Affichage des articles dont le libellé est - C. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est - C. Afficher tous les articles

mercredi 21 septembre 2016

Comancheria


Le scénariste de Sicario Taylor Sheridan est à nouveau à l'oeuvre et nous transporte dans un Texas hors du temps, pays de cow-boys modernes dans une Amérique meurtrie.

Afin de rembourser leurs dettes, deux frères se lancent dans un série de braquages. Un ranger proche de la retraite est décidé à les arrêter.

Les grands espaces texans et les histoires d'hommes à la gâchette facile, on en a déjà vu (beaucoup) au cinéma. Pas évident de se réinventer dans ce cadre ultrabalisé. C'est pourtant ce que réussit à faire David Mckenzie (réalisateur de l'oublié Rock N Love et de Les Poings contre les Murs) avec Comancheria

La chevauchée de ces deux frères est avant tout une réussite esthétique et poétique. Tourné au Nouveau Mexique mais sensé se passer dans l'Ouest du Texas, Comancheria nous livre aux étendues arides et brutales du Sud des USA. Mackenzie a un sens très développé du paysage, qu'il accompagne d'une BO léchée (Nick Cave en tête).

Pour le fond, on constate les effets concrets de la crise. Souvent, le nouveaux westerns voient se battre un duo ou un couple au nom d'une quête d'absolu ou d'une révolte générale. Ici, les frères Howard ont des motivations bien plus simples: ils se battent pour leur terre. Ils prennent leur revanche à leur échelle contre un système qui les a écrasé et contre un environnement dont ils sentent qu'ils ne peuvent pas sortir autrement que par l’illégalité.
Dans leur façon très "redneck" de voir le monde, la justice se porte à la ceinture. Ce supplément d'âme texan est attachant tout autant qu'anachronique. En VO, le titre du film est Hell or High Water, une expression signifiant "faire ce qui doit être fait" et qui illustre bien la dynamique du film.

Chris Pine (récemment vu dans Star Trek Sans Limites) est surprenant en paysan tête pensante de cette opération. Ben Foster, le Lance Armstrong de The Program, est impressionnant en frère mais habité par une violence destructrice.
Jeff Bridges pousse le bouchon un peu loin dans le personnage du shérif vieillissant. Il apporte l'élément comique souvent salvateur.

Comancheria est un mélange de western, de film de braquage, de constat social, de road-movie et aussi disparate que soit cette liste, ça fonctionne. Carton plein.

La petite anecdote
Une semaine après le tournage, une des banques qui a servi de décor au film a été braquée.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Comancheria
sorti le 7 septembre 2016 en France
réalisateur: David Mackenzie
avec: Chris Pine, Jeff Bridges, Ben Foster


lundi 22 août 2016

Comme des Bêtes


La bande-annonce sortie il y a plusieurs mois était particulièrement réussie et drôle. la nouvelle création du studio auteur de la franchise des Minions avait donc tout pour attirer le public estival.

Une fois que leurs maîtres les laissent seuls, que peuvent bien faire de leur journée les animaux de compagnie?

Les animaux sont très souvent les héros des films d'animation. Comme des Bêtes ne fait pas exception. Les réalisateurs leur prêtent donc le langage mais le reste de leurs expressions et attitudes est très proche de la réalité. Ces petits détails très bien retranscrits feront sans nul doute sourire quiconque a eu un chat (qui tente de s'asseoir dans une boite beaucoup trop petite pour lui) ou un chien (qui a décidé que les écureuils étaient des ennemis mortels).
Les gags s'enchaînent à un rythme soutenu et l'animation est fluide.
Chaque personnage a un caractère bien trempé et les doublages aident à se glisser dans leurs fourrures. 

Clin d’œil aux Monty Pythons, le grand méchant du film est un petit lapin blanc a l'air tout à fait inoffensif mais qui se révèle un gangster à grandes oreilles. Les références ciné - Belle et le Clochard, Grease, Les Aristochats feront plaisir aux parents. Les enfants eux, riront des gags très visuels.

Situé à New York, Comme des Bêtes fait de la ville un personnage à part entière, la reconstitution est minutieuse.

Il manque cependant l'étincelle qui permettrait de nous convaincre. Alors que la bande-annonce était très originale, le scénario est déjà vu et revu. Les scènes ultra-classiques de courses-poursuites en voiture et de descente dans les égouts n'apportent rien de neuf. Ça tourne vite court et on déplore le manque de prise de risque.

Comme des Bêtes est un film tendre aux détails bien trouvés mais qui manque d'originalité. Moins bien que ce que la bande-annonce pouvait laisser espérer...

La petite anecdote:
Sorti fin juillet en France, Comme des Bêtes avait bénéficié d'une promo depuis... plusieurs mois: clip de Noël ici, clip de Pâques ici

Note:
2/5 

Infos pratiques:
Comme des Bêtes
sorti le 27 juillet 2016 en France
réalisateurs: Chris Renaud, Yarrow Cheney

mercredi 30 mars 2016

Célibataire, mode d'emploi


Dans la catégorie "Film de filles", à aller voir entre copines, voici le dernier venu!

A New York comme ailleurs, il y a plusieurs façons de vivre son célibat...

Célibataire, Mode d'Emploi est adapté du roman "How to be single" de Liz Tuccillo, scénariste sur la série Sex and the City. On retrouve d'ailleurs ce ton déluré et un ton féminin cru et libéré.

Oubliez toute tentative d'analyse de fond, de recherche de message engagé ou autre manifeste artistique. Célibataire, Mode d'Emploi est un divertissement et uniquement un divertissement. Y aller avec d'autres intentions que rire, c'est la garantie d'être déçu(e).

