Affichage des articles dont le libellé est 3/5. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 3/5. Afficher tous les articles

mercredi 9 novembre 2016

Doctor Strange


Nouveau venu dans l'univers ciné du studio Marvel (Avengers, Les Gardiens de la Galaxie, Thor, Deadpool...): Stephen Strange et ses pouvoirs flirtant avec la magie.

Le neurochirurgien new-yorkais Stephen Strange découvre un monde mystique qui pourrait bien être son seul salut.

Plongée dans un monde ésotérico-shaolin pour ce nouveau film de super-héros. En projet depuis plus de 30 ans, l'adaptation du comic était attendue de pied ferme.
Marvel met en place la recette qui a fait son succès depuis 13 films: un univers riche dont est extraite une synthèse (que les fans trouvent réductrice), une star pour jouer le rôle principal (Benedict Cumberbatch, vu dans la série Sherlock Holmes mais aussi dans Imitation Game ), du grand spectacle au niveau des effets spéciaux et une petite pointe d'humour pour faire glisser le tout.

On en prend plein les yeux: le réalisateur Scott Derrickson multiplie les effets tunnels, miroirs et autres délires oniriques. Plus d'une fois la réalité se retrouve la tête en bas et nous avec. 
L'identité visuelle du personnage de Strange est également réussie avec cette cape rouge qui, à elle seule, a demandé le travail de 20 personnes (18 exemplaires ont été créés).

On ne sort pourtant jamais de clous dans ces méga-productions US. Le réalisateur semble bridé et Doctor Strange ne surprend que peu. Sa narration est très linéaire, sans choc majeur. Si bien qu'on n'échappe pas à la sensation d'un "nième film de super-héros". Après tout, la formule marche, pourquoi en changer?...

Cumberbatch, très charismatique, est l'interprète idéal, menant peu à peu l'égoïste Doctor Strange vers une quête plus humaniste.
Les seconds rôles sont également castés au millimètre. L'androgynie de Tilda Swinton (Only Lovers Left Alive) qui joue l'Ancien, la girlfriend parfaite Rachel McAdams ou encore le méchant aux airs de Viking Mad Mikkelsen (vu dans Royal Affair)

Doctor Strange est un nouveau blockbuster made in Marvel. Ensorcelés? Non. Divertis? Oui, comme d'habitude...

La petite anecdote:
Lors d'une année sabbatique, Benedict Cumberbatch avait passé un an de bénévolat en tant que professeur d'anglais au Népal dans un monastère bouddhiste.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Doctor Strange
sorti le 26 octobre 2016 en France 
réalisateur: Scott Derickson
avec: Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams

lundi 17 octobre 2016

Les Pépites


De temps en temps, un documentaire au cinéma, ça permet de se plonger dans une histoire vraie de vrai. Et si c'est pas toujours aussi joli qu'à Hollywood, il y a des héros dans ces histoires.

Depuis 20 ans, un couple de retraités français se bat pour sortir des enfants cambodgiens de leur misère.

En mélangeant les prises de vues actuelles et les images d'époque tournées au caméscope, Xavier de Lausanne nous raconte au plus près cette aventure hors du commun.
Hors du commun et pourtant... Ce qui ressort en suivant étape par étape l'histoire de Christian et Marie-France, c'est l'évidence.

Grands voyageurs et adeptes du système D, ils ne sont pas arrivés au Cambodge en sauveurs ou en se disant qu'ils voulaient faire le bien autour d'eux. Ils sont tombés un peu par hasard sur cette décharge gigantesque à ciel ouverte sur laquelle vivait des milliers d'enfants.
Ils ont décidé d'agir, à leur échelle. Echelle qui a grandi petit à petit, jusqu'à scolariser aujourd'hui plusieurs milliers de jeunes. 

La situation du Cambodge était (et est encore par bien des aspects) tragique. Les conséquences du régime Khmer Rouge ont été non seulement économiques et démographiques mais aussi sociales. Pour de nombreuses familles, le lien s'est brisé, sombrant dans la violence en même temps que dans la misère.

