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samedi 31 décembre 2016

Les Animaux Fantastiques


Vous reprendrez bien un peu de magie Harry Potter? Voici le 1er film hors de la série principale (5 romans, 7 films), dont J.K Rowling a elle-même écrit le scénario.

Norbert Dragonneau est un sorcier anglais ayant pour passion les animaux fantastiques. Sa quête de créatures le mène à New York en décembre 1926.

Les adeptes de l'univers de Harry Potter connaissent Norbert Dragonneau comme l'auteur d'un manuel étudié à Poudlard: un bestiaire détaillé des animaux magiques ainsi que leurs spécificités et comment interagir avec eux.
On remonte donc 70 ans avant le début des aventures de Potter, à une époque où Voldemort n'était pas encore né mais qui n'était pas plus calme pour autant.

En installant l'intrigue à une autre époque et sur un autre continent, JK Rowling étend son univers et ça fonctionne très bien. Les clins d'oeil sont nombreux et raviront les amateurs alors que les nouveaux venus ne seront pas perdus. 
L'auteur a réussi à conserver les ingrédients du succès: de bons sentiments, l'humour british, et du merveilleux.
Les effets spéciaux rendent les animaux fantastiques spectaculaires et ajoutent un dynamisme indéniable.

Je craignais une pâle copie des films précédents (dont les quatre derniers ont été réalisés par le même réalisateur que celui-ci: David Yates). Au contraire, Les Animaux Fantastiques nous plonge dans un univers réinventé et tout aussi passionnant.

Eddie Redmayne (oscarisé en 2015 pour Une Merveilleuse Histoire du Temps et vu également dans My Week With Marilyn et plus récemment dans The Danish Girl) est Norbert Dragonneau. Un peu cabotin selon moi, il surjoue la timidité. Il donne cela dit une touche d'élégance britannique au personnage. Il est entouré dans les seconds rôles de Katherine Waterson (Tina), Ezra Miller (vu dans le très bon We Need to talk about Kevin et Le Monde de Charlie) toujours aussi à l'aise dans les rôles de personnages bizarres. Colin Farell fait également partie de l'équipe.

Quelques longueurs et une intrigue un peu confuse pourront doucher l'enthousiasme de certains mais force est de constater que les bases d'une nouvelle série de films est bien là. 5 sont prévus au total. Ce qui devrait fournir leur dose de magie aux fans en manque depuis la fin de la saga Harry Potter.

La petite anecdote:
Si vous voulez vous immerger dans l'univers Harry Potter, le moyen le plus sûr est sans doute le parc d'attraction qui lui est dédié à Los Angeles. https://www.wizardingworldhollywood.com/

Note:
3,5/5

Infos utiles:
Les Animaux Fantastiques
sorti le 16 novembre 2016 en France
réalisateur: David Yates
avec: Eddie Redmayne, Katherine Waterson, Colin Farell, Ezra Miller
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19565316&cfilm=223940.html

mercredi 9 novembre 2016

Doctor Strange


Nouveau venu dans l'univers ciné du studio Marvel (Avengers, Les Gardiens de la Galaxie, Thor, Deadpool...): Stephen Strange et ses pouvoirs flirtant avec la magie.

Le neurochirurgien new-yorkais Stephen Strange découvre un monde mystique qui pourrait bien être son seul salut.

Plongée dans un monde ésotérico-shaolin pour ce nouveau film de super-héros. En projet depuis plus de 30 ans, l'adaptation du comic était attendue de pied ferme.
Marvel met en place la recette qui a fait son succès depuis 13 films: un univers riche dont est extraite une synthèse (que les fans trouvent réductrice), une star pour jouer le rôle principal (Benedict Cumberbatch, vu dans la série Sherlock Holmes mais aussi dans Imitation Game ), du grand spectacle au niveau des effets spéciaux et une petite pointe d'humour pour faire glisser le tout.

On en prend plein les yeux: le réalisateur Scott Derrickson multiplie les effets tunnels, miroirs et autres délires oniriques. Plus d'une fois la réalité se retrouve la tête en bas et nous avec. 
L'identité visuelle du personnage de Strange est également réussie avec cette cape rouge qui, à elle seule, a demandé le travail de 20 personnes (18 exemplaires ont été créés).

On ne sort pourtant jamais de clous dans ces méga-productions US. Le réalisateur semble bridé et Doctor Strange ne surprend que peu. Sa narration est très linéaire, sans choc majeur. Si bien qu'on n'échappe pas à la sensation d'un "nième film de super-héros". Après tout, la formule marche, pourquoi en changer?...

Cumberbatch, très charismatique, est l'interprète idéal, menant peu à peu l'égoïste Doctor Strange vers une quête plus humaniste.
Les seconds rôles sont également castés au millimètre. L'androgynie de Tilda Swinton (Only Lovers Left Alive) qui joue l'Ancien, la girlfriend parfaite Rachel McAdams ou encore le méchant aux airs de Viking Mad Mikkelsen (vu dans Royal Affair)

Doctor Strange est un nouveau blockbuster made in Marvel. Ensorcelés? Non. Divertis? Oui, comme d'habitude...

La petite anecdote:
Lors d'une année sabbatique, Benedict Cumberbatch avait passé un an de bénévolat en tant que professeur d'anglais au Népal dans un monastère bouddhiste.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Doctor Strange
sorti le 26 octobre 2016 en France 
réalisateur: Scott Derickson
avec: Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers


Nouveau Tim Burton = grands espoirs, souvent déçus pour ces derniers films (Dark Shadows, Alice au Pays des Merveilles).

A la mort de son grand-père Jacob suit un faisceau d'indices qui l'amène sur une île galloise... particulière.