L'humour cash est la réussite n°1 de ce film. Je craignais d'ailleurs que les meilleures blagues soient dans la bande-annonce. Mais non, l'1h50 est ponctuée de gags plutôt bien trouvés.
Célibataire, Mode d'Emploi s'adresse a un public précis. Trentenaire, vivant dans une grande ville, il se trouve que je tombe dans cette cible. Certaines scènes rappellent donc des souvenirs et je ne suis visiblement pas la seule dans ce cas puisque la salle (à 95% constituée de femmes) a copieusement gloussé.

Le scénario se résume en deux mots mais c'est plus la galerie de personnages, destinée à représenter plusieurs visions du célibat, qui fonctionne.
Le carburant de Célibataire, Mode d'Emploi étant les clichés, difficile de lui reprocher de faire dans la caricature.

Dakota Jackson, (vue dans Cinquante Nuances de Grey) prête son joli minois au personnage principal. Ce sont surtout ses faire-valoirs qui valent le détour, en particulier Rebel Wilson (Pitch Perfect). Elle joue toujours un peu les mêmes rôles - la grosse copine délurée - mais elle le fait drôlement bien.

Si vous cherchez un film à regarder entre filles, Célibataire, Mode d'Emploi vient se classer aux côtés d'autres comédies anecdotiques mais efficaces (Magic Mike, par exemple) qui remplissent parfaitement leur mission: faire rire sans faire trop réfléchir.

La petite anecdote:
Le rôle principal devait à l'origine être tenu par Lily Collins qui s'est finalement désistée.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Célibataire, Mode d'Emploi
sorti le 2 mars 2016 en France
réalisateur: Christian Ditter
avec: Dakota Jackson, Rebel Wilson, Leslie Mann

vendredi 29 janvier 2016

Carol


En ce début d'année 2016 riche en films de tous genres, c'est vers ce succès du dernier Festival de Cannes que s'est tournée ma curiosité.

Dans l'Amérique des années 50, deux femmes se rencontrent. Alors que l'âge, la condition sociale et la morale les séparent, elles vont tomber amoureuses.

Le réalisateur Todd Haynes avait fait sensation avec I'm not there qui retraçait la vie de Bob Dylan qui était interprété par 6 acteurs et actrices différents (dont Cate Blanchett). Il adapte ici le roman de Patricia Highsmith publié pour la première fois en 1952. Celle-ci est également l'auteure de Mr Ripley qui a été porté à l'écran en 2000 (avec... Cate Blanchett)

Todd Haynes nous emmène à New York, en hiver, et installe une atmosphère suave et ouatée.
Le sujet, qui paraît aujourd'hui simple, était à l'époque un potentiel scandale dans l'Amérique puritaine des années 50. Les héroïnes risquent des poursuites pénales pour leur relation homosexuelle. Tout est donc caché et dans la retenue. On se place du point de vue de l’amoureuse qui observe, admire, voire est sidérée. Todd Haynes filme ce regard qui devient forcément sensuel tout en restant chaste.

On regrettera cependant un manque de passion. La mise en scène très académique ne sort jamais des clous et le rythme un peu lent crée un manque d'émotion par moment.

La forme est cependant splendide. Le réalisateur et son chef opérateur ont étudié les photographes des années 50 et certains plans semblent être des reproductions de travaux de Saul Leiter notamment. On pense aussi aux tableaux de Hopper.
Les costumes et décors sont également particulièrement soignés.

C'est enfin l'interprétation qui donne à Carol toute sa profondeur. Cate Blanchett en beauté bourgeoise si sophistiquée et si proche de l'effondrement. Et Rooney Mara (Millenium) qui a reçu à Cannes le Prix d'Interprétation Féminine et qui semble une réincarnation d'Audrey Hepburn.

Carol est un mélo d'époque qui fait la part belle à ses personnages. La romance taboue est volontairement mise sous cloche et un peu étouffée: c'est dommage mais c'est une vraie réussite esthétique.

La petite anecdote:

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Carol
sorti le 13 février 2016 en France
réalisateur: Todd Haynes
avec: Cate Blanchett, Rooney Mara

jeudi 20 mars 2014

La Cour de Babel


Mieux qu'"inspiré d'une histoire vraie": le documentaire. Ou comment on peut se plonger via le grand écran dans une réalité qu'on ne soupçonnait pas forcément.

Les classes d'accueil permettent aux adolescents non francophones qui arrivent en France de s'acclimater avant de basculer vers une classe normale de collège. Pendant un an, Julie Bertuccelli a suivi les élèves d'une de ces classes.

Ils arrivent du monde entier: Sénégal, Angleterre, Roumanie, Venezuela... et leurs histoires sont variées: fille de diplomate, ayant fui la persécution ou victime de guerre civile. Leur point commun: ils ne parlent pas français suffisamment bien pour suivre les cours classiques.
Sans dresser leur portrait individuel ni jamais s’immiscer dans la cellule familiale, la réalisatrice s'appuie sur ces jeunes pour bâtir son film. Ce sont leurs indignations, leurs surprises, leurs frustrations qui vont ponctuer cette année.

La Cour de Babel nous montre une certaine immigration, celle de ces ados arrivés en France sans l'avoir forcément décidé, mais convaincus que c'est par l'école que passe la prise en main de leur avenir.
Loin du portrait de l'adolescence molle et indolente que le cinéma sait si bien caricaturer, les ados de La Cour de Babel sont plein d'une énergie qu'il fait bon ressentir. Tous (ou presque) ont des histoires difficiles faites d'éloignement familiaux, de déracinements mais ils sont bien décidés à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Si leurs colères prêtent souvent à sourire, leurs parcours sont souvent touchants. Et par leur bouche, ce sont nos propres comportements qu'ils renvoient. Comment se sentent-ils dans ce nouveau pays? sont-ils heureux?
On retrouve l'énergie et les angoisses des ados, mélangées aux problématiques propres à ces jeunes étrangers.
Cette école sur laquelle on aime tant tirer produit aussi de belles leçons. Et si le rôle de l'Education Nationale est de préparer les jeunes citoyens de demain, alors le dispositif des classes d'accueil y a tout à fait sa place.