Avec un regard occidental et il faut l'avouer un peu cynique, on se demande si certaines informations ne manquent pas: sur le financement, sur les relations politiques locales, sur l'absence notable de la religion.
Mais on se laisse volontiers convaincre du positif qui ressort de cette initiative. Les Pépites nous montre que les activités à petite échelle fonctionnent et font la différence.

Préparez vos mouchoirs car on ne raconte pas une histoire comme celle-ci en masquant les drames et les épisodes tristes. On flirte d'ailleurs parfois avec un certain voyeurisme...

On notera que le film a été réalisé avec l'aide technique de l'école de cinéma créée par le couple des Pallières à Phnom Penh. C'est en réalisant un film de promotion de l'association "Pour un Sourire d'Enfant" que l'idée de ce documentaire est née pour le réalisateur.

Loin des "feel-good movies" traditionnels, Les Pépites résonne d'authenticité et crée la même sensation: il y a des raisons de croire que ça peut aller mieux.

(Merci Axel et Géraldine pour la suggestion!)

La petite anecdote:
Comme Demain, Les Pépites a été financé partiellement via le site de crowd-funding KissKissBankBank.
Si vous voulez découvrir les prochains projets de films à financer: https://www.kisskissbankbank.com/fr/discover/categories/film-and-video 

Note:
3/5


Infos pratiques:
Les Pépites
sorti le 5 octobre 2016 en France
réalisateur: Xavier de Lausanne

jeudi 8 septembre 2016

Star Trek Sans Limites


Je continue dans la série "voir des films dont je n'ai pas vu les épisodes précédents". Aujourd'hui (enfin... il y a quelques temps: je prends du retard dans l'écriture) Star Trek Sans Limites 3ème opus du remake de la série culte des années 60.

Le vaisseau Enterprise et son équipage explorent les confins inexplorés de l'espace et répondent à l'appel au secours d'un vaisseau échoué sur la planète Altamid.

Star Trek est plus qu'une série, c'est un univers à part entière: six séries et une série d'animation, 13 films, des centaines de romans et bandes dessinées, des dizaines de jeux vidéos. Cet univers fête ses 50 ans en 2016 et voit donc un nouveau long-métrage s'ajouter aux éléments qui le composent.
Pas besoin d'être un fan absolu parlant le klingon couramment, pour reconnaître les symboles Star Trek: les oreilles pointues de Spock, le signe de la main, la forme du vaisseau spatial, etc. Apprécier la science-fiction reste cependant un pré-requis pour goûter à ce nouvel opus.

Aux commandes de ce Star Trek Sans Limites, Justin Lin, réalisateur de 4 des 7 Fast and Furious. Il prend la suite de J.J. Abrams qui avait renouvelé la franchise et assuré un grand succès au box office.
Au scénario, un duo qui fonctionne super bien: Doug Jung et Simon Pegg (vu dans les Mission: Impossible, Shaun of the Dead et Le Dernier Pub avant la fin du Monde), humoriste anglais. Ils apportent un second degré et une bonne dose d'humour qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.

Cet épisode permet de tourner les pages de la génération précédente. Il rend hommage à Leonard Nimoy, acteur qui jouait Spock dans la série originale et à George Takei, qui jouait Sulu et à qui il est fait un clin d'oeil puisque le Sulu de Star Trek Sans Limites a une famille gay (Takei était un défenseur des droits gays). 

Côté action, on est servis et mieux vaut être bien accroché à son fauteuil et à ses lunettes 3D. Courses Poursuites de vaisseaux, traversée de nébuleuse et d'astéroïdes, gravité relative: ça bouge. Les scènes de batailles spatiales sont notamment très spectaculaires. La station Yorktown est également impressionnante visuellement.
Les relations entre les personnages sont en revanche survolées, ne laissant pas le temps aux émotions de s'installer.

Chris Pine prête son regard bleu acier au capitaine Kirk. Il n'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus. La française Sofia Boutella, vue dans Kingsman, incarne le personnage de Jaylah, alliée improbable et pleine de ressources.
Zachary Quinto (vu dans la série Heroes et dans Margin Call) colle parfaitement à Spock.

