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mercredi 14 décembre 2016

Snowden


Les lanceurs d'alerte ont encore récemment fait la une. Si, comme moi, vous mélangez un peu les histoires entre Assange, Snowden and Co, ce film pourra vous aider à y voir plus clair.

Edward Snowden a travaillé en tant qu'analyste pour la CIA et la NSA. Au cœur du système de renseignement américain, il est choqué de ce qu'il découvre et décide d'en parler.

Difficile d'imaginer un réalisateur plus approprié qu'Oliver Stone pour dresser le portrait d'Edward Snowden. Après JFK, NixonW (mais aussi, dans un autre style, L'Enfer du Dimanche, Platoon, etc.) le réalisateur engagé a choisi de nous raconter cette histoire qui a récemment fait trembler l'Amérique. 

La NSA ou National Security Agency est l'administration américaine chargée de la surveillance informatique. Snowden a diffusé des document via la presse qui prouvent que le gouvernement américain collecte des données personnelles d'utilisateurs sans qu'ils le sachent. Il est aujourd'hui accusé d'espionnage et de vol de données.

Le challenge de ce film est de raconter une histoire vraie, qui ressemble beaucoup à un film d'espionnage, mais qui n'en a forcément pas tous les ressorts. Snowden passe la plupart de son temps derrière un écran d'ordinateur: comment rendre ça palpitant?

Stone se fait le porte-parole du lanceur d'alerte et son film creuse peu le personnage. Il accorde cependant de l'importance au personnage de Lindsay, la petite amie de Snowden, qui explique en partie son changement de position et pourquoi il remet en question les règles. Mais pas d'enquête fouillée: on colle au livre The Snowden Files: The Inside Story of the World's Most Wanted Man du journaliste Luke Harding. 
Le vrai Edward Snowden a participé à la création du film, en conseillant Oliver Stone et les acteurs. C'est à peu près le seul gage de crédibilité du film dans la mesure où la NSA ne confirmera jamais que ça s'est effectivement passé de cette façon. Snowden est donc une version approuvée par son propre personnage principal.

Le film évite les explications trop techniques et est relativement pédagogique. On se concentre plutôt sur des aspects très concrets (la prise de contrôle d'une webcam quand le PC est éteint par exemple) qui sont suffisamment parlants et évocateurs. 
Par l'intermédiaire de personnages secondaires, on entend les réactions habituelles: "pourquoi s'inquiéter si on a rien à cacher?"... et on est mis en face de ses propres contradictions.
On n'évite pas certains clichés mais on ressort de Snowden plus renseigné, ainsi qu'avec d'avantage de questions.

Joseph Gordon Lewitt (Inception, 500 Days of Summer, Looper...) joue Snowden de façon très honnête. Oliver Stone a par ailleurs confié qu'il avait pensé à lui dès le début du projet. Shailene Woodley (Divergente, Nos Etoiles Contraires) est la fameuse Lindsay.

Snowden joue son rôle d'exposé. Il manque cependant une vraie progression dramatique qui nous prendrait aux tripes. C'est un "film dossier" qui ne restera pas dans les annales mais qui aide à décrypter ce qui restera comme un scandale historique.

La petite anecdote:
On parle beaucoup de "lanceurs d'alerte" et il y  a actuellement des débats sur le statut et le besoin d'une éventuelle protection juridique.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Snowden
sorti le 2 novembre 2016 en France
réalisateur: Oliver Stone
avec: Joseph Gordon Lewitt, Shailene Woodley, Zachary Quinto

jeudi 8 septembre 2016

Star Trek Sans Limites


Je continue dans la série "voir des films dont je n'ai pas vu les épisodes précédents". Aujourd'hui (enfin... il y a quelques temps: je prends du retard dans l'écriture) Star Trek Sans Limites 3ème opus du remake de la série culte des années 60.

Le vaisseau Enterprise et son équipage explorent les confins inexplorés de l'espace et répondent à l'appel au secours d'un vaisseau échoué sur la planète Altamid.

Star Trek est plus qu'une série, c'est un univers à part entière: six séries et une série d'animation, 13 films, des centaines de romans et bandes dessinées, des dizaines de jeux vidéos. Cet univers fête ses 50 ans en 2016 et voit donc un nouveau long-métrage s'ajouter aux éléments qui le composent.
Pas besoin d'être un fan absolu parlant le klingon couramment, pour reconnaître les symboles Star Trek: les oreilles pointues de Spock, le signe de la main, la forme du vaisseau spatial, etc. Apprécier la science-fiction reste cependant un pré-requis pour goûter à ce nouvel opus.

