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mercredi 10 février 2016

Spotlight


Longtemps sur la "blacklist" d'Hollywood qui recense les scénari à potentiel mais sans producteur, Spotlight sort en ce début d'année et compte d'ores et déjà 6 nominations aux Oscars - dont meilleur réalisateur et meilleur film.

Le Boston Globe est doté d'une équipe de journalistes d'investigation. En 2001, ces quatre reporters enquêtent sur des soupçons d'abus sexuels sur mineurs par des prêtres de l'Eglise catholique.

Les films d'enquête journalistique sont presque un genre à part entière. Spotlight est ainsi un digne héritier des Hommes du Président qui relatait le scandale du Watergate.
Le propre de ces histoires est qu'on en connaît déjà l'issue. Ce qui n'enlève rien à notre plaisir de suivre l'évolution de l'investigation. 
Les personnages sont ici des bosseurs, ils retournent toutes les pierres pour être sûrs de tenir la vérité. En ce sens, Spotlight est une ode au journalisme et à l'indépendance de la presse, qui fait espérer que ces équipes existent toujours, avec les moyens pour travailler dans de bonnes conditions.

La subtilité tient ici à la relation que chacun des personnages a avec l'Eglise. Ils gèrent chacun à leur manière l'ampleur du scandale, leur dégoût et la violation de leur confiance en cette institution.

Spotlight est un film très classique dans sa mise en scène. Tout est au service du scénario et des dialogues millimétrés. Pas de chichis dans les décors et les costumes, qui collent au plus près à la réalité. Les vrais journalistes du Globe ont par ailleurs contribué à ce que le rendu corresponde à ce qu'ils ont connu. Chacun a collaboré avec l'acteur qui allait l’interpréter et ils ont été troublés du résultat, comme s'ils étaient "devant un miroir, sans pouvoir maîtriser le reflet".

L'affiche aligne de grand noms dont aucun ne tire la couverture à lui. Les interprétations sont sérieuses et efficaces. Mark Ruffalo (Foxcatcher, New York Melody) et Rachel McAdams (The Notebook, Il Était Temps) sont tous deux nominés aux Oscars pour leurs prestations.

Le résultat est sobre et précis, maîtrisé. Pas besoin de superlatifs pour sonner juste, l'histoire est suffisante et les interprètes parfaitement convaincants. 
Le sujet méritait respect et minutie et le réalisateur Tom McCarthy remplit le contrat. 
A voir.

La petite anecdote:
Cette enquête a reçu le Prix Pulitzer. Pour en savoir plus sur ce prix, c'est ici.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Spotlight
sorti le 27 janvier 2016 en France
réalisateur: Tom McCarthy
avec: Rachel McAdams, Michael Keaton, Mark Ruffalo, Stanley Tucci




jeudi 30 avril 2015

Avengers, Age of Ultron


On prend les mêmes, et on recommence! Nouvel opus dans l'univers Marvel (Avengers bien sûr mais aussi les Iron Man, Captain America et Thor), il faut - encore - sauver l'humanité...

Un programme de maintien de la paix dérape et les Avengers (Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, Hulk, Thor et Hawkeye) se retrouvent pour combattre un nouvel ennemi,  Ultron, bien décidé à éradiquer les hommes.

Si vous avez déjà fait votre overdose de super-héros, évitez Avengers, Age of Ultron. Tout y est: les très nombreuses scènes d'action et explosions, les personnages caricaturaux et le scénario qui tient sur un timbre poste. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à Hollywood, mais ils savent faire des films de divertissement. 

Préparez-vous donc à en prendre plein la vue pendant 2h30. C'est long et il y a clairement un passage à vide de presque 45 minutes (quand même...) avec un épisode centré sur Hawkeye qui n'apporte pas grand chose.
Avengers, Age of Ultron est en 3D et le réalisateur Joss Whedon (qui avait déjà réalisé le premier Avengers mais qui a aussi créé la série Buffy contre les vampires ) l'utilise bien. On prend quelques immeubles sur la tête et le poing de Hulk prend une autre dimension. D'une manière générale, les batailles sont encore plus immersives.