En privilégiant un rôle de témoin (elle a tout simplement installé sa caméra dans la classe pendant 1 an), Julie Bertuccelli n'avance pas d'opinion. On comprend vite son admiration pour la professeur encadrant cette classe. Mais La Cour de Babel n'est pas un documentaire revendicatif. 
Il n'est pas non plus forcément très pédagogue: on n'en sait pas beaucoup plus sur le dispositif à la fin du film.

Pour des raisons de rythme et cette absence de prise de position, le spectateur peut vite s'ennuyer. On assiste nous aussi en témoin à ces morceaux d'histoire sans pour autant parvenir à s'attacher profondément aux protagonistes. La professeur est par exemple quasi absente de l'image.
Je m'attendais à un nouveau choc type Entre les Murs et ce n'est pas le cas.

La Cour de Babel est donc un documentaire fin et affectueux sur un sujet intéressant et d'actualité. Difficile pour autant d'en faire un objet de cinéma: attendez la sortie en DVD ou la diffusion sur ARTE...

La petite anecdote:
Pendant l'année scolaire 2010-2011, ce sont 16200 enfants non francophones qui ont été accueillis dans les Classes d’Accueil en collège (18500 en primaire). 
Elles sont à distinguer des classes d'alphabétisation qui accueillent les jeunes n'ayant pas été scolarisés dans leur pays d'origine.

Infos pratiques:
La Cour de Babel
sorti le 12 mars 2014 en France
réalisatrice: Julie Bertuccelli
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541945&cfilm=221636.html 

mercredi 4 décembre 2013

J'ai été voir... Cet été-là


Le programme ciné de cette fin d'année est-il trop rempli? le contrat de distribution en France est-il bancal? je ne m'explique toujours pas pourquoi Cet été-là a été une sortie si confidentielle (1 salle seulement le diffuse à Paris, une fois par jour). Le casting est pourtant alléchant, et l'entête "par le studio de Little Miss Sunshine" devrait en convaincre plus d'un...

Duncan est un ado renfermé et mal dans sa peau. L'été qu'il va devoir passer avec sa mère et le copain de celle-ci s'annonce mal. Et pourtant...

Les réalisateurs Nat Faxon et Jim Rash signent ici leur 1er film. ce ne sont pourtant pas des débutants: tous deux acteurs dans des séries, ils ont aussi signé le scénario de The Descendants pour lequel ils ont reçu l'oscar en 2012.
On retrouve donc un peu l'ambiance de Little Miss Sunshine : pas seulement parce que les deux acteurs principaux (Steve Carell et Toni Collette) sont aussi à l'affiche mais surtout pour ce ton mi-cynique mi-optimiste qui permet de parler de familles dysfonctionnelles le sourire aux lèvres.

Cet été-là est un film ensoleillé: une histoire estivale pendant laquelle les protagonistes bronzent, portent des shorts colorés et passent leurs soirées autour d'un barbecue. L'effet "vacances" est assez agréable.
Le scénario est assez simple et linéaire: pas de grande surprise ou de désillusion. On a même parfois l'impression de déjà vu. Un de ces films bien conçus qui font sourire sans laisser de trace.

Duncan, interprété par Liam James dont la mine boudeuse colle au personnage, a tout de l'ado mal à l'aise. On prend du poil de la bête avec lui et on s'enthousiasme quand il serre enfin les poings.
Steve Carell (Crazy Stupid Love, Little Miss Sunshine) est détestable à souhait en beau-père autoritaire. Toni Collette (Little Miss Sunshine et la série United States of Taracomplète le tableau parental en mère divorcée qui a perdu ses repères.
Mais c'est surtout Sam Rockwell (vu dans l'étrange Moon) qui emmène le film ailleurs avec son rôle de mentor looser décalé et très drôle. On guette tout simplement les scènes dans lesquelles il apparaît.

Cet été-là est un film tendre et sincère, et ces aspects font qu'on lui pardonne certains côtés maladroits et un peu caricaturaux. 

La petite anecdote:
Le film a été tourné dans la jolie bourgade de Marshfield, Massachusetts. Et vous trouverez ici les endroits où y promener votre chien...

Infos pratiques:
Cet été-là 
sorti le 27 novembre 2013 en France
réalisateurs: Nat Faxon et Jim Rash
avec: Liam James, Steve Carell, Toni Collette, Sam Rockwell
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540180&cfilm=138313.html




jeudi 14 novembre 2013

J'ai été voir... Cartel


Sur le papier, Cartel a tout bon: aux manettes, un réalisateur solide (Ridely Scott, Gladiator, Mensonges d'Etat, American Gangster et plus récemment Prometheus) , à l'écriture, un romancier reconnu qui signe son premier scénario (Cormac Mc Carthy, auteur de La Route, No Country For Old Men) et devant la caméra, un casting en béton armé (leurs noms occupent d'ailleurs les 2/3 de l'affiche, et en font l'argument n°1 pour aller voir le film).
Mais Cartel fait Pschitt là où il aurait dû faire Boum...

Un avocat s'implique sans trop y réfléchir dans un trafic de drogues à la frontière mexicaine. Il va peu à peu réaliser dans quel engrenage il s'est engagé.

Pour raconter le monde des cartels et des trafics de drogues, il y a plusieurs angles possibles, allant du documentaire à la quasi caricature. Cartel tient à première vue du film de gangsters en chemises à fleurs et chapeaux de cow-boy. C'est en fait plus compliqué que ça... et c'est bien là le problème.

