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lundi 25 novembre 2013

J'ai été voir... Inside Llewyn Davis


Aller voir un film des frères Cohen, c'est prendre le pari de ne pas tout comprendre du 1er coup, de réfléchir à plusieurs pour se mettre d'accord sur ce qu'on a vu. Inside Llewyn Davis n'échappe pas à la règle mais s'y ajoute pour moi la désagréable sensation d'être passée à côté...

Une semaine dans la vie de Llewyn Davis, chanteur folk à New York dans les années 1960 et qui multiplie les coups de pas de chance. 

Pendant 1h45, Llewyn promène sa mélancolie en métro, à pied, en voiture. Poisseux fini, les situations tordues s'enchaînent et on prend vite le personnage en pitié. Quelques scènes font sourire mais c'est un sourire gêné, un peu désemparé face à cet anti-héros qui ne se débat pas vraiment contre ce qui lui tombe dessus.
Talentueux, orgueilleux, il tient en haute estime ce qu'il fabrique (sa musique) et dédaigne ceux qui ne pensent pas comme lui. Au côté pathétique s'ajoute donc un volet arrogant qui rend ce héros fort peu sympathique.

Les frères Cohen savent pourtant rendre drôles et attachants des héros pas franchement typiques (The Big Lebowski, True Grit), et leur humour parfois absurde peut transformer un scénario incompréhensible en fable hilarante (Burn After Reading). Mais ce Llewyn Davis m'a davantage donné envie de le secouer comme un prunier pour le réveiller.

Les critiques sur Inside Llewyn Davis sont élogieuses: récompensé par le Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, de nombreux articles sont très positifs... Serai-je tout simplement passée à côté ?...
J'avoue que le côté documentaire sur le monde de la folk dans le New York des sixties ne m'a pas emballé non plus. 
La bande-son est cependant très réussie: les acteurs (Oscar Isaac en tête) prêtent leurs vraies voix aux chansons de leurs personnages.

Oscar Isaac (Drive, W.E. Wallis & Edward)  chante et incarne très justement Llewyn Davis. Quasiment constamment présent à l'écran, il porte de façon habile le côté looser mélancolique du héros. Et c'est bien à l'intérieur de son monde (Inside Llewyn Davis) que les frères Cohen nous plongent.
Il est accompagné de la très jolie Carey Mulligan (vue dans Gatsby Le Magnifique, Shame, Drive, Une Education) et de quelques juteuses apparitions (John Goodman en jazzman gigantesque, Garett Hedlund en chauffeur quasi muet). 

Grâce à cette bande d'acteurs très bien dirigés, à la lumière, à la bande-son, les frères Cohen créent une atmosphère très particulière.
Mais ce talentueux looser qui s'enfonce dans un cercle mélancolique dont on ne voit ni le bout, ni la poésie, ça m'a mis le cafard...

La petite anecdote:
Et presque la plus déprimante: Inside Llewyn Davis est inspiré de Dave Van Rock, chanteur folk dont plusieurs chansons sont reprises dans le film, tirées de son album: Inside Dave Van Rock...

Infos pratiques:
Inside Llewyn Davis
sorti le 6 novembre 2013 en France
réalisateurs: Joel et Ethan Cohen
avec: Oscar Isaac, Carey Mulligan, John Goodman, Garett Hedlund
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19539332&cfilm=195051.html

jeudi 23 mai 2013

J'ai été voir... Gatsby le Magnifique


Pour ouvrir le Festival de Cannes 2013, quoi de mieux qu'un film qui promet de déborder de paillettes, de fêtes et de stars?... Gatsby le Magnifique a donc fait (hors compétition) la première montée des marches de cette année. C'est Baz Luhrmann, le réalisateur de Roméo + Juliette et de Moulin Rouge! qui se lance dans cette nouvelle adaptation du roman culte de Francis Scott Fitzgerald.

EN 1922 à New York, Nick Carraway, trentenaire et financier débutant, profite de l'ambiance de l'époque, faite de jazz, de fortunes insolites et rapides et de soirées de fête. Accompagné par son voisin, le mystérieux millionnaire Gatsby et par Daisy, sa belle cousine, il va découvrir ce monde fascinant.

Le casting, le budget (105 millions $), ainsi que les précédents films de Luhrmann laissaient présager du grand spectacle. L'époque de l'intrigue, les "années folles" semblent elles aussi toutes indiquées pour servir de décor à l'imagination du réalisateur.
On est servis à ce niveau-là pendant la première heure du film. La 3D et les effets spéciaux viennent (souvent maladroitement) renforcer l'impression de vertige. On est littéralement plongés dans la démesure. On retrouve souvent la façon de filmer de Moulin Rouge!, même si Gatsby paraît plus retenu. Le show est au rendez-vous, le spectateur profite du feu d'artifice mais ce n'est pas la débauche totale. Sans doute parce que le narrateur reste souvent en dehors et qu'il nous force à voir tout ça avec un peu de recul.