La clé du succès du premier Avengers était pour moi son sens de l'humour. Le n°2 a perdu l'effet de surprise mais il reste quelques punchlines bien senties et l'autodérision indispensable pour ne pas rendre le film trop lourd. 

L'histoire laisse la place aux parts d'ombres et aux peurs de chacun de nos héros. C'est malheureusement souvent noyé au milieu de la castagne et on y prête peu attention.
D'autant que le nombre de personnages augmente avec l'apparition des jumeaux Maximoff (Quicksilver et Scarlet Witch). On a donc parfois un impression de grand bazar.

Tout rentre dans l'ordre quand il s'agit de se battre: les scènes d'action sont chorégraphiées au millimètre et c'est assez jouissif. Effets spéciaux et numérique à tous les étages: on est sonné mais bluffé.

Avengers, Age of Ultron n'est pas un film d'acteurs, même si tout le monde tient son rôle sans faiblir. Mention spéciale à James Spader qui endosse la carapace robot du méchant, Ultron et qui parvient à lui donner un aspect humainement menaçant.

Pas de nouveauté dans ce nouveau Marvel mais une recette qui continue de fonctionner.

La petite anecdote:
Le personnage de Quicksilver a fait l'objet d'une bataille légale entre Marvel (pour qu'il apparaisse dans la licence Avengers) et Fox (pour la licence X-Men).
Le personnage est finalement présent dans Avengers, Age of Ultron ainsi que dans X-men, Days of Future Past. 
L'accord trouvé entre les studios est très précis: Quicksilver ne doit pas être présenté comme un mutant dans les films Avengers, ni mentionner le fait que Magneto est son père.
Il ne doit pas être présenté comme faisant partie des Avengers dans un film X-Men  et vice-versa. N'ayant pas pu se mettre d'accord, ce sont deux acteurs différents (Evan Peters et Aaron Taylor-Johnson) qui jouent le même personnage dans les deux films. 
Bref, à moins d'être un fan absolu de comics, on a l'impression que ce sont deux personnages différents qui n'ont rien à voir, sauf qu'ils courent tous les deux très vite.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Avengers, Age of Ultron
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551827&cfilm=198488.html

mardi 10 février 2015

Foxcatcher


Bennett Miller passe pour la 3ème fois derrière la caméra (après Truman Capote et Le Stratège) pour nous raconter une nouvelle histoire vraie. Déjà récompensé par le Prix de la Mise en Scène à Cannes, Foxcatcher est dans la course aux Oscars.

En 1986, le milliardaire John E. Du Pont ouvre un centre d'entraînement de lutte sur sa propriété de Pennsylvanie. Il invite les champions Mark et Dave Schultz à venir s'y entraîner en vue des JO de Séoul en 1988.

Foxcatcher est une leçon de mise en scène. Tout au long des 2h15 du film, les séquences s'enchaînent avec une grande fluidité. Les lumières, les couleurs et d'une façon générale les images sont maîtrisées de A à Z pour nous raconter la version de Miller de cette histoire.

Miller axe sa narration autour du trio de personnages: les frères Schultz (Channing Tatum, vu dans Magic Mike , 21 Jump Street  et actuellement à l'affiche dans Jupiter: le Destin de l'univers et Mark Ruffalo Collateral, Avengers, New York Melody) et le riche héritier John Du Pont (Steve Carell Crazy Stupid Love, Cet été-là et de nombreuses comédies de Judd Apatow). Ils sont tous les 3 impressionnants et Carell et Ruffalo sont nominés aux Oscars pour leur performance. 
Les maquillages et transformations physiques ont un aspect animal. Carell et son nez proéminent fait penser à un oiseau de proie alors que Tatum à un air de gorille avec sa démarche balourde.

