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lundi 22 août 2016

Comme des Bêtes


La bande-annonce sortie il y a plusieurs mois était particulièrement réussie et drôle. la nouvelle création du studio auteur de la franchise des Minions avait donc tout pour attirer le public estival.

Une fois que leurs maîtres les laissent seuls, que peuvent bien faire de leur journée les animaux de compagnie?

Les animaux sont très souvent les héros des films d'animation. Comme des Bêtes ne fait pas exception. Les réalisateurs leur prêtent donc le langage mais le reste de leurs expressions et attitudes est très proche de la réalité. Ces petits détails très bien retranscrits feront sans nul doute sourire quiconque a eu un chat (qui tente de s'asseoir dans une boite beaucoup trop petite pour lui) ou un chien (qui a décidé que les écureuils étaient des ennemis mortels).
Les gags s'enchaînent à un rythme soutenu et l'animation est fluide.
Chaque personnage a un caractère bien trempé et les doublages aident à se glisser dans leurs fourrures. 

Clin d’œil aux Monty Pythons, le grand méchant du film est un petit lapin blanc a l'air tout à fait inoffensif mais qui se révèle un gangster à grandes oreilles. Les références ciné - Belle et le Clochard, Grease, Les Aristochats feront plaisir aux parents. Les enfants eux, riront des gags très visuels.

Situé à New York, Comme des Bêtes fait de la ville un personnage à part entière, la reconstitution est minutieuse.

Il manque cependant l'étincelle qui permettrait de nous convaincre. Alors que la bande-annonce était très originale, le scénario est déjà vu et revu. Les scènes ultra-classiques de courses-poursuites en voiture et de descente dans les égouts n'apportent rien de neuf. Ça tourne vite court et on déplore le manque de prise de risque.

Comme des Bêtes est un film tendre aux détails bien trouvés mais qui manque d'originalité. Moins bien que ce que la bande-annonce pouvait laisser espérer...

La petite anecdote:
Sorti fin juillet en France, Comme des Bêtes avait bénéficié d'une promo depuis... plusieurs mois: clip de Noël ici, clip de Pâques ici

Note:
2/5 

Infos pratiques:
Comme des Bêtes
sorti le 27 juillet 2016 en France
réalisateurs: Chris Renaud, Yarrow Cheney

jeudi 28 juillet 2016

Le Monde de Dory


13 ans après, on replonge avec Némo et Dory dans les eaux turquoises et animées du pacifique.

1 an après être rentrés chez eux, Dory est toujours amnésique. Mais grâce à des bribes de souvenirs, elle part sur les traces de son passé.

Quel plaisir de retrouver les personnages familiers de l'univers Nemo, l'un des films Pixar les plus réussis selon moi.
Sauf que 13 ans se sont écoulés et que la prouesse technique de représenter les fonds marins en film d'animation ne nous émerveille plus autant. Il faut donc jouer sur un autre registre.

Le scénario fonctionne sur la tendresse. On craque sur bébé Dory et les émotions sont au rendez-vous.

Une nouvelle collection de personnages vient compléter le casting. Mention spéciale à la pieuvre-caméléon et au béluga, tous deux à l'origine des meilleurs gags du film.

Si le rythme est là et qu'on ne s'ennuie pas, il manque tout de même la dose de surprises et de spontanéité nécessaires pour nous garder en haleine.

Ce qui m'a le plus gêné au final, c'est que Le Monde de Dory est un film sombre. Là où Le Monde de Nemo était lumineux et nous plongeait littéralement parmi les coraux et les récifs turquoises, Dory reste dans des eaux pleines d'algues et dans les bassins d'un centre marin. Tout est vert foncé, bleu foncé, oppressant.

La narration est elle aussi assez angoissante pusique Dory se perd et est convaincue que c'est de sa faute si ses parents ont disparu. Pas évident à expliquer à des enfants petits, pas très rigolo même pour les grands.

J'ai donc été peu emballée par l'atmosphère générale même si certaines pointes d'humour viennent égayer tout ça.

A croire qu'à trop faire de suites, les studios (même les meilleurs) pêchent par manque de fraîcheur...

La petite anecdote:


Note:
2/5

Infos pratiques:
Le Monde de Dory
sorti le 22 juin 2016 en France
réal: Andrew Stanton & Angus Mc Lane

jeudi 26 mai 2016

Kung Fu Panda 3


On avait laissé Po en 2011 après sa 2ème aventure. Le voici qui revient 5 ans plus tard accompagné de ses amis maîtres kung-fu.

Alors qu'il croyait être le dernier panda, Po rencontre son père biologique. Il va devoir lutter contre un maître revenu du monde des esprits qui s'attaque à tous les maîtres kung-fu de la Chine.

Grosse machine du cinéma d'animation, ce Kung-Fu Panda 3 est efficace. Po est un mélange de maladresse et de mignonnerie (mot inventé spécialement pour les pandas). Les enfants gloussent aux blagues gentiment potaches, les parents se régalent du joli graphisme.

Côté scénario, on ne s'est pas trop creusé la tête. Un grand méchant, une quête de ses racines, un fond de message / morale ("sois toi-même") et hop! 1h35 de film très prévisible. Le rythme est cependant emballé, ponctué de quelques scène d'action bien senties.

Visuellement réussi, Kung-Fu Panda 3 évoque le dessin traditionnel chinois et mélange  celui-ci avec les techniques d'animation d'aujourd'hui. 2D et 3D se mêlent.

On perd en surprise sur ce 3ème volet mais on garde l'humour décalé qui sauve pas mal de situations.