On aimera ou pas, j'ai trouvé que le choix de la musique était réussi. En confiant la BO à Jay-Z, on est très clairement plus du côté RnB que jazz (Beyoncé reprenant Amy Winehouse, Lana del Rey, Florence and the Machine, etc.). Le décalage est maîtrisé et donne une ambiance anachronique et fiévreuse.

Tous les effets visuels s'articulent autour d'une histoire, adaptée de l'un des romans les plus classiques de la littérature américaine. Luhrmann a fait le choix de coller de près au texte original (avec évidemment quelques altérations). Les fans de Fitzgerald y retrouveront leurs petits.
Dans la seconde partie du film, on passe davantage de temps avec les personnages, que l'on apprivoise et dont chacun se fait son opinion. La richesse du roman vient ici donner du corps à ces protagonistes. Aucun d'entre eux n'est facile à déchiffrer, ils ont tous plusieurs facettes: idéalistes, romantiques, manipulateurs, manipulés, etc.

Il n’empêche que pour qu'un film de la sorte tienne la route, il faut un acteur principal solide pour le rôle titre. Léonardo DiCaprio est ici impérial. Il dévoile les facettes de Gatsby les unes après les autres, subtilement.
Difficile pour les autres personnages d'exister. Joel Edgerton (Animal Kingdom, Zero Dark Thirty) parvient à imposer sa prestance pour le rôle de Tom Buchanan, le mari de Daisy. En revanche Tobey Maguire (Spiderman, Brothers) est transparent. Carey Mulligan (Une Education, Drive, Shame) est Daisy. Elle est, certes, très jolie mais pour moi trop fade.

On a reproché à Baz Luhrmann d'être plus un metteur en scène de Broadway qu'un réalisateur de cinéma. Il est vrai que certains détails deviennent gênants au fur et à mesure du film.Par exemple l'expression "old sport" utilisée 40 fois ou les travellings qui donnent mal au cœur pour passer d'un côté à l'autre de la baie.
Il est vrai aussi que le roman était une satire sociale et que le film ne fait qu'effleurer cet aspect. De même, Luhrmann a du mal à capter le côté fragile du roman: trop de confettis rendent la subtilité difficile...
Les trouvailles sont nombreuses également et on se régale du niveau de détails dans les costumes, les décors, etc. Il faut accepter le côté bling-bling, qui a ici une justification, et lire entre les lignes.

Gatsby est donc un film à paillettes, agréable à regarder. Vous n'en ressortirez sans doute pas bouleversé.

La petite anecdote:
Le roman de Fitzgerald n'a pas du tout eu de succès au moment de sa sortie, en 1925. Quasiment oublié dans les années 30, ce n'est que dans les années 50, à sa 3ème réédition, qu'il deviendra un classique.

Infos pratiques:
Gatsby le Magnifique
sorti le 15 mai 2013 en France
réalisateur: Baz Luhrmann
avec: Leonardo Di Caprio, Tobey Maguire, Joel Edgerton, Carey Mulligan
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19452224&cfilm=141808.html

mercredi 28 décembre 2011

J'ai été voir... Shame


Shame est le genre de film qui vous met mal à l'aise. Dans la plupart des films, les images qui dérangent (notamment les scènes de sexe, les scènes de violence) sont montrées juste ce qu'il faut pour s'en faire une idée mais pas trop pour ne pas gêner.
Dans Shame, le réalisateur Steve McQueen (aucun lien) ne ménage personne, et encore moins ses spectateurs. 
J'avais beau être prévenue et je ne pense pas être particulièrement pudibonde, j'ai parfois détourné les yeux en me disant que ça allait un peu loin. Et pourtant, on n'a pas vraiment l'impression d'être voyeur. On est mal parce que le personnage est mal, pas parce que la scène à laquelle on est forcé d'assister est vulgaire.

Brandon (Michaël Fassbender) souffre d'une addiction au sexe. A côté de ça, il a tout pour réussir: un boulot, de l'argent, etc. Quand sa soeur un peu paumée (Carey Mulligan) débarque chez lui, il est obligé de faire face à son problème.

Comme dans Drive, j'ai d'abord été séduite par la ville filmée la nuit. Shame se passe à New York et on en parcourt les ruelles et les avenues. Cela donne une atmosphère à la fois dangereuse et tragique au film. 
Car quand Brandon parcourt New York la nuit, il fuit. Et ses démons ont tendance à courir plus vite que lui et à le rattraper...

Je n'avais pas vraiment de souvenir de Michaël Fassbender qui a pourtant joué dans Inglorious Basterds. Certains l'auront vu dans X-Men: Le Commencement dans lequel il interprète Magneto jeune. 
Il est ici tout en retenue et en souffrance. C'est rare de se faire cette réflexion mais on sent qu'il est sur la même longueur d'onde que son réalisateur pour faire passer le message du film. 
A noter qu'il a reçu le prix de meilleur acteur à la Mostra de Venise pour ce rôle. Et qu'il est en ce moment à l'affiche de A Dangerous Method que je prévois d'aller voir très vite.

