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samedi 31 décembre 2016

Les Animaux Fantastiques


Vous reprendrez bien un peu de magie Harry Potter? Voici le 1er film hors de la série principale (5 romans, 7 films), dont J.K Rowling a elle-même écrit le scénario.

Norbert Dragonneau est un sorcier anglais ayant pour passion les animaux fantastiques. Sa quête de créatures le mène à New York en décembre 1926.

Les adeptes de l'univers de Harry Potter connaissent Norbert Dragonneau comme l'auteur d'un manuel étudié à Poudlard: un bestiaire détaillé des animaux magiques ainsi que leurs spécificités et comment interagir avec eux.
On remonte donc 70 ans avant le début des aventures de Potter, à une époque où Voldemort n'était pas encore né mais qui n'était pas plus calme pour autant.

En installant l'intrigue à une autre époque et sur un autre continent, JK Rowling étend son univers et ça fonctionne très bien. Les clins d'oeil sont nombreux et raviront les amateurs alors que les nouveaux venus ne seront pas perdus. 
L'auteur a réussi à conserver les ingrédients du succès: de bons sentiments, l'humour british, et du merveilleux.
Les effets spéciaux rendent les animaux fantastiques spectaculaires et ajoutent un dynamisme indéniable.

Je craignais une pâle copie des films précédents (dont les quatre derniers ont été réalisés par le même réalisateur que celui-ci: David Yates). Au contraire, Les Animaux Fantastiques nous plonge dans un univers réinventé et tout aussi passionnant.

Eddie Redmayne (oscarisé en 2015 pour Une Merveilleuse Histoire du Temps et vu également dans My Week With Marilyn et plus récemment dans The Danish Girl) est Norbert Dragonneau. Un peu cabotin selon moi, il surjoue la timidité. Il donne cela dit une touche d'élégance britannique au personnage. Il est entouré dans les seconds rôles de Katherine Waterson (Tina), Ezra Miller (vu dans le très bon We Need to talk about Kevin et Le Monde de Charlie) toujours aussi à l'aise dans les rôles de personnages bizarres. Colin Farell fait également partie de l'équipe.

Quelques longueurs et une intrigue un peu confuse pourront doucher l'enthousiasme de certains mais force est de constater que les bases d'une nouvelle série de films est bien là. 5 sont prévus au total. Ce qui devrait fournir leur dose de magie aux fans en manque depuis la fin de la saga Harry Potter.

La petite anecdote:
Si vous voulez vous immerger dans l'univers Harry Potter, le moyen le plus sûr est sans doute le parc d'attraction qui lui est dédié à Los Angeles. https://www.wizardingworldhollywood.com/

Note:
3,5/5

Infos utiles:
Les Animaux Fantastiques
sorti le 16 novembre 2016 en France
réalisateur: David Yates
avec: Eddie Redmayne, Katherine Waterson, Colin Farell, Ezra Miller
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19565316&cfilm=223940.html

jeudi 3 mars 2016

Ave Cesar!


Les frères Coen sont fans de cinéma et rendent hommage film après film aux différents styles du 7ème art.

Dans les années 50, le studio hollywoodien Capitol Pictures produit en simultané des films de tous les genres: western, drames, numéros de claquettes, etc.

Les réalisateurs de No Country for Old Men, The Big Lebowski ou encore Burn After Reading se plongent cette fois-ci dans la période faste d'Hollywood: celle des grandes stars, des studios omniprésents et des décors gigantesques. Ils le font avec enthousiasme et sous l'angle de la comédie. On flirte avec la parodie mais leur œil reste toujours bienveillant. 

On suit à la trace Eddie Mannix (Josh Brolin), le "fixer" du studio dont le job consiste à régler tout ce qui dérape. Il nous permet de nous balader entre les plateaux, de passer du désert de western à la piscine du ballet aquatique. Un semblant d'histoire rythme cette visite guidée: un acteur vedette est mystérieusement kidnappé.

C'est là que le bât blesse. Ave Cesar! souffre d'un manque cruel de scénario. Les sketchs s'enchaînent et le casting (royal) s'en donne à cœur joie. Mais une suite de tableaux ne fait pas un film et on se lasse vite de passer du coq à l'âne. La cohérence générale est de moins en moins évidente au fur et à mesure du récit.

Certaines performances sont très réussies: Scarlett Johansson en sirène / poissonnière ou Channing Tatum faisant des claquettes et s'auto-parodiant (on pense beaucoup à Magic Mike). Les stars jouent le second degré et ça fonctionne. George Clooney, qui travaille avec les Coen pour la 4ème fois, cabotine à fond mais, là encore, ça colle avec le ton du film.

La reconstitution des années 50 et de l'atmosphère des studios est minutieuse: costumes, décors, l'ambiance est là. C'est bien un film hommage: les réalisateurs ont voulu montrer le talent d'artisan déployé à cette époque.

Il est évident que les frères Coen se sont amusés à faire Ave Cesar!
On s'amuse beaucoup moins à le regarder...

La petite anecdote:
Après avoir joué dans O'Brother, Burn After Reading et Intolérable Cruauté, George Clooney pensait avoir fini ce que Joel et Ethan Coen ont appelé la "trilogie des idiots". Il rempile pourtant ici avec un rôle que l'acteur qualifie lui-même "d'encore plus stupide que les précédents".

Note:
2/5


Infos pratiques:
Ave Cesar!
sorti le 17 février en France
réalisateurs: Joel et Ethan Coen
avec: Josh Brolin, George Clooney, Channing Tatum, Scarlett Johansson

vendredi 9 octobre 2015

Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E.


Le vintage est à la mode et le cinéma n'échappe pas à cette tendance. Guy Ritchie (le réalisateur de Snatch, Rock n' Rolla et plus récemment les Sherlock Holmes avec Robert Downey Jr) nous livre à son tour un film sixties jusqu'au bout des ongles.

Au début des années 60, un agent de la CIA et un agent du KGB se voient contraints de faire équipe pour traquer une organisation criminelle néo-nazie.