Une franchise en pilote automatique qui remplit son contrat: divertissement familial et remplissage de salles obscures pendant les vacances. Dreamworks a déjà annoncé 3 nouveaux films.

La petite anecdote:
la sortie du film était initialement prévue pour décembre 2015. Dreamworks a préféré la repousser pour éviter que le film soit à l'affiche en même temps que Star Wars: le Réveil de la Force

Note:
2/5

Infos pratiques:
Kung-Fu Panda 3
sorti le 30 mars 2016 en France
réalisateurs: Jennifer Yuh, Alessandro Caloni

mardi 18 août 2015

Le Petit Prince


Traduit en 243 langues et vendu à plus de 145 millions d'exemplaires, Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry est le 2ème livre le plus vendu au monde (après la Bible). Mais comment transcrire un tel monument au cinéma? les plus grands (Orson Welles en tête) s'y sont cassé les dents...

Résumé:
Dans un monde froid et adulte, une petite fille est programmée pour réussir. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un vieil aviateur farfelu, qui a une histoire à lui raconter.

Avis:
Porté par le producteur Dimitri Rassam, le projet aura mis 10 ans à voir le jour. 
Le roman original est en effet bien complexe à adapter... Plutôt que de le faire littéralement, la scénariste Irena Brignull et le réalisateur Mark Osborne (Kung Fu Panda) ont choisi d'intégrer l'histoire initiale dans une autre, plus récente. 

Pour ne pas se perdre dans cette double narration, deux procédés visuels se succèdent: l'animation numérique et le stop-motion en papier. Les deux sont très réussis et on navigue sans problème.

Le Petit Prince est un film très doux, qui parvient à retrouver la poésie des illustrations de St Exupéry. Il aborde les sujets essentiels du roman (l'importance de l'imagination, grandir sans oublier) et leur donne une résonance dans un environnement plus moderne. 

Le film n'est pas exempt de maladresses: j'ai moins été emballée par la seconde moitié (sans rien dévoiler), plus lisse et plus aseptisée. Certains disent que l'oeuvre originale a été dénaturée. Il y a bien sûr quelques libertés qui ont été prises mais dans l'ensemble, c'est plutôt réussi.
J'ai bien entendu versé ma petite larme car Le Petit Prince  est un film plein de poésie, qui suggère plus qu'il n'impose.

Les voix des personnages (principaux ou non) sont presque toutes assurées par des acteurs renommés et on s'amuse à les reconnaître. André Dussolier en l'Aviateur, Florence Foresti la maman de la petite fille, mais aussi Guillaume Galienne en troublant serpent et Vincent Cassel en renard pas encore apprivoisé. Mention spéciale à la géniale voix du Petit Prince, assurée par Andrea Santamaria.

Le Petit Prince plaira au jeune public, qui se régalera de la maladresse de l'aviateur, du renard en peluche et du rythme soutenu. Les plus grands se remémoreront ce classique et feront le plein de douceur, sans abîmer le souvenir qu'ils ont du livre.

Un film délicat et émouvant. Quand le cinéma nous dessine un mouton, ne boudons pas notre plaisir...

La petite anecdote:
Présenté hors compétition à Cannes, Le Petit Prince a fait la montée des marches en mai dernier. Pour que sa mère Carole Bouquet soit présente, le producteur Dimitri Rassam a acheté l'ensemble des billets de la pièce de théâtre dans laquelle l'actrice jouait ce soir-là.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Le Petit Prince
sorti le 29 juillet 2015 en France
réalisateur: Mark Osborne
avec les voix de: André Dussolier, Andrea Santamaria, Clara Poincarré, Florence Foresti, Vincent Cassel, Guillaume Gallienne
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19552871&cfilm=178545.html 

lundi 20 juillet 2015

Les Minions



Plus que Gru, les stars de Moi Moche et Méchant et Moi Moche et Méchant 2, ce sont eux... Normal qu'ils aient droit à leur propre long métrage.

Les minions sont voués à servir le plus méchant des méchants. Encore faut-il le trouver... et ne pas le supprimer par erreur.

Comme Les Pingouins de Madagascar et Scrat de L'Âge de Glace dans plusieurs courts métrages, les petits bonshommes jaunes s'émancipent. Les studios Universal parient sur leur capital sympathie. Retombées marketing garanties, produits dérivés en pagaille: jackpot assuré.

Nous voilà donc embarqués dans une fresque historique où l'on découvre que les minions ont toujours été là, aux côtés des plus grands vilains (les tyrannosaures, Dracula, Napoléon...), leur maladresse ayant souvent précipité la chute de leurs maîtres. 
La majeure partie du film se déroule dans le swinging London des années 60, ce qui permet non seulement une super BO (The Who, The DOors, etc.) mais aussi des clins d’œil bien trouvés aux Beatles, à Gainsbourg, etc.

Contrairement à de nombreux films d'animation, adultes et enfants riront des mêmes blagues: à part quelques références, il n'y a pas un 2ème niveau d'humour pour les grands. Ils se régaleront comme les petits des gags visuels à gogo et des blagues scato (on me souffle d'ailleurs qu'il n'y a pas assez de prouts dans le film...).

Le rythme est frénétique et les blagues s'enchaînent, ce qui permet de palier au manque flagrant de scénario. On se régale du burlesque et on rit de bon cœur. 

J'ai vu Les Minions en VO, ce qui m'a permis de me régaler de leur langage. C'est le réalisateur français Pierre Coffin qui double les 899 minions du film. Il mélange des mots inventés, de l'italien, de l'espagnol, du français et même de l'indonésien. Le tout ponctué de quelques "Banana!" bien sentis.