Le roman de Ransom Riggs ne pouvait pas rêver d'un autre réalisateur. Burton dit lui-même qu'il a aimé le livre avant même de l'avoir lu. La démarche (Riggs a construit son histoire à partir de vieilles photos chinées) est proche de sa propre façon de travailler.

Histoire sur mesure donc et volonté d'attirer de nombreux spectateurs pour un début de franchise (Riggs a déjà écrit le 2ème tome). Sauf qu'à vouloir contenter le plus grand nombre, le cinéma de Burton perd en mordant. Les monstres semblent bien sortis d'un cauchemar d'enfant. Mais le mélange lugubre/grand public donne un résultat bancal.

Burton cultive ses thèmes favoris: phobie de la réalité, acceptation de la différence et culte du bizarre. 
Il y insuffle une certaine poésie, même s'il n'est pas aidé par la BO banale. Pour une fois, ce n'est pas Dany Elfman qui l'accompagne mais le duo Michaël Highman - Matthew Margeson. 
Miss Peregrine reste une réussite visuelle, notamment grâce aux costumes de Coleen Atwood (dont c'est la 11ème collaboration avec Burton).

Le réalisateur excelle à installer un sentiment d'étrangeté dès le démarrage du film. Mais le rythme ne décolle pas et on peine à s'émouvoir.

Côté acteurs, Eva Green (révélée dans Casino Royale) campe Miss Peregrine, sorte de Mary Poppins excentrique. Le personnage à la fois drôle, mystérieux et protecteur colle à la belle actrice même si elle en fait parfois un peu trop. Tout comme Samuel L. Jackson qui joue le méchant Barron: too much.

Burton signe donc une féerie ténébreuse moyenne qui ne parvient pas à emballer. On attendra - au risque d'être à nouveau déçu - le prochain Burton, peut-être l'adaptation annoncée de Dumbo.

La petite anecdote:
La maison de Miss Peregrine existe réellement: elle s'appelle Torenhof et est située à Anvers en Belgique.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Miss Peregrine et les Enfants Particuliers
sorti le 5 octobre 2016 en France
réalisateur: Tim Burton
avec: Eva Green, Samuel L. Jackson, Asa Butterfield


mardi 16 décembre 2014

Le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées


Dernier chapitre des aventures en Terre du Milieu. Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson clôt ici celle du Hobbit (qui, chronologiquement, se situe avant) et livre un grand spectacle en forme de bouquet final. 

Le dragon Smaug est réveillé et s'attaque à Laketown. La Montagne Solitaire sinsi débarrassée de son gardien cracheur de feux attire de nombreuses convoitises: les Nains qui retrouvent leur royaume, mais aussi les Elfes, les Humains, les Orques, les Gobelins. C'est la bataille des Cinq Armées qui se prépare.

Si vous ne plongez pas avec plaisir dans les univers d'heroic fantasy, que les oreilles pointues et les pieds poilus ne vous évoquent rien et que vous ne rêvez pas de chevaucher un élan ou un gros sanglier, vous risquez fort de ne pas apprécier ce Hobbit. L'aventure en Terre du Milieu a démarré il y a plus de 15 ans pour le réalisateur Peter Jackson: cet épisode la termine et y rend hommage. 
Faisant chronologiquement le lien entre les deux séries de films, les clins d’œil et indices sont nombreux et mentionnent des éléments qu'on retrouve dans Le Seigneur des Anneaux.

Jackson ne s'attarde d'ailleurs pas à résumer la situation au démarrage du film: on est immédiatement plongés dans le vif du sujet, quasi exactement où nous l'avions laissé à la fin de l'épisode précédent (Le Hobbit: La Désolation de Smaug). 
Cela nous place tout de suite dans le bain: Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est un film d'action. En 2h40 de film, Peter Jackson met en scène une immense chorégraphie de guerre visuellement très réussie.
Il alterne habilement entre les grands angles permettant d'imaginer l'ampleur de la bataille et les duels au corps à corps. C'est un grand ballet et on sort de ces 45 minutes de bataille comme après une longue apnée.

Ce focus sur l'action se fait malheureusement au détriment de l'histoire et des personnages. Sorti du champs de bataille, le scénario est réduit à pas grand chose. Le roi nain Thorïn a la folie des grandeurs et les elfes vient des histoires d'amour très clichés. 
Les fans du roman de Tolkien pourront jouer au jeu des différences car certaines libertés ont été prises pour l'adaptation. Difficile de faire autrement quand on sait que le roman ne fait que 300 pages. En tirer une matière riche pour trois longs-métrages relève du défi.

Pour filmer la trilogie des Hobbit, Peter Jackson a utilisé la technologie HFR qui filme en 48 images par seconde, soit le double de la vitesse normale au cinéma. On repère tout de suite un changement tant la sensation de vertige est forte. Lors des scènes d'action, tout va très (trop) vite et on se fatigue rapidement. Surtout, on détecte les effets spéciaux et les scènes tournées sur fonds vert et c'est assez gênant.
La 3D, elle, est bien utilisée et donne aux combats une intensité impressionnante.

Enfin, il a manqué pour moi ce petit côté humoristique qui faisait qu'on s'attachait aux personnages. Martin Freeman qui joue Bilbo est le seul à apporter une dose de second degré. On retrouve cependant avec plaisir les personnages familiers de Gandalf, Galadriel, Elrond, etc. 

Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est une grande fresque, un spectacle d'action frénétique pour lequel le réalisateur a donné le meilleur de sa capacité à chorégraphier les scènes d'action. Il reste cependant un film assez plat en terme d'histoire et cliché dans ses thématiques.
Pour les courageux et les fans, il faudra attendre la version director's cut en DVD prévue en novembre 2015: avec 30 minutes supplémentaires, le film prendra peut-être une autre dimension.

