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dimanche 1 janvier 2017

Demain, Tout Commence


Catégorie : comédie familiale
Ingrédient principal : celui qui a encore récemment été confirmé comme personnalité préférée des français, Omar Sy.
Résultat : plus de 1,2 million de spectateurs en moins de 15 jours d’exploitation

Samuel a la vie douce sur la Côte d’Azur quand une ancienne conquête vient lui déposer un bébé qu’elle lui présente comme sa fille, Gloria.

Demain, Tout Commence a été adapté par le scénariste Jean André Yerles d’une comédie mexicaine tournée en 2013 Ni Repris Ni Echangé.
La majorité du film se passe à Londres, où le personnage s’installe pour s’occuper de la petite fille. Même si on passe sur le manque de crédibilité de nombreuses situations, le scénario est très désordonné et ça devient gênant à la longue. D’autant que le film aurait gagné à 15-20 minutes de moins.

En navigant entre rires et larmes, Demain Tout Commence vise un public familial, venu au cinéma pour ne pas se prendre la tête. Ce contrat est rempli.
Les bons sentiments sont distribués par pelletées, les ficelles sont plus grosses que des maisons et la mise en scène n’est pas du tout subtile.

Le film repose quasi entièrement sur les 4 épaules d’Omar Sy et de Gloria Colston qui joue sa fille.  L’acteur surfe sur le style qui a fait son succès depuis Intouchables. A l’aise avec les vannes, il l’est beaucoup moins avec tous les autres registres d’émotion (de la colère à la tristesse) qui semblent forcés. La petite fille est débordante d’énergie et leur duo fonctionne plutôt bien.

Un raté pour moi qui ne suis pas la bonne cliente pour ce genre de cinéma. Mais c’est un format calibré pour les vacances de fin d’année qui trouvera sans aucun problème son public et fera dans quelques mois un film de télé du dimanche soir.

La petite anecdote :
Si l’acteur qui joue Bernie vous dit quelque chose, c’est peut-être que vous l’avez vu dans  l’excellent Starbuck.

Note :
2/5

Infos utiles :
Demain Tout Commence
Sorti le 7 décembre 2016 en France
Réalisateur : Hugo Gelin
Avec : Omar Sy, Gloria Colston, Clémence Poésy, Clémentine Célarié

lundi 29 août 2016

Suicide Squad


Et si pour une fois, les méchants étaient sur le devant de la scène? Adapté de la BD DC Comics et située dans l'univers de Batman, voici une bande de héros qui sort de l'ordinaire.

Le gouvernement américain rassemble une équipe de super-méchants pour combattre une menace énigmatique. Jusqu'où leur faire confiance?

Encore une fois, la bande-annonce était alléchante. On pouvait espérer des héros cabossés voire franchement tarés. Les Gardiens de la Galaxie et Deadpool avaient lancé l'idée que les super héros ne sont pas forcément gentils et/ou polis.

Si on ne maîtrise pas l'univers DC Comics sur le bout des doigts, la plupart de ces anti-héros sont des inconnus. On reconnaîtra le Joker, ennemi juré de Batman, accompagné de Harley Quinn. Pour les autres, on les découvre, avec leur passif et leurs pouvoirs.

On attendait un film sulfureux, qui ne prend pas de gants et qui secoue un peu. Raté. 
Le réalisateur David Ayer (qui a aussi réalisé Fury et Hancock) a bien tenté de monter une version trash de Suicide Squad: les studios lui ont demandé de reshooter des scènes et de rendre un produit plus fun et grand public. Le montage est donc bancal, le ton du film peu constant.

Ces méchants à qui on demande de sauver le monde acceptent bien trop vite de rentrer dans le rang. Et une fois assagi, ils sont beaucoup moins rigolos. 
Cependant visuellement, on en prend plein les yeux: savant dosage de fluo au milieu d'une ville très sombre, scènes d'action bien dosées. On se régale aussi de la bande-son, mix de grands classiques rock (Queen) et de hip-hop plus récent.