Le scénario de Mc Carthy est noir et nihiliste. Pas d’échappatoire: quand la descente aux enfers démarre, il est déjà trop tard. Cartel aurait pu être jouissif, un feu d'artifice violent et stylé. Mais un rythme étrange s'installe. La réflexion sur les conséquences de ses actes est poussive et verbeuse. Les scènes de dialogue sexo-psycho-philo-mafioso s'éternisent et tournent vite en rond. Bref, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait. Trop alambiqué...

Il y a tout de même quelques fusillades, des courses poursuites et des assassinats dans les règles de l'art. Mais tout ça a lieu dans un flottement, comme si Ridley Scott n'y croyait pas lui-même.
Reste une maîtrise incontestable des prises de vue: Ridley Scott a 75 ans et il connaît son métier de faiseur d'images.

Le casting est irréprochable et c'est encore plus désagréable de voir ces acteurs et actrices (Cameron Diaz est au top) se débattre dans un exercice de style qui tourne à vide.

Allez voir Cartel pour les courbes de Mmes Diaz et Cruz, pour les beaux yeux de M. Pitt et Fassbender ou pour les chemises hallucinogènes de Javier Bardem.
Mais n'y allez pas si vous comptez sur un polar nerveux, vous risqueriez de vous ennuyer.

La petite anecdote:
Le personnage joué par Cameron Diaz est originaire de la Barbade. L'actrice a cependant trop forcé pour reproduire l'accent: la production lui a demande de ré-enregistré sa propre voix et elle se double donc elle-même...

Infos Pratiques:
Cartel
sorti le 13 novembre 2013 en France
réalisateur: Ridley Scott
avec: Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt, Michael Fassbender, Penelope Cruz
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537239&cfilm=202971.html

mardi 2 avril 2013

J'ai été voir... Cloud Atlas


Les amateurs de récits linéaires et d'histoires faciles à suivre passeront leur chemin. Les réalisateurs de Matrix sont de retour et ils adaptent un roman épique (La Cartographie des nuages de David Mitchell) qui semble taillé sur mesure pour leur cinéma.

Cloud Atlas se déroule dans cinq espaces-temps différents dans lesquels se croisent des personnages dont les destins sont liés.

Quand on le raconte comme ça, ça sent les histoires de karma et de réincarnation à plein nez. Could Atlas parle plutôt des effets papillons  ou de comment une action (bonne ou mauvaise) va avoir des répercussions à plusieurs niveaux.

Installez-vous confortablement car, pour raconter cette fresque, les réalisateurs ont choisi un grand format: 2h45 d'allers-retours nombreux et parfois très rapides entre les morceaux d'histoires, qui se nourrissent les unes des autres. On risque fort de se perdre dans cette mosaïque mais la narration et surtout le montage limpide guide le spectateur qui se laisse prendre au jeu.

Pour rendre la lecture plus facile, les réalisateurs (ils sont 3: les deux Wachowski, dont un est devenu une femme depuis Matrix et Tom Tykwer qui a réalisé Cours Lola Cours et Le Parfum) ont choisi de donner un genre très marqué à chaque espace-temps. 
On passe donc du thriller seventies au film d'aventure situé fin XIXème, puis de l'épopée de science-fiction à la comédie britannique. Sans transition? pas vraiment puisque ces fragments racontent les parties d'une même histoire.
On pourra reprocher un côté opaque au message: sans trop savoir ce que le film veut prouver, le spectateur est parfois déboussolé et comme le décor change sans cesse, on ne sait pas trop à quoi se raccrocher. Je ne sais par exemple pas trop ce que je garderai comme souvenir de ce film d'ici quelques mois...

L'un des côtés malins de Cloud Atlas, c'est la continuité des acteurs puisqu'on retrouve à chaque fois les mêmes, qui jouent 5 ou 6 personnages chacun. Race, genre, caractère: ils évoluent et leurs transformations sont nombreuses.
Certains maquillages et postiches font d'ailleurs un peu kitsch mais donne un aspect ludique au film: on cherche (avec parfois de surprenantes difficultés)  à repérer les acteurs dans chaque monde. Restez d'ailleurs jusqu'au générique de fin qui vous donnera les réponses.

Les acteurs sont amenés à nous montrer plusieurs performances. Aux côtés de Tom Hanks et Halle Berry qui tiennent solidement la tête d'affiche, on retrouve des têtes familières. Hugo Weaving, l'horrible Mr Smith de Matrix, mais aussi Jim Sturgess (Un Jour, Les Chemins de la Liberté) ou Ben Whishaw (Le Parfum, et Skyfall, le dernier James Bond dans lequel il est le nouveau Q). Et dans de plus petits rôles mais assez rigolos: Hugh Grant et Susan Sarandon. Bref, un casting à la hauteur de l'ambition des Wachowski.

Car il faut une bonne dose d'ambition et de confiance en sa vision pour se lancer dans un projet pareil. Il faut aussi un budget: 100 millions de $ (le plus gros budget pour un film indépendant aux USA). Les recettes n'ont cependant pas été au rendez-vous puisque le public américain a boudé Cloud Atlas.

J'y ai personnellement passé un bon moment, avec la sensation qu'on me racontait une histoire d'une façon originale. On n'est pas au niveau d'enthousiasme que peut susciter un Matrix mais l'exercice vaut le détour.

La petite anecdote:
Le 3ème réalisateur, Tom Tykwer, est également le compositeur de la bande-son de Cloud Atlas. Celle-ci a une grande importance dans l'intrigue et aide, comme le montage, à structurer le récit. Tykwer avait d'ailleurs écrit la musique plusieurs mois avant le tournage et l'équipe a pu s'en inspirer pendant.

Infos pratiques:
Cloud Atlas
sorti le 13 mars 2013 en France
réalisateurs: Andy Wachowski, Lana Wachowski, Tom Tykwer
avec: Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving, Jim Sturgess, Ben Whishaw
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19452291&cfilm=143067.html 

lundi 10 décembre 2012

J'ai été voir... Cogan, Killing Them Softly


"America is not a country, it's a business" ou comment, dans Cogan, Killing Them Softly, Andrew Dominik (L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Fordmet en scène l'individualisme Outre-Atlantique.