La petite anecdote:
Pour la promotion du film, c'est le dragon Smaug lui-même qui a participé à l'émission américaine The Colbert Report. On y apprend qu'il vote plutôt à droite et qu'il n'est pas très en phase avec les dragons de Game of Thrones.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées
sorti le 10 décembre 2014 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freenman, Richard Armitage, Ian McKellen, Orlando Bloom, Evangeline Lily



mercredi 16 juillet 2014

Dragons 2


Vacances d'été obligent, c'est la saison des films d'animation et autres dessins animés. Me voici donc chaussant mes lunettes 3D pour ce 2ème volet de la saga Dragons (en VO How to train your Dragon ).

Après avoir convaincu le village de Berk que les vikings et les dragons peuvent vivre ensemble, Harold et Krokmou explorent de nouveaux territoires. Ils découvrent alors une grotte remplie de dragons et d'autres surprises.

Les studios Dreamworks (Shrek) avaient frappé un grand coup en 2010 avec le premier Dragons qui avait rencontré un succès public et critique. Le réalisateur Dean De Blois n'est plus accompagné de son co-scénariste Chris Sanders, parti s'occuper des Croods. Il a donc négocié seul le passage de l'adolescence au début de l'âge adulte pour ses héros. Tous les personnages ont 5 ans de plus et font face à de nouveaux défis.

Dragons 2 est tout d'abord réussi au niveau visuel. Dès la scène d'ouverture de course à dos de dragon, on est littéralement plongés dans l'action grâce à une 3D utilisée très judicieusement. Les paysages sont magnifiques et colorés, l'univers des dragons fantaisiste mais très agréable.

Dragons 2 est donc beau mais il est surtout riche. Il s'agit d'un récit d'apprentissage, qui s'appuie sur un héros suffisamment complexe pour être intéressant. Les autres personnages qui l'entourent sont aussi intéressants et évoluent de façon subtile. On est loin des caricatures brutes et des leçons de morale. Le scénario des Dragons 2 est dense mais très bien écrit. On y parle de responsabilités, de devoir vivre à la hauteur de ce que nos parents attendent de nous, de ce que signifie protéger les siens mais aussi de l'amitié.

On notera tout de même quelques longueurs dans les scènes d'action qui m'ont un peu perdue.
L'humour, ingrédient indispensable pour moi aux films d'animation, est présent mais pas 100% réussis. Certains running gags sont même assez lourds.

En empruntant des références allant du Seigneur des Anneaux (les scènes de bataille) aux films d'animation de Miyasaki (l'apparition du Dragon Rider dans les nuages), Dean De Blois crée une identité propre, qui détache Dragons 2 des autres films d'animation. 
On est pas éblouis ou émerveillés comme dans certains Pixar (les premiers...) mais il s'agit d'un film honnête et touchant, qui fait confiance au spectateur pour interpréter les messages qu'il véhicule. 

Ajoutez qu'il plaira aux petits et aux grands et vous avez là un film d'aventure parfaitement taillé pour l'été.

La petite anecdote:
A votre avis, quel animal a servi d'inspiration pour Krokmou, le dragon de Harold?
Il s'agit du chat du superviseur de l'animation... Il devait initialement ressembler à une panthère, mais il a été décidé de l'adoucir.

Note
3.5/5

Infos pratiques:
Dragons 2
sorti le 2 juillet 2014 en France
réalisateur: Dean De Blois
avec les voix de: Jay Baruchel, Cate Blanchett, Gerard Butler

mercredi 4 juin 2014

Maléfique


Les contes de fée ont aussi leur côté sombre et c'est souvent le plus intéressant... Disney a demandé à Robert Stromberg de revisiter le classique de 1959 La Belle au Bois Dormant.

Maléfique est donc l'histoire cachée de ce qui a mené cette fée à jeter ce sort à la petite Aurore.

Difficile d'en dire davantage sans révéler quelques surprises qui valent le coup d'être découvertes sur grand écran!

Maléfique est une fée, elle évolue dans un monde fantastique peuplé d'autres créatures magiques. Le paradis pour le réalisateur Robert Stromberg qui a été directeur artistique pour de nombreux films comme Avatar, L'Odyssée de Pi, Le Monde Fantastique d'Oz, etc. C'est un spécialiste des effets spéciaux et il joue avec la 3D pour nous plonger dans son monde. On peut même considérer la surenchère d'effets visuels assez lourde.

Même si c'est un Disney, il n'est pas à mettre devant les yeux de tous les enfants. Certaines scènes de bataille sont assez violentes et l'univers est plutôt sombre.

Maléfique repose sur Angelina Jolie. Rôle titre et central, elle est effrayante mais classe, charismatique mais fragile. Elle donne vie au personnage du dessin animé et s'éclate visiblement à porter les cornes de Maléfique.
Elle Fanning (vue dans L'Etrange Histoire de Benjamin Button et Super 8) joue Aurore et est relativement insipide.
Sharlto Copley (District 9Elysium) prête quand à lui son accent sud africain au roi Stefan et incarne la métaphore de l'alpha mâle qui se laisse dépasser par son ambition.

La thématique et le message de Maléfique sont multiples. On peut y trouver plusieurs niveaux de lecture, le problème étant qu'aucun d'entre eux n'est vraiment poussé jusqu'au bout. Maléfique peut être à la fois interprété comme une ode au féminisme, une dénonciation du viol et/ou une réhabilitation des méchants. Certains y ont même vu une histoire d'amour lesbienne.
Le scénario est assez disparate: plusieurs pistes sont lancées mais le découpage est bancal: une introduction trop longue, un final en queue de poisson... Le spectateur reste un peu sur sa faim.

Grâce à Maléfique, un bon coup de balai est donné sur les vieux contes de fée et par la même occasion dans le catalogue Disney. Etre capable de réinventer les mythes et les renouveler est une vraie performance.