On reste dans l'esprit des deux premiers films, avec lesquels on reboucle d'ailleurs en fin de film. 
C'est fun et pop: du cartoon qui fait son job.

La petite anecdote:
Vous ne comprenez pas le minion? Universal a crée une appli pour les traduire...
Les minions ne sont pas les seuls personnages parlant une langue spécialement inventée pour le cinéma. Pour en savoir plus, un article détaillé ici:

Note:
3/5


Infos pratiques:
Les Minions
sorti le 8 juillet 2015 en France
réalisateurs: Pierre Coffin et Kyle Balda

jeudi 2 juillet 2015

Vice-Versa


Après avoir surtout fait des suites (Toy Story 3, Monstres Academy...), Pixar renoue avec les scénarios originaux pour son 15ème film. Ils nous proposent de voir à quoi ressemblent ces petites voix dans nos têtes.

Riley a 11 ans et cinq émotions gouvernent ses réactions: la Joie, la Tristesse, la Colère, la Peur et le Dégoût. Quand ses parents décident de déménager, c'est le bran-le-bas de combat dans le cerveau de la petite fille.

Vice-Versa appartient à cette catégorie de films qui s'adressent non seulement aux enfants mais surtout à la part d'enfance des adultes. La patte de Disney (dont Pixar fait partie depuis 10 ans) est là, la subtilité en plus.

Le réalisateur Pete Docter (déjà aux commandes du très réussi La-Haut et co-réalisateur de Monstres et Cie) parvient à figurer de manière très concrète et visuelle des notions abstraites. A quoi ressemblent nos émotions? Comment se fabrique un souvenir? Qu'est-ce qui constitue une personnalité? 
En s'appuyant sur des travaux scientifiques et neurologiques, les équipes d'animation ont réussi à créer un univers facilement compréhensible. Alors que d'autres films ou dessins animés nous emmenaient visiter nos organes, c'est cette fois dans le cerveau que se déroule l'histoire.

Les plus jeunes passeront sans doute à côté des très nombreuses références et trouvailles comiques. Chaque émotion est incarnée par un personnage caricatural, acteurs de gags (parfois un poil répétitifs par ailleurs).

Vice-Versa alterne entre deux mondes: celui dans lequel vit Riley avec ses parents et celui de sa tête. Ces deux environnements sont très distincts visuellement avec des couleurs vives (qui a dit criardes?) pour le monde intérieur et des tons plus nuancés et sombres pour le réel. 
J'ai trouvé le résultat moins beau et fouillé en terme d'image que d'autres films d'animations comme le magnifique Monde de Némo. Cependant il y a de belles trouvailles comme les textures des émotions (pas de la peau, pas de la fourrure, de l'énergie?).

Mais c'est plus par le scénario que Vice-Versa marque des points. Pixar conserve son talent pour provoquer des émotions authentiques. Ils parviennent à saisir ce complexe moment de la pré-adolescence fait de bouillonnement d'hormones, de repli sur soi et de comportements étranges. Le film parle de l'apprentissage de la mélancolie et de la complémentarité des émotions.

Ce n'est pour moi pas un chef d'oeuvre Pixar mais un film fin, avec des moments très drôles et un message qui n'est pas martelé comme une morale indiscutable.

PS: restez bien jusqu'au générique final, sous peine de rater une des séquences les plus drôles du film!

La petite anecdote:
Les clins d’œil aux autres films Pixar sont très nombreux mais parfois bien cachés. Il ne faut pas cligner des yeux si on veut apercevoir les petits oiseaux sur leur câble en revanche vous devriez remarquer le jeu de société "retrouvez Nemo" ainsi que le souvenir du mariage du couple de La-Haut.

Note:
4/5

Infos pratiques
Vice-Versa
sorti le 17 juin 2015 en France
réal: Pete Docter
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19548545&cfilm=196960.html 


mercredi 31 décembre 2014

Les Pingouins de Madagascar


Tout comme les Minions de Moi, Moche et Méchant, les pingouins de Madagascar, personnages secondaires à l'origine, ont droit à leur long métrage (Les Minions sortira en juillet 2015). Accrochez-vous, ça déménage!

Skipper, Rico, Kowalski et Private s'embarquent dans une nouvelle aventure qui va les confronter au terrible Pr Octavius Brine et leur faire rencontrer une autre troupe d'élite, North Wind.

Co-réalisé par des habitués de la franchise Madagascar (Simon J. Smith et Eric Darnell) Les Pingouins de Madagascar reste dans l'ambiance. On retrouve avec plaisir ce mélange de couleurs pop et d'humour décalé. La première scène en Antarctique, parodie des documentaires animaliers, nous met tout de suite dans le bain.
Suit 1h30 de délire comique, à un rythme effréné, caricature de film d'espionnage où le smoking de James Bond est cette fois revêtu par une équipe de pingouins.

Les références sont ultra nombreuses et vraiment très drôles. Je recommande d'ailleurs la VO, non seulement pour les voix de John Malkovitch et Benedict Cumberbatch, mais aussi pour les blagues intraduisibles en français (faites attention aux noms des pieuvres sous les ordres de Brine).

Alors qu'elle était réussie dans Madagascar 3, Bons Baisers d'Europe , la 3D n'est pas très utile ici. 
La mise en scène survoltée ne laisse pas de répit au spectateur. Les plus jeunes se régaleront des explosions et autres scènes d'action. Les plus grand riront aux gags qui tapent tous dans le mille.