Après le très réussi Kingsman il y a quelques mois, voici une nouvelle comédie d'espionnage réalisée par un britannique. 
Adapté d'une série télé des années 60, Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. assume totalement son look rétro. Costumes tirés à 4 épingles, robes Dior et papier peint à fleurs nous plongent dans l'ambiance.

Le ton est décontracté, Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. joue le jeu du second degré. Si certaines répliques tombent parfois à côté, l'humour britannique est tout de même là et sauve par moment l'ensemble.

Car passé cette élégance et ce côté léger, il ne reste pas grand chose. Pas franchement musclé, pas franchement drôle ou déjanté, le film peine à trouver son rythme. Le style ne sauvant pas tout, on ressent cruellement le manque de relief de l'intrigue. Quelques scènes d'action viennent raviver l'ensemble mais elles sont à peine assez dynamiques.

Côté casting, les deux agents sont joués par deux armoires à glace hollywoodiennes sensées apporter une touche de glamour. Armie Hammer (qui jouait les jumeaux Winklevoss dans Social Network) joue agréablement avec la parodie. Henry Cavill (le superman de l'horrible Man of Steel) quant à lui est tout bonnement insupportable: figé et statique, il énerve beaucoup trop pour séduire. La caution girly est apportée par Alicia Vikander (A Royal Affair) qui se contente d'être mignonne, ce qu'elle fait très bien.

Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. est clairement le lancement d'une franchise et on peut douter de la suite qu'ils vont lui donner. Il se veut un film à l'ancienne, qui se base sur la séduction et le style. Ce n'est pas complètement mauvais, mais c'est loin d'être bon.

La petite anecdote:
David Beckham fait une micro-apparition en projectionniste dans le briefing de l'agent russe. Guy Ritchie l'avait déjà engagé pour une pub H&M qu'il avait réalisé. 

Note:
2/5

Infos pratiques:
Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E.
sorti le 16 septembre 2015 en France
réalisateur: Guy Ritchie
avec: Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Hugh Grant

jeudi 30 avril 2015

Avengers, Age of Ultron


On prend les mêmes, et on recommence! Nouvel opus dans l'univers Marvel (Avengers bien sûr mais aussi les Iron Man, Captain America et Thor), il faut - encore - sauver l'humanité...

Un programme de maintien de la paix dérape et les Avengers (Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, Hulk, Thor et Hawkeye) se retrouvent pour combattre un nouvel ennemi,  Ultron, bien décidé à éradiquer les hommes.

Si vous avez déjà fait votre overdose de super-héros, évitez Avengers, Age of Ultron. Tout y est: les très nombreuses scènes d'action et explosions, les personnages caricaturaux et le scénario qui tient sur un timbre poste. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à Hollywood, mais ils savent faire des films de divertissement. 

Préparez-vous donc à en prendre plein la vue pendant 2h30. C'est long et il y a clairement un passage à vide de presque 45 minutes (quand même...) avec un épisode centré sur Hawkeye qui n'apporte pas grand chose.
Avengers, Age of Ultron est en 3D et le réalisateur Joss Whedon (qui avait déjà réalisé le premier Avengers mais qui a aussi créé la série Buffy contre les vampires ) l'utilise bien. On prend quelques immeubles sur la tête et le poing de Hulk prend une autre dimension. D'une manière générale, les batailles sont encore plus immersives.

La clé du succès du premier Avengers était pour moi son sens de l'humour. Le n°2 a perdu l'effet de surprise mais il reste quelques punchlines bien senties et l'autodérision indispensable pour ne pas rendre le film trop lourd. 

L'histoire laisse la place aux parts d'ombres et aux peurs de chacun de nos héros. C'est malheureusement souvent noyé au milieu de la castagne et on y prête peu attention.
D'autant que le nombre de personnages augmente avec l'apparition des jumeaux Maximoff (Quicksilver et Scarlet Witch). On a donc parfois un impression de grand bazar.

Tout rentre dans l'ordre quand il s'agit de se battre: les scènes d'action sont chorégraphiées au millimètre et c'est assez jouissif. Effets spéciaux et numérique à tous les étages: on est sonné mais bluffé.

Avengers, Age of Ultron n'est pas un film d'acteurs, même si tout le monde tient son rôle sans faiblir. Mention spéciale à James Spader qui endosse la carapace robot du méchant, Ultron et qui parvient à lui donner un aspect humainement menaçant.

Pas de nouveauté dans ce nouveau Marvel mais une recette qui continue de fonctionner.

La petite anecdote:
Le personnage de Quicksilver a fait l'objet d'une bataille légale entre Marvel (pour qu'il apparaisse dans la licence Avengers) et Fox (pour la licence X-Men).
Le personnage est finalement présent dans Avengers, Age of Ultron ainsi que dans X-men, Days of Future Past
L'accord trouvé entre les studios est très précis: Quicksilver ne doit pas être présenté comme un mutant dans les films Avengers, ni mentionner le fait que Magneto est son père.
Il ne doit pas être présenté comme faisant partie des Avengers dans un film X-Men  et vice-versa. N'ayant pas pu se mettre d'accord, ce sont deux acteurs différents (Evan Peters et Aaron Taylor-Johnson) qui jouent le même personnage dans les deux films. 
Bref, à moins d'être un fan absolu de comics, on a l'impression que ce sont deux personnages différents qui n'ont rien à voir, sauf qu'ils courent tous les deux très vite.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Avengers, Age of Ultron
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551827&cfilm=198488.html

lundi 23 mars 2015

American Sniper


Clint Eastwood, 84 ans, revient avec un film poids lourd, gros carton au box-office américain. Très loin du sujet plutôt léger de son film précédent (Jersey Boys), il nous raconte ici l'histoire vraie d'un sniper américain engagé en Irak.

Chris Kyle, tireur d'élite dans l'armée américaine, détient un record: celui du nombre de tués en opération. Derrière la "Légende", que se cache-t-il?