La superstar Angelina Jolie trouve avec Maléfique un rôle taillé sur mesure. La débauche d'effets spéciaux peut être indigeste mais on rentre dans un univers à part et la relecture du conte est moins bête que prévue.

La petite anecdote:
Vivienne, une des filles d'Angelina Jolie et de Brad Pitt a joué dans une scène du film car c'était la seule enfant à ne pas avoir peur de l'actrice quand elle portait son costume.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Maléfique
sorti le 28 mai 2014 en France
réalisateur: Robert Stromberg
avec: Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley

lundi 23 décembre 2013

J'ai été voir... Le Hobbit - La Désolation de Smaug


Et revoilà le hobbit! Sortie du 2ème épisode de la nouvelle trilogie a adaptée de l'oeuvre de Tolkien par le réalisateur Peter Jackson.

Le 1er opus Le Hobbit - Un Voyage Inattendu, sorti fin 2012, racontait comment Bilbo Saquet partait pour une aventure en compagnie de Gandalf le magicien et une compagnie de 13 nains. 
Nous les retrouvons donc en chemin et approchant du but. Ils vont cependant rencontrer quelques obstacles tels qu'un groupe d'orques, une famille d'araignées géantes, des elfes peu coopératifs et... le dragon Smaug.

Comme beaucoup de n°2 dans les trilogies, La Désolation de Smaug a un challenge difficile à relever: continuer de surprendre alors que les spectateur connaît les personnages et sait que l'histoire ne va pas se terminer à la fin du film. Les 2èmes épisodes sont souvent les plus faibles à cause de cet effet de transition. Ils sont nécessaires pour progresser dans le récit mais moins intéressants que les autres.
La Désolation de Smaug n'échappe pas à la règle et paraît bien long car il ne parvient pas à se renouveler.

J'aime l'heroic fantasy et j'ai beaucoup apprécié l'univers des Seigneurs des Anneaux. Mais au bout de 5 films dans cet environnement, il en faut plus que quelques elfes et de beaux paysages (certes à couper le souffle) pour maintenir l'intérêt du spectateur.

Peter Jackson n'a en revanche pas loupé ses scènes d'action. A 2 ou 3 reprises La Désolation de Smaug s'emballe et la 3D aide à rendre les décors encore plus spectaculaires.
Jackson installe aussi quelques intrigues parallèles pour nourrir le récit. Gandalf part par exemple de son côté à la recherche du Nécromancien. Cela donne lieu à une scène limite psychédélique. Pour les fans du Seigneur des Anneaux on retrouve quelques indices et références au conflit qui est conté dans la première trilogie. 

Alors que le romand d'origine Bilbo le Hobbit était destiné aux enfants, le triptyque de Peter Jackson prend une teinte très sombre au fur et à mesure de son déroulement. Bilbo expérimente les pouvoirs de l'anneau, Thorin devient inquiétant, le roi des elfes est clairement dérangeant et d'une manière générale, on sent une menace s'installer sur la Terre du Milieu.

Martin Freeman est toujours impeccable en Biblo mais bien moins drôle que dans le 1er film. On retrouve avec plaisir Orlando Bloom en Legolas, accompagnée d'Evangeline Lily, ravissante Tauriel au cœur d'artichaut.

La Désolation de Smaug  est donc un beau spectacle visuel, à voir dans une grande salle si possible. Les presque 3h sont longues mais quelques scènes très réussies feront passer le temps... jusqu'au n°3, prévu en 2014.

La petite anecdote:
Lors d'une projection au Brésil, une des enceintes du cinéma n'a pas résisté au 1er hurlement de Smaug le dragon et a explosé... 

Infos pratiques:
La Désolation de Smaug
sorti le 11 décembre 2013 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Richard Armitage, Orlando Bloom, Christopher Lee, Evangeline Lily
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540033&cfilm=186918.html

lundi 24 juin 2013

J'ai été voir... Man of Steel


Dans la série des films-déceptions: Man of Steel, le nouveau Superman.
Ça partait pourtant plutôt bien: une bande-annonce explosive, un méchant qui a de la gueule et un costume sans slip rouge (visible).

Clark Kent a grandi au Texas mais il vient d'ailleurs. Il a été envoyé par son père depuis la planète Krypton. Sur Terre, il a développé des pouvoirs. Il doit maintenant révéler au monde qui il est afin de poursuivre son destin de héros.

Le Superman de DC Comics a déjà eu droit à plusieurs adaptations au ciné (sans compter les séries TV): en 1978 Richard Donner a signé Superman avec Christopher Reev et Marlon Brando; en 2006, c'est Bryan Singer qui réalise Superman Returns, échec au box-office.

Sept ans plus tard, Man of Steel est un reboot (on reprend tout depuis le début) réalisé par Zack Snyder (300, Sucker Punch).

On se retrouve donc sur Krypton, là où tout à commencé. Snyder a la volonté de reprendre les choses à la base pour reconstruire les fondations d'un super-héros mythique.

Le principal problème de Man of Steel est son manque flagrant de profondeur. Il semblerait que les 225 millions de dollars de budget soient exclusivement passés dans les effets spéciaux et que l'achat d'un scénario ait été oublié.

On comprend vite que la question centrale que se pose Clark/Kal-El/Superman est la suivante: les Terriens sont-ils prêts à m'accueillir en héros (voire en demi-dieu si possible)?
On est très loin de la noirceur et de la complexité d'un Batman version Christopher Nolan (qui a pourtant participé à l'écriture de ce Superman...). On reste ici au degré zéro de la profondeur psychologique: ce qui est censé rendre un super-héros attachant, ce sont ses failles, ses doutes. Ici, c'est aussi lisse que son armure...