Aux commandes de ce Star Trek Sans Limites, Justin Lin, réalisateur de 4 des 7 Fast and Furious. Il prend la suite de J.J. Abrams qui avait renouvelé la franchise et assuré un grand succès au box office.
Au scénario, un duo qui fonctionne super bien: Doug Jung et Simon Pegg (vu dans les Mission: Impossible, Shaun of the Dead et Le Dernier Pub avant la fin du Monde), humoriste anglais. Ils apportent un second degré et une bonne dose d'humour qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.

Cet épisode permet de tourner les pages de la génération précédente. Il rend hommage à Leonard Nimoy, acteur qui jouait Spock dans la série originale et à George Takei, qui jouait Sulu et à qui il est fait un clin d'oeil puisque le Sulu de Star Trek Sans Limites a une famille gay (Takei était un défenseur des droits gays). 

Côté action, on est servis et mieux vaut être bien accroché à son fauteuil et à ses lunettes 3D. Courses Poursuites de vaisseaux, traversée de nébuleuse et d'astéroïdes, gravité relative: ça bouge. Les scènes de batailles spatiales sont notamment très spectaculaires. La station Yorktown est également impressionnante visuellement.
Les relations entre les personnages sont en revanche survolées, ne laissant pas le temps aux émotions de s'installer.

Chris Pine prête son regard bleu acier au capitaine Kirk. Il n'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus. La française Sofia Boutella, vue dans Kingsman, incarne le personnage de Jaylah, alliée improbable et pleine de ressources.
Zachary Quinto (vu dans la série Heroes et dans Margin Call) colle parfaitement à Spock.

Star Trek est donc sans surprise un divertissement science-fiction de bonne qualité. Il compense ce qui manque en profondeur de scénario par du visuel et de l'action spatiale.

"Live long and prosper"

La petite anecdote:
Le film est dédié à Leonard Nimoy, décédé en 2015 et à Anton Yelchin, qui joue Pavel Chekov, l'ingénieur de l'Enterprise, décédé par accident en juin 2016.

Note:
3/5


Infos pratiques:
Star Trek Sans Limites
sorti le 17 août 2016 en France
réalisateur: Justin Lin
Avec: Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg, Sofia Boutella, Idriss Elba, Zoe Saldana 


lundi 29 août 2016

Suicide Squad


Et si pour une fois, les méchants étaient sur le devant de la scène? Adapté de la BD DC Comics et située dans l'univers de Batman, voici une bande de héros qui sort de l'ordinaire.

Le gouvernement américain rassemble une équipe de super-méchants pour combattre une menace énigmatique. Jusqu'où leur faire confiance?

Encore une fois, la bande-annonce était alléchante. On pouvait espérer des héros cabossés voire franchement tarés. Les Gardiens de la Galaxie et Deadpool avaient lancé l'idée que les super héros ne sont pas forcément gentils et/ou polis.

Si on ne maîtrise pas l'univers DC Comics sur le bout des doigts, la plupart de ces anti-héros sont des inconnus. On reconnaîtra le Joker, ennemi juré de Batman, accompagné de Harley Quinn. Pour les autres, on les découvre, avec leur passif et leurs pouvoirs.

On attendait un film sulfureux, qui ne prend pas de gants et qui secoue un peu. Raté. 
Le réalisateur David Ayer (qui a aussi réalisé Fury et Hancock) a bien tenté de monter une version trash de Suicide Squad: les studios lui ont demandé de reshooter des scènes et de rendre un produit plus fun et grand public. Le montage est donc bancal, le ton du film peu constant.

Ces méchants à qui on demande de sauver le monde acceptent bien trop vite de rentrer dans le rang. Et une fois assagi, ils sont beaucoup moins rigolos. 
Cependant visuellement, on en prend plein les yeux: savant dosage de fluo au milieu d'une ville très sombre, scènes d'action bien dosées. On se régale aussi de la bande-son, mix de grands classiques rock (Queen) et de hip-hop plus récent.

Deux actrices tirent leur épingle du jeu globalement très moyen (Will Smith paraît par exemple incapable de jouer un méchant): Margot Robbie, vue dans Le Loup de Wall Street et récemment dans Tarzan qui s'amuse beaucoup et joue Harley Quinn avec fougue et humour. Et Viola Davis (La Couleur des Sentiments ) qui joue la boss de cette équipe avec toute la froideur et la méthode nécessaires.

Malgré quelques bonnes séquences, Suicide Squad déçoit: moins fun et trash qu'attendu.

La petite anecdote:
Saurez-vous reconnaître l'acteur qui se cache derrière le masque (relativement répugnant) de Killer Croc?
Indice n°1: Vous l'avez vu dans les séries Lost et Oz, dans Bourne: Identity, Thor 
Indice n°2: son nom est quasi imprononçable

Note:
2/5 

Infos pratiques:
Suicide Squad
sorti le 3 août 2016 en France
réalisateur: David Ayer
avec: Will Smith, Cara Delevigne, Margot Robbie, Jared Leto, Viola Davis

mercredi 10 février 2016

Spotlight


Longtemps sur la "blacklist" d'Hollywood qui recense les scénari à potentiel mais sans producteur, Spotlight sort en ce début d'année et compte d'ores et déjà 6 nominations aux Oscars - dont meilleur réalisateur et meilleur film.