Star Trek est donc sans surprise un divertissement science-fiction de bonne qualité. Il compense ce qui manque en profondeur de scénario par du visuel et de l'action spatiale.

"Live long and prosper"

La petite anecdote:
Le film est dédié à Leonard Nimoy, décédé en 2015 et à Anton Yelchin, qui joue Pavel Chekov, l'ingénieur de l'Enterprise, décédé par accident en juin 2016.

Note:
3/5


Infos pratiques:
Star Trek Sans Limites
sorti le 17 août 2016 en France
réalisateur: Justin Lin
Avec: Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg, Sofia Boutella, Idriss Elba, Zoe Saldana 


jeudi 11 février 2016

Deadpool



Gore, sexe et vannes trash s'invitent au pays des super-héros. Deadpool débarque sur grand écran et ne passe pas inaperçu.

Atteint d'un cancer en phase terminale, Wade Wilson accepte de subir une mutation génétique qui accélère sa capacité de guérison. L'expérience le laisse défiguré mais ne lui fait pas perdre son sens de l'humour.

Deadpool est un personnage à part dans l'univers Marvel. En un mot, il est complètement déjanté. N'ayant jamais accepté de rejoindre les X-Men, il agit en mercenaire et croise régulièrement la route d'autres mutants.
Ce qui a sans doute poussé les studios à lui consacrer un film est sa fanbase. Deadpool est un phénomène sur Internet et dans le monde des comics. En effet, il brise souvent le 4ème mur et s'adresse directement au lecteur / spectateur. Qui noue une relation particulière avec lui. 

Le projet a été confié au réalisateur Tim Miller, expert des effets spéciaux, qui signe ici son premier long métrage. 
La promo du film a été spectaculaire (et très drôle) et a donné le ton: affiches clin d’œil et vidéos spéciales pour Thanksgiving, Noël, Australia Day : Deadpool fait son Deadpool. Et si vous ne le connaissiez pas, vous voilà prévenus! 

Deadpool est sans complexe et joue à fond la carte de l'humour qui est - vous l'aurez compris - son atout principal (unique?). Un humour scato, potache, gras et... efficace. 
Le second degré est omniprésent, tout comme les références aux comics et aux autres films Marvel.
Je recommande vivement la VO car les traductions perdront forcément de leur saveur.  
La bande-son est réussie avec des clins d'oeils (Wham!) et des sons qui font remuer dans son siège (Shoop).

Le scénario quant à lui est assez banal: pas de révélation à ce niveau. On garde le côté gentils vs méchants du film de super-héros, même si le "gentil" coupe des têtes au sabre. Miller reste dans les rails du genre, même quand il nous perd un peu dans des flash-backs destinés à nous expliquer le passé de Wilson.
Les scènes d'actions sont, décomplexées et assez jubilatoires, même si assez conventionnelles elles aussi. L'efficacité cinématographique est à donc revoir (on est loin d'un X-Men) et il n'y a pas de message ou de morale cachée.

C'est Ryan Reynolds qui cache sa belle gueule sous le masque rouge. Il avait déjà enfilé un costume (vert) de super-héros pour Green Lantern qui avait été un échec cuisant. Il semble ici tout à fait à l'aise dans le côté arrogant et sans limite de son héros.
Côté casting, on notera le rôle sur-mesure de Angel Dust pour Gina Carano (championne de Mixed Martial Arts) et le joli minois de Morena Baccarin (vue dans la série Homeland). 

Oreilles sensibles s'abstenir: le taux d'obscénités est au-delà de la normale. Le gore est également visuel et mérite un petit avertissement. Si vous adhérez au style, vous rirez (comme moi et la grande majorité de la salle hier soir). Sachez que le film est R-Rated aux Etats-Unis soit déconseillé aux moins de 17 ans.

Entre un (trop) grand respect des conventions du style et l'irrévérence de son héros, Deadpool remplit le contrat de nous faire passer un bon moment mais ne restera pas dans les mémoires. 