Sans doute moins subtil que ses grands frères de Madagascar, Les Pingouins de Madagascar s'appuie tout de même sur un scénario qui, même s'il est mince, donne une trame. A 100 à l'heure, on suit nos héros aux quatre coins du monde et on se demande régulièrement où les scénaristes ont été pêcher leurs idées. 

Divertissement jouissif: missions accomplie, Pingouins!

La petite anecdote:
Les pingouins étaient des personnages mineurs au départ, ils étaient donc doublés par des membres de l'équipe technique et pas par des acteurs. 
C'est toujours le cas ici puisque Tom McGrath (Skipper) est le réalisateur des Madagagscar, Chris Miller (Kowalski) et Conrad Vernon (Rico) sont animateurs chez Dreamworks et Chris Knight (Private) est chef-monteur.

Note:
3/5

Infos utiles:
Les Pingouins de Madagascar
réalisateurs: Simon J. Smith & Eric Darnell
avec les voix de: John Malkovitch, Benedict Cumberbatch 

mercredi 16 juillet 2014

Dragons 2


Vacances d'été obligent, c'est la saison des films d'animation et autres dessins animés. Me voici donc chaussant mes lunettes 3D pour ce 2ème volet de la saga Dragons (en VO How to train your Dragon ).

Après avoir convaincu le village de Berk que les vikings et les dragons peuvent vivre ensemble, Harold et Krokmou explorent de nouveaux territoires. Ils découvrent alors une grotte remplie de dragons et d'autres surprises.

Les studios Dreamworks (Shrek) avaient frappé un grand coup en 2010 avec le premier Dragons qui avait rencontré un succès public et critique. Le réalisateur Dean De Blois n'est plus accompagné de son co-scénariste Chris Sanders, parti s'occuper des Croods. Il a donc négocié seul le passage de l'adolescence au début de l'âge adulte pour ses héros. Tous les personnages ont 5 ans de plus et font face à de nouveaux défis.

Dragons 2 est tout d'abord réussi au niveau visuel. Dès la scène d'ouverture de course à dos de dragon, on est littéralement plongés dans l'action grâce à une 3D utilisée très judicieusement. Les paysages sont magnifiques et colorés, l'univers des dragons fantaisiste mais très agréable.

Dragons 2 est donc beau mais il est surtout riche. Il s'agit d'un récit d'apprentissage, qui s'appuie sur un héros suffisamment complexe pour être intéressant. Les autres personnages qui l'entourent sont aussi intéressants et évoluent de façon subtile. On est loin des caricatures brutes et des leçons de morale. Le scénario des Dragons 2 est dense mais très bien écrit. On y parle de responsabilités, de devoir vivre à la hauteur de ce que nos parents attendent de nous, de ce que signifie protéger les siens mais aussi de l'amitié.

On notera tout de même quelques longueurs dans les scènes d'action qui m'ont un peu perdue.
L'humour, ingrédient indispensable pour moi aux films d'animation, est présent mais pas 100% réussis. Certains running gags sont même assez lourds.

En empruntant des références allant du Seigneur des Anneaux (les scènes de bataille) aux films d'animation de Miyasaki (l'apparition du Dragon Rider dans les nuages), Dean De Blois crée une identité propre, qui détache Dragons 2 des autres films d'animation. 
On est pas éblouis ou émerveillés comme dans certains Pixar (les premiers...) mais il s'agit d'un film honnête et touchant, qui fait confiance au spectateur pour interpréter les messages qu'il véhicule. 

Ajoutez qu'il plaira aux petits et aux grands et vous avez là un film d'aventure parfaitement taillé pour l'été.

La petite anecdote:
A votre avis, quel animal a servi d'inspiration pour Krokmou, le dragon de Harold?
Il s'agit du chat du superviseur de l'animation... Il devait initialement ressembler à une panthère, mais il a été décidé de l'adoucir.

Note
3.5/5

Infos pratiques:
Dragons 2
sorti le 2 juillet 2014 en France
réalisateur: Dean De Blois
avec les voix de: Jay Baruchel, Cate Blanchett, Gerard Butler

vendredi 28 février 2014

Le Vent se Lève


C'est une fin en beauté pour Hayao Miyazaki qui signe avec Le Vent se Lève son 11ème long métrage. Il a annoncé que ce serait le dernier (en n'excluant pas de travailler sur d'autres projets plus courts). Le réalisateur de Nausicäa, la Vallée du Vent, Porco Rosso ou encore Mon Voisin Totoro nous livre un bijou délicat et puissant d'animation japonaise.

Jiro, jeune garçon féru d'aviation, ne sera jamais pilote à cause d'une forte myopie. Il deviendra ingénieur et concevra les avions parmi les plus utilisés par l'armée japonaise.

Le Vent se Lève est ancré dans le réel, dans l'histoire du Japon. Le personnage de Jiro est un mélange de deux hommes ayant vraiment existé: l'ingénieur aéronautique Jiro Horikoshi et le romancier Tatsui Hori. Cela différencie d'office le film des travaux précédents de Miyazaki qui nous avait habitué à un bestiaire fantastique peuplé de monstres et de magie.

Ce qui fait rêver le réalisateur, ce sont les avions ou plus généralement l'idée de voler. On retrouvait déjà cette thématique dans Nausicäa ou dans Porco Rosso. Tout au long de l'histoire, un souffle porte Jiro, et l'emporte parfois plus loin qu'il ne l'avait imaginé.
Le rêve a une place centrale dans l'histoire: c'est le déclencheur des ambitions. En rêvant d'un avion parfait et de conversations avec un concepteur italien, le jeune Jiro trouve sa voie.