Si un film de super-héros ne réinvente pas l'univers dans lequel il évolue, alors quel est son intérêt? Les séries Batman et Spiderman de Nolan et Sam Raimi avaient réussi à créer leur propre atmosphère autour du personnage de départ.
Ici, Snyder se contente d'appuyer sur les détonateurs...

Si vous recherchez un film bourré d'explosions, Man of Steel devrait vous plaire. Pendant les 2h20 que durent le film, on compte au moins 50 buildings détruits, plusieurs vaisseaux spatiaux démolis, une planète qui implose, des stations-services qui s'envolent en morceaux et même la gravité terrestre qui est chamboulée.
Mais tout ça est creux: pourquoi ces super-héros s'acharnent à se taper dessus puisqu'on sait qu'ils sont aussi forts l'un que l'autre?...

L'humour sauve souvent ce type de films (Avengers ou Iron Man par exemple). Man of Steel se prend au sérieux et en devient vite ridicule.

Ajoutez à cela d'énormes incohérences et des personnages secondaires inutiles ou sous exploités et vous obtenez un spectacle qui,certes, fait beaucoup de bruit, mais qui est très indigeste.

Pour finir sur les interprètes: Henry Cavill ressemble à une poupée en plastique ridiculement gonflée et avec une unique expression faciale. Amy Adams joue une Loïs Lane à la fois énervante et pas crédible. Russel Crowe est Jor-El (le papa kryptonien de Superman) et se contente de froncer les sourcils.
Le seul qui s'en sort est Michael Shannon (Take Shelter) qui incarne le méchant Général Zod, personnage un peu creusé qui croit se battre pour la bonne cause.

Même en débranchant son cerveau -ce qui était mon intention en entrant dans la salle- pas moyen de trouver ce Man of Steel autre chose qu'énervant tant il est creux. 
Finalement, peut-être Superman aurait-il dû garder son slip rouge par dessus son pantalon....

La petite anecdote:
Ben Affleck avait tout compris. Il a décliné l'offre de réaliser Man of Steel et a déclaré: "Une des leçons que j'ai apprises est de ne pas choisir un film en fonction de son budget, du montant dépensé pour les effets spéciaux ou des lieux de tournage. C'est l'histoire qui est importante."

Infos pratiques:
Man of Steel
sorti le 19 juin 2013 en France
réalisateur: Zack Snyder
avec: Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams, Russell Crowe, Kevin Costner
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19516753&cfilm=123348.html


lundi 29 avril 2013

J'ai été voir... L’Écume des Jours


Certains choix apparaissent d'emblée comme de bonnes idées: confier la réalisation de L’Écume des Jours à Michel Gondry fait partie de ceux-là. Le réalisateur, connu pour son côté inventeur et roi de l'imaginaire, paraît tout indiqué pour adapter le roman de Boris Vian tant les univers sont proches.

Colin, jeune homme idéaliste et un peu poète, vit à Paris entouré d'amis. Il "exige de tomber amoureux" et rencontre Chloé...

Réputé inadaptable, le roman est plein de trouvailles visuelles que les fans (et ils sont nombreux) allaient forcément attendre au tournant. La fantaisie et l'imagination de Gondry devraient les satisfaire puisqu'il a su incarner les éléments fondamentaux: le pianoctail est là, tout comme le biglemoi.
C'est d'ailleurs le premier coup de cœur: les trouvailles du réalisateur sont délicates, souvent drôles. Impossible d'adapter un roman truffé de jeux de mots? Gondry les transforme en jeux d'image, et ça fonctionne.

L’Écume des Jours a un côté artisanal puisque la plupart des effets spéciaux sont mécaniques et non réalisés avec des ordinateurs. Le résultat fait penser à ces tours de magie à base de bouts de ficelle ou de boîtes en carton. Les trucages sont presque visibles et ils donnent du charme.

L'imaginaire du spectateur est largement sollicité. Celui qui connaît le roman doit se plonger dans l'interprétation personnelle de Gondry de l'univers de Vian: les grands repères sont là mais il a également fait des choix liés à ses premières impressions de lecture. 
Le spectateur qui ne connaît pas le roman doit dans un premier temps réaliser qu'il a affaire à une histoire surréaliste puis il doit accepter de ne plus réfléchir et de se laisser emporter.

Contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, L’Écume des Jours n'est pas un film gai. On y parle de la mort, de la maladie, de l'addiction. C'est surtout la seconde partie du film qui aborde ces thèmes. Le ton léger et fantaisiste du démarrage laisse petit à petit la place au drame.
Les surprises se font alors plus rares et s'installe une impression de malaise. Certes, ça colle à l'histoire et à l'état d'esprit de Colin. Sauf qu'à trop imposer d'effets visuels, on en arrive à une indigestion et qu'il n'y a plus de place pour les émotions. Le roman de Vian est déconcertant par sa forme mais également par les forts sentiments qu'il déclenche. Gondry ne parvient malheureusement pas à susciter cet enthousiasme pour l'histoire d'amour de Colin et Chloé. Du coup, on passe à côté du désespoir de la seconde partie et on n'en retient que les longueurs.

Le casting de L’Écume des Jours ferait pâlir d'envie plus d'un réalisateur. Romain Duris et Audrey Tautou forment à nouveau un couple à l'écran (après L'Auberge Espagnole de Klapish). Les bonnes surprises viennent surtout des seconds rôles: Omar Sy en Nicolas, le cuisiner - chauffeur - maître à penser de Colin et surtout Gad Elmaleh qui, pour une fois, fait autre chose que du Gad Elmaleh (il est Chick, l'ami accro à Jean-Sol Partre).

L’Écume des Jours est un film forcément original, qui demande un certain lâcher prise pour l'apprécier. On rit et on s'émerveille mais on sature vite du surplus d'effets visuels qui gène plus qu'il ne sert les sentiments.