La petite anecdote
Deadpool est fan de... Hello Kitty. C'est d'ailleurs le seul compte auquel est abonné le Twitter officiel du film: https://twitter.com/deadpoolmovie

Note:
3/5


Infos pratiques:
Deadpool
sorti le 10 février 2016 en France
réalisateur: Tim Miller
Avec: Ryan Reynolds, Morena Boccarin, Gina Carano, Ed Skrein





mardi 2 février 2016

Danish Girl


Nominé deux fois aux prochains Oscars et présenté lors de la dernière Mostra de Venise, le nouveau film du réalisateur Tom Hooper (Le Discours d'un Roi) a de quoi séduire.

Au début du XXème siècle, le peintre danois Einar Wegener découvre que sa vraie personnalité est féminine. Il va se battre, accompagné de son épouse, pour pouvoir changer se sexe.

Inspiré de faits réels mais adapté d'un roman américain (Danish Girl de David Ebershoff), ce film signe l'entrée de la transexualité dans le cinéma le plus commercial. Le sujet avait déjà été évoqué dans d'autres films (Laurence Anyways de Xavier Dolan par exemple) mais l'ampleur de celui-ci est autre.

En effet, Danish Girl est destiné au grand public et son réalisateur a à coeur de ne choquer personne. Cette angoisse de déplaire se sent tout au long du film dans une atmosphère un peu trop ampoulée.
La mise en scène très académique fait la part belle aux magnifiques costumes et décors: Copenhague et Paris à la fin des années 20, un monde d'artistes et de couleurs, des paysages méticuleusement éclairés.

Danish Girl est un film sensible.
Par son sujet tout d"bord: on parle ici d'une des premières opérations de changement de sexe. 
Sensible également par ses personnages délicats et fragiles. L'histoire d'Einar/Lili est dramatique et on ressort de la séance avec un grand sentiment de tristesse pour cette personne qui a sans doute vécu toute sa vie malheureuse.

Danish Girl est aussi le récit d'une histoire d'amour hors du commun entre Einar et sa femme Gerda, peintre elle aussi. Elle va choisir de soutenir et d'épauler son mari dans sa démarche. A noter que le récit de cette relation est semble-t-il assez éloigné de la réalité.

Ce couple est interprété par Eddie Redmayne (récompensé en 2015 par l'Oscar du Meilleur Acteur pour La Merveilleuse Histoire du Temps et nominé à nouveau cette année pour ce rôle) d'une part. Le méticuleux travail de maquillage et d'éclairage vient compléter des attitudes très travaillées qui le rendent effectivement féminin. Certains ont trouvé qu'il frôlait d'ailleurs avec le cabotinage.
Gerda Wegener est jouée par Alicia Vikander (vue récemment dans Agents très spéciaux: code U.N.C.L.E et aussi dans Royal Affair) avec beaucoup de sincérité. Elle a quant à elle toutes ses chances dans la course à l'Oscar du meilleur second rôle féminin.

Le sujet potentiellement sulfureux est étouffé dans un académisme un peu ampoulé. Danish Girl est un beau film, triste mais pas aussi dérageant qu'on aurait pu l'espérer.

La petite anecdote:
Les premières opérations de changement de sexe ont vraisemblablement eu lieu dans les années 20, notamment en Allemagne. Cependant, les archives ont été détruites par les nazis en 1933 et il n'y a donc pas de trace officielle de ces interventions pionnières.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Danish Girl
sorti le 20 janvier 2016 en France
réalisateur: Tom Hooper
avec: Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Matthias Schoenaert, Ben Whishaw

mercredi 23 septembre 2015

The Program


La vie de Lance Armstrong a tout d'un scénario de film. Elle est ici adaptée sur grand écran, en se basant sur le livre enquête d'un journaliste ayant dévoilé son dopage.

Lance Armstrong, jeune cycliste américain, est loin d'avoir tous les atouts pour devenir un grand champion. Jusqu'à ce qu'il frôle la mort et qu'il n'ait plus rien à perdre.

Stephen Frears, réalisateur de The Queen et Philomena a sauté sur l'occasion de raconter la vie hors norme de ce champion des sommets aux plus bas fonds. En décidant d'adapter le livre "Sept péchés capitaux: ma poursuite de Lance Armstrong", le récit est forcément à charge. The Program, qui porte très bien son titre, démontre à quel point le champion était moteur dans une vaste opération de dopage.