On l'accompagne ensuite dans plusieurs grandes étapes de sa vie, de rencontres en accomplissements, de déceptions en défaites. Surtout, il est témoin des bouleversements de la société japonaise de l'entre deux guerres. Grâce à un sens très fin de la narration, Miyazaki mêle une grande histoire d'amour à la marche de l'Histoire avec un grand H.

Le Vent se Lève  a un rythme assez particulier, entre contemplation et souvenir. Certains pourront le trouver lent et il est vrai que les 2 heures ne passent pas vite. Mais j'aime la douceur dans les films de Miyazaki qui parvient à traiter de sujets durs (la mort hante tous les recoins de Le Vent se Lève) sans brusquer ses spectateurs.
Il arrive ici à mélanger optimisme et nostalgie. C'est un film lumineux qui parle d'époques bien noires (du tremblement de terre de Kanto en 1923 aux tensions menant à la 2nde Guerre Mondiale) et d'histoires tristes.

Quant aux dessins, le trait et fin et va à l'essentiel. Lucide mais n'oubliant pas le trait d'humour nécessaire, via notamment le personnage du patron de Jiro.

Le titre du film, tiré d'un roman de Paul Valéry est complété par la phrase "il faut tenter de vivre". C'est avec, comme d'habitude, beaucoup de poésie que M. Miyazaki nous donne une dernière leçon de cinéma d'animation.

La petite anecdote:
Plus de 11000 exemplaires du Mitsubushi A6M Zero, l'avion conçu par Jiro Horikoshi, furent construits entre 1937 et la fin de la 2ème Guerre Mondiale. Reconnu pour sa très grande maniabilité, c'était l'avions favori des kamikazes.

Infos pratiques:
Le Vent se Lève
sorti en France le 22 janvier 2014
réalisateur: Hayao Miyazaki
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537120&cfilm=197176.html 

mardi 16 juillet 2013

J'ai été voir... Monstres Academy


Bob et Sulli nous avaient conquis dans Monstres et Cie en 2001 (12 ans déjà...). Pixar et Disney capitalisent et sorte un n°2 dont la bande-annonce laissait présager quelques bons gags.

Avant de travailler pour Monstres Cie, Bob et Sulli ont étudié à la fac. Et avant de devenir meilleurs amis, ils se sont copieusement détestés. Monstres Academy nous emmène sur les lieux de leur rencontre.

On replonge avec plaisir dans cet univers loufoque et coloré. Les monstres, dans leur monde, ne sont finalement pas très effrayants et surtout, ils nous ressemblent beaucoup. 

C'est donc avec un grand plaisir et forcément quelques attentes que l'on retrouve nos héros. Nombre d'entre vous risquent d'être déçus, ça a été mon cas. Premièrement, exit l'effet de surprise. C'est un effet mécanique en faisant un 2ème film dans le même univers. Mais là où un Toy Story parvenait à réinventer son concept, Monstres Academy tourne en rond. 
En se concentrant sur la vie à la fac, le réalisateur Don Scanlon livre un "college movie" qui reprend tous les codes et les caricatures du genre (la méchante fraternité, l'équipe de bras cassés-loosers, etc...) sans rien y apporter de neuf.

La réussite est visuelle. Le résultat est souvent bluffant, aussi bien dans les couleurs que les textures mais surtout dans les lumières. Le souci du détail est immense et le campus de la Monstres University un labyrinthe magnifique. S'il nous paraît si crédible, c'est sans doute parce qu'il est directement inspiré de celui de Berkeley, voisin des studios de Pixar.
La 3D n'est pas extra mais pas gênante, et c'est déjà ça.

En revanche, ce qui est gênant, c'est le côté "message à destination des jeunes spectateurs" qu'est sensé véhiculer le film. On sent là fortement la patte Disney qui serine pendant 1h30 que "quand on veut, on peut". Certes l'apprentissage passe par l'échec et on est dans un registre un peu plus subtil qu'un Disney classique, mais c'est quand même fatigant. Monstres Academy perd vite de sa fraîcheur à cause de ça.

Quelques gags subsistent et la déception n'est pas complète. Les personnages secondaires sont très réussis, entre clins d'oeil aux adultes ou attributs purement comiques. On sourit également aux références au 1er film.

En se coupant du monde des humains et en se retranchant sur le campus, Monstres Academy perd en émotions et en profondeur.

Ça reste très joli et occasionnellement drôle mais dans l'ensemble assez moyen.

La petite anecdote:
Si vous voulez étudier à la Monstres University, vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site créé par Pixar pour présenter cette institution: www.monstersuniversity.com 

Infos pratiques:
Monstres Academy
sorti le 10 juillet 2013 en France
réalisateur: Don Scanlon
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19506753&cfilm=109572.html

lundi 1 juillet 2013

J'ai été voir... Moi Moche et Méchant 2


J'ai été voir Moi Moche et Méchant 2 et j'en rigole encore. J'attendais avec impatience le retour de Gru et de ses minions et c'est un carton plein!

L'ex méchant Gru a abandonné ses plans de conquérir le monde et est devenu un papa poule. Cependant, quand une organisation secrète fait appel à lui pour enquêter contre le Mal, il reprend rapidement du service.

Sorti en 2010, le premier Moi Moche et Méchant (Despicable Me en VO), plein d'humour cynique et de second degré avait été un succès mondial: plus de 540 millions de $ de recette et 3 millions de spectateurs rien qu'en France. Normal donc que les studios Universal aient envisagé une suite...