Le Boston Globe est doté d'une équipe de journalistes d'investigation. En 2001, ces quatre reporters enquêtent sur des soupçons d'abus sexuels sur mineurs par des prêtres de l'Eglise catholique.

Les films d'enquête journalistique sont presque un genre à part entière. Spotlight est ainsi un digne héritier des Hommes du Président qui relatait le scandale du Watergate.
Le propre de ces histoires est qu'on en connaît déjà l'issue. Ce qui n'enlève rien à notre plaisir de suivre l'évolution de l'investigation. 
Les personnages sont ici des bosseurs, ils retournent toutes les pierres pour être sûrs de tenir la vérité. En ce sens, Spotlight est une ode au journalisme et à l'indépendance de la presse, qui fait espérer que ces équipes existent toujours, avec les moyens pour travailler dans de bonnes conditions.

La subtilité tient ici à la relation que chacun des personnages a avec l'Eglise. Ils gèrent chacun à leur manière l'ampleur du scandale, leur dégoût et la violation de leur confiance en cette institution.

Spotlight est un film très classique dans sa mise en scène. Tout est au service du scénario et des dialogues millimétrés. Pas de chichis dans les décors et les costumes, qui collent au plus près à la réalité. Les vrais journalistes du Globe ont par ailleurs contribué à ce que le rendu corresponde à ce qu'ils ont connu. Chacun a collaboré avec l'acteur qui allait l’interpréter et ils ont été troublés du résultat, comme s'ils étaient "devant un miroir, sans pouvoir maîtriser le reflet".

L'affiche aligne de grand noms dont aucun ne tire la couverture à lui. Les interprétations sont sérieuses et efficaces. Mark Ruffalo (Foxcatcher, New York Melody) et Rachel McAdams (The Notebook, Il Était Temps) sont tous deux nominés aux Oscars pour leurs prestations.

Le résultat est sobre et précis, maîtrisé. Pas besoin de superlatifs pour sonner juste, l'histoire est suffisante et les interprètes parfaitement convaincants. 
Le sujet méritait respect et minutie et le réalisateur Tom McCarthy remplit le contrat. 
A voir.

La petite anecdote:
Cette enquête a reçu le Prix Pulitzer. Pour en savoir plus sur ce prix, c'est ici.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Spotlight
sorti le 27 janvier 2016 en France
réalisateur: Tom McCarthy
avec: Rachel McAdams, Michael Keaton, Mark Ruffalo, Stanley Tucci




lundi 4 janvier 2016

Star Wars: Le Réveil de la Force


Article garanti sans spoiler!
Rachetée en 2012 par Disney, la franchise Star Wars voit donc arriver son épisode 7 (après les 4, 5, 6 sortis fin des années 70 et les 1,2,3 début des années 2000). La réalisation a été confiée à J.J Abrams (créateur de Lost, Super 8, Star Trek), fan affiché des films originaux de George Lucas.

30 ans après les faits relatés dans Star Wars: Le Retour du Jedi, une nouvelle menace plane sur la République. L'ordre Jedi n'existe plus et le Premier Ordre grandit. La résistance s'organise...

Qu'il est agréable de ne pas être déçu(e) à la sortie d'un film très attendu (quel euphémisme). Alors que la prélogie (épisodes 1-2-3), réalisée par Georges Lucas avait chagriné de nombreux fans à cause d'une utilisation mal maîtrisée d'effets spéciaux numériques, ce nouveau départ suscite beaucoup d'enthousiasme.

JJ Abrams a réussi à réaliser un épisode de transition en respectant les règles mais également en introduisant une nouvelle génération de personnages. Star Wars: Le Reveil de la Force est le 1er épisode d'une nouvelle trilogie et il fallait l'enchaîner correctement avec les précédents.

Qu'on ne s'y trompe pas, cet épisode VII reste un produit ultra-calibré, destiné à plaire à la communauté de fans et à vendre des produits dérivés.
Pas de grosse surprise donc au niveau du scénario. On a même parfois l'impression d'un copier-coller de scènes des films précédents tant les clins d'oeil se font nombreux. 

32 ans se sont écoulés depuis la sortie de l'épisode VI (Star Wars: Le Retour du Jedi) et les acteurs ont donc vieilli en même temps que leurs personnages. Ils ont tous accepté de rempiler et on retrouve donc Han Solo, Chewbacca (qui a pris moins de rides que ses partenaires), Leia, etc. 
Le temps qui a passé est évoqué hors-champs et Abrams filme ces retrouvailles sans ironie et avec beaucoup de douceur. La narration est assez linéaire mais le rythme entre scènes d'action, poursuites spatiales et moments plus calmes est le bon.