American Sniper est un film à l'ADN 100% américain. Je pense que pour bien le comprendre, il faut se rappeler qu'il a été fait par le réalisateur le plus patriotique qui soit et à destination du public US. Sans cette clé de lecture, on passe à côté et on crée des polémiques. 

On a par exemple reproché au film de ne pas questionner l'intervention américaine en Irak. Pour moi, ce sujet ne fait absolument pas partie du film. American Sniper parle d'un homme, que l'Amérique a transformé en héros. Utilisée par l'armée pour son recrutement, l'image de Chris Kyle n'est pourtant que la face visible d'un iceberg bien plus nuancé qu'il n'en a l'air.
Le sujet du film, ce n'est pas la justification ou non de cette guerre. Ce n'est pas non plus de juger si ce qui a été fait là-bas a été fait correctement. Le sujet du film, c'est de nous montrer ce que provoque une guerre, l'exposition prolongée à la violence sur un homme aux principes très ancrés.

Chris Kyle est quasiment né un fusil dans les mains (j'ai dit que c'était un film 100% US?). Il a grandi dans l'idée qu'il devait devenir suffisamment fort pour protéger les autres: son frère, sa femme, ses camarades, son pays... Eastwood nous présente les étapes qui vont faire de cet homme une machine à tuer redoutable. 
Mais la machine reste un homme et une lueur de doute s'allume parfois dans ses yeux.

Pour survivre à quatre tournées en Irak, Kyle se cramponne a ses principes. Servir son pays, protéger ses frères d'arme. Sans ces idéaux, il perd la raison. Comment accepter d'avoir pris plus de 150 vies s'il ne peut pas l'expliquer par son devoir?
Mais cette obstination a forcément des conséquences sur sa vie une fois rentré auprès de sa famille. Comment reprendre une vie normale après ça?

American Sniper est un film portrait. Le personnage de Kyle est présent dans toutes les scènes du film. La sobriété de la mise en scène nous met face aux réactions brutes des personnages. On est scotchés pendant les scènes d'action militaire et mal à l'aise à son retour.

Eastwood a mis en place un découpage limpide et utilise parfaitement le son pour nous plonger dans son film. La musique se fait rare mais le son des balles et des scènes de combat est glaçant de précision.

Bradley Cooper (Happiness Therapy, American Bluff) est à l'origine du projet de film. Il a décidé d'endosser le rôle suite au refus de Chris Pratt. Au-delà de la performance physique (il a pratiqué la musculation de façon intensive et avait un régime à 8000 calories par jour), il s'est glissé dans la peau du Marine et sa performance lui a valu sa 3ème nomination aux Oscars d'affilée. 

American Sniper n'est pas un film de guerre comme les autres. La guerre est là comme un environnement dans lequel évolue cet homme qu'on cherche à cerner. Broyé par ses idéaux que rien ne vient perturber, même sa vie de famille, Chris Kyle doit se créer un équilibre.

Complexe, dense, très manichéen: du grand Eastwood.

La petite anecdote:
Nominé 6 fois aux Oscars 2015, American Sniper est reparti avec une récompense, celui du meilleur montage Son.

Note:
4/5

Infos pratiques:
American Sniper
sorti le 18 février 2015 en France
réalisateur: Clint Eastwood
avec: Bradley Cooper, Sienna Miller

mardi 11 février 2014

J'ai été voir... American Bluff


David O Russell revient... vite. Un an après Happiness Therapy et ses 8 nominations, 1 Oscar (Meilleure actrice pour Jennifer Lawrence), voici American Bluff et ses 10 nominations aux Oscars 2014. 

Années 70, New Jersey, un couple d'arnaqueurs se voit obligé de collaborer avec le FBI pour coincer des politiciens véreux. Un jeu de cache-cache vicieux et dangereux.

Ce qui frappe tout d'abord dans Amercian Bluff c'est son casting. David O Russel a réuni les stars avec lesquelles il a déjà travaillé sur ses deux derniers films: Christian Bale et Amy Adams qui avaient joué dans Fighter et Jennifer Lawrence, Bradley Cooper et Robert De Niro qui étaient à l'affiche de Happiness Therapy. Une affiche alléchante, surtout quand on voit ces pointures en total look seventies: brushing improbables, décolletés plongeants et cols pelle à tarte.

Cette esthétique 70's, O Russell s'en amuse et prend un malin plaisir à y faire évoluer ses personnages. Car ce sont eux qui intéressent vraiment le réalisateur.
Le scénario a pour point de départ une histoire vraie d'affaire de lutte contre la corruption. Mais on comprend vite que ce n'est qu'un prétexte. Il se sert de cette opération pour étudier les relations entre les différents personnages.

Un réplique résume d'ailleurs bien le film: "Les choses ne sont pas noires ou blanches. Tout est extrêmement gris." Aucun personnage n'est complètement bon ou complètement mauvais. Chacun est tour à tour escroc et dupé. C'est en explorant ces multi-facettes qu'O Russell crée un film original.
De loin, on croit à un film d'escrocs, sorte de film mafieux saupoudré de bling-bling et de disco. Mais en fait, c'est une analyse au plus près des mensonges qui existent dans ces histoires d'amour et d'amitié.

Sauf que le nombre de personnages multiplie le nombre de relations étudiées et on est vite perdus. Un peu brouillon et sans s'accrocher à l'histoire comme ligne directrice, on se sent vite baladé. Christian Bale a indiqué que la majorité du tournage avait eu lieu en improvisation, sans suivre le script pré-établi. O Russell dit qu'il "préfère les personnages aux scénarios". Ça se sent...