Carey Mulligan est Sissy, la petite soeur plutôt perdue qui vient chercher de l'aide près de son grand frère. J'avais beaucoup aimé Carey Mulligan dans An Education et plus récemment dans son petit rôle dans Drive. Dans Shame, elle est au bord du gouffre et on sent qu'à tout moment, elle peut basculer.

Shame n'est donc pas un film agréable à regarder parce qu'il vous met en face d'images et de situations qui dérangent. Mais au final, en voyant ces personnages qui vont mal, je suis sortie du cinéma en me disant - assez égoïstement - que j'allais très bien...

La petite anecdote
Steve McQueen avait déjà fait appel à Michaël Fassbender pour son premier long métrage Hunger en 2008. Et ils remettent ça pour la troisième fois pour Twelve Years A Slave qui devrait sortir en 2013. Fassbender sera alors accompagné de... Brad Pitt, qui est également producteur du film.

Infos pratiques
Shame
sorti le 7 décembre 2011 en France
réalisateur: Steve McQueen
avec: Michaël Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19261921&cfilm=185457.html

mercredi 12 octobre 2011

J'ai été voir... Drive


Je me méfie toujours un peu des films soi-disant "à ne pas manquer". D'abord on se sent un peu obligés d'aller les voir et je trouve que c'est beaucoup plus facile d'être déçu que d'être agréablement surpris.
Le prix de la mise en scène à Cannes, on peut s'en méfier aussi...
Mais de temps en temps, on trouve un film qui met tout le monde d'accord. Drive est de ceux-là.

Drive raconte l'histoire d'un jeune homme très seul qui pilote des voitures à Los Angeles: le jour sur des plateaux de cinéma et la nuit pour sortir des braqueurs de leurs casses. Les règles qu'il s'impose volent en éclat et tout dégénère quand il rencontre sa voisine Irène et qu'il aide son mari à sa sortie de prison.
Les ingrédients pour un bon film sont là: les voitures, la jolie fille, le sombre héros, et les vrais méchants. Ces ingrédients là, on les retrouve aussi dans 60 Secondes Chrono ou dans Fast and Furious (1, 2, 3, etc...). Mais dans Drive, il y a bien plus que ça...

D'abord il y a Los Angeles. On a déjà vu cette ville filmée sous toutes les coutures mais quiconque y a déjà conduit retrouvera dans le film ce sentiment d'être perdu dans un labyrinthe. 

Ensuite il y a le rythme du film, qui s'emballe juste quand il faut pour obliger le spectateur à s'accrocher à son fauteuil quand il ne s'y attend pas (attention d'ailleurs, certaines scènes sont violentes).

Il y a aussi les seconds rôles très chouettes.
Bryan Cranston (le papa de Malcolm et le héros de la série Breaking Bad) joue le manager du Driver qui enchaîne les mauvais choix et les coups de pas-de-bol.
Carey Mulligan qu'on a vu dans An Education (et qui a même été nominée aux Oscars pour ce rôle), incarne Irène, le personnage qui va faire basculer l'histoire sans vraiment rien demander.
On reconnaît aussi Christina Hendricks qui en a fait fantasmer plus d'un en jouant Joan dans Mad Men et qui joue le seul autre rôle féminin.

Il y a la musique qui accompagne le film. La BO, signée Cliff Martinez, sait se taire quand il faut et les morceaux électro collent parfaitement à l'ambiance sombre du film. La chanson A Real Hero par College et Electric Youth fait d'ailleurs déjà partie de ma playlist du moment.

Et bien sûr il y a Ryan Gosling dont j'étais tombée amoureuse dans The Notebook, que j'avais raté en n'allant pas voir Blue Valentine, et que j'ai hâte de voir dans Les Marches du Pouvoir de et avec George Clooney (Allociné m'apprend également qu'il a incarné Hercule dans la série Hercule contre Ares dans les années 90... il faut bien démarrer quelque part).
Dans Drive, Ryan Gosling a le rôle principal. Il n'est cependant pas un héros tant son personnage est sombre et mystérieux. Il ne dit quasiment rien et on est littéralement pendus à ses yeux.

Quand Drive se termine, on a le sentiment de s'être pris une grosse claque et qu'on vient de voir un film qui va rester dans les annales. Et on est aussi très content de constater qu'on peut encore voir des films différents mais accessibles.

La petite anecdote:
Le morceau phare de la BO "A Real Hero" de College et Electric Youth a été inspiré par les mots du grand-père d'Austin Garrick (membre d'Electric Youth), le Capitaine Sully Sullenberger. Ce pilote aéronautique, a fait la une des journaux du monde entier en janvier 2009, lorsqu'il a réussi à poser un avion en panne sur le lac Hudson, sauvant les vies des 155 passagers.

Infos pratiques:
Drive
sorti le 5 octobre 2011 en France
réalisateur: Nicolas Winding Refn
avec: Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Christina Hendricks
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19243477&cfilm=135082.html