Moi Moche et Méchant 2 a été annoncé à grand renfort de promo. On a vite compris que les réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin comptaient mettre en avant l'un des meilleurs ingrédients du n°1: les minions. Ces petites bestioles jaunes qui servaient d'armée et de cobayes à Gru continuent de grommeler leur langage incompréhensible et d'enchaîner les gaffes. Ils auront d'ailleurs droit à leur propre film en 2014.

Le scénario de Moi Moche et Méchant 2 est simple et ne s'embarrasse pas d'une morale indigeste. On est là pour faire rire le plus grand nombre, tout simplement. 
C'est donc un film cartoon à base d'humour potache et un rythme soutenu. Les gags s'enchaînent et on reste jusqu'à la fin du générique avec le sourire jusqu'aux oreilles.

Pour apprécier pleinement l'humour des minions, il ne faut pas s'attendre à du raffiné, à des références pointues ou à des jeux de mots spirituels. En revanche, si l'idée d'un fusil à prout vous fait sourire, Moi Moche et Méchant 2 peut vous plaire.

Gru perd légèrement de son charme en devenant gentil. Mais l'accent forcé de Steve Carell qui le double fait son effet (en VF, c'est Gad Elmaleh). Il est accompagné par un nouveau personnage féminin:  Lucy. Mi James Bond Girl, mi Cats'Eyes, elle est sans doute la 1ère agent secret en talons et vernis à ongles. 

La 3D est une réussite, ce qui confirme que les films d'animation s'en sortent mieux que les autres dans ce domaine. L'idée ici est d'envoyer le maximum d'objets à la tête des spectateurs...

Grâce aux loufoques minions, à une histoire simple mais bien ficelée et un grand sens du rythme, Moi Moche et Méchant 2 est un spectacle grand public hautement recommandable.

La petite anecdote:
Grande question: pourquoi les minions sont-ils jaunes? 
La réponse est simple (et elle vient d'Eric Guillon, directeur artistique): parce que la salopette est bleue. Et que bleu et jaune, ça va bien ensemble. 
Imparable...
Pour les autres personnages jaunes au cinéma, c'est ici

Infos pratiques:
Moi Moche et Méchant 2
sorti le 26 juin 2013 en France
réalisateurs: Pierre Coffin et Chris Renaud
avec (les voix de): Steve Carell, Kristen Wiig, Russell Brand
bande-annonce: http://kids.dailymotion.com/video/xyxgak_moi-moche-et-mechant-2-bande-annonce-vo_shortfilms#.UdGUsPlM_uM

jeudi 8 novembre 2012

J'ai été voir... Frankenweenie


Cette année, Halloween était un mercredi.
Ça tombait bien pour Tim Burton qui a pu sortir Frankenweenie le jour même et profiter ainsi de l'atmosphère "monstres et morts-vivants" (et des vacances de la Toussaint).

Les fans inconditionnels du réalisateur (ainsi que les personnages ayant visité l'expo qui lui était consacrée début 2012 à la Cinémathèque à Paris) savent que Frankenweenie est l'un des premiers courts métrages qu'il a réalisé en 1984 et qui lui a valu d'être viré de chez Disney.
28 ans plus tard, la boucle est bouclée puisque c'est Disney qui produit ce remake en version longue. Toujours en noir et blanc, c'est cette fois en animation image par image que Burton réinterprète à sa façon le mythe de Frankenstein.


Frankenweenie raconte l'histoire de Vincent, jeune garçon solitaire qui va ressusciter son chien  Sparky, décédé brutalement.


On retrouve dans ce film le meilleur de Tim Burton.
Dans la thématique tout d'abord: la mort, les monstres, la différence, l'enfance.
Visuellement également, pas de doute possible. Les personnages de Frankenweenie ont forcément un lien de parenté avec ceux des Noces Funèbres ou de Beetlejuice
Le décor également: New Holland, petite ville américaine proprette et bien pensante rappelle celle dans laquelle vit Edward aux Mains d'Argent.

On plonge donc avec plaisir dans cet "univers Burton" si reconnaissable, entre humour macabre, héros décalés et poésie bancale.

Frankenweenie est un film plein de références. Burton renvoie non seulement à ce court métrage qu'il peaufine, aux autres films qu'il a réalisé depuis mais également à des films d'épouvante auxquels il rend hommage. Godzilla, La Fiancée de Frankenstein, il multiplie les clins d'oeil et on se prend au jeu.

La galerie de personnages qui peuple Frankenweenie est très bien trouvée. Tous les enfants sont attachants, biscornus et inquiétants à souhait. Avec un gros coup de coeur pour la propriétaire du chat, tout simplement géniale.
L'humour sombre plaira aussi bien aux parents qu'aux enfants (de plus de 10 ans quand même, sous peine de cauchemars)

Pour finir, le film est beau. La 3D donne de la transparence au noir et blanc et permet à Burton de jouer encore plus sur les ombres. Il arrive même à donner un coté rétro à la 3D, comme dans ces séries B des années 60 qu'il fallait regarder avec des lunettes en carton aux verres rouge et vert.

J'avais été très déçue par Dark Shadows, n'y retrouvant pas la magie bizarre que j'attends chez Tim Burton. Elle est ici au rendez-vous.

Certes, ce n'est pas une création originale puisqu'il reprend un de ses films précédents. Les détracteurs se demanderont donc si le réalisateur est encore capable des coups de génie qui ont fait sa marque de fabrique au début des années 90. Ce que Frankenweenie confirme, c'est que si on le laisse jouer selon ses propres règles, Tim Burton est bien un artiste à part.