Il laisse donc la part belle aux acteurs et actrice et les laisse évoluer dans une esthétique léchée vintage très réussie. La BO notamment accompagne parfaitement le film, entre Donna Summer, Elton John et Duke Ellington.
Christian Bale et Amy Adams sont tous les deux nominés aux Oscars pour leur prestation dans American Bluff. Lui a pris 18kg de bedaine et de gras et se lâche dans un rôle de beauf sensible. Il rend subtil ce mec aux apparences très lourdes. Elle est à la fois fragile et super sexy, forte sans maîtriser toutes les facettes de son charme.
Jennifer Lawrence (nominée elle aussi pour l'Oscar du second rôle) est un tête à claque parfaite en épouse peroxydée et écervelée.

Bref, un film plus complexe qu'il n'y paraît, à voir pour ses interprètes et sa BO mais qui manque d'une trame d'histoire solide pour ne pas nous perdre en route.

La petite anecdote:
Ben Affleck a longtemps été pressenti pour réalisé ce scénario qui s'appelait alors "American Bullshit"

Infos pratiques:
American Bluff
sorti le 5 février 2014 en France
réalisateur: David O Russell
avec: Amy Adams, Bradley Cooper, Chrsitian Bale, Robert De Niro, Jeremy Renner, Jennifer Lawrence


mercredi 4 septembre 2013

J'ai été voir... Alabama Monroe


Quand la programmation ciné regorge de films d'action aux titres qui donnent déjà une idée de l'étendue des dégâts (White House Down sort aujourd'hui pour ceux que ça tente...), il faut parfois aller voir ailleurs. Pas très loin, chez nos voisins belges-flamands, se cache un joli film, sensible et intense: Alabama Monroe.

Didier joue du banjo dans un groupe de bluegrass, Elise est tatoueuse. Ils tombent amoureux et vivent leur histoire et leurs drames au rythme de la musique.

Alabama Monroe est un drame qui risque bien de vous arracher quelques larmes. Mais pas que... Sans trop en dire, sachez qu'on pense rapidement à La Guerre est déclarée, le film de Valérie Donzelli. Mais l'angle est différent. La narration n'est pas linéaire et permet d'explorer les recoins d'une histoire d'amour mise à l'épreuve.

Le réalisateur Felix Van Groeningen (La Merditude des choses) a adapté une pièce de théâtre qui a connu un grand succès en Belgique flamande. Il réussit un mélodrame qui, à mon sens, évite le côté dégoulinant souvent propre à ce genre. Les émotions sont fortes mais elles sont justes et elles nous emportent.
Forcément triste à cause de son thème, Alabama Monroe fait aussi sourire. Grâce à une esthétique travaillée et une lumière très particulière, le résultat semble très maîtrisé. Van Groeningen laisse notamment le temps aux silences de s'installer, pour nous laisser réfléchir.

Les deux acteurs principaux sont très justes. Johan Heldenbergh interprétait déjà Didier dans la pièce de théâtre (qu'il a co-écrit). Il est à la fois puissant et désemparé, cherchant dans l'indignation et la colère une réponse à sa douleur de père. Veerle Baatens est Elise, rôle pour lequel elle a reçu un Prix d'interprétation au festival de Tribeca. Tour à tour pétillante, sexy, courageuse ou au bord du gouffre, elle illumine cet Alabama Monroe. La construction fragmentée du récit (retours en arrière, etc.) donne à voir la richesse de ces acteurs.

Pour lier le tout, il y a la musique. Le bluegrass, forme initiale de la country, fait à la fois partie de l'histoire et rythme le film. Les chansons donnent du sens à certains passages, en illustrent simplement d'autres. Les personnages s'y accrochent car elle anime leurs vies et leur permet d'exprimer plus que leurs propres mots.
Les acteurs interprètent eux-mêmes les chansons. Le groupe qui s'est formé autour d'eux (The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band) connaît depuis la sortie du film un énorme succès en Belgique et se produit à guichets fermés.

Laissez-vous donc emmener au son du banjo et de la mandoline dans ce tourbillon d'émotions qui ne vous laissera pas indifférent (et prévoyez les mouchoirs).

La petite anecdote:
La BO du film - qui vaut vraiment le détour -  est disponible ici et en écoute ici

Infos pratiques:
Alabama Monroe
sorti le 28 août 2013
réalisateur: Felix Van Groeningen
avec: Johan Heldenbergh, Veerle Baatens
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19506755&cfilm=216955.html

mardi 9 avril 2013

J'ai été voir... Les Amants Passagers


La bande-annonce ne laissait pas beaucoup de place au doute: Almodovar signe une comédie, la première depuis 20 ans. Personnellement, je connais davantage ses films dramatiques (Parle avec elle, La Mauvaise Education, Volver...) mais sa réputation dans le cinéma des années 80 est celle d'un réalisateur déluré. J'étais curieuse de voir ce qu'il pouvait présenter dans ce registre.

A bord d'un avion qui a subi une avarie et qui est en attente d'une piste pour atterrir, le personnel de bord et les passagers de la classe affaire (ceux de la classe éco ont été drogués par commodité) croient vivre leurs dernières heures.

Les Amants Passagers est donc un huis-clos: une petite dizaine de personnages dans une cabine d'avion. Pour faire passer le temps, ils ont à leur disposition: de l'alcool ainsi que d'autres substances plus ou moins légales, de la musique, un téléphone, leurs appétits sexuels assez débridés et leur bagage émotionnel.

L'espace étant restreint, tout est concentré: psychodrames, parties de jambes en l'air et numéros de comédie musicale ont lieu dans quelques mètres carrés. Car Les Amants Passagers est un film fol dingue  une grande récréation pour un réalisateur qui avait sans doute besoin de souffler entre deux histoires tragiques. Almodovar ayant les moyens de montrer sa délire grandeur nature à des millions de spectateurs, pourquoi se priverait-il?...

La trame du scénario est assez simple et on comprend vite la métaphore avec la situation de crise que vit l'Espagne actuellement: l'avion tourne en rond et menacer de se crasher à tout moment.
On s'attarde donc plus sur les personnages. Pedro Almodovar aimant à s'entourer d'acteurs fétiches, Les Amants Passagers ne fait pas exception à la règle. On retrouve Javier Camara (Parle avec elle, La Mauvaise Education) en chef de cabine désopilant et désinhibé. Lola Duenas (Parle avec elle, Volver) est, elle, une passagère vierge qui a des dons de voyance... Quand à Antonio Banderas et Pénélope Cruz (qui n'avaient jamais tourné ensemble avant), ils font ici une apparition "clin d'oeil".