Abrams réintègre par ailleurs une dose d'humour très bienvenue, notamment par le personnage de Finn (joué par John Boyega).

La nouvelle génération de personnage est diverse et pleine de possibilités. En confiant ces rôles à des acteurs peu connus du grand public, Abrams fait le bon choix. Daisy Ridley est Rey, une pilleuse d'épave dont on ne connaît pas les origines. Sorte de double de Keira Knightley, elle donne corps à ce personnage principal, féminin et surdoué. 
Le débat porte plutôt sur Adam Driver (vu dans la série Girls, aperçu dans Lincoln) qui joue Kylo Ren, le nouveau méchant et représentant du côté obscur de la Force. Evidemment moins charismatique que Dark Vador, je trouve sa complexité intéressante. Mais elle ne plait pas à tout le monde.
Tout au long de la saga, et cet épisode n'y échappe pas, les personnages évoluent en duo ou en trio, quelles que soient leurs allégeances et ces interactions fonctionnent bien. 

On appréciera d'autant plus ce film qu'on est familier de l'univers Star Wars tant les clins d'oeil scénaristiques et visuels sont nombreux. On est heureux de voir ces souvenirs dépoussiérés même si on peut déplorer un manque d'audace et de nouveautés.

La mission est selon moi accomplie avec une saga qui renaît, un film qui fait le pont avec les épisodes précédents et un spectacle de 2h15 réussi.

La petite anecdote:
Les produits dérivés de Star Wars: Le Reveil de la Force ont déferlé au moment de la sortie du film. En voici parmi les plus étranges: le mascara Star Wars, le raisin Yoda, le dérouleur de scotch C3-PO ou encore le déambulateur...

Note:
4/5
Infos pratiques:
Star Wars: Le Reveil de la Force
sorti le 16 décembre 2015 en France
réalisateur: J.J Abrams
avec: daisy Ridley, John Boyega, Harrisson Ford, Carrie Fisher, Adma Driver
  

vendredi 4 décembre 2015

Strictly Criminal


Le cinéma américain est fasciné par la figure du gangster. Scorcese, De Palma et d'autres ont créé un panthéon des malfrats et de leurs vies démesurées. Panthéon auquel vient s'ajouter ce biopic sur la vie de Whitey Bulger.

Boston, années 70, un agent du FBI convainc le caïd irlandais James Whitey Bulger de collaborer avec les autorités en tant qu'informateur.

En adaptant le libre "Black Mass" de Dick Lehr et Gerard O'Neill, le réalisateur Scott Cooper (Les Brasiers de la Colère, Crazy Heart) concrétise un projet de producteur. Au travers de cette histoire, c'est un portrait de l'Amérique des années 80-90 qui nous est présenté.

Le personnage de Whitey Bulger est le centre de gravité de l'intrigue, la Black Mass (titre du film en VO) qui absorbe et contamine ce qu'il approche. Psychotique ultra-violent, il semble détaché des émotions et entretient une aura mystérieuse. C'est un personnage qui met mal à l'aise: contrairement aux mafieux mis en valeurs dans certains films, Bulger est tellement fou qu'il est seul, ses acolytes n'arrivant pas eux-mêmes à le suivre.

Le pouvoir de fascination qu'il exerce sur son entourage, la peur qu'il inspire sont des aspects intéressants. Je n'ai malheureusement pas adhéré, sans doute à cause du jeu extrêmement froid et mono-expressif de Johnny Depp. Celui-ci est grimé, porte une postiche et des lentilles bleues, il est à peine reconnaissable.
Mais pourquoi maquiller Johnny Depp en Christopher Walken?...


Les rumeurs d'Oscar courent pour Johnny Depp: il est vrai que les rôles "à transformation physique" sont souvent récompensés (Marion Cotillard, Charlize Theron, Matthew McConaughey...)

L'autre axe du scénario repose sur la loyauté aveugle qui relie les personnages principaux. Connelly, l'agent du FBI, a grandi avec les frères Bulger (l'un est le truand, le second est sénateur). Forcément, ces relations qui remontent à l'enfance sont complexes, entre souvenirs, services rendus, rapport de force, etc. Mais je trouve par exemple que la relation entre les deux frères n'est pas assez explicitée.
Benedict Cumberbatch (la série Sherlock Holmes, Imitation Game) gomme son accent british pour incarner le frère rangé. Outre un âge qui ne colle pas avec le personnage, il n'a pas le temps de le creuser et de nous renseigner sur ce lien fraternel.
Joel Edgerton (Gatsby le Magnifique, Animal Kingdom) s'en sort mieux mais ne brille pas.