Tout cela contribue à une atmosphère très particulière et malsaine, qui met vite le spectateur mal à l'aise. Personnages instables mentalement, relations de pouvoir et d'héritage, sport de contact très (très) rapproché: tout converge vers des relations ambiguës.
On découvre petit à petit l'ampleur de la folie de Du Pont et ce qui est encore plus dérangeant, à quel point son statut social et son argent le protège: il est inadapté socialement mais comme il est riche, on sourit à ses folies. Et il se passe forcément le pire quand le pouvoir et laissé dans les mains d'un instable.

Les thématiques abordées sont très nombreuses: entre le rêve patriotique américain, la place de la mère et l'absence du père et leurs effets, les ambitions sportives, les rivalités fraternelles... Cela peut sembler beaucoup mais le scénario distille ces idées de façon subtile et les mêle habilement.

Mais Foxcatcher est surtout un film portrait. Il y a beaucoup de non-dits, de sous-entendus qui passent par des regards appuyés, par des gestes de camaraderie. Cela donne un rythme volontairement lent au film, qui laisse s'installer une lourdeur. Les fans d'action seront sans doute frustrés.

Il manque tout de même un élément pour faire de Foxcatcher un sans-faute: la progression dramatique n'est pas utilisée à son maximum. On aimerait voir monter crescendo la tension de ce drame. Et pourtant, on reste froid face à l'enchaînement des événements, comme détachés.

Foxcatcher est une grande réussite sur le plan cinématographique: c'est un film diablement maîtrisé avec une direction d'acteurs impressionnante (Miller est également nominé pour l'Oscar du Meilleur réalisateur).
A elles seules les performances de Carell, Tatum et Ruffalo méritent le déplacement.
Un film lourd, poisseux et impur, à éviter les jours où vous avez besoin de vous remonter le moral.

La petite anecdote:
Dave Schultz était un excellent lutteur car il savait se battre des deux côtés. Il était également dyslexique et des études ont prouvé le lien entre dyslexie et ambidextrie.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Foxcatcher
sorti le 21 janvier 2015 en France
réalisateur: Bennett Miller
avec: Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo

lundi 4 août 2014

New York Melody


Le réalisateur du très réussi Once (sorti en 2006) retrouve l'univers de la musique pour cette romance estivale de bonne humeur.

Gretta s'installe à New York avec son copain qui vient de signer un contrat avec un label pour sortir un album. Elle-même compositeur, elle se sent petit à petit écartée. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Dan, producteur porté sur la bouteille.

J'avais un peu peur d'une romance sirupeuse arrosée de pop mélancolique. 
Musicien lui-même, le réalisateur a su intégrer non seulement de jolies chansons (la BO est à écouter ici) mais surtout représenter la place que prend la musique pour ceux qui ont choisi d'en vivre.

John Carney réussit un film qui flirte avec les codes de la romance mais qui évite soigneusement les clichés. Dan et Gretta sont deux personnages abîmés et le réalisateur en fait un portrait doux-amer. Mais ce qu'ils construisent les ranime et leur énergie devient contagieuse. On a finalement envie de chantonner avec eux.
Cependant, aucune aspérité ne vient perturber le bon déroulement de cette histoire. La création musicale est ici une communion facile, les labels ouvrent grand leurs portes et on peut sortir un CD sans un sou en poche.

Côtés acteurs, Keira Knightley a du se mettre au chant et à la guitare pour le film. Elle ne quitte pas ses tics qui deviennent énervants (elle se touche la bouche au moins 15 fois) mais sa fine silhouette et son accent britannique collent très bien au personnage de Gretta.
Mark Ruffalo est rare et c'est chouette de le voir dans ce genre de film après l'avoir vu en Hulk dans Avengers. 
Un autre membre du casting tient une place centrale, c'est... New York. La ville est filmée sous toutes ses coutures et on ne s'en lasse pas.

Alors certes le scénario New York Melody est cousu de fil blanc, parfois un peu guimauve. Mais le film s'écoute autant qu'il se regarde et il a l'avantage d'éviter le ton moralisateur de nombreuses comédies romantiques américaines.

Bref, une romance musicale plutôt charmante mais un peu trop lisse pour convaincre vraiment.