Plus qu'une enquête journalistique (dont on connaît tous l'issue), The Program remonte le temps et nous plonge dans le monde des courses cyclistes professionnelles depuis les années 90. Entre images d'archives et reconstitutions, on s'y croit. On comprend alors à quel point le dopage fait partie du quotidien de ces sportifs et comment un écosystème se construit autour de ces pratiques. 

Le film est également le portrait d'un homme complexe. Armstrong ne supporte pas de perdre. C'est un refus viscéral et une grande douleur de terminer second. Il est donc prêt à tout pour atteindre son objectif.
Habité également par une idée de rédemption, il crée Livestrong, une fondation de recherche et d'aide aux malades atteints du cancer. Cette association deviendra un autre instrument de pouvoir. 

Certains éléments sont survolés: l'implication de Floyd Landis (qui passe un peu pour un débile), tout la partie française de l'enquête. Les scènes de course pourraient être encore plus impressionnantes. Mais on se prend au jeu et on découvre avec effroi l'ampleur de la manipulation. 
The Program  parle de vélo et de piqûres mais aussi d'égo, d'honneur et de triche.

Ben Foster (vu dans Du Sang et des Larmes) incarne Armstrong dans toute sa nervosité. Chris O'Dowd (vu dans Mes Meilleures Amies, Les Saphirs et la série Girls) est le journaliste poil à gratter qui contribue à la chute de celui que personne ne voulait voir tomber.

The Program lève le voile sur les coulisses cra-cra d'un sport devenu spectacle et de ses dérives. Chacun pourra alors se poser la question: Armstrong a-t-il gagné ses 7 sept Tours de France?

La petite anecdote:
La vidéo des aveux d'Armstrong chez Oprah Winfrey, c'est .

Note:
3/5

Infos pratiques:
The Program
sorti le 16 septembre 2016 en France
réalisateur: Stephen Frears
avec: Ben Foster, Chris O'Dowd, Guillaume Canet

mardi 18 août 2015

Le Petit Prince


Traduit en 243 langues et vendu à plus de 145 millions d'exemplaires, Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry est le 2ème livre le plus vendu au monde (après la Bible). Mais comment transcrire un tel monument au cinéma? les plus grands (Orson Welles en tête) s'y sont cassé les dents...

Résumé:
Dans un monde froid et adulte, une petite fille est programmée pour réussir. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un vieil aviateur farfelu, qui a une histoire à lui raconter.

Avis:
Porté par le producteur Dimitri Rassam, le projet aura mis 10 ans à voir le jour. 
Le roman original est en effet bien complexe à adapter... Plutôt que de le faire littéralement, la scénariste Irena Brignull et le réalisateur Mark Osborne (Kung Fu Panda) ont choisi d'intégrer l'histoire initiale dans une autre, plus récente. 

Pour ne pas se perdre dans cette double narration, deux procédés visuels se succèdent: l'animation numérique et le stop-motion en papier. Les deux sont très réussis et on navigue sans problème.

Le Petit Prince est un film très doux, qui parvient à retrouver la poésie des illustrations de St Exupéry. Il aborde les sujets essentiels du roman (l'importance de l'imagination, grandir sans oublier) et leur donne une résonance dans un environnement plus moderne. 

Le film n'est pas exempt de maladresses: j'ai moins été emballée par la seconde moitié (sans rien dévoiler), plus lisse et plus aseptisée. Certains disent que l'oeuvre originale a été dénaturée. Il y a bien sûr quelques libertés qui ont été prises mais dans l'ensemble, c'est plutôt réussi.
J'ai bien entendu versé ma petite larme car Le Petit Prince  est un film plein de poésie, qui suggère plus qu'il n'impose.

Les voix des personnages (principaux ou non) sont presque toutes assurées par des acteurs renommés et on s'amuse à les reconnaître. André Dussolier en l'Aviateur, Florence Foresti la maman de la petite fille, mais aussi Guillaume Galienne en troublant serpent et Vincent Cassel en renard pas encore apprivoisé. Mention spéciale à la géniale voix du Petit Prince, assurée par Andrea Santamaria.