Jackie Cogan est employé par des caïds mafieux qui souhaitent faire le ménage après le braquage d'une salle de jeux illégale.

Cogan, Killing Them Softly est un polar désabusé. Là où les films noirs ou de mafia sont souvent sur vitaminés et parfois trop fatigants car trop plein d'énergie, ici on est aux antipodes du film hyper-actif. C'est long, c'est lent, c'est contemplatif...
Les tueurs à gage s'improvisent philosophes, les petites frappes se shootent à l'héroïne et planent... l'ennui n'est pas loin et une dizaine de personnes ont quitté la salle de cinéma avant la fin.

Cogan, Killing Them Softly est un concentré de violence gratuite. On est vite mal à l'aise, et pas dans le bon sens du terme où vous pouvez être interpellé dans le but de vous alerter et réfléchir. La vulgarité du langage se veut sans doute réaliste mais 50 minutes avec "fuck" dans toutes les phrases, ça écorche franchement les oreilles. Quand aux scènes de baston et d'assassinat, elles sont habilement mises en scène mais n'apportent rien.

Le scénario est minimal et on ne trouve pas de justification à ces scènes de violence. Là où Drive parvenait à créer une atmosphère autour de ses personnages, Cogan, Killing Them Softly échoue à nous emmener dans son univers.

Brad Pitt est pourtant très bien dans son rôle (central) de tueur à gages moins bête que les gens qui l'entourent et cynique jusqu'à la moelle. On reconnaît également quelques visages issus de la série Les Sopranos comme James Gandolfini en tueur looser.

Les références au modèles américain ne sont pas du tout subtiles et passent par des extraites du discours de campagne d'Obama en guise de bande-son. Mais on ne nous guide pas dans cette réflexion et ça tombe franchement comme un cheveu sur la soupe...
Film de crise économique et du désenchantement? peut-être mais si on doit se débrouiller tout seul pour comprendre le message, je trouve ça dommage.

L'humour manque cruellement tout au long du film; là où on aurait pu basculer dans l'absurde. On sent pourtant l'influence d'un Tarantino dans la violence outrancière ou des frères Cohen dans les situations foireuses. 
Mais Cogan, Killing Them Softly tourne à vide sans histoire à laquelle se raccrocher et donc sans logique.

La petite anecdote:
Cogan, Killing Them Softly était en compétition à Cannes pour le festival 2012 mais est reparti bredouille.

Infos pratiques:
Cogan, Killing Them Softly
sorti le 5 décembre 2012 en France
réalisateur: Andrew Dominik
avec: Brad Pitt, James Gandolfini, Scoot McNairy, Ben Mendelsohn, Ray Liotta, Richard Jenkins
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19424245&cfilm=187420.html 

vendredi 30 novembre 2012

J'ai été voir... Comme des Frères


Sur le papier, j'étais pas super emballée. Ça sentait fort Les Petits Mouchoirs bis (que j'ai bien aimé mais bon...). Qu'est-ce que c'est agréable d'avoir une bonne surprise!

Charlie, la meilleure copine de Max, Elie et Boris, décède. Alors, comme ils le lui ont promis, et même s'ils n'ont pas grand chose en commun à part cette nana/ex/pote/soeur de substitution, ils partent en voyage ensemble.

Comme des Frères est donc un road-movie, décor principal: la voiture et ses différents arrêts en cours de route. Tout tourne autour de ces 3 personnages, avec quelques apparitions (lumineuses) de Charlie/Mélanie Thierry.
C'est l'alchimie entre les trois acteurs qui rend crédible toute la dynamique du film. Car l'originalité est là: ces 3 potes ont respectivement 20, 30 et 40 ans. Et on parle d'amitié à tous les âges.

Pierre Nimey, 23 ans et plus jeune sociétaire de la Comédie Française; Nicolas Duvauchelle, 32 ans, plus connus pour ses rôles dans des films d'auteur (Hell, Les Corps Impatients, ou récemment Polisse) que pour son registre comique; François-Xavier Demaison, 39 ans, découvert grâce à son one-man show. 
Voilà le casting réuni par le réalisateur Hugo Gélin pour son premier film. Et ça marche! 
Demaison joue tout en retenue mais dégaine les vannes sur le bon ton. Duvauchelle s'ouvre à un rôle moins tourmenté et est toujours aussi fin dans son interprétation (je ne suis pas 100% objective pour Duvauchelle, sur qui j'ai craqué il y a longtemps dans Avril). Quant à Pierre Niney, avec ses grands yeux et son visage si expressif, il campe ce grand enfant avec beaucoup de fantaisie.

Le trio bénéficie également d'un scénario très bien écrit, qui nous livre les clés de l'histoire petit à petit. Tout comme ces copains qui se découvrent au fur et à mesure de leur voyage, on chemine avec eux.
Dernier petit plus, la BO est très sympa, composée par le groupe Revolver (un trio...)

On écrase sa larme par moment, le sujet ne permettant pas d'éviter certaines scènes sentimentales. Mais chacun sera touché à des moments différents du film. Comme des Frères reste un film de potes et l'humour distillé au gré des répliques cinglantes sauve les scènes qui pourraient déraper dans le pathos.

On évite pas non plus certains moments un peu téléphonés et une morale de l'histoire qui ne fait pas dans la dentelle, mais à moins d'être très cynique, vous devriez passer un bon moment. 
En tous cas en sortant du ciné, peut-être que vous aurez, comme moi, envie d'appeler quelques uns de vos copains pour leur dire que vous les aimez fort.