On est dans un registre comique kitsch et trash qui ne plaira pas à tout le monde. Le réalisateur ne fait pas dans la dentelle au niveau des allusions sexuelles: on à l'impression que tout tourne autour de ça. Cela dit certaines scènes sont vraiment drôles et bien trouvée (avec une mention spéciale aux stewards sur les Pinker Sisters).

Le problème c'est que dès que l'on sort de l'avion, on perd le rythme et le film s'essouffle. Heureusement, Les Amants Passagers ne dure qu'1h30, ce qui passe finalement assez vite. On ne s'éternise pas dans cet humour ultra-gay et ultra-sexuel qui a son charme mais qui finit par peser lourd à la longue.

Almodovar? je préfère quand il est dramatique...

La petite anecdote:
La mescaline, que les stewards mélangent aux cocktails qu'ils offrent aux passagers, est une drogue hallucinogène. Elle est d'ailleurs plutôt populaire au cinéma puisqu'il y est fait référence dans Matrix, dans Las Vegas Parano mais aussi dans A Single Man.
Jean-Paul Sartre et Henri Michaux en étaient des utilisateurs réguliers.

Infos pratiques:
Les Amants Passagers
sorti le 27 mars 2013 en France
réalisateur: Pedro Almodovar
avec: Javier Camara, Lola Duenas, Carlos Areces, Raul Argualo, Antonio Banderas, Penelope Cruz
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19476499&cfilm=212192.html 

mercredi 12 décembre 2012

J'ai été voir... Anna Karenine


1000 pages de littérature russe: Anna Karenine, le roman de Tolstoï est un monument qui a de quoi effrayer. Le propre des classiques étant qu'on a tous l'impression de les connaître mais qu'on s'en remet souvent aux interprétations d'autres personnes: des réalisateurs de cinéma aux auteurs de ces fameux livrets "Profils" qui nous ont sauvé la mise au lycée.

Joe Wright, réalisateur d'Atonement, d'Orgueil et Préjugés (tous deux avec Keira Knightley) mais aussi d'Hanna, est un habitué des adaptations littéraires. Il a ici réuni sa troupe habituelle (décoratrice, costumière, producteur, monteurs: tous ont déjà collaboré avec lui) ainsi que sa muse Keira Knightley et il nous livre sa vision d'Anna Karenine, une histoire "sur l'amour sous toutes ses formes" selon lui.

Au milieu des années 1870 à St Petersbourg, Anna Karenine a une situation parfaite: mariée à un fonctionnaire respecté, avec qui elle a un fils, elle évolue dans la haute société. A l'occasion d'une visite à son frère à Moscou, elle rencontre le Comte Vronski, officier de cavalerie, qui va faire basculer sa vie. 
En tentant de résumer l'intrigue, on se rend vite compte de sa richesse et de sa diversité: une seconde partie du film est consacrée à une autre histoire d'amour plus pure (entre Levine et Kitty).

L'originalité de l'approche de Joe Wright tient à son choix de mettre en scène son Anna Karenine dans un théâtre. Les décors changent, on passe d'une scène à l'autre en soulevant un rideau ou en glissant un paravent, on entre dans les paysages naturels en ouvrant une porte... Le réel et le théâtral se mélangent en une valse qui emporte le spectateur dans un tourbillon qui peut donner le vertige.

L'avantage de cette mise en scène est qu'elle libère de la contrainte de réalisme. Elle avertit aussi: on est au théâtre, faites appel à votre imaginaire! 
L'inconvénient c'est que la forme, majestueuse et virevoltante, a tendance à prendre le pas sur le fond. La passion romantique d'Anna est étouffée par les effets de manche et l'agitation dans laquelle elle se déroule. Difficile d'être emporté dans cette histoire d'amour qui constitue pourtant le coeur de l'action.
De même, ce qui se joue en Anna est moins exploré et même si le personnage évolue dramatiquement, on ne s'y attarde que peu.

Le spectacle visuel est donc au rendez-vous. On pense parfois au Moulin Rouge  de Baz Luhrmann, pour le côté cirque, en plus sophistiqué.

Dans ce théâtre évoluent de nombreux personnages qui se complètent et se répondent. Le casting rassemblé par Joe Wright est relevé, se composant de stars ainsi que de visages déjà aperçus mais pas encore reconnus.
Rôle titre et central: Anna Karenine est interprété par Keira Knightley, qui semble être née pour porter le corset et les grandes robes d'époque. Elle est ici intense et donne beaucoup de subtilité à Anna, entre fragilité et cruauté. 
Son mari est interprété par Jude Law, vieillissant mais qui tient là un très beau rôle, cet homme contraint par ses principes mais qui se dévoile petit à petit.
Aaron Taylor-Johnson est le beau Comte Vronski et pour le reconnaître, imaginez-le avec des dread-locks (Savages).
Les séries TV en costumes ont également fourni quelques acteurs et actrices (Downton Abbey, Les Piliers de la Terre).

Tout ce beau monde est au service du style que Joe Wright a choisi de privilégier. Plus que les performance d'acteurs, cet Anna Karenine repose sur une façon de voir l'oeuvre de Tolstoï. Qu'on y adhère ou pas, on ne peut nier que le réalisateur y aura mis sa patte.

Désarmant, long, vertigineux, complexe, maîtrisé, quelques fois répétitif, romanesque, folkorique: ce film ne vous laissera pas indifférent.

La petite anecdote:
Bijoux, robes de bal et fourrures sont nombreux dans Anna Karenine. Le collier qu'Anna porte lors de la scène de bal a été prêté par Chanel, marque pour laquelle Keira Knightley avait tourné une publicité réalisée... par Joe Wright.