Deux actrices tirent leur épingle du jeu globalement très moyen (Will Smith paraît par exemple incapable de jouer un méchant): Margot Robbie, vue dans Le Loup de Wall Street et récemment dans Tarzan qui s'amuse beaucoup et joue Harley Quinn avec fougue et humour. Et Viola Davis (La Couleur des Sentiments ) qui joue la boss de cette équipe avec toute la froideur et la méthode nécessaires.

Malgré quelques bonnes séquences, Suicide Squad déçoit: moins fun et trash qu'attendu.

La petite anecdote:
Saurez-vous reconnaître l'acteur qui se cache derrière le masque (relativement répugnant) de Killer Croc?
Indice n°1: Vous l'avez vu dans les séries Lost et Oz, dans Bourne: Identity, Thor 
Indice n°2: son nom est quasi imprononçable

Note:
2/5 

Infos pratiques:
Suicide Squad
sorti le 3 août 2016 en France
réalisateur: David Ayer
avec: Will Smith, Cara Delevigne, Margot Robbie, Jared Leto, Viola Davis

lundi 22 août 2016

Comme des Bêtes


La bande-annonce sortie il y a plusieurs mois était particulièrement réussie et drôle. la nouvelle création du studio auteur de la franchise des Minions avait donc tout pour attirer le public estival.

Une fois que leurs maîtres les laissent seuls, que peuvent bien faire de leur journée les animaux de compagnie?

Les animaux sont très souvent les héros des films d'animation. Comme des Bêtes ne fait pas exception. Les réalisateurs leur prêtent donc le langage mais le reste de leurs expressions et attitudes est très proche de la réalité. Ces petits détails très bien retranscrits feront sans nul doute sourire quiconque a eu un chat (qui tente de s'asseoir dans une boite beaucoup trop petite pour lui) ou un chien (qui a décidé que les écureuils étaient des ennemis mortels).
Les gags s'enchaînent à un rythme soutenu et l'animation est fluide.
Chaque personnage a un caractère bien trempé et les doublages aident à se glisser dans leurs fourrures. 

Clin d’œil aux Monty Pythons, le grand méchant du film est un petit lapin blanc a l'air tout à fait inoffensif mais qui se révèle un gangster à grandes oreilles. Les références ciné - Belle et le Clochard, Grease, Les Aristochats feront plaisir aux parents. Les enfants eux, riront des gags très visuels.

Situé à New York, Comme des Bêtes fait de la ville un personnage à part entière, la reconstitution est minutieuse.

Il manque cependant l'étincelle qui permettrait de nous convaincre. Alors que la bande-annonce était très originale, le scénario est déjà vu et revu. Les scènes ultra-classiques de courses-poursuites en voiture et de descente dans les égouts n'apportent rien de neuf. Ça tourne vite court et on déplore le manque de prise de risque.

Comme des Bêtes est un film tendre aux détails bien trouvés mais qui manque d'originalité. Moins bien que ce que la bande-annonce pouvait laisser espérer...

La petite anecdote:
Sorti fin juillet en France, Comme des Bêtes avait bénéficié d'une promo depuis... plusieurs mois: clip de Noël ici, clip de Pâques ici

Note:
2/5 

Infos pratiques:
Comme des Bêtes
sorti le 27 juillet 2016 en France
réalisateurs: Chris Renaud, Yarrow Cheney

jeudi 28 juillet 2016

Le Monde de Dory


13 ans après, on replonge avec Némo et Dory dans les eaux turquoises et animées du pacifique.

1 an après être rentrés chez eux, Dory est toujours amnésique. Mais grâce à des bribes de souvenirs, elle part sur les traces de son passé.

Quel plaisir de retrouver les personnages familiers de l'univers Nemo, l'un des films Pixar les plus réussis selon moi.
Sauf que 13 ans se sont écoulés et que la prouesse technique de représenter les fonds marins en film d'animation ne nous émerveille plus autant. Il faut donc jouer sur un autre registre.

Le scénario fonctionne sur la tendresse. On craque sur bébé Dory et les émotions sont au rendez-vous.

Une nouvelle collection de personnages vient compléter le casting. Mention spéciale à la pieuvre-caméléon et au béluga, tous deux à l'origine des meilleurs gags du film.

Si le rythme est là et qu'on ne s'ennuie pas, il manque tout de même la dose de surprises et de spontanéité nécessaires pour nous garder en haleine.