La petite anecdote:
Les discours de Jean-Sol Partre que l'on entend dans le film sont adaptés des vrais textes de Jean-Paul Sartre. Ils ont été réécrits grâce au procédé de l'oulipisme qui consiste à remplacer chaque mots par celui situé 5 mots plus loin dans le dictionnaire. Charabia assuré!

Infos pratiques:
L’Écume des Jours
sorti le 24 avril 2013 en France
réalisateur: Michel Gondry
avec: Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy, Gad Elmaleh, Aïssa Maïga, Charlotte Le Bon
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19487939&cfilm=196832.html 



mercredi 20 mars 2013

J'ai été voir... Le Monde Fantastique d'Oz


75 ans après Le Magicien d'Oz de Victor Fleming avec Judy Garland et ses souliers rouges, Disney nous propose de replonger au pays de la Cité d'émeraude, de suivre la rouge aux briques jaunes, version 2013 en 3D.

Oscar Diggs est un magicien véreux dans un cirque ambulant au Kansas. Emporté par une tornade, il se retrouve au pays d'Oz où il est accueilli en héros, tout le monde le prenant pour le Magicien annoncé par une prophétie. Il va devoir ruser pour faire face aux aventures que lui réserve ce monde fantastique.

C'est Sam Raimi, le réalisateur de Evil Dead et de la trilogie Spider Man qui a accepté le challenge. En effet, Le Magicien d'Oz est un immense classique, incontournable dans la culture américaine. La comédie musicale Wicked adaptée elle-aussi des romans de L. Frank Baum est un grand succès à Broadway depuis 10 ans. Il était donc périlleux de s'attaquer à ce monument.

La première bonne idée est de situer l'histoire avant celle du Magicien d'Oz: on va comprendre comment ce fameux magicien est arrivé en Oz. Sans connaître l'univers du film de 1938, on n'est pas perdu puisqu'on reprend les choses depuis le début. Evidemment, les clins d'oeil sont nombreux et on perd beaucoup de références et de subtilités si on n'a vu ni le film original, ni la comédie musicale...

Disney est aux commandes et Le Monde Fantastique d'Oz est un film familial: les sorcières ne font pas trop peur, la morale est sauve et on imagine déjà l'attraction "Oz" qui pourrait arriver dans les parcs Disneyland... C'est bien à du grand spectacle qu'on assiste et on comprend où passent les 215 millions de $ de budget: explosions de couleurs, effets spéciaux à grande échelle, casting de stars. Le sens du merveilleux qui est la marque de fabrique de Disney est là, sans aucun doute. Le Monde Fantastique d'Oz est d'une richesse visuelle à couper le souffle, surtout grâce à une très bonne utilisation de la 3D. 
Enfin de la 3D Haribo, digne de la pub qui passe pendant les bandes-annonces et qui vous envoie des bonbons au visage. 
Le pays d'Oz se prête très bien à cette technologie avec ces bébêtes qui volent, ces créatures effrayantes qui surgissent de nulle part et ces tours de magie destinés à impressionner les foules. Sam Raimi s'est entouré des meilleurs dans le domaine (Andrew L. Jones a par exemple travaillé sur Avatar) et le résultat est à la hauteur.

Au-delà des aspects techniques, le réalisateur fait preuve d'une ingéniosité et d'une subtilité agréable. Par exemple, le premier quart d'heure du film, qui se déroule dans le monde réel, au Kansas, est en noir et blanc, au format 4/3. On ne passe à la couleur et au format Scope qu'en arrivant en Oz. Le Mande Fantastique d'Oz est un film pour enfants qui ne prend pas les enfants pour des idiots... Si on creuse un peu, on peut même y voir une réflexion sur comment être honnête dans un monde constitué d'illusions.

Cependant, l'ensemble manque de relief: le scénario est très linéaire et les surprises peu nombreuses. On ne tremble pas vraiment,ni de peur, ni d'émotion, et les bons sentiments (n'oublions pas qu'on est chez Disney) peuvent finir par être dégoulinant.

James Franco est le magicien Oz et je l'ai trouvé un peu raide, comme s'il n'avait pas vraiment osé se lâcher. Les sorcières sont, elles,  réussies, chacune dans leur genre: Michelle Williams, blonde et gentille, Rachel Weisz, brune et puissante, et Mila Kunis, sexy et brûlante.
Les personnages les plus aboutis sont ceux en animation: le singe Finley (doublé par Zach Brass, de Scrubs) qui apporte l'élément comique et la poupée de porcelaine qui va apprendre l'importance de la confiance à notre magicien égoïste.

Le Monde Fantastique d'Oz paraîtra sans doute simplet aux plus cyniques des spectateurs. Mais le cinéma est aussi là pour raconter de belles histoires. Quand en plus, il vous en met (littéralement) plein la vue, on ne boude pas son plaisir et on retombe en enfance.

La petite anecdote:
Ne vous attendez pas à voir les souliers rouges à paillettes de Dorothy ou le grain de beauté de la sorcière verte de Wicked. Ces images sont la propriété de la MGM et Disney n'avait donc pas le droit de les intégrer dans Le Monde Fantastique d'Oz...

Infos pratiques:
Le Monde Fantastique d'Oz
sorti le 13 mars 2013 en France
réalisateur: Sam Raimi
avec: James Franco, Michelle Williams, Mila Kunis, Rachel Weisz, Zach Brass
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19433612&cfilm=180655.html 

mercredi 19 décembre 2012

J'ai été voir... Le Hobbit: Un Voyage Inattendu


D'après le titre, ce voyage est inattendu. Ce n'est pas le cas du film qui est en préparation depuis des années et dont la gestation a connu de nombreux rebondissements (conflit sur les droits d'auteur, grève des scénaristes, presque faillite de la MGM, etc.). Après avoir été pendant quelques temps dans les mains du réalisateur Guillermo Del Toro (Hellboy, Le Labyrinthe de Pan), c'est finalement Peter Jackson himself qui repasse derrière la caméra.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est adapté du 1er roman que J.R.R. Tolkien Bilbo le Hobbit a écrit dans les années 1920 pour divertir ses propres enfants. Ce roman lui servira de base pour la trilogie Le Seigneur des Anneaux, plus sombre et plus complexe, qui connaîtra un succès planétaire, en librairie et au cinéma (3 films, 30 nominations, 17 oscars).