L'atmosphère du film est étrange: Boston est désert, les fusillades se passent sans témoins... Le rythme est lent, l'intrigue s'embourbe. On se doute bien d'où tout cela va terminer mais on est à aucun moment chahuté. Même les scènes violentes sont convenues, déjà vues.

Au final Strictly Criminal nous rappelle de nombreux autres films de gangsters: Les Affranchis, Scarface, Les Infiltrés...
Il nous rappelle que cette histoire a déjà été racontée.
En (beaucoup) mieux...

La petite anecdote:
Le mot "fuck" est prononcé 254 fois au cours du film.

Note:
2/5

Infos pratiques:
Strictly Criminal
sorti le 25 novembre 2015 en France
réalisateur: Scott Cooper
avec: Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch




jeudi 3 décembre 2015

007 Spectre


James Bond revient pour son 27ème film au service de sa Majesté. Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles), qui avait déjà réalisé Skyfallreprend la réalisation et nous plonge cette fois dans les tentacules du Spectre.

Après les événements de Skyfall, James Bond poursuit un indice venu du passé et réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation secrète.

Daniel Craig enfile le costume de Bond pour la 4ème fois et comme pour tous nouveau James Bond, les attentes étaient fortes.

La scène d'ouverture à Mexico, long plan séquence d'action ayant nécessité 1500 figurants costumés, magnifiquement filmée, nous met dans le vif du sujet.
Puis suit un générique (les génériques des 007, toute une institution!) mêlant flammes, torse nu de James et tentacules... bof...

La suite du scénario est décevante. En voulant creuser la part d'ombre des personnages, l'intrigue est délaissée et on reste clairement sur sa faim. Pas de belle scène d'action, pas vraiment de tension, tout est très téléphoné.
A vouloir rendre hommage à la saga, de nombreuses scènes copient des épisodes précédents et renforcent de sentiment de déjà vu.

Ancrer James Bond dans le XXIème siècle n'est pas tâche aisée tant il est un symbole d'une époque. C'est pourtant pour moi une erreur que de lui associer une équipe (Q, MoneyPenny, M) qui lui donne un côté Mission Impossible loin du mythe de l'agent secret qui agit seul.
Il manque même l'ingrédient indispensable: cet humour british décalé si caractéristique.

Visuellement, on croirait qu'on se balade dans une succession de publicités. C'est joli mais le placement produit est omniprésent (téléphones, boissons, voitures). Quand James descend d'un train dans le désert, c'est une pub Louis Vuitton...

Un James Bond se mesure à la hauteur de son méchant. Christopher Waltz est le méchant attitré (Inglorious Basterds, Django Unchained) et ne parvient pas ici à donner à Oberhauser l'envergure nécessaire. 
Daniel Craig reste dans son interprétation très fermée et taiseuse de Bond. Et honnêtement, ça commence à être lassant.
La James Bond Girl de ce Spectre est Léa Seydoux (La Vie d'Adèle, Saint Laurent) que je trouve sans charisme et tellement fade. Monica Bellucci a une scène de 5 minutes et la surpasse largement.

Bref, un James Bond pas surprenant et qui laisse donc sur sa faim... Serait-il temps de sonner la fin de l'aire Craig?

La petite anecdote:
Qui dit James Bond, dit belles voitures. Aston Martin en l'occurrence.
Ce sont pas moins de 32 millions d'euros qui ont été consacrés au budget "destruction de voitures"! 7 des 10 Aston Martin n'ont en effet pas survécu au tournage... 

Note:
2/5


Infos pratiques:
007: Spectre
sorti le 11 novembre 2015 en France
réalisateur: Sam Mendes
avec: Daniel Craig, Léa Seydoux, Christopher Waltz


vendredi 30 octobre 2015

Sicario


La frontière entre les USA et le Mexique est devenue un no man's land gouverné par les cartels de drogue. C'est le théâtre d'affrontements quotidiens avec les forces d'ordre américaines. Et c'est le cadre du nouveau polar d'action dirigé par Denis Villeneuve.

Kate Macer, jeune agent du FBI, est recrutée pour une mission inter-agences pour frapper les cartels afin qu'ils fassent un faux pas.

Le réalisateur Denis Villeneuve trace depuis quelques années son parcours à Hollywood: Incendies, Prisoners, et récemment Enemy ont fait mouche. Sicario a pour sa part été présenté en compétition officielle lors du dernier Festival de Cannes. Le réalisateur maîtrise parfaitement le rythme et sait créer une atmosphère étouffante, à la limite de la claustrophobie. Prenez votre souffle et préparez-vous pour 2h d'apnée!