Ce qui m'a le plus gêné au final, c'est que Le Monde de Dory est un film sombre. Là où Le Monde de Nemo était lumineux et nous plongeait littéralement parmi les coraux et les récifs turquoises, Dory reste dans des eaux pleines d'algues et dans les bassins d'un centre marin. Tout est vert foncé, bleu foncé, oppressant.

La narration est elle aussi assez angoissante pusique Dory se perd et est convaincue que c'est de sa faute si ses parents ont disparu. Pas évident à expliquer à des enfants petits, pas très rigolo même pour les grands.

J'ai donc été peu emballée par l'atmosphère générale même si certaines pointes d'humour viennent égayer tout ça.

A croire qu'à trop faire de suites, les studios (même les meilleurs) pêchent par manque de fraîcheur...

La petite anecdote:


Note:
2/5

Infos pratiques:
Le Monde de Dory
sorti le 22 juin 2016 en France
réal: Andrew Stanton & Angus Mc Lane

jeudi 26 mai 2016

Kung Fu Panda 3


On avait laissé Po en 2011 après sa 2ème aventure. Le voici qui revient 5 ans plus tard accompagné de ses amis maîtres kung-fu.

Alors qu'il croyait être le dernier panda, Po rencontre son père biologique. Il va devoir lutter contre un maître revenu du monde des esprits qui s'attaque à tous les maîtres kung-fu de la Chine.

Grosse machine du cinéma d'animation, ce Kung-Fu Panda 3 est efficace. Po est un mélange de maladresse et de mignonnerie (mot inventé spécialement pour les pandas). Les enfants gloussent aux blagues gentiment potaches, les parents se régalent du joli graphisme.

Côté scénario, on ne s'est pas trop creusé la tête. Un grand méchant, une quête de ses racines, un fond de message / morale ("sois toi-même") et hop! 1h35 de film très prévisible. Le rythme est cependant emballé, ponctué de quelques scène d'action bien senties.

Visuellement réussi, Kung-Fu Panda 3 évoque le dessin traditionnel chinois et mélange  celui-ci avec les techniques d'animation d'aujourd'hui. 2D et 3D se mêlent.

On perd en surprise sur ce 3ème volet mais on garde l'humour décalé qui sauve pas mal de situations.

Une franchise en pilote automatique qui remplit son contrat: divertissement familial et remplissage de salles obscures pendant les vacances. Dreamworks a déjà annoncé 3 nouveaux films.

La petite anecdote:
la sortie du film était initialement prévue pour décembre 2015. Dreamworks a préféré la repousser pour éviter que le film soit à l'affiche en même temps que Star Wars: le Réveil de la Force

Note:
2/5

Infos pratiques:
Kung-Fu Panda 3
sorti le 30 mars 2016 en France
réalisateurs: Jennifer Yuh, Alessandro Caloni

jeudi 3 mars 2016

Ave Cesar!


Les frères Coen sont fans de cinéma et rendent hommage film après film aux différents styles du 7ème art.

Dans les années 50, le studio hollywoodien Capitol Pictures produit en simultané des films de tous les genres: western, drames, numéros de claquettes, etc.

Les réalisateurs de No Country for Old Men, The Big Lebowski ou encore Burn After Reading se plongent cette fois-ci dans la période faste d'Hollywood: celle des grandes stars, des studios omniprésents et des décors gigantesques. Ils le font avec enthousiasme et sous l'angle de la comédie. On flirte avec la parodie mais leur œil reste toujours bienveillant. 

On suit à la trace Eddie Mannix (Josh Brolin), le "fixer" du studio dont le job consiste à régler tout ce qui dérape. Il nous permet de nous balader entre les plateaux, de passer du désert de western à la piscine du ballet aquatique. Un semblant d'histoire rythme cette visite guidée: un acteur vedette est mystérieusement kidnappé.

C'est là que le bât blesse. Ave Cesar! souffre d'un manque cruel de scénario. Les sketchs s'enchaînent et le casting (royal) s'en donne à cœur joie. Mais une suite de tableaux ne fait pas un film et on se lasse vite de passer du coq à l'âne. La cohérence générale est de moins en moins évidente au fur et à mesure du récit.