Le Petit Prince plaira au jeune public, qui se régalera de la maladresse de l'aviateur, du renard en peluche et du rythme soutenu. Les plus grands se remémoreront ce classique et feront le plein de douceur, sans abîmer le souvenir qu'ils ont du livre.

Un film délicat et émouvant. Quand le cinéma nous dessine un mouton, ne boudons pas notre plaisir...

La petite anecdote:
Présenté hors compétition à Cannes, Le Petit Prince a fait la montée des marches en mai dernier. Pour que sa mère Carole Bouquet soit présente, le producteur Dimitri Rassam a acheté l'ensemble des billets de la pièce de théâtre dans laquelle l'actrice jouait ce soir-là.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Le Petit Prince
sorti le 29 juillet 2015 en France
réalisateur: Mark Osborne
avec les voix de: André Dussolier, Andrea Santamaria, Clara Poincarré, Florence Foresti, Vincent Cassel, Guillaume Gallienne
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19552871&cfilm=178545.html 

lundi 20 juillet 2015

Les Minions



Plus que Gru, les stars de Moi Moche et Méchant et Moi Moche et Méchant 2, ce sont eux... Normal qu'ils aient droit à leur propre long métrage.

Les minions sont voués à servir le plus méchant des méchants. Encore faut-il le trouver... et ne pas le supprimer par erreur.

Comme Les Pingouins de Madagascar et Scrat de L'Âge de Glace dans plusieurs courts métrages, les petits bonshommes jaunes s'émancipent. Les studios Universal parient sur leur capital sympathie. Retombées marketing garanties, produits dérivés en pagaille: jackpot assuré.

Nous voilà donc embarqués dans une fresque historique où l'on découvre que les minions ont toujours été là, aux côtés des plus grands vilains (les tyrannosaures, Dracula, Napoléon...), leur maladresse ayant souvent précipité la chute de leurs maîtres. 
La majeure partie du film se déroule dans le swinging London des années 60, ce qui permet non seulement une super BO (The Who, The DOors, etc.) mais aussi des clins d’œil bien trouvés aux Beatles, à Gainsbourg, etc.

Contrairement à de nombreux films d'animation, adultes et enfants riront des mêmes blagues: à part quelques références, il n'y a pas un 2ème niveau d'humour pour les grands. Ils se régaleront comme les petits des gags visuels à gogo et des blagues scato (on me souffle d'ailleurs qu'il n'y a pas assez de prouts dans le film...).

Le rythme est frénétique et les blagues s'enchaînent, ce qui permet de palier au manque flagrant de scénario. On se régale du burlesque et on rit de bon cœur. 

J'ai vu Les Minions en VO, ce qui m'a permis de me régaler de leur langage. C'est le réalisateur français Pierre Coffin qui double les 899 minions du film. Il mélange des mots inventés, de l'italien, de l'espagnol, du français et même de l'indonésien. Le tout ponctué de quelques "Banana!" bien sentis.

On reste dans l'esprit des deux premiers films, avec lesquels on reboucle d'ailleurs en fin de film. 
C'est fun et pop: du cartoon qui fait son job.

La petite anecdote:
Vous ne comprenez pas le minion? Universal a crée une appli pour les traduire...
Les minions ne sont pas les seuls personnages parlant une langue spécialement inventée pour le cinéma. Pour en savoir plus, un article détaillé ici:

Note:
3/5


Infos pratiques:
Les Minions
sorti le 8 juillet 2015 en France
réalisateurs: Pierre Coffin et Kyle Balda

jeudi 30 avril 2015

Avengers, Age of Ultron


On prend les mêmes, et on recommence! Nouvel opus dans l'univers Marvel (Avengers bien sûr mais aussi les Iron Man, Captain America et Thor), il faut - encore - sauver l'humanité...

Un programme de maintien de la paix dérape et les Avengers (Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, Hulk, Thor et Hawkeye) se retrouvent pour combattre un nouvel ennemi,  Ultron, bien décidé à éradiquer les hommes.