L'histoire de Sicario va au-delà d'une simple opposition entre deux "clans" ennemis (police US versus cartels). Tout comme la frontière physique entre les deux pays devient perméable aux trafics et passages clandestins, la limite entre le bien et le mal, le légal et l'illégal, le légitime et l'inexcusable est très floue.
Les troupes d'élite américaines agissent sans contrôle, utilisant des méthodes ultra-violentes. La fin justifie-t-elle les moyens? Est-ce le terrain de jeu rêvé pour des militaires sans scrupules? Les valeurs de l'agent Macer sont remises en cause. Partagée entre l'envie de voir les choses bouger et la nécessité de suivre les procédures légales, elle perd pied.

Villeneuve cache bien plus qu'il ne montre et parvient à créer un climat de tension forte, comme dans tout thriller réussi. Le cadre est d'une violence primitive et on n'est pas épargnés. L'adrénaline monte petit à petit et fait son effet.

La réussite de Sicario tient également à son casting, impeccable. Les trois acteurs principaux sont tous très convaincants. Emily Blunt (Looper, The Edge of Tomorrow) fragile et forte à la fois, apporte la juste dose de féminité qui permet de prendre un recul nécessaire. Josh Brolin (Sin City, True Grit) est un barbouze plus intelligent qu'il n'y paraît. 
Et surtout Benicio Del Toro, grand habitué des films autour de la drogue (oscar du meilleur second rôle pour Traffic, vu dans Savages, etc.) est ici impressionnant par sa présence et son intensité. 90% de ses répliques initialement prévues dans le scénario ont été supprimées, pour laisser place à un silence et un mystère autour de son personnage encore plus évocateurs que tous les discours.

Mise en scène maîtrise, direction d'acteurs remarquable, bande-son métallique et oppressante, images léchées (Roger Deakins - Les Evadés, Skyfall, est le directeur de la photo): Sicario est l'un des très bons films d'action de 2015.

La petite anecdote:
Denis Villeneuve réalisera la suite de Blade Runner avec Ryan Gosling et Harrison Ford. 

Note:
4/5

Infos pratiques:
Sicario
sorti le 7 octobre 2015 en France
réalisateur: Denis Villeneuve
avec: Emily Blunt, Josh Brolin, Benici Del Toro

vendredi 14 août 2015

Sur la ligne


Aller voir un film tchèque en VO un soir d'août dans un petit ciné indépendant du quartier latin, c'est la garantie de ne pas être gênée par ses voisins: nous étions 4 dans la salle...
Mais le thème (course à pied, dopage, bloc de l'Est dans les années 80) avait piqué ma curiosité.

Anna est une jeune athlète tchécoslovaque prometteuse. Elle rêve de participer aux JO de Los Angeles en 1984. Elle est sélectionnée pour un suivi médical spécial destiné à renforcer ses capacités physiques. 

C'est aujourd'hui connu, le dopage était largement répandu (et quasi industrialisé) en Europe de l'Est dans les années 80. La réalisatrice, qui a elle-même émigré de Tchécoslovaquie en 1988, a choisi de se pencher sur ce phénomène à un niveau individuel.

Car il est facile de condamner la triche et la mise en danger de ces jeunes athlètes depuis le confort de son fauteuil de spectateur. Mais tout est à replacer dans son contexte. Être sélectionné pour les JO, c'était avoir un espoir d'une vie meilleure, voire une opportunité de passer à l'Ouest.
L'histoire d'Anna va au-delà du sport: c'est un prétexte pour comprendre le régime tchécoslovaque, les intérêts mêlés du sport, du Parti, de la police.
Alors, jusqu'où aller? Accepter de s'injecter de puissants anabolisants, risquer sa santé dans l'espoir de gagner le droit de s'enfuir? Ou refuser de se plier au système et lutter à sa propre échelle, avec le risque de nuire à tous ceux qui vous entourent?

Le duo mère-fille interprété par Judit Bardos et Anna Geislerova est le point central de cette histoire. A la fois coéquipières, soutien, adversaires, elles partagent les épreuves en duo. Les deux actrices, tout en retenue, donnent corps à ce couple de personnages féminins.

Sur la ligne (Fair Play en anglais) est un film sec et précis, sans fioriture ni mélancolie inutile. Il nous plonge dans l'anxiété de la vie sous ce régime, l'atmosphère étouffante de cette époque. Des couloirs de la piste d'athlétisme à ceux de la police d'état, tout est gris. Le rythme est parfois lent et on frôle l'ennui par moment.

Ici le sport est un outil de propagande, et mène à de graves dérives.
35 ans plus tard, le sport est aujourd'hui un show. Pas sûr que cela soit moins dangereux pour les athlètes...

La petite anecdote
Et dire qu'à l'époque, personne (y compris dans la presse spécialisée) ne relevait l'invraisemblances des records qui tombaient...