Certaines performances sont très réussies: Scarlett Johansson en sirène / poissonnière ou Channing Tatum faisant des claquettes et s'auto-parodiant (on pense beaucoup à Magic Mike). Les stars jouent le second degré et ça fonctionne. George Clooney, qui travaille avec les Coen pour la 4ème fois, cabotine à fond mais, là encore, ça colle avec le ton du film.

La reconstitution des années 50 et de l'atmosphère des studios est minutieuse: costumes, décors, l'ambiance est là. C'est bien un film hommage: les réalisateurs ont voulu montrer le talent d'artisan déployé à cette époque.

Il est évident que les frères Coen se sont amusés à faire Ave Cesar!
On s'amuse beaucoup moins à le regarder...

La petite anecdote:
Après avoir joué dans O'Brother, Burn After Reading et Intolérable Cruauté, George Clooney pensait avoir fini ce que Joel et Ethan Coen ont appelé la "trilogie des idiots". Il rempile pourtant ici avec un rôle que l'acteur qualifie lui-même "d'encore plus stupide que les précédents".

Note:
2/5


Infos pratiques:
Ave Cesar!
sorti le 17 février en France
réalisateurs: Joel et Ethan Coen
avec: Josh Brolin, George Clooney, Channing Tatum, Scarlett Johansson

vendredi 4 décembre 2015

Strictly Criminal


Le cinéma américain est fasciné par la figure du gangster. Scorcese, De Palma et d'autres ont créé un panthéon des malfrats et de leurs vies démesurées. Panthéon auquel vient s'ajouter ce biopic sur la vie de Whitey Bulger.

Boston, années 70, un agent du FBI convainc le caïd irlandais James Whitey Bulger de collaborer avec les autorités en tant qu'informateur.

En adaptant le libre "Black Mass" de Dick Lehr et Gerard O'Neill, le réalisateur Scott Cooper (Les Brasiers de la Colère, Crazy Heart) concrétise un projet de producteur. Au travers de cette histoire, c'est un portrait de l'Amérique des années 80-90 qui nous est présenté.

Le personnage de Whitey Bulger est le centre de gravité de l'intrigue, la Black Mass (titre du film en VO) qui absorbe et contamine ce qu'il approche. Psychotique ultra-violent, il semble détaché des émotions et entretient une aura mystérieuse. C'est un personnage qui met mal à l'aise: contrairement aux mafieux mis en valeurs dans certains films, Bulger est tellement fou qu'il est seul, ses acolytes n'arrivant pas eux-mêmes à le suivre.

Le pouvoir de fascination qu'il exerce sur son entourage, la peur qu'il inspire sont des aspects intéressants. Je n'ai malheureusement pas adhéré, sans doute à cause du jeu extrêmement froid et mono-expressif de Johnny Depp. Celui-ci est grimé, porte une postiche et des lentilles bleues, il est à peine reconnaissable.
Mais pourquoi maquiller Johnny Depp en Christopher Walken?...


Les rumeurs d'Oscar courent pour Johnny Depp: il est vrai que les rôles "à transformation physique" sont souvent récompensés (Marion Cotillard, Charlize Theron, Matthew McConaughey...)

L'autre axe du scénario repose sur la loyauté aveugle qui relie les personnages principaux. Connelly, l'agent du FBI, a grandi avec les frères Bulger (l'un est le truand, le second est sénateur). Forcément, ces relations qui remontent à l'enfance sont complexes, entre souvenirs, services rendus, rapport de force, etc. Mais je trouve par exemple que la relation entre les deux frères n'est pas assez explicitée.
Benedict Cumberbatch (la série Sherlock Holmes, Imitation Game) gomme son accent british pour incarner le frère rangé. Outre un âge qui ne colle pas avec le personnage, il n'a pas le temps de le creuser et de nous renseigner sur ce lien fraternel.
Joel Edgerton (Gatsby le Magnifique, Animal Kingdom) s'en sort mieux mais ne brille pas.

L'atmosphère du film est étrange: Boston est désert, les fusillades se passent sans témoins... Le rythme est lent, l'intrigue s'embourbe. On se doute bien d'où tout cela va terminer mais on est à aucun moment chahuté. Même les scènes violentes sont convenues, déjà vues.