Infos pratiques:
Anna Karenine
sorti le 5 décembre 2012 en France 
réalisateur: Joe Wright
avec: Keira Knightley, Jude Law, Aaron Taylor-Johnson, Matthew McFadyen, Domhnall Gleeson
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19416020&cfilm=191856.html 

vendredi 16 novembre 2012

J'ai été voir... Argo


"La seule différence entre la réalité et la fiction, c'est que la fiction doit être crédible". Au risque de transformer ce blog en dictionnaire de citations, je trouve cette remarque de Mark Twain très adaptée pour parler d'Argo.

En 1979, les employés de l'ambassade américaine à Téhéran sont pris en otage par des étudiants iraniens qui veulent que les USA extradent le Shah. Six diplomates parviennent à s'échapper et se réfugient dans la résidence de l'ambassadeur du Canada. La CIA met alors sur pied un plan improbable pour les sauver: ils vont devenir une équipe de tournage en repérage pour un film hollywoodien.

Derrière l'étiquette "inspiré de faits réels" peut se cacher tout et n'importe quoi. Ben Affleck, qui signe ici sa 3ème réalisation après Gone Baby Gone et The Town, a l'intelligence de ne pas transformer Argo en reconstitution historique. Certes l'anecdote est vraiment arrivée, mais elle est le prétexte à un scénario construit et solide, pas une fin en soi.

L'avantage de savoir que cette histoire est réelle (ou presque: on sent bien que certains aspects ont été dramatisés), c'est qu'on ne la remet pas en question. Là où on accuserait un scénariste d'imagination trop débordante, la réalité rattrape la fiction. Et on se régale.

Argo mêle donc thriller politique et humour efficace. On rit volontiers de l'énormité du plan proposé comme de ses protagonistes (John Goodman et Alan Arkin s'en donnent à coeur joie). L'auto-dérision fonctionne et ne gâche en rien la tension dramatique créée par la situation des Invités, les 6 diplomates en question.

Affleck nous plonge au début des années 80 avec un soucis du détail dont on ne perçoit l'ampleur que quand on compare les images du film aux images d'archive.

Pour comprendre le contexte historique d'Argo, le résumé est rapide et sans doute très simplifié (30 ans de relations américano-iraniennes en 3 minutes...). Il nous situe néanmoins l'intrigue dans un environnement plus large et nous renvoie également à l'actualité.
On ne ressort pas expert géopolitique de l'Iran et on pourra sans doute déplorer les raccourcis un peu caricaturaux et peu nuancés: les iraniens semblent tous barbus et très énervés.

La narration est fluide et même si on compte quelques longueurs à mi-parcours, Ben Affleck maîtrise son sujet, aussi bien visuellement que dans sa direction d'acteurs.

Il a en effet su s'entourer. Bryan Cranston (vu dans la série Breaking Bad et récemment dans Drive) et les six acteurs qui interprètent les Invités sont impeccables.
On se demande simplement pourquoi il a choisi d'interpréter lui-même le rôle principal... Sa prestation n'est pas mauvaise mais pas extraordinaire non plus. A le voir à l'écran, on a l'impression qu'il ne passe pas complètement le cap d'acteur à réalisateur. Il semblerait que des conflits d'emploi du temps aient empêché Brad Pitt de rejoindre le projet...
Autre grand nom au générique, George Clooney qui est producteur.

Argo rassemble beaucoup d'éléments que le cinéma américain réussit très bien: une intrigue haletante qui mène le spectateur par le bout du nez et une pointe d'ironie qui complète le divertissement.
L'ensemble est donc clairement une réussite et donne envie d'en voir plus de la part de cet acteur-réalisateur qui semble avoir de belles choses à nous raconter.

La petite anecdote:
Comme montré dans Argo, le panneau si célèbre "Hollywood" était en mauvais état en 1978. Des fonds ont été levés pour le rénover et les donateurs sont plutôt... surprenants. Hugh Hefner (fondateur de Playboy) a financé le Y, le chanteur de hard rock Alice Cooper a payé pour un O et c'est la Warner qui a réglé pour un autre O.

Et si vous souhaitez un regard complémentaire sur la vraie histoire d'Argo, c'est ici

Infos pratiques:
Argo
sorti le 7 novembre 2012 en France
réalisé par : Ben Affleck
avec: Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19402653&cfilm=190267.html  

lundi 16 juillet 2012

J'ai été voir... L'Âge de Glace 4, la dérive des continents


Quand une saga en arrive à son 4ème épisode, il y a de quoi être méfiant. Cela signifie bien sûr que le succès a été au rendez-vous des 3 premiers épisodes, mais on peut raisonnablement craindre un essoufflement.

J'allais donc voir L'Âge de Glace 4 un peu à reculons. J'en suis ressortie convaincue que la recette fonctionne encore.
Ne vous attendez pas à une révolution: avec L'Âge de Glace 4 , on prend les mêmes et on recommence.

Sid le paresseux, Manny le mammouth et Diego le tigre se retrouvent séparés de leur tribu par la dérive des continents (provoquée par une gaffe de Scratt, qui court toujours après son gland). En tentant de rejoindre les leurs, ils vont croiser la route d'un équipage de pirates...

Ce 4ème opus réutilise les thèmes des précédents: famille, entraide.
Les bonnes surprises viennent des nouveaux personnages qui enrichissent le casting. La grand-mère de Sid est une géniale mémé gaga, le capitaine pirate et son équipage sont extra (j'ai un gros faible pour l'éléphant de mer). Même Diego va rencontrer une copine tigre qui va lui en faire voir de toutes les couleurs...
Les "anciens" répondent tous présents, Scratt en tête. Ce personnage, à la base anecdotique, est devenu indispensable. Toute la promotion du film s'est faite autour de lui et il est mis en avant sur l'affiche du film.

