l'on assiste. Mais il est vrai que sa préciosité et son éternel étonnement peuvent agacer. Gallienne acteur (que l'on retrouvera bientôt dans Yves Saint Laurent, le biopic consacré au couturier dans les quel il interprète Pierre Bergé) s'en donne ici à cœur joie.

Les Garçons et Guillaume, à table! parvient à faire rire une salle entière pendant 1h30. On ne crie pas au génie mais 1h30 de rires, ça ne se refuse pas!

La petite anecdote:
Un peu comme le roi George VI du Discours d'un roi, c'est grâce à un phoniatre, un thérapeute de la voix que Guillaume Gallienne (le vrai) a surmonté sa dépression pendant son adolescence.

Infos pratiques:
Les Garçons et Guillaume, à table!
sortie le 20 novembre 2013 en France
réalisateur: Guillaume Gallienne
avec: Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538962&cfilm=180103.html

lundi 4 novembre 2013

J'ai été voir... Gravity


"Quand je serai grand, je serai astronaute!" Peut-être le réalisateur Alfonso Cuaron a-t-il repensé à cette phrase en se lançant dans le projet Gravity. Après 5 ans de rédaction du scénario et d'attente pour que les techniques de tournage en 3D correspondent à sa vision, le film arrive sur les écrans et rencontre un énorme succès, qui va sans doute lui ouvrir de nombreuses nominations aux prochains Oscars.

Suite à un accident lors d'une sortie dans l'espace, le Docteur Ryan Stone doit tenter l'impossible pour rentrer sur Terre.

Comment rendre captivantes 1h30 de film avec deux personnages et une liberté de lieux assez limitée? La réponse de Cuaron: en créant une prouesse visuelle, celle de projeter le spectateur dans l'espace et de lui faire perdre tous ses repères. Grâce à la mise au point de nouveaux procédés de tournage, il parvient à nous faire perdre la notion de haut, de bas, de pesanteur, d'effort. Tout est chamboulé et on est rattaché au seul personnage de Stone qui dérive. 

Gravity est tourné en 3D. Une 3D qui donne une profondeur évidente à l'espace, aux paysages de la Terre vue d'en haut mais aussi un aspect très effrayant aux débris et accidents en tous genres. C'est spectaculaire et très bien calculé, aucun détail n'étant laissé au hasard. Même l'ancien astronaute Buzz Aldrin a avoué avoir été bluffé par le réalisme du film.

Le scénario de Gravity est simple et on peut lui reprocher son manque de réalisme. Il a pour principal intérêt d'être concis (1h30 de film, ça devient rare à Hollywood) et donc de ne pas nous perdre en cours de route.
Je n'ai personnellement pas vraiment adhéré à l'odyssée intérieure du Dc Stone qui lui permet de passer au-delà des difficultés. Elle articule le film mais n'en constitue pas pour moi l'intérêt principal.

Sandra Bullock porte le film de bout en bout. Sans livrer la performance du siècle, elle assume d'être la seule source d'attention. Elle incarne avec empathie cette scientifique qui panique et nous emmène dans son ballet en apesanteur.
Georges Clooney fait la version "Objectif Lune" de la publicité pour Nespresso. Autant dire qu'il excelle dans ce rôle.

En voyant Gravity, on entre dans un autre espace. Nos habitudes de spectateurs sont perturbées. Pas de fioriture ou de perte de temps: on garde le souffle coupé depuis le solide plan séquence de démarrage jusqu'au dénouement. La bande-son accompagne très bien les images, à la fois faite de sons métalliques, de percussions et de mélodies plus douces. Dans l'espace, pas de son et c'est donc au rythme de la respiration des astronautes que se déroule l'histoire.

Cuaron a compris que le spectaculaire pouvait être intelligent et qu'il était possible de faire un film visuel sans perdre le suspense et la tension.
Gravity  n'est pas pour moi le chef d'oeuvre annoncé par certains. Mais il est un film à part, une expérience visuelle qui laissera peu de spectateurs indifférents.

La petite anecdote:
La durée du film est de 90 minutes. C'est le temps qu'il faut à la station spatiale internationale (ISS) pour effectuer une rotation autour de la Terre.