Au final Strictly Criminal nous rappelle de nombreux autres films de gangsters: Les Affranchis, Scarface, Les Infiltrés...
Il nous rappelle que cette histoire a déjà été racontée.
En (beaucoup) mieux...

La petite anecdote:
Le mot "fuck" est prononcé 254 fois au cours du film.

Note:
2/5

Infos pratiques:
Strictly Criminal
sorti le 25 novembre 2015 en France
réalisateur: Scott Cooper
avec: Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch




jeudi 3 décembre 2015

007 Spectre


James Bond revient pour son 27ème film au service de sa Majesté. Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles), qui avait déjà réalisé Skyfallreprend la réalisation et nous plonge cette fois dans les tentacules du Spectre.

Après les événements de Skyfall, James Bond poursuit un indice venu du passé et réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation secrète.

Daniel Craig enfile le costume de Bond pour la 4ème fois et comme pour tous nouveau James Bond, les attentes étaient fortes.

La scène d'ouverture à Mexico, long plan séquence d'action ayant nécessité 1500 figurants costumés, magnifiquement filmée, nous met dans le vif du sujet.
Puis suit un générique (les génériques des 007, toute une institution!) mêlant flammes, torse nu de James et tentacules... bof...

La suite du scénario est décevante. En voulant creuser la part d'ombre des personnages, l'intrigue est délaissée et on reste clairement sur sa faim. Pas de belle scène d'action, pas vraiment de tension, tout est très téléphoné.
A vouloir rendre hommage à la saga, de nombreuses scènes copient des épisodes précédents et renforcent de sentiment de déjà vu.

Ancrer James Bond dans le XXIème siècle n'est pas tâche aisée tant il est un symbole d'une époque. C'est pourtant pour moi une erreur que de lui associer une équipe (Q, MoneyPenny, M) qui lui donne un côté Mission Impossible loin du mythe de l'agent secret qui agit seul.
Il manque même l'ingrédient indispensable: cet humour british décalé si caractéristique.

Visuellement, on croirait qu'on se balade dans une succession de publicités. C'est joli mais le placement produit est omniprésent (téléphones, boissons, voitures). Quand James descend d'un train dans le désert, c'est une pub Louis Vuitton...

Un James Bond se mesure à la hauteur de son méchant. Christopher Waltz est le méchant attitré (Inglorious Basterds, Django Unchained) et ne parvient pas ici à donner à Oberhauser l'envergure nécessaire. 
Daniel Craig reste dans son interprétation très fermée et taiseuse de Bond. Et honnêtement, ça commence à être lassant.
La James Bond Girl de ce Spectre est Léa Seydoux (La Vie d'Adèle, Saint Laurent) que je trouve sans charisme et tellement fade. Monica Bellucci a une scène de 5 minutes et la surpasse largement.

Bref, un James Bond pas surprenant et qui laisse donc sur sa faim... Serait-il temps de sonner la fin de l'aire Craig?

La petite anecdote:
Qui dit James Bond, dit belles voitures. Aston Martin en l'occurrence.
Ce sont pas moins de 32 millions d'euros qui ont été consacrés au budget "destruction de voitures"! 7 des 10 Aston Martin n'ont en effet pas survécu au tournage... 

Note:
2/5


Infos pratiques:
007: Spectre
sorti le 11 novembre 2015 en France
réalisateur: Sam Mendes
avec: Daniel Craig, Léa Seydoux, Christopher Waltz


vendredi 9 octobre 2015

Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E.


Le vintage est à la mode et le cinéma n'échappe pas à cette tendance. Guy Ritchie (le réalisateur de Snatch, Rock n' Rolla et plus récemment les Sherlock Holmes avec Robert Downey Jr) nous livre à son tour un film sixties jusqu'au bout des ongles.

Au début des années 60, un agent de la CIA et un agent du KGB se voient contraints de faire équipe pour traquer une organisation criminelle néo-nazie.

Après le très réussi Kingsman il y a quelques mois, voici une nouvelle comédie d'espionnage réalisée par un britannique. 
Adapté d'une série télé des années 60, Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. assume totalement son look rétro. Costumes tirés à 4 épingles, robes Dior et papier peint à fleurs nous plongent dans l'ambiance.