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Sur la ligne
sorti le 5 août 2015 en France
réalisatrice: Andrea Sedlackova
avec: Judit Bardos, Anna Geislerova

lundi 13 octobre 2014

Saint Laurent


2014, année Saint Laurent. Après un premier biopic (très poli) sorti en janvier signé Jalil Lespert (Yves Saint Laurent), c'est Bertrand Bonello, réalisateur de L'Apollonide qui signe cette 2ème version en moins de 9 mois.

Décennie 1967-1976, dans un Paris de tous les excès, Yves Saint Laurent le couturier devient YSL, la marque planétaire.

Ce Saint Laurent est une commande: les frères Altmayer, producteurs, ont contacté Bonello pour lui proposer le sujet. Celui-ci à accepté à condition de pouvoir raconter sa propre vision de la vie de Saint Laurent.
Il en résulte un film miroir. Yves Saint Laurent, personnage narcissique, se cherche dans toutes les glaces, se retrouve dans des muses et se perd dans son propre reflet. Bonello réalisateur et artiste réfléchit aux effets de la célébrité, à la place du business dans le monde de l'art. 

La construction est assez biscornue et pas facile à décoder. En refusant une construction linéaire et chronologique, on fait des bonds dans les temps (au passé et au futur) et c'est assez déconcertant.
Ce Saint Laurent est un exercice de style. Bonello ne livre quasiment pas d'informations sur la biographie. Le couturier devient juste une image, un support à la réflexion. 

Le projet n'ayant pas été approuvé par Pierre Bergé (joué ici par Jérémie Rénier), l'équipe n'a eu accès à aucune archive et aucun lieu touchant la vie d'Yves Saint Laurent. Tout a été recréé et le résultat est visuellement assez réussi. Tout une séquence tourne autour de la conception et de la réalisation de la collection "Ballets Russes" de 1976 et le défilé est bluffant

Bonello a une façon de filmer qui peut être assez fatigante. Outre la durée du film (2h30), les nombreux gros plans de mains, pieds et autres ourlets de robes plombent un peu le film. Au nom du style visuel, j'ai trouvé qu'on tombait souvent dans de l'intellectualisation un peu inutile.

La seconde moitié du film explore la relation vénéneuse de Saint Laurent avec Jacques de Bascher, amant de Karl Lagerfeld. Le dandy va l'initier aux drogues et à des expériences sexuelles abusives qui vont petit à petit faire sombrer le créateur dans une dépendance et des abus en tous genre. Bonello choisit alors un style très immersif et plonge le spectateur dans la peau d'Yves Saint Laurent.
Car son sujet est là: qu'est-ce que cela signifie d'être Yves Saint Laurent? Artiste de génie, diva déconnectée de la réalité, constamment à la recherche de l'élégance et irrésistiblement attiré par le malsain.

Gaspard Ulliel prête son corps longiligne au couturier et trouve une diction qui, sans pousser le mimétisme, l'incarne très bien. Louis Garrel est l'amant démoniaque et magnétique. Seule Léa Seydoux fait un peu défaut en Loulou de La Falaise.

Sélectionné à Cannes en mai dernier, représentant la France aux prochains Oscars, Saint Laurent n'est pas un biopic comme un autre. C'est davantage une réflexion hypnotique sur la place de l'artiste. 2h30 de réflexion hypnotique, ponctuée de bonnes idées de mise en scène mais globalement trop intellectualisée pour moi.

La petite anecdote:
Ma prochaine lecture pour continuer à me plonger dans ce monde de style et de paillettes: Beautiful People d'Alicia Drake, qui retrace les vies parallèles de Saint Laurent et Lagerfeld.

Note:
2/5

Infos pratiques:
Saint Laurent
sorti le 24 septembre 2014 en France
réalisateur: Bertrand Bonello
avec: Gaspard Ulliel, Louis Garrel, Jérémie Rénier, Léa Seydoux, Helmut Berger

vendredi 19 septembre 2014

Sin City: J'ai Tué Pour Elle


Neuf ans plus tard, le noir et blanc graphique de Frank Miller mis en scène par Robert Rodriguez est de retour. On revient dans la ville du vice avec impatience et beaucoup d'attentes...

A Sin City règne la loi du plus fort: entre vengeance, violence et séduction Marv, Nancy, Dwight et d'autres se croisent au Katie's.

Sin City: j'ai tué pour elle n'est pas vraiment la suite du Sin City de 2005. L'histoire compte quatre segments et trois d'entre eux se situent chronologiquement avant le 1er film (notamment celui autour Ava Lord). Cette construction du scénario est parfois un peu lourde et laisse une drôle d'impression: celle de lire les BD d'une même série sans être sûr(e) de les avoir choisies dans l'ordre. 