La petite anecdote:
Plutôt qu'une anecdote sur le film, un lien vers un site qui revisite les affiches des grands classiques du cinéma, version minimaliste:  http://www.worth1000.com/contests/25589/minimalist-movie-posters

Infos pratiques:
Frankenweenie
sorti le 31 octobre 2012 en France
réalisateur: Tim Burton
avec (les voix de): Winona Ryder, Charlie Tahan, Martin Landau
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19361629&cfilm=132661.html

vendredi 3 août 2012

J'ai été voir... Rebelle



Pixar est de retour (après Cars 2, qu'on préfère oublier) et frappe un grand coup. Le petit studio devenu grand, racheté par Disney il y a 6 ans, prouve avec Rebelle qu'il est un cran au-dessus des autres en terme de techniques d'animation. Et quand les prouesses technologiques se mettent au service d'une histoire aboutie, le résultat est à la hauteur des attentes.

Merida est une princesse d'Ecosse, dans un Moyen-Âge de légendes et de magie. Rêvant d'aventures et de chasse à l'arc plutôt que de mariage et de broderie, elle va se rebeller contre la tradition de son clan et contre sa mère.

Dès le début de Rebelle, on est transporté dans l'univers des highlands écossais, reconstitués de façon époustouflante. Les paysages de montagnes, les lacs mais surtout les forêts sont bluffant de réalisme. On se régale de la fluidité des personnages humains et des animaux, du rendu des matières (fourrures et cheveux en tête). Et même si la 3D n'apporte pas grand chose, elle n'est pas gênante.
En plus de cette réussite esthétique, une atmosphère féerique entoure l'histoire et on n'est pas surpris de voir apparaître une sorcière...

Le scénario de Rebelle repose principalement sur la relation entre Merida et sa mère, Elinor. Sans s'éloigner de ce thème, de nombreuses autres questions sont soulevées et rendent le récit riche et subtil.
Ne nous y trompons pas, on est bien chez Disney et le fait même que l'héroïne soit une princesse donne le ton. Pourtant, on ne tombe pas dans le "film de princesse" parce que le personnage de Merida est bien plus complexe qu'une Cendrillon ou une Blanche-Neige. A travers son histoire, ce sont des questions universelles autour de l'adolescence, du courage et de la prise de responsabilités qui sont abordées. Pas uniquement la relation mère/fille (qui est elle aussi traitée de façon très juste)...

Pourtant, contrairement aux habitudes de Pixar, Rebelle s'adresse clairement à un jeune public alors qu'il y en a d'habitude pour tout le monde. C'est à ce niveau qu'on peut être un peu déçu. Il manque ce décalage, ce second degré de lecture qui rend des films comme Wall-E ou Up si uniques.

On rit dans Rebelle, surtout grâce à quelques personnages secondaires très réussis. Les petits frères casse-cous de Merida sont les auteurs de bons gags, tout comme les chefs de clans et leurs fils. Et même si on glisse parfois vers un humour un peu cra-cra, on rit de bon coeur.

On verse également sa petite larme avec plaisir parce qu'après tout, c'est aussi pour ça qu'on vient voir un Pixar. L'histoire est parfaitement rythmée et on assiste avec grand plaisir à ce récit initiatique, réinventé au féminin.

Rebelle est un bijou esthétique et Merida une princesse Pixar: Pétillante, fIère, eXtrèmement Attachante et Rigolote.

La petite anecdote:
Merida est non seulement le premier personnage central féminin des films Pixar, elle est aussi la première héroïne Disney aux cheveux bouclés. Et quelles boucles! La chevelure rousse est en elle-même une prouesse technique pour laquelle un logiciel spécial a été créé afin de représenter plus de 110000 fibres capillaires qui interagissent entre elles.
Pour en savoir plus, c'est ici.

Infos pratiques:
Rebelle
sorti le 1 août 2012 en France
réalisateurs: Mark Andrews, Brenda Chapman
avec (les voix de): Kelly McDonald, Emma Thompson, Billy Connolly
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19339805&cfilm=135528.html

lundi 16 juillet 2012

J'ai été voir... L'Âge de Glace 4, la dérive des continents


Quand une saga en arrive à son 4ème épisode, il y a de quoi être méfiant. Cela signifie bien sûr que le succès a été au rendez-vous des 3 premiers épisodes, mais on peut raisonnablement craindre un essoufflement.

J'allais donc voir L'Âge de Glace 4 un peu à reculons. J'en suis ressortie convaincue que la recette fonctionne encore.
Ne vous attendez pas à une révolution: avec L'Âge de Glace 4 , on prend les mêmes et on recommence.

Sid le paresseux, Manny le mammouth et Diego le tigre se retrouvent séparés de leur tribu par la dérive des continents (provoquée par une gaffe de Scratt, qui court toujours après son gland). En tentant de rejoindre les leurs, ils vont croiser la route d'un équipage de pirates...

Ce 4ème opus réutilise les thèmes des précédents: famille, entraide.
Les bonnes surprises viennent des nouveaux personnages qui enrichissent le casting. La grand-mère de Sid est une géniale mémé gaga, le capitaine pirate et son équipage sont extra (j'ai un gros faible pour l'éléphant de mer). Même Diego va rencontrer une copine tigre qui va lui en faire voir de toutes les couleurs...
Les "anciens" répondent tous présents, Scratt en tête. Ce personnage, à la base anecdotique, est devenu indispensable. Toute la promotion du film s'est faite autour de lui et il est mis en avant sur l'affiche du film.