La petite anecdote:
Adam Levine, chanteur des Maroon 5, tient ici pour la première fois un rôle dans un long métrage. Il a par ailleurs été élu "homme le plus sexy du monde" en 2013.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
New York Melody (en anglais Begin Again)
sorti le 30 juillet 2014 en France
réalisateur: John Carney
avec: Keira Knightley, Mark Ruffalo, Adam Levine

jeudi 3 mai 2012

J'ai été voir... Avengers


Si vous aimez les films de super-héros, vous allez être servis...
Avengers, c'est la réunion de Iron Man, Thor, Hulk, Captain America, Oeil de Faucon et la Veuve Noire qui sont appelés au secours pour... sauver la planète.

Avengers fait partie d'un grand projet étalé sur plusieurs films et démarré il y a presque 6 ans par Marvel. Tous les super-héros ont été présentés au public via des films comme Iron Man et Iron Man 2, L'Incroyable Hulk, Captain America, et récemment Thor dans le but de les rassembler ensuite dans Avengers. On sait d'où ils viennent, quels sont leurs points forts et faibles, bref, on les connaît déjà.

Vous imaginez bien que les moyens sont à l'échelle du projet: casting de luxe, budget de 220 millions de $, la ville de Cleveland en partie paralysée pour le tournage de la scène finale, des effets spéciaux gargantuesques, une promo étalée sur plusieurs mois et qui casse les records (13.7 millions de téléchargements de la bande-annonce), etc
La bonne nouvelle c'est que le résultat est à la hauteur!

J'aime ce genre de film à condition:
1. que le scénario ne soit pas trop tarabiscoté
2. que les scènes d'actions soient réussies
3. que le film ne se prenne pas au sérieux

Pour Avengers:
1. le réalisateur Joss Whedon à réussi à combiner une histoire qui fait cohabiter les six héros (et quelques personnages parallèles) tout en leur laissant leur place. Après avoir planté le décor, on se retrouve plongé dans l'action e on ne reprend son souffle que 2h plus tard.
2. 3D oblige, les effets visuels sont impressionnants. Quatre des six héros ont des pouvoirs (l'un d'entre eux est même un demi-dieu) ce qui garantit des scènes d'action plutôt costauds. Surtout, ces combats sont filmés de manière fluide: ça ne bouge pas dans tous les sens et c'est tant mieux.
3. la grande réussite de Avengers est là: le film est très drôle. Iron Man ne faillit pas et apporte une dose de second degré, même Hulk devient comique. J'ai sans doute raté nombre d'entre elles mais les références à l'univers de comics et au monde du cinéma sont nombreuses et bien trouvées.

Certains diront sans doute qu'il manque un message, que les comics de Marvel sont plus profonds et plus riches. Je pense que Whedon a du faire des choix et qu'il s'en sort haut la main. Après un petit tour sur quelques blogs, même les geeks les plus fans de Marvel (et donc les plus sceptiques avant la sortie) ont été agréablement surpris.

Un petit reproche puisque tout ne peut pas être parfait: le méchant n'est pas complètement crédible selon moi. Outre son ridicule casque à cornes, il ne fait clairement pas le poids face à l'équipe des vengeurs.

Pour finir sur les acteurs, on notera la combinaison super moulante en cuir de Scarlett Johansson (pour certains, cette combinaison est à elle seule une raison d'aller voir le film). Surtout, Mark Ruffalo reprend le rôle de Hulk et il colle parfaitement au personnage de scientifique torturé. Et Samuel L. Jackson est, comme d'habitude, au top.

Avengers est donc un film de grand spectacle et il n'y a pas de raison de bouder son plaisir.

La petite anecdote
C'est presque le premier film du réalisateur Joss Whedon qui a travaillé sur de nombreux scénarios (Toy Story, Alien: la résurrection) mais qui est surtout connu pour avoir créé la série Buffy contre les vampires.

Infos pratiques
Avengers
sorti le 25 avril 2012 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Mark Ruffalo, Samuel L. Jackson, Chris Hemsworth, Jeremy Renner
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19314006&cfilm=130440.html