Le ton est décontracté, Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. joue le jeu du second degré. Si certaines répliques tombent parfois à côté, l'humour britannique est tout de même là et sauve par moment l'ensemble.

Car passé cette élégance et ce côté léger, il ne reste pas grand chose. Pas franchement musclé, pas franchement drôle ou déjanté, le film peine à trouver son rythme. Le style ne sauvant pas tout, on ressent cruellement le manque de relief de l'intrigue. Quelques scènes d'action viennent raviver l'ensemble mais elles sont à peine assez dynamiques.

Côté casting, les deux agents sont joués par deux armoires à glace hollywoodiennes sensées apporter une touche de glamour. Armie Hammer (qui jouait les jumeaux Winklevoss dans Social Network) joue agréablement avec la parodie. Henry Cavill (le superman de l'horrible Man of Steel) quant à lui est tout bonnement insupportable: figé et statique, il énerve beaucoup trop pour séduire. La caution girly est apportée par Alicia Vikander (A Royal Affair) qui se contente d'être mignonne, ce qu'elle fait très bien.

Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E. est clairement le lancement d'une franchise et on peut douter de la suite qu'ils vont lui donner. Il se veut un film à l'ancienne, qui se base sur la séduction et le style. Ce n'est pas complètement mauvais, mais c'est loin d'être bon.

La petite anecdote:
David Beckham fait une micro-apparition en projectionniste dans le briefing de l'agent russe. Guy Ritchie l'avait déjà engagé pour une pub H&M qu'il avait réalisé. 

Note:
2/5

Infos pratiques:
Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E.
sorti le 16 septembre 2015 en France
réalisateur: Guy Ritchie
avec: Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Hugh Grant

vendredi 20 février 2015

Fifty Shades of Grey


C'est le coup marketing ciné de ce début 2015: la sortie de l'adaptation du best-seller romantico-érotique d'E.L. James, vendu à plus de 100 millions d'exemplaires dans le monde.

Anastasia Steele est étudiante en littérature anglaise. Sa vie sentimentale et sexuelle va basculer quand elle rencontre le milliardaire Christian Grey.

Attendu au tournant par des millions de fans qui ont fantasmé en lisant le roman, Fifty Shades of Grey avait un défi de taille à relever. Comment un film américain, où l'industrie ciné est connue pour son conservatisme (qui a dit pudibonderie?), allait pouvoir raconter une histoire qui tourne autour du sado-masochisme? 
Certes, le roman d'E.L. James n'est pas de la grande littérature (surtout dans son horrible version traduite en français), mais les scènes de sexes sont pour le moins explicites.

Le résultat est "moins pire" que prévu. C'est évidemment plus soft que dans le livre mais la réalisatrice Sam Taylor-Johnson va plus loin que les habituels gros plans sur la tête de lit qui tremble. Au final, c'est 15 minutes "d'érotique" sur 2h d'un film "romantico-érotique". Ça laisse 1h45 de "romantique": le cul-cul après le cul.
Car il faut bien le dire, Fifty Shades of Grey raconte l'histoire souvent mièvre d'une jeune fille très naïve, fascinée par un milliardaire certes très généreux mais aussi très tordu. On est pas loin du roman Harlequin.

Le roman manque d'une pointe d'humour qui permettrait de dédramatiser certaines scènes qui deviennent ici un peu ridicules tant elles véhiculent de clichés. 
L'adaptation est fidèle au roman et évite heureusement les passages un peu lourds de questionnement d'Ana sur à peu près TOUT ce qui lui arrive.
Fifty Shades of Grey  est le premier épisode d'une trilogie: la sortie en salle du n°2 est prévue en 2016.

On peut se demander si c'est vraiment du SM: les adeptes crient au scandale car le film nierait la notion de consentement entre les participants.
On peut penser que si Grey n'était pas milliardaire, on l'accuserait de violence sur sa copine. Le fait de la couvrir de cadeaux faisant passer la pilule plus facilement.
On peut aussi se dire que c'est un film de pur divertissement et qu'on y vient entre copines pour glousser en voyant l'ex-mannequin Calvin Klein Jamie Dornan (qui joue Christian Grey).