J'avoue que mes souvenirs des épisodes précédents sont un peu flous mais on se souvient rapidement ce qui en a fait le succès: un rythme soutenu et des gags qui s'enchaînent. L'histoire centrale n'est finalement qu'un prétexte à des grosses scènes d'actions et aux sketches à gogo.

Visuellement, certains moments sont très réussis, en particulier la tempête et la scène des sirènes. On n'est pas au niveau d'un Madagascar 3 dans l'utilisation de la 3D mais ça reste très agréable.

Au final, on ne voit pas passer les 1h30, format par ailleurs adapté au plus jeunes, qui se régalent autant que les grands qui les accompagnent.

J'ai vu L'Âge de Glace 4  en VO et on repère quelques voix connues: Jennifer Lopez prête sa voix à Shira et Peter Dinklage (Tyron Lannister dans Game of Thrones) incarne le capitaine Gutt. Quand à la mouette francophone, elle est doublée en VO et en VF par... Alain Chabat! Restez bien jusqu'au générique de fin pour mettre un visage sur les voix.

Fautes de températures vraiment estivales, je vous épargne le jeu de mot qui voudrait que ce film soit rafraîchissant.
Cela dit ne vous en privez pas, vous passerez un bon moment.

La petite anecdote
Scratt est une vraie star et à ce titre, il a sa statue au musée Grévin à Paris.
Pour ses fans, voici une bande-annonce un peu spéciale qui avait été lancée au moment des oscars et du buzz autour de The Artist: http://www.youtube.com/watch?v=SkRGed_eRGY&feature=player_embedded

Infos pratiques
L'Âge de Glace 4: la dérive des continents
sorti le 27 juin 2012 en France
réalisateurs: Steve Martino, Mike Thurmeier
avec (les voix de): Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Queen Latifah, Jennifer Lopez
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19356800&cfilm=181059.html

jeudi 3 mai 2012

J'ai été voir... Avengers


Si vous aimez les films de super-héros, vous allez être servis...
Avengers, c'est la réunion de Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, Oeil de Faucon et la Veuve Noire qui sont appelés au secours pour... sauver la planète.

Avengers fait partie d'un grand projet étalé sur plusieurs films et démarré il y a presque 6 ans par Marvel. Tous les super-héros ont été présentés au public via des films comme Iron Man et Iron Man 2, L'Incroyable Hulk, Captain America, et récemment Thor dans le but de les rassembler ensuite dans Avengers. On sait d'où ils viennent, quels sont leurs points forts et faibles, bref, on les connaît déjà.

Vous imaginez bien que les moyens sont à l'échelle du projet: casting de luxe, budget de 220 millions de $, la ville de Cleveland en partie paralysée pour le tournage de la scène finale, des effets spéciaux gargantuesques, une promo étalée sur plusieurs mois et qui casse les records (13.7 millions de téléchargements de la bande-annonce), etc
La bonne nouvelle c'est que le résultat est à la hauteur!

J'aime ce genre de film à condition:
1. que le scénario ne soit pas trop tarabiscoté
2. que les scènes d'actions soient réussies
3. que le film ne se prenne pas au sérieux

Pour Avengers:
1. le réalisateur Joss Whedon à réussi à combiner une histoire qui fait cohabiter les six héros (et quelques personnages parallèles) tout en leur laissant leur place. Après avoir planté le décor, on se retrouve plongé dans l'action e on ne reprend son souffle que 2h plus tard.
2. 3D oblige, les effets visuels sont impressionnants. Quatre des six héros ont des pouvoirs (l'un d'entre eux est même un demi-dieu) ce qui garantit des scènes d'action plutôt costauds. Surtout, ces combats sont filmés de manière fluide: ça ne bouge pas dans tous les sens et c'est tant mieux.
3. la grande réussite de Avengers est là: le film est très drôle. Iron Man ne faillit pas et apporte une dose de second degré, même Hulk devient comique. J'ai sans doute raté nombre d'entre elles mais les références à l'univers de comics et au monde du cinéma sont nombreuses et bien trouvées.

Certains diront sans doute qu'il manque un message, que les comics de Marvel sont plus profonds et plus riches. Je pense que Whedon a du faire des choix et qu'il s'en sort haut la main. Après un petit tour sur quelques blogs, même les geeks les plus fans de Marvel (et donc les plus sceptiques avant la sortie) ont été agréablement surpris.

Un petit reproche puisque tout ne peut pas être parfait: le méchant n'est pas complètement crédible selon moi. Outre son ridicule casque à cornes, il ne fait clairement pas le poids face à l'équipe des vengeurs.

Pour finir sur les acteurs, on notera la combinaison super moulante en cuir de Scarlett Johansson (pour certains, cette combinaison est à elle seule une raison d'aller voir le film). Surtout, Mark Ruffalo reprend le rôle de Hulk et il colle parfaitement au personnage de scientifique torturé. Et Samuel L. Jackson est, comme d'habitude, au top.

Avengers est donc un film de grand spectacle et il n'y a pas de raison de bouder son plaisir.

La petite anecdote
C'est presque le premier film du réalisateur Joss Whedon qui a travaillé sur de nombreux scénarios (Toy Story, Alien: la résurrection) mais qui est surtout connu pour avoir créé la série Buffy contre les vampires.

Infos pratiques
Avengers
sorti le 25 avril 2012 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Samuel L. Jackson, Chris Hemsworth, Jeremy Renner
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19314006&cfilm=130440.html 

lundi 2 avril 2012

J'ai été voir... Les Adieux à la Reine


Encore un film sur Marie-Antoinette…
Oui mais celui-ci est un peu différent : il est français. Contrairement à Sofia Coppola dans Marie-Antoinette qui transformait la reine en star de la mode, Benoît Jacquot se concentre dans Les Adieux à la Reine sur l’envers du décor et sur les côtés moins reluisants de Versailles.

Le film raconte les trois jours suivant la prise de la Bastille vus par Sidonie, liseuse auprès de Marie-Antoinette qu’elle admire éperdument.