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est donc le 1er volet d'une nouvelle trilogie où l'on suit Bilbo Baggins, hobbit de la Comté emmené presque malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de treize nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire pour reconquérir le trésor gardé par le dragon Smaug.

Le roman original ne dépassant pas 300 pages, j'avais des doutes sur la possibilité de le transformer en trois films de 3h. Et pourtant, ça marche. Peter Jackson a intelligemment choisi d'intégrer des éléments seulement évoqués dans le roman et d'autres qu'il avait omis dans sa trilogie Le Seigneur des Anneaux

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu plaira donc sans doute aux fans de la 1ère trilogie qui retrouveront avec plaisir l'atmosphère et même certains personnages de la Terre du Milieu. Les références et les clins d'oeil sont nombreux, et parfois exagérés. Cela crée en revanche l'agréable sensation de revenir après 10 ans dans un pays qu'on avait beaucoup aimé lors d'une première visite.
Les liens avec Le Seigneur des Anneaux sont d'ailleurs plus profonds que les allusions. On remonte littéralement 60 ans avant le début de La Communauté de l'Anneau et on comprend comment certaines choses se sont mises en place (comment Bilbo a-t-il récupéré l'anneau, les prémices du retour de Sauron, etc.).
Pour ceux qui n'avaient pas adhéré à l'univers en revanche, je doute qu'ils trouvent leur compte ici.

Les paysages de la Nouvelle-Zélande sont toujours aussi magnifiques filmés par l'enfant du pays. Certaines scènes sont franchement impressionnantes visuellement, des batailles souterraines aux orages en montagnes, on s'accroche plus d'une fois à ses lunettes 3D. Même si on n'a plus l'effet de surprise, l'univers de Tolkien vu par Peter Jackson est toujours aussi bluffant et détaillé.

Le ton général de ce Hobbit: Un Voyage Inattendu est une bonne surprise: gai et léger, drôle sans être grotesque ou caricatural.
Martin Freeman qui interprète Bilbo apporte une touche britannique bienvenue et subtile. Il fait évoluer ce personnage central qui n'a pas demandé à prendre part à cette aventure mais qui y adhère car elle le transforme.
Les nains, quant à eux, n'endossent pas le rôle de bouffon qu'avait Gimli dans Le Seigneur des Anneaux. Ils sont 13, tous différents, le réalisateur nous les présente et nous les rend attachants. Thorin, leur chef, joué par Richard Armitage est franchement charismatique et incarne un nouveau héros.
On est même contents de retrouver Gollum, qui n'est pas encore tombé complètement du côté obscur de la force. Andy Serkis donne de nouvelles facettes à ce personnage qui est sans aucun doute l'un des plus intéressants de la Terre du Milieu.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu permet donc des retrouvailles très agréables, sous forme de grand spectacle, épique et majestueux.

La petite anecdote:
Les acteurs Ian Holm (Bilbo âgé), 81 ans et Christopher Lee (Saroumane), 90 ans ont tourné leurs scènes dans les studios londoniens Pinewood: leur état de santé ne leur permettait pas le voyage jusqu'en Nouvelle Zélande.

Infos pratiques:
Le Hobbit: Un Voyage Inattendu
sorti le 12 décembre 2012 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Hugo Weaving, Cate Blanchett, Andy Serkis
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19404061&cfilm=119089.html 

jeudi 21 juin 2012

J'ai été voir... Blanche Neige et le Chasseur


Après la version rose bonbon de Tarsem Singh (Blanche Neige, sorti en avril), voici la version noir foncé de Rupert Sanders.
Pour son premier long métrage, le réalisateur connu pour ses pubs et ses clips revisite le conte des frères Grimm et nous en livre sa vision inspirée de l'héroic fantasy.

Il était une fois... une jolie princesse et une méchante reine dotée de pouvoirs maléfiques. Pour rester éternellement jeune et belle la reine doit manger le coeur de la jeune et pure Blanche Neige... qui ne l'entend pas vraiment ainsi et qui va s'échapper pour mener la reconquête de son royaume.

Pas moins de trois scénaristes de gros calibre (Evan Daugherty, John Lee Hancock et Hossein Amini qui a écrit Drive) avaient en charge de dépoussiérer le conte et d'en renouveler la mythologie.
Sauf qu'à vouloir rivaliser avec ses très (trop?) nombreuses références, le film en devient illisible et sans identité propre.

On pense souvent au Seigneur des Anneaux, heroic fantasy oblige. Mais on y pense en se disant que certaines scènes n'en sont qu'une pâle copie. Il manque le souffle épique qui nous ferait trembler pour les héros. J'ai aussi pensé à Game of Thrones en me disant que les scènes de bataille et de charge à cheval avaient beaucoup plus d'allure et de sens dans la série.

Rupert Sanders fait aussi des clins d'oeil aux films d'animation et en particulier à Princesse Mononoké de Miyazaki dont il reprend quasi à l'identique une scène. Mais la magie de Blanche Neige et le Chasseur ne fonctionne que par à-coups et ne parvient pas à tenir la distance.