Je pense surtout que le film a rempli sa mission: faire venir au cinéma toutes les filles qui ont lu le livre. Pour qu'elles se rendent compte finalement que leur imagination est bien plus excitante que ce que produit Hollywood...

La petite anecdote:
Le roman Fifty Shades of Grey est une épopée qui peut se résumer en quelques chiffres (impressionnants):
- 100 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Aux US, plus de la moitié sur tablettes et livres électroniques: plus discrets dans les transports...
- 2: nombre de romans vendus par seconde
- 127 : nombre de fois où Ana rougit dans le roman
- 43: le nombre de fois où elle se mord la lèvre
- 5 millions: le montant (en $) déboursé par Universal pour acheter les droits d'adaptation du roman

Note:
2/5

Infos pratiques:
Fifty Shades of Grey
sorti en France le 11 février 2015
réalisatrice: Sam Taylor-Johnson
avec: Jamie Dornan, Dakota Johnson


mercredi 26 novembre 2014

Hunger Games: La Révolte (Partie 1)


Les romans de Suzanne Collins étaient une trilogie mais les sirènes d'Hollywood et du cinéma business ont sonné: ce seront 4 films qui raconteront la saga Hunger Games.

Nous avions laissé Katniss Everdeen s'échappant des jeux et détruisant l'arène. Réfugiée dans le District 13, elle est sollicitée pour devenir l'égérie de la révolution qui gronde et défie le Capitole.

Les Hunger Games correspondent exactement à ce qui marche aujourd'hui à Hollywood: une saga en plusieurs épisodes déclinable en franchise, basée sur des best-sellers ayant une communauté de fans solide, animée par des héros adolescents. 
Ajoutez-y des acteurs dont la cote de popularité a explosé depuis le 1er film et une campagne de promotion savamment dosée. 
Vous obtenez... le meilleur démarrage de l'année aux USA (123M de $ de recette pour le 1er week-end) et 1 million d'entrées en France en une semaine.

Et pourtant, c'est peu dire que ce Hunger Games : La Révolte (Partie 1) est bancal. Son scénario repose sur le 3ème roman mais est focalisé sur un petit épisode qui aurait sans doute pu tenir en 20 minutes. Il a donc fallu tirer sur la corde pour tenir 2h et c'est très léger...

Sortis de l'arène, nos héros s'attaquent à une bataille de plus grande envergure, une bataille politique. Il reste quelques scènes d'actions (pour la plupart déjà aperçues dans la bande-annonce) mais on reste un peu sur sa faim de ce côté-là. 
La thématique principale est l'utilisation des images et des symboles dans une guerre. Katniss doit choisir de devenir ou non le visage de cette révolte. Comment devient-on un symbole? comment les images deviennent-elles des armes? comment met-on une guerre en scène? 

On quitte la dimension psychologique (les romans étaient écrits à la 1ère personne) et l'adolescence pour des thèmes plus rudes. Sans oublier tout de même les amourettes pré-pubères qui rythment l'histoire.
Reste une héroïne un peu paumée, jouée avec toujours autant d'énergie par Jennifer Lawrence. Devenue productrice du film et sous la caméra de son père Francis Lawrence (qui a réalisé I am Legend), elle est omniprésente à l'écran et laisse peu de place à ses camarades, aussi célèbres soient-ils. Julianne Moore en présidente du District 13, Philip Seymour Hoffman dans son dernier rôle (il s'est suicidé une semaine avant la fin du tournage) ou Natalie Dormer (vue dans les séries Les Tudors et Game of Thrones) qui s'est rasé la moitié de la tête pour ce rôle.

La bande-son a été concoctée par la tout jeune Lorde, artiste néo-zélandaise, et c'est plutôt réussi. A écouter ici si ça vous tente.

Finalement, on a surtout l'impression d'assister à une bande-annonce de 2h pour l'épisode final qui sortira dans 1 an. Hunger Games : La Révolte (Partie 1) est dans cette mesure un vrai symbole du cynisme d'Hollywood: parce qu'on a vu le 1 et le 2 et qu'on ira voir le 4, le succès du très moyen n°3 est garanti, même s'il est facturé 10€ (et plus) 

La petite anecdote:
Le symbole de la rébellion des Hunger Games a été repris en Thaïlande par les opposants au régime. Il a même été interdit par les militaires...