La petit anecdote:
Pour créer la complicité entre les acteurs, François-Xavier Demaison a invité ses acolytes à une lecture du script dans la maison dans le Sud de la France. Ce week-end, qu'ils qualifient de "week-end de désintégration" a donné le ton pour le reste du tournage...

Infos pratiques:
Comme des Frères
sorti le 21 novembre 2012 en France
réalisateur: Hugo Gélin
avec: Mélanie Thierry, Pierre Niney, Nicolas Duvauchelle, François-Xavier Demaison
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19416386&cfilm=196809.html 

mardi 29 mai 2012

J'ai été voir... Cosmopolis


Je suis bien embêtée pour vous dire ce que j'ai pensé de Cosmopolis puisque je n'ai RIEN compris...

Cosmopolis est le genre de film qui divise la critique et les spectateurs. Je vous mets au défi de trouver un article négatif à son sujet (blog ciné ou magazine). "Chef d'oeuvre", "visionnaire", "génial": la bataille des superlatifs fait rage.

De mon côté, plus de la moitié des spectateurs a quitté la salle au bout d'une heure et l'autre moitié a échangé des regards d'incompréhension pendant le générique de fin.

Cosmopolis est adapté d'un roman de Don DeLillo. Cronenberg en a lui-même tiré un scénario (en 6 jours) basé sur les dialogues du livre repris mot pour mot.
Je n'avais pas vraiment apprécié A Dangerous Method mais il racontait quand même une histoire, il y avait un fil auquel se raccrocher.

Ici, j'ai bien saisi l'allusion à la fin du capitalisme et la dénonciation de la spéculation financière. Mais absolument sans queue ni tête...
La bande-annonce laissait pourtant présager de scènes d'action. Il n'y en a aucune, ça ne décolle jamais.

Pattinson enlève ses dents de vampire et incarne ce golden boy milliardaire qui se promène en limousine blindée dans un New York en émeute et veut aller se faire couper les cheveux (...)
Une galerie de personnages secondaires défilent dans sa voiture: Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Samantha Morton (la Agatha de Minority Report qui pouvait prédire les futurs meurtres). Paul Giamatti arrive, lui, pour une scène finale incompréhensible elle aussi.

Etant quand même curieuse de comprendre ce que j'ai vu, j'invite au resto toute personne qui pourra m'éclairer...

La petite anecdote
Cosmopolis est sorti un vendredi en France puisqu'un film ne peut être en compétition à Cannes s'il est déjà sorti et il ne peut être diffusé qu'après sa projection sur les marches (qui avait lieu vendredi 25 pour le film de Cronenberg)
Pour en savoir plus sur pourquoi les films sortent le mercredi en France, c'est ici.

Infos pratiques
Cosmopolis
sorti le 25 mai 2012 en France
réalisateur: David Cronenberg
avec: Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Samantha Morton, Paul Giamatti
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19332064&cfilm=143756.html 


samedi 17 mars 2012

J'ai été voir... Cloclo



C’est la grande mode des biopics, ces films-biographies qui retracent la vie d’artistes ou de personnages célèbres : récemment, J. Edgar ou La Dame de Fer, dans deux semaines, My Week with Marilyn, il y a quelques temps La Môme, Gainsbourg ou Ray… et tant d’autres.
On aime se pencher côté coulisses et connaître les petits secrets des stars. Côté cinéma, on aime pouvoir évaluer la performance des acteurs en les comparant aux « vrais » personnages auxquels ils sont sensés ressembler.
Pas étonnant que Claude François ait droit à son biopic, lui qui a déchaîné les passions de son vivant et qui reste une star incontournable aujourd’hui (il a vendu plus de 63 millions de disques à ce jour).

Cloclo raconte toute la vie de Claude François, de sa naissance en Egypte à sa mort à la veille de ses 40 ans.

Première particularité du film, l’histoire est racontée de manière chronologique. C’est presque une originalité tant les biopics usent et abusent d’habitude du flash-back. Ici on assiste à l’évolution du personnage et des époques qu’il traverse.
Le travail de reconstitution des décors et des costumes est très minutieux et on est rapidement immergé.

Autre point positif, l’acteur principal Jérémie Renier ressemble de façon bluffante à l’original. Outre la ressemblance physique « naturelle », Renier a travaillé pendant 5 mois avec des coaches (voix, danse, postures) pour arriver à ce mimétisme. Ajoutez un très bon maquillage (ce qui est assez rare pour être noté) et une façon de le filmer sous les meilleurs angles, on y croit vraiment.
Le travail d’imitation est moins réussi pour Benoît Magimel qui interprète Paul Lederman, le premier producteur de Cloclo. On est gêné par le maquillage et par un accent juif trop joué et trop forcé.

Les autres seconds rôles sont réussis, surtout Chouffa (Monica Scattini), la mère du chanteur. Tous ces personnages secondaires permettent de mettre en lumière certains aspects de la personnalité ou de la vie de Claude François, de façon plutôt subtile.

Si vous êtes fan de Cloclo, si vous vous êtes documentés sur sa vie ou si vous avez vécu à cette époque et que vos souvenirs sont clairs, alors vous serez moins surpris que moi par tout ce qui est arrivé à cet homme. Cloclo revient sur sa vie, ses aventures amoureuses, sa famille, sa carrière de chanteur et toutes ses autres carrières (patron de presse, de maison de disque…). Bref, bien plus que le chanteur à minettes en costume à paillettes…

Au-delà des faits, souvent surprenants, Cloclo nous montre la part d’ombre de Claude François : monomaniaque, obsessionnel et control-freak, c’était un patron tyrannique et un amant possessif et jaloux.
D’ailleurs les deux fils du chanteur, qui sont producteurs exécutifs du film, ont semble-t-il pesé pour que cet aspect sombre de leur père ne soit pas trop mise au grand jour.