Infos pratiques:
Gravity
sorti le 23 octobre 2013 en France
réalisateur: Alfonso Cuaron
avec: Sandra Bullock, George Clooney
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538824&cfilm=178496.html

jeudi 23 mai 2013

J'ai été voir... Gatsby le Magnifique


Pour ouvrir le Festival de Cannes 2013, quoi de mieux qu'un film qui promet de déborder de paillettes, de fêtes et de stars?... Gatsby le Magnifique a donc fait (hors compétition) la première montée des marches de cette année. C'est Baz Luhrmann, le réalisateur de Roméo + Juliette et de Moulin Rouge! qui se lance dans cette nouvelle adaptation du roman culte de Francis Scott Fitzgerald.

EN 1922 à New York, Nick Carraway, trentenaire et financier débutant, profite de l'ambiance de l'époque, faite de jazz, de fortunes insolites et rapides et de soirées de fête. Accompagné par son voisin, le mystérieux millionnaire Gatsby et par Daisy, sa belle cousine, il va découvrir ce monde fascinant.

Le casting, le budget (105 millions $), ainsi que les précédents films de Luhrmann laissaient présager du grand spectacle. L'époque de l'intrigue, les "années folles" semblent elles aussi toutes indiquées pour servir de décor à l'imagination du réalisateur.
On est servis à ce niveau-là pendant la première heure du film. La 3D et les effets spéciaux viennent (souvent maladroitement) renforcer l'impression de vertige. On est littéralement plongés dans la démesure. On retrouve souvent la façon de filmer de Moulin Rouge!, même si Gatsby paraît plus retenu. Le show est au rendez-vous, le spectateur profite du feu d'artifice mais ce n'est pas la débauche totale. Sans doute parce que le narrateur reste souvent en dehors et qu'il nous force à voir tout ça avec un peu de recul.

On aimera ou pas, j'ai trouvé que le choix de la musique était réussi. En confiant la BO à Jay-Z, on est très clairement plus du côté RnB que jazz (Beyoncé reprenant Amy Winehouse, Lana del Rey, Florence and the Machine, etc.). Le décalage est maîtrisé et donne une ambiance anachronique et fiévreuse.

Tous les effets visuels s'articulent autour d'une histoire, adaptée de l'un des romans les plus classiques de la littérature américaine. Luhrmann a fait le choix de coller de près au texte original (avec évidemment quelques altérations). Les fans de Fitzgerald y retrouveront leurs petits.
Dans la seconde partie du film, on passe davantage de temps avec les personnages, que l'on apprivoise et dont chacun se fait son opinion. La richesse du roman vient ici donner du corps à ces protagonistes. Aucun d'entre eux n'est facile à déchiffrer, ils ont tous plusieurs facettes: idéalistes, romantiques, manipulateurs, manipulés, etc.

Il n’empêche que pour qu'un film de la sorte tienne la route, il faut un acteur principal solide pour le rôle titre. Léonardo DiCaprio est ici impérial. Il dévoile les facettes de Gatsby les unes après les autres, subtilement.
Difficile pour les autres personnages d'exister. Joel Edgerton (Animal Kingdom, Zero Dark Thirty) parvient à imposer sa prestance pour le rôle de Tom Buchanan, le mari de Daisy. En revanche Tobey Maguire (Spiderman, Brothers) est transparent. Carey Mulligan (Une Education, Drive, Shame) est Daisy. Elle est, certes, très jolie mais pour moi trop fade.

On a reproché à Baz Luhrmann d'être plus un metteur en scène de Broadway qu'un réalisateur de cinéma. Il est vrai que certains détails deviennent gênants au fur et à mesure du film.Par exemple l'expression "old sport" utilisée 40 fois ou les travellings qui donnent mal au cœur pour passer d'un côté à l'autre de la baie.
Il est vrai aussi que le roman était une satire sociale et que le film ne fait qu'effleurer cet aspect. De même, Luhrmann a du mal à capter le côté fragile du roman: trop de confettis rendent la subtilité difficile...
Les trouvailles sont nombreuses également et on se régale du niveau de détails dans les costumes, les décors, etc. Il faut accepter le côté bling-bling, qui a ici une justification, et lire entre les lignes.

Gatsby est donc un film à paillettes, agréable à regarder. Vous n'en ressortirez sans doute pas bouleversé.

La petite anecdote:
Le roman de Fitzgerald n'a pas du tout eu de succès au moment de sa sortie, en 1925. Quasiment oublié dans les années 30, ce n'est que dans les années 50, à sa 3ème réédition, qu'il deviendra un classique.