Si vous avez déjà fait votre overdose de super-héros, évitez Avengers, Age of Ultron. Tout y est: les très nombreuses scènes d'action et explosions, les personnages caricaturaux et le scénario qui tient sur un timbre poste. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à Hollywood, mais ils savent faire des films de divertissement. 

Préparez-vous donc à en prendre plein la vue pendant 2h30. C'est long et il y a clairement un passage à vide de presque 45 minutes (quand même...) avec un épisode centré sur Hawkeye qui n'apporte pas grand chose.
Avengers, Age of Ultron est en 3D et le réalisateur Joss Whedon (qui avait déjà réalisé le premier Avengers mais qui a aussi créé la série Buffy contre les vampires ) l'utilise bien. On prend quelques immeubles sur la tête et le poing de Hulk prend une autre dimension. D'une manière générale, les batailles sont encore plus immersives.

La clé du succès du premier Avengers était pour moi son sens de l'humour. Le n°2 a perdu l'effet de surprise mais il reste quelques punchlines bien senties et l'autodérision indispensable pour ne pas rendre le film trop lourd. 

L'histoire laisse la place aux parts d'ombres et aux peurs de chacun de nos héros. C'est malheureusement souvent noyé au milieu de la castagne et on y prête peu attention.
D'autant que le nombre de personnages augmente avec l'apparition des jumeaux Maximoff (Quicksilver et Scarlet Witch). On a donc parfois un impression de grand bazar.

Tout rentre dans l'ordre quand il s'agit de se battre: les scènes d'action sont chorégraphiées au millimètre et c'est assez jouissif. Effets spéciaux et numérique à tous les étages: on est sonné mais bluffé.

Avengers, Age of Ultron n'est pas un film d'acteurs, même si tout le monde tient son rôle sans faiblir. Mention spéciale à James Spader qui endosse la carapace robot du méchant, Ultron et qui parvient à lui donner un aspect humainement menaçant.

Pas de nouveauté dans ce nouveau Marvel mais une recette qui continue de fonctionner.

La petite anecdote:
Le personnage de Quicksilver a fait l'objet d'une bataille légale entre Marvel (pour qu'il apparaisse dans la licence Avengers) et Fox (pour la licence X-Men).
Le personnage est finalement présent dans Avengers, Age of Ultron ainsi que dans X-men, Days of Future Past
L'accord trouvé entre les studios est très précis: Quicksilver ne doit pas être présenté comme un mutant dans les films Avengers, ni mentionner le fait que Magneto est son père.
Il ne doit pas être présenté comme faisant partie des Avengers dans un film X-Men  et vice-versa. N'ayant pas pu se mettre d'accord, ce sont deux acteurs différents (Evan Peters et Aaron Taylor-Johnson) qui jouent le même personnage dans les deux films. 
Bref, à moins d'être un fan absolu de comics, on a l'impression que ce sont deux personnages différents qui n'ont rien à voir, sauf qu'ils courent tous les deux très vite.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Avengers, Age of Ultron
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551827&cfilm=198488.html

vendredi 24 avril 2015

Kingsman


Matthew Vaughn, réalisateur de Kick-Ass s'aventure dans l'univers des agents secrets, qu'il revisite à sa sauce pop-geek-gore pour le moins décalée.

Kingsman est une agence de renseignement britannique dont les agents sont toujours tirés à quatre épingles. Pour remplacer l'un d'entre eux, il faut trouver du sang neuf.

Adapté de la BD de Mark Millar et Dave Gibbons, Kingsman est le terrain de jeu idéal pour Matthew Vaughn. Son style entre parodie et références multiples aux classiques est assez jouissif. Dans Kick-Ass et X-Men: Le Commencement il se frottait aux super héros. L'objectif est ici clair: filmer une parodie de d'espions, et s'en donner à cœur joie.

Vaughn aligne donc les personnages stéréotypés et c'est agréable de les voir réagir exactement comme on le pensait. Ce n'est pas dans le scénario que l'on trouve les originalités de Kingsman... L'histoire (très classique) est rythmée par des