Quand le réalisateur tente d’expliquer d’où viennent ces traits de caractère, on tombe presque dans la psychanalyse de comptoir (l’image du père, la mama italienne castratrice, etc).
Le film fait presque 2h30 et c’est parfois un peu long. Mais il est plutôt bien rythmé, les différentes étapes de la vie et de la carrière s’enchaînent et on est happés dans le tourbillon.

Certaines scènes sont même géniales et nous permettent de vivre la folie Cloclo de l’intérieur. Avez-vous déjà imaginé une horde de jeunes filles hurlant qu’elles vous aiment dès que vous sortez de chez vous ?

Enfin au niveau musical, qu’on aime ou pas, on connaît tous ses chansons et on se prend plus d’une fois à taper du pied ou à claquer des doigts devant le film. Surtout, on se rend compte comment Claude François transformait en chansons ce qui lui arrivait dans la vie.

Je recommande Cloclo non seulement aux fans des yéyés et aux nostalgiques des pattes d’eph et des cols pelle à tarte, mais aussi à ceux qui veulent en savoir plus sur le mythe de cet homme qui est effectivement devenu l’image qu’il avait créé, dans le moindre détail…

La petite anecdote
En me renseignant sur Cloclo, j’ai découvert un mot, mentionné dans à peu près tous les articles consacrés au film : hagiographie. C’est un texte racontant la vie des saints.

Infos pratiques
Cloclo
Sorti le 14 mars 2012 en France
Réalisateur : Florent Emilio-Siri
Avec : Jérémie Renier, Benoît Magimel, Benoît Scattini

jeudi 15 décembre 2011

J'ai été voir... Carnage


Suite à une violente dispute entre deux enfants, leurs parents se rencontrent pour s'expliquer. Malgré les bonnes intentions affichées au départ, la situation va évidemment dégénérer et les personnages vont peu à peu dévoiler leurs vrais visages.

Carnage est une adaptation de la pièce de théâtre Le Dieu du Carnage de Yasmina Reza (qui cosigne d'ailleurs le scénario du film).
C'est donc un huis-clos: l'action se déroule dans une seule pièce et on ne quitte pas les personnages de l'heure et demi que dure le film. Cette limitation de l'espace crée de fait une proximité avec l'histoire.

Le casting est la raison n°1 pour aller voir ce film: il réunit la crème de la crème... Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly: soit 4 Oscars (plus une nomination pour le seul des quatre qui ne l'a pas eu), 2 Golden Globe et quelques Emmys qui pourraient trôner sur le manteau de la cheminée de l'appartement new-yorkais dans lequel se déroule Carnage.
On se régale de voir ces quatre-là monter progressivement dans les tours...
Kate Winslet est une hystérique qui a quelques soucis avec son estomac.
Jodie Foster en bobo qui craque et essaie de calmer tout ce petit monde.
John C. Reilly passe d'abord pour un gentil mais se révèle finalement être froid et désabusé.
Et que Christoph Waltz est bon pour jouer les personnages détestables! Il campe là un avocat sans scrupule a qui on a constamment envie de mettre des baffes.

Polanski a réuni les quatre acteurs pendant 2 semaines avant le début du tournage pour qu'ils maîtrisent parfaitement leurs répliques et répètent ensemble, comme pour une pièce de théâtre.

Le rythme du film est soutenu et on en sort un peu lessivé. Mais la tension monte progressivement et surtout les dynamiques entre les personnages changent tout au long du film et les cartes sont redistribuées à chaque fois. Le tout étant saupoudré de scènes vraiment drôles...

Quant aux sujets abordés (sommes-nous vraiment civilisés? quelle est la part de monstre en nous?), ils peuvent tous nous toucher et le film nous pousse à nous poser ces questions. Ces thèmes ont une résonance encore plus personnelle pour Polanski et cela rend Carnage encore plus puissant.

La petite anecdote:
L'appartement dans lequel se déroule l'action de Carnage a été construit en studio à Bry-sur-Marne, en région parisienne.

Infos pratiques:
Carnage
sorti le 7 décembre 2011 en France
réalisateur: Roman Polanski
avec: Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz, John C. Reilly
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19245502&cfilm=183445.html

jeudi 8 décembre 2011

J'ai été voir... Le Chat Potté


Mais d'où vient Le Chat Potté? avant de rencontrer Shrek et Donkey il a vécu ses propres aventures qui nous sont contées dans ce film.
On rencontre donc ses acolytes Kitty Pattes de Velours et Humpty Alexander Dumpty à qui il s'associe pour récupérer l'Oie aux Oeufs d'Or qui devrait lui permettre de s'acquitter d'une vieille dette...

A l'origine, Dreamworks prévoyait uniquement une sortie en DVD pour ce film. Mais le succès de la saga Shrek et du personnage de Potté ont convaincu le studio de basculer vers une version grand écran... en 3D.
Bon, ce n'est pas encore Le Chat Potté qui me convaincra de l'utilité de le 3D. Elle n'apporte rien si ce n'est un léger mal de crâne à la fin de la séance (et sans doute quelques euros à l'heureux entrepreneur fabriquant de lunettes).

Le Chat Potté joue sur les codes du western: la musique, les grands espaces style pampa, les villages mexicains, l'accent latino d'Antonio Banderas et Salma Hayek... Olé!
Potté est donc un Robin des Bois latin lover et Kitty Pattes de Velours lui tient la dragée haute.

Pour l'ambiance générale, on est dans la veine de Shrek: certaines scènes et personnages sont vraiment drôles. En revanche, je ne sais pas trop comment le film est perçu par les plus petits: certaines blagues second degré sont clairement pour adultes.
Pas d'inquiétude, Potté fait bien ses célèbres yeux doux, et je pense même que ce sont ces yeux doux qui ont décidé Dreamworks à faire un film sur ce personnage (plutôt que Donkey, de loin mon personnage préféré de Shrek)

Le Chat Potté ne surprend pas: il n'est ni particulièrement brillant, ni complètement raté. C'est un film très bien calibré, et on sent la grosse machine américaine rompue aux succès.
J'ai donc ri, de bon coeur, et c'est pour ça que j'allais voir ce film. Mais il n'y a pas le petit truc en plus qui ferait qu'on soit conquis à 100%.