Note:
2/5

Infos pratiques:
Hunger Games : La Révolte (Partie 1)
sorti le 19 novembre 2014 en France
réalisateur: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence,Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Philip Seymour Hoffman, Julianne Morre

lundi 13 octobre 2014

Saint Laurent


2014, année Saint Laurent. Après un premier biopic (très poli) sorti en janvier signé Jalil Lespert (Yves Saint Laurent), c'est Bertrand Bonello, réalisateur de L'Apollonide qui signe cette 2ème version en moins de 9 mois.

Décennie 1967-1976, dans un Paris de tous les excès, Yves Saint Laurent le couturier devient YSL, la marque planétaire.

Ce Saint Laurent est une commande: les frères Altmayer, producteurs, ont contacté Bonello pour lui proposer le sujet. Celui-ci à accepté à condition de pouvoir raconter sa propre vision de la vie de Saint Laurent.
Il en résulte un film miroir. Yves Saint Laurent, personnage narcissique, se cherche dans toutes les glaces, se retrouve dans des muses et se perd dans son propre reflet. Bonello réalisateur et artiste réfléchit aux effets de la célébrité, à la place du business dans le monde de l'art. 

La construction est assez biscornue et pas facile à décoder. En refusant une construction linéaire et chronologique, on fait des bonds dans les temps (au passé et au futur) et c'est assez déconcertant.
Ce Saint Laurent est un exercice de style. Bonello ne livre quasiment pas d'informations sur la biographie. Le couturier devient juste une image, un support à la réflexion. 

Le projet n'ayant pas été approuvé par Pierre Bergé (joué ici par Jérémie Rénier), l'équipe n'a eu accès à aucune archive et aucun lieu touchant la vie d'Yves Saint Laurent. Tout a été recréé et le résultat est visuellement assez réussi. Tout une séquence tourne autour de la conception et de la réalisation de la collection "Ballets Russes" de 1976 et le défilé est bluffant

Bonello a une façon de filmer qui peut être assez fatigante. Outre la durée du film (2h30), les nombreux gros plans de mains, pieds et autres ourlets de robes plombent un peu le film. Au nom du style visuel, j'ai trouvé qu'on tombait souvent dans de l'intellectualisation un peu inutile.

La seconde moitié du film explore la relation vénéneuse de Saint Laurent avec Jacques de Bascher, amant de Karl Lagerfeld. Le dandy va l'initier aux drogues et à des expériences sexuelles abusives qui vont petit à petit faire sombrer le créateur dans une dépendance et des abus en tous genre. Bonello choisit alors un style très immersif et plonge le spectateur dans la peau d'Yves Saint Laurent.
Car son sujet est là: qu'est-ce que cela signifie d'être Yves Saint Laurent? Artiste de génie, diva déconnectée de la réalité, constamment à la recherche de l'élégance et irrésistiblement attiré par le malsain.

Gaspard Ulliel prête son corps longiligne au couturier et trouve une diction qui, sans pousser le mimétisme, l'incarne très bien. Louis Garrel est l'amant démoniaque et magnétique. Seule Léa Seydoux fait un peu défaut en Loulou de La Falaise.

Sélectionné à Cannes en mai dernier, représentant la France aux prochains Oscars, Saint Laurent n'est pas un biopic comme un autre. C'est davantage une réflexion hypnotique sur la place de l'artiste. 2h30 de réflexion hypnotique, ponctuée de bonnes idées de mise en scène mais globalement trop intellectualisée pour moi.

La petite anecdote:
Ma prochaine lecture pour continuer à me plonger dans ce monde de style et de paillettes: Beautiful People d'Alicia Drake, qui retrace les vies parallèles de Saint Laurent et Lagerfeld.

Note:
2/5

Infos pratiques:
Saint Laurent
sorti le 24 septembre 2014 en France
réalisateur: Bertrand Bonello
avec: Gaspard Ulliel, Louis Garrel, Jérémie Rénier, Léa Seydoux, Helmut Berger