Jacquot filme donc l’intimité de Versailles en temps de crise. Le tournage a eu lieu au château mais on ne se concentre pas sur les grandes galeries et les décors scintillants. On se perd au contraire dans les couloirs de service et sous les mansardes où logent les domestiques. Alors que la monarchie de France touche à sa fin, on voit Versailles se craqueler et presque pourrir de l’intérieur.

Alors que les nouvelles des événements arrivent au compte goutte au château, on assiste avec Sidonie à la panique qui gagne progressivement les habitants qui se croyaient protégés de tout. L’ensemble a un goût d’authentique avec des sensations rarement évoquées quand on parle de Versailles (les rats, l’eau croupie, les moustiques, etc)

Le personnage de Sidonie a une position intéressante puisqu’elle n’est pas noble et qu’elle côtoie le petit personnel du château. Mais elle fait également partie de l’entourage proche de la reine.
Tellement proche que les sentiments qu’elle éprouve pour Marie-Antoinette vont au-delà de l’admiration et du dévouement. Une ambiguïté forte s’installe entre Sidonie, la reine et Gabrielle de Polignac, sa maîtresse.
Jacquot dirige avec finesse son trio d’actrices.

Virginie Ledoyen ne fait qu'un bref passage mais elle est arrogante et froide à souhait.
Diane Kruger campe avec efficacité la reine excentrique et égocentrique. L’accent germanique de l’actrice sonne juste (la reine était d’origine autrichienne) et elle donne vie à une Marie-Antoinette très vraisemblable.
Léa Seydoux est Sidonie et elle souffle un vent de modernité sur le personnage. Sa démarche, presque même sa façon de parler font que toute l’histoire est racontée au présent plutôt qu’au passé.

Tout n’est pas idéal cependant. Le rythme est plutôt lent et pourra paraître ennuyeux si on ne se laisse pas gagner par l’atmosphère. Quant à la précision historique, je laisserai les experts se prononcer (Marie-Antoinette avait-elle vraiment des tendances lesbiennes?...) En tous cas ne comptez pas sur Les Adieux à la Reine pour en apprendre beaucoup sur la Révolution française. Pour cela, vous réviserez vos cours d’histoire de primaire…

Au final, je trouve que Les Adieux à la Reine amène une bonne nouvelle : on peut faire un film historique français qui ne sent ni la poussière ne le carton pâte !

La petite anecdote :
Diane Kruger partage plus que son accent avec la reine déchue : elle a le même âge qu’elle en 1789 et leurs mères ont le même prénom (Marie-Thérèse)

Infos pratiques :
Les Adieux à la Reine
Sorti le 21 mars 2012 en France
Réalisateur : Benoît Jacquot
Avec : Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen


mercredi 29 février 2012

J'ai été voir... Au Pays du Sang et du Miel



Quand Angelina Jolie décide de mélanger sa conscience humanitaire et son métier de star d’Hollywood, elle se retrouve aux manettes d’un film sur la guerre de Bosnie. Film dont elle a elle-même écrit le scénario (même si elle est actuellement accusée de plagiat par un journaliste croate) et pour lequel elle passe pour la première fois derrière la caméra.

L’histoire qu’elle nous raconte est celle de Danijel, serbe et Ajla, musulmane. Avant la guerre, ils s’aimaient. En 1992, elle se retrouve prisonnière dans le camp qu’il commande. Ils vont continuer cette relation tout au long de la guerre, alors que tout les oppose.

On le sait d’emblée, le sujet est lourd et on ne va pas ressortir avec le sourire.
J’aime généralement les films de guerre réalisés par des femmes (notamment l’excellent Démineurs de Kathryn Bigelow) : je trouve que leur sensibilité est différente, tout comme leur volonté de comprendre et de témoigner.

Angélina Jolie a bien fait ses devoirs : Au Pays du Sang et du Miel est le fruit d’un travail de recherche approfondi à propos de la guerre en ex-Yougoslavie. Avant de se lancer, elle a fait lire son scénario (anonymé) à des spécialistes ; le film a par ailleurs été bien reçu, notamment par des journalistes de guerre qui avaient couvert le conflit.

Sans volonté partisane, Au Pays du Sang et du Miel raconté une histoire au sein de cette guerre, sans chercher à expliquer. Il n’empêche que l’on sent l’indignation de la réalisatrice face à la non-intervention de la communauté internationale. Jolie dénonce également les violences faites aux femmes en temps de guerre (âmes sensible s’abstenir, les scènes de viol sont choquantes)

Pour montrer à quel point ce conflit a opposé des gens qui avaient beaucoup en commun, on suit cette histoire d’amour entre un homme et une femme qui sont dans deux camps opposés. Et là, je n’ai pas réussi à y croire. Soit c’est justement trop incroyable en comparaison du contexte qui lui est très crédible ; soit c’est parce qu’on reste trop en surface… sans doute un peu de tout ça.
A force de vouloir faire passer son message, la réalisatrice nous fait perdre le fil de cette histoire, à laquelle je n’ai pas adhéré.

Le tournage ayant eu lieu en langue serbe, j’imagine que la direction des acteurs n’a pas été facile. Acteurs qui sont d’ailleurs des « locaux », certains d’entre eux ayant eux-mêmes vécu la guerre. Mais aucun d’eux ne crève l’écran…

Après ce film, on est donc sensibilisé au sujet (un conflit si récent, si violent et si proche) mais, au final, on a juste envie qu’un autre réalisateur s’en empare pour nous faire vraiment vibrer.

La petite anecdote
Le tournage du film en Bosnie a un temps été annulé suite à une rumeur dans la presse qui avait mal interprété le sujet du film et qui avait déclenché l’indignation des associations de victimes du conflit. Le Ministre de la Culture a finalement autorisé le tournage après avoir lu le scénario.

Infos pratiques
Au Pays du Sang et du Miel
sorti le 22 février 2012 en France
réalisatrice : Angélina Jolie
avec : Zana Marjanovic, Goran Kostic