La petite anecdote:
C'est la 6ème fois qu'Antonio Banderas et Salma Hayek se donnent la réplique: Desperado, Groom Service, Frida, Desperado 2 - Il était une fois au Mexique et Mission 3D Spy Kids 3 (quand même...)

Infos pratiques:
Le Chat Potté
sorti le 30 novembre 2011 en France
réalisateur: Chris Miller
avec les voix de: Antonio Banderas, Salma Hayek, Zack Galifianakis, Billy Bob Thorton
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19229794&cfilm=123532.html

mardi 15 novembre 2011

J'ai été voir... La Couleur des Sentiments


La Couleur des Sentiments est l'un de ces films qu'on ne peut pas recommander à tout le monde. J'ai beau avoir passé un très bon moment, je sais très bien que ce n'est pas un film qui plaira à tous les spectateurs.
C'est un film de femmes: avec un casting quasi-exclusivement féminin, un thème qui parle des femmes, adapté d'un best-seller écrit par une femme. Vous êtes prévenu(e)s...

Mississippi, dans les années 60, les familles blanches emploient quasiment toutes des domestiques noires pour les aider à tenir leur maison et élever leurs enfants. Quand l'une de ces enfants blanches revient de l'université et décide de demander aux domestiques de l'aider à écrire un livre qui raconte leurs histoires, c'est un vent de panique qui souffle sur Jackson, Mississippi...

Outre le contexte "historique" dans lequel se situe le film (le début du mouvement des droits civils aux Etats-Unis), c'est plus dans une atmosphère que l'on se plonge avec La Couleur des Sentiments. On entre dans ces foyers par la petite porte et on suit les "femmes au foyer", leurs clubs de bridge, leurs chamailleries, leurs angoisses et leur personnel de maison.
Même si on est à la même époque, on est visuellement très loin de Mad Men : autant le New York de Mad Men est sombre, autant le Jackson de La Couleur des Sentiments est ensoleillé... Et pourtant les preoccupations de ces housewifes ne sont pas si éloignées.

La force de La Couleur des Sentiments réside dans les personnages qu'elle met en scène.
Côté "blacks", les caractères sont bien trempés, on se rentre dans le lard régulièrement et la solidarité règne. L'humour aussi puisqu'il permet de surmonter les coups et les humiliations...
Côté "blanches", on est ridicules jusqu'à la caricature, on ne supporte pas le changement et on se prend beaucoup trop au sérieux.
Quand ces deux camps s'affrontent, ça fait des étincelles. Et finalement parfois, entre les deux, on trouve aussi de la tendresse.

La bande d'actrices qui interprète toutes ces femmes est largement à la hauteur. On sent qu'elles ont saisi la chance d'incarner ces beaux rôles que le film leur offre.

Le film aurait donc pu s'intituler "La Couleur des Bons Sentiments" ou "Autant en Emporte le Racisme" car le sujet est traité de façon peu nuancée et assez prévisible. Mais j'ai rit et j'ai été touchée, alors pourquoi bouder son plaisir?...
Pour plus d'aspérités dans les personnages et de profondeur dans l'histoire, j'attaque prochainement la lecture du best-seller dont le film est tiré. 

La petite anecdote
Kathryn Stockett (l'auteure du roman) a écrit le rôle de Minny en s'inspirant directement de l'actrice Octavia Spencer... qui interprète le rôle dans le film!
L'auteure l'a en effet cotoyée puisque l'actrice a vécu pendant 4 ans en colocation avec Tate Taylor, le réalisateur du film et ami d'enfance de Kathryn Stockett.
Ils ont donc naturellement décidé de confier le rôle à son modèle...

Infos pratiques:
La Couleur des Sentiments
sorti le 26 octobre 2011 en France
réalisateur: Tate Taylor
avec: Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Octavia Spencer
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19246232&cfilm=176673.html

mardi 18 octobre 2011

J'ai été voir... Crazy Stupid Love


Crazy, Stupid Love fait partie d'une catégorie bien particulière de films, les "films du dimanche soir", ceux qu'on aime parce qu'on sait en entrant dans la salle qu'on aura le sourire en ressortant.

Et quand le casting est aussi alléchant que pour Crazy, Stupid Love, je n'hésite pas longtemps...
Steve Carell (The Office) joue un gentil père de famille dont la vie tombe en morceaux quand sa femme, jouée par Julianne Moore, lui annonce qu'elle le trompe. Grâce à un jeune tombeur (Ryan Gosling) qui le prend sous son aile, il va apprendre à draguer au XXIème siècle...
Pour ceux qui en doutaient, Ryan Gosling a non seulement un potentiel comique, mais aussi des abdos en acier trempé.
Steve Carell ne tombe jamais dans le mélo ou le clown et il joue sincèrement ce mec un peu paumé et vraiment amoureux.

Crazy, Stupid Love contient évidemment des clichés de comédie romantique et il y a un tas de bons sentiments à l'américaine, mais il y a aussi des dialogues bien ficelés, des personnages bien trempés et des surprises bien amenées...
Et puis les bons sentiments, c'est toujours agréable un dimanche soir.

La petite anecdote:
David A. Siegel, producteur exécutif du film, est aussi celui de Very Bad Trip.

Infos pratiques
Crazy, Stupid Love
sorti le 14 septembre 2011 en France
réalisateurs: Glenn Ficarra, John Requa
avec: Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Emma Stone
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19228368&cfilm=180157.html