Infos pratiques:
Gatsby le Magnifique
sorti le 15 mai 2013 en France
réalisateur: Baz Luhrmann
avec: Leonardo Di Caprio, Tobey Maguire, Joel Edgerton, Carey Mulligan
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19452224&cfilm=141808.html

lundi 25 février 2013

J'ai été voir... Gangster Squad


Certains thèmes semblent être une source inépuisable d'histoires à raconter au cinéma: la lutte contre les gangsters en fait partie. Et ce thème se décline à toutes les époques: années 20-30 (Lawless), les années 40-50 (Le Parrain, Les Affranchis, L.A Confidential), les années 70-80 (American Gangster, Scarface) jusqu'à aujourd'hui (Les Infiltrés)...

Après la Seconde Guerre Mondiale, à Los Angeles, une unité spéciale est mandatée par le chef de la police pour détruire l'empire de Mickey Cohen, un parrain de la mafia qui contrôle la ville.

Sur le papier, le scénario ressemble beaucoup à celui des Incorruptibles; en fait, on en est loin. Mais ce n'est pas la seule référence puisque les clins d'oeil à Scarface et Public Enemies sont nombreux.  

Gangster Squad est sensé aborder le sujet de la différence entre le bien et le mal: qu'est-ce qui différencie les gentils policiers des méchants s'ils sont prêts à tout ? 
Mais on ne va pas jusque là dans la réflexion car le film s'arrête au niveau esthétique du film de gangster.
Les années 50 sont parfaitement reconstituées: les chapeaux et les impers tombent parfaitement, les robes du soir ressemblent à celle de Jessica dans Qui veut la peau de Roger Rabbit? et les sulfateuses font un bruit d'enfer. C'est à un exercice de style que se livre le réalisateur Ruben Fleisher, il nous donne à voir un Los Angeles fantasmé.

Et il faut admettre que son casting a de l'allure. A la tête de l'équipe de policiers de chocs, Josh Brolin et sa mâchoire hyper-carrée. Pas hyper charismatique mais il a le physique parfait pour le personnage...
Pour continuer dans les physiques parfaits, Ryan Gosling prête sa gueule d'ange à Jerry Wooters, flic désabusé et séducteur second degré. Ok, il est plus mannequin qu'acteur: Los Angeles fantasmé on vous dit... 
La déception surprise vient de Sean Penn qui est d'habitude impeccable mais qui, ici, en fait beaucoup trop. Sur-maquillé pour le transformer en ex-boxeur, il s'énerve très fort et se fâche tout rouge mais il ne fait pas un Mickey Cohen convaincant.

Gangster Squad ressemble en fait à une BD, un de ces comics américains qui rassemblerait une bande de héros pour une quête de justice. Dans cette équipe de flics, que l'on pourrait rebaptiser "United Colors of LAPD", tous les quotas sont remplis (1 noir afro-américain, 1 mexicain, 1 geek, 1 vieux senior). 
Visuellement aussi, on est dans le film de super-héros avec des ralentis et des arrêts sur images qui ressemblent aux vieux dessins animés Batman.
La Ligue des Policiers Extraordinaires fait donc son travail et cet esprit BD est renforcé par un humour un peu lourd. Cela permet également de dédramatiser la violence, pourtant bien présente dans le film: on ne prend pas au sérieux les bastons et les fusillades qui paraissent très chorégraphiées.
Pas de subtilité: on ne fait pas dans la dentelle et on ne s'attarde pas sur des détails de l'histoire qui pourraient pourtant lui donner la profondeur qui lui manque.

Gangster Squad est une succession de clichés sur ce qu'est sensé être un film de gangsters dans les années 50. Ce n'est pas désagréable mais ça pourrait être tellement mieux...

La petite anecdote:
La sortie de Gangster Squad a été retardée suite à la fusillade dans le cinéma d'Aurora. Alors qu'il devait sortir en septembre 2012 et que la bande-annonce tournait déjà, la production a décidé de couper une scène du film qui représentait... une fusillade dans un cinéma. Il a même fallu re-tourner entièrement une scène.

Infos pratiques:
Gangster Squad
sorti le 6 février 2013 en France
réalisateur: Ruben Fleisher
avec: Josh Brolin, Sean Penn, Ryan Gosling, Emma Stone
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19415289&cfilm=186168.html