Le style graphique en noir et blanc avec seulement quelques éléments en couleur avait fait le choc visuel du premier film. La surprise n'est plus là mais la signature reste, la 3D venant même l'enrichir et lui donner encore plus de profondeur. 

Le casting est l'autre gros point for de Sin City: j'ai tué pour elle . Bon nombre d'acteurs présents dans le premier film reviennent: Mickey Rourke en brute épaisse, Jessica Alba en strip-teaseuse en quête de vengeance ou Rosario Dawson en amazone chef de clan. De nouvelles têtes non moins connues les accompagnent: Joseph Gordon Lewitt (Inception, The Dark Knight Rises, Looper,  Don Jon) en jeune joueur de poker et surtout Eva Green, plus dénudée que jamais en femme fatale vénéneuse. 

Cette galerie de personnages vaut à elle seule le détour même si on frôle souvent le too-much avec des répliques sorties de mauvais romans noirs et une atmosphère qui peine à s'installer.

La violence est à tous les coins de rue dans Sin City: j'ai tué pour elle et le film a beau être en noir et blanc, le sang est bien rouge et il coule à flots. Le réalisateur Rodriguez (connu pour Machete) est un proche de Tarantino et on retrouve le même goût pour les scènes de baston sanglantes. 

On se replonge donc avec plaisir dans les rues de Sin City, sans pour autant retrouver le frisson de la première fois. Moins surprenant et moins bien écrit, il reste une originalité visuelle et une équipe d'acteurs de premier plan.

La petite anecdote:
Une des affiches promotionnelles du film a été bloquée par le comité de classification américain qui a trouvé les courbes d'Eva Green trop exposées. Le peignoir est donc devenu (légèrement) plus opaque.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Sin City: j'ai tué pour elle
sorti le 17 septembre 2014 en France
réalisateur: Frank Miller et Robert Rodriguez
avec: Jessica Alba, Mickey Rourke, Joseph Gordon-Lewitt, Bruce Willis, Josh Brolin, Eva Green
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19546146&cfilm=61087.html 


mardi 17 juin 2014

Sous les jupes des filles


Le "film de filles" a le vent en poupe. Après Les Gazelles au mois d'avril, l'actrice Audrey Dana signe son premier film et nous propose de découvrir ce qui se passe Sous les jupes des filles

Elles sont onze et ont toutes des vies, des préoccupations et des caractères très différents. Elles vont se croiser et dresser un portrait aux multiples facettes de la femme d'aujourd'hui.

Ces onze femmes, Audrey Dana les a conçues comme les pièces d'un puzzle pour reconstituer la fille dans laquelle chacune va pouvoir se retrouver, au moins partiellement. Exubérantes, romantiques, complexées, courageuses... 
Sous les jupes des filles est un film choral: on passe d'un personnage à l'autre avec quelques éléments de l'histoire qui les relie (l'une est la sœur de l'autre, ou sa voisine...). Il pêche principalement par son manque de scénario car il est construit comme une suite de sketches. 2h sans écriture et avec autant de personnages, ça pèse vite lourd.

Mais Audrey Dana n'a pas d'autre prétention que de faire rire. Pas de message féministe (une chienne de garde qui verrait le film ferait sans doute une crise cardiaque), pas de morale à retenir. On vient entre copines et on débranche son cerveau.

Sous les jupes des filles est un film d'actrice(s): on sent que la réalisatrice a passé un très bon moment avec une bande de comédiennes triées sur le volet. Elle prend un malin plaisir à les mettre dans des situations incongrues. 
Pour certaines, le résultat est agréablement surprenant (Marina Hands ou Alice Taglioni par example). Pour d'autres, on est géné de les voir patauger (Vanessa Paradis ou Isabelle Adjani). Le casting reste tout de même un des arguments n°1 de ce film. On peut parier sans trop de risque un succès au box-office, en grande partie grâce à cette distribution façon Expandables en escarpins.

Le film ne manque ni d'énergie, ni de culot. Les histoires de fesses des personnages sont racontées sans aucun complexe, mieux vaut être prévenu. La limite entre l’irrévérencieux et le vulgaire sera fixée par chacun.

Sous les jupes des filles est pour moi l'équivalent d'un magazine féminin comme Be! ou Cosmo: bourré de clichés et de caricatures, on l'achète quand on a du temps à passer,  et qu'on a envie de sourire sans trop réfléchir.

La petite anecdote:
La bande-son du film est une belle réussite signée Imany. A découvrir ici.

Note:
1,5/5

Infos pratiques:
Sous les jupes des filles
sorti le 4 juin 2014 en France
réalisateur: Audrey Dana
avec: Vanessa Paradis, Isabelle Adjani, Laetitia Casta, Marina Hands, Alice Taglioni