C'est d'un problème de rythme dont souffre le film: beaucoup de scènes d'actions, souvent tournées à l'épaule donc peu fluides, suivies de scènes très lentes qui ne nous permettent même pas de nous attacher aux personnages.

Les effets spéciaux et plus largement tous les visuels (costumes, décors, paysages) sont particulièrement réussis. L'armée noire de Ravenna n'a par exemple rien à envier aux mange-morts d'Harry Potter. On se dit même que certaines scènes auraient mérité une 3D.

Autre satisfaction: les grands symboles du conte sont bien là (la pomme, le miroir, les nains, le baiser) et souvent habilement détournés.
Pas de doute, c'est donc bien à Blanche Neige qu'on a affaire. Mais une Blanche Neige qui prend des airs de Jeanne d'Arc...

Kristen Stewart (Twilight, The Runaways, Sur la Route) interprète la princesse qui passe sans aucun problème de 8 ans de prison à générale en chef d'une armée rebelle et combattante aguerrie. Outre ces incohérences de l'histoire, Kristen Stewart a la fâcheuse tendance de n'avoir qu'une seule expression faciale: bouche entre ouverte, yeux mi-clos, respiration haletante. Si ça colle parfois avec le personnage, on s'en lasse tout de même très vite.

La reine Ravenna est jouée par la blonde Charlize Theron, superbe et impitoyable. Sauf que son interprétation de cette femme obsédée par son apparence vire rapidement à l'hystérie et frise donc avec le too-much.

Les autres acteurs sont également moyens et on s'amuse seulement à reconnaître les acteurs (tous anglais) qui jouent les nains, notamment Ian McShane vu dans Pirate des Caraïbes ou Toby Jones qui a joué entre autres dans La Taupe.

Là où Blanche Neige et le Chasseur perd le spectateur avec ses invraisemblances et son manque d'identité, il les reconquiert avec des images à couper le souffle, un sens poussé du détail et un décalage des clichés du conte.
Un film ambitieux ambitieux mais bancal...

La petite anecdote
Les nains en grève: pour protester contre le choix de confier les rôles des 7 nains à des acteurs de taille normale, les acteurs nains d'Hollywood se sont mis en grève. Représentés par l'association "Little People of America", ils ont jugé ce choix "inexcusable" étant donné "les nombreux talents qui existent parmi les acteurs de petite taille".

Infos pratiques
Blanche Neige et le Chasseur
sorti le 13 juin 2012 en France
réalisateur: Rupert Sanders
avec: Kristen Stewart, Charlize Theron, Chris Hemsworth
bande-annonce: (ne regardez pas cette bande-annonce si vous souhaitez allez voir le film, vous vous gâcheriez de belles surprises) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19320357&cfilm=187396.html 

jeudi 10 mai 2012

J'ai été voir... Dark Shadows


Tim Burton is back!... 2012 est même une année forte pour le réalisateur puisque, outre Dark Shadows  et l'expo à la Cinémathèque jusqu'au 5 août, un film d'animation (Frankenweenie) sortira à l'automne et il est producteur du très attendu (par moi) Abraham Linclon: chasseur de vampires.

Burton retrouve ici son équipe habituelle: c'est sa 8ème collaboration avec Johnny Depp, la 7ème avec sa femme Helena Bonham Carter.
Il retrouve également un univers qu'il affectionne, celui des monstres.

Barnabas Collins a été transformé en vampire XVIIème siècle par une sorcière qu'il n'aurait pas dû contrarier. Il se réveille en 1972, rencontre ses héritiers et décide de sauver ce qui reste de l'empire familial.


Quand on connaît le goût de Tim Burton pour les créatures étranges, ce n'est pas une surprise de le voir adapter cette série télé américaine des années 60 peuplée de "freaks" en tous genres.


Pas de doute au niveau esthétique, on est bien dans un film de Tim Burton. Le contraste entre le personnage du XVIIème et l'environnement seventies donne un mélange des genres très abouti et plutôt drôle. La BO est également très bien.


Provenant d'une série télé de 1225 épisodes, les membres de la famille Collins ont évidemment chacun leur histoire et leurs caractéristiques que Burton n'exploite pas à fond. Certains rebondissements de l'histoire tombent carrément à plein faute de savoir d'où ils proviennent.


Le principal problème de Dark Shadows est que le scénario est très très léger. On s'ennuie ferme dans de longue séquences, certes plutôt jolies et sans doute techniquement très bien filmées mais qui traînent sérieusement en longueur.
Les Collins de Dark Shadows font figure de galerie de personnages là où la dynamique de La Famille Adams reposait sur les interactions entre les membres de la famille, aussi bizarroïdes soient-ils.

Pour une fois, Johnny Depp n'est pas le seul à faire son show devant la caméra de Tim Burton. Il est plus en retenue et laisse la place à ses petits camarades seconds rôles (ils sont nombreux) et notamment à Michelle Pfeiffer, superbe.
Eva Green campe la méchante sorcière et je l'ai trouvée très rigide, un peu comme une marionnette aux yeux constamment écarquillés. Les effets visuels de la scène finale viennent d'ailleurs conforter cette sensation...


Enfin ce qui fait cruellement défaut à ce film, c'est l'humour décalé qui aurait pu faire passer tout le reste (comme dans Beetlejuice ou Mars Attacks). A part quelques petites blagues très téléphonées, le reste tombe à plat.
Pendant deux heures, on attend le grain de folie, le moment où le film va s'emballer et partir en n'importe quoi "burtonien". Mais non... dommage...


La petite anecdote:
Certains acteurs de la série originale Dark Shadows ont participé au tournage puisqu'ils font partie de la foule dans la scène du bal.

Infos pratiques:
Dark Shadows
sorti le 9 mai 2012 en France
réalisateur: Tim Burton
avec: Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Eva Green, Chloë Grace Moretz
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19320042&cfilm=130298.html