J'avoue que mes souvenirs des épisodes précédents sont un peu flous mais on se souvient rapidement ce qui en a fait le succès: un rythme soutenu et des gags qui s'enchaînent. L'histoire centrale n'est finalement qu'un prétexte à des grosses scènes d'actions et aux sketches à gogo.

Visuellement, certains moments sont très réussis, en particulier la tempête et la scène des sirènes. On n'est pas au niveau d'un Madagascar 3 dans l'utilisation de la 3D mais ça reste très agréable.

Au final, on ne voit pas passer les 1h30, format par ailleurs adapté au plus jeunes, qui se régalent autant que les grands qui les accompagnent.

J'ai vu L'Âge de Glace 4  en VO et on repère quelques voix connues: Jennifer Lopez prête sa voix à Shira et Peter Dinklage (Tyron Lannister dans Game of Thrones) incarne le capitaine Gutt. Quand à la mouette francophone, elle est doublée en VO et en VF par... Alain Chabat! Restez bien jusqu'au générique de fin pour mettre un visage sur les voix.

Fautes de températures vraiment estivales, je vous épargne le jeu de mot qui voudrait que ce film soit rafraîchissant.
Cela dit ne vous en privez pas, vous passerez un bon moment.

La petite anecdote
Scratt est une vraie star et à ce titre, il a sa statue au musée Grévin à Paris.
Pour ses fans, voici une bande-annonce un peu spéciale qui avait été lancée au moment des oscars et du buzz autour de The Artist: http://www.youtube.com/watch?v=SkRGed_eRGY&feature=player_embedded

Infos pratiques
L'Âge de Glace 4: la dérive des continents
sorti le 27 juin 2012 en France
réalisateurs: Steve Martino, Mike Thurmeier
avec (les voix de): Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Queen Latifah, Jennifer Lopez
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19356800&cfilm=181059.html

lundi 18 juin 2012

J'ai été voir... Madagascar 3: Bons Baisers d'Europe


On retrouve pour la 3ème fois Alex le lion et sa bande qui tentent toujours de rentrer à New York. Comme indiqué dans le titre Madagascar 3: Bons Baisers d'Europe, leurs nouvelles aventures vont les mener sur le Vieux Continent.
Après une étape à Monte Carlo et pour échapper à l'agent Dubois du contrôle des animaux, ils s'associent à un cirque itinérant qu'ils vont réinterpréter "Madagascar Style".

Ce 3ème épisode est une bonne illustration de l'expression "Pour quoi changer une équipe qui gagne?". Les deux premiers films avaient respectivement rapporté 590 et 600 millions de $. Dreamworks mise donc à nouveau sur la franchise Madagascar pour empocher le pactole.

Pour cela, pas moins de trois réalisateurs: Tom McGrath et Eric Darnell, qui étaient déjà aux commandes des deux premiers, et un nouveau venu, Conrad Vernon, qui avait notamment travaillé sur Shrek 2.

Préparez-vous donc à en prendre plein les yeux. Ce Madagascar 3 est en 3D et l'utilise à fond. Les animateurs de Dreamworks mettent la barre très haut.

Côté scénario, malgré la présence au casting de Noah Baumbach, scénariste du génial Fantastic Mr Fox, rien d'extraordinaire ici. Le film alterne entre des scènes narratives un peu nunuches et des scènes d'action fluides.
Pas vraiment de morale ou de message comme c'est souvent le cas dans les films d'animation: Madagascar 3  joue surtout la carte de l'humour facile (voire limite pipi-caca). Quelques références ciné sont saupoudrées ici et là pour faire sourire les adultes. Mais dans l'ensemble, ça ne vole pas très haut... et ce n'est pas le but.

Les fans des pingouins peuvent se rassurer, le commando est toujours là et occupe une place de choix (surtout dans la première partie du film).
De nouveaux personnages font leur apparition et sont autant d'opportunités de gags (mention spéciale à Stephano le phoque). C'est aussi l'occasion d'élargir le casting de stars qui prêtent leurs voix aux animaux. En VO, Ben Stiller (Alex le lion), Chris Rock (Marty le zèbre), David Schwimmer (Melman la girafe) et Sacha Baron Cohen (le roi Julien) sont rejoints par Jessica Chastain en jolie panthère et Bryan Cranston (le papa de Malcolm et héros de la série Breaking Bad) en tigre russe.
Nouvelle recrue également Frances Mc Dormand qui double l'horrible (et française) agent Dubois, méchante avec un grand M et à l'origine de scènes de poursuite plutôt époustouflantes.

C'est donc visuellement que Madagascar 3: Bons Baisers d'Europe est une réussite. Le film va crescendo et termine en feu d'artifice assez dingue. Deux scènes sont tout simplement démentes et justifient à elles seules le déplacement: ça bouge dans tous les sens, ça pétille, c'est coloré et ça flirte clairement avec le psychédélique.
Pour une fois, on ne regrette pas ces lunettes 3D souvent si désagréables.

Madagascar 3 est un film habile qui ne s'encombre pas de trop de cérébral: c'est juste explosif...

La petite anecdote:
Le réalisateur Tom Mc Grath prête lui-même sa voix à l'un des personnages depuis le 1er opus: le commandant Pingouin!

Infos pratiques:
Madagascar 3: Bons Baisers d'Europe
sorti le 6 juin 2012 en France
réalisateurs: Tom McGrath, Eric Darnell & Conrad Vernon
avec: Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer, Sacha Baron Cohen, Jessica Chastain, Bryan Cranston, Frances Mc Dormand
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19321313&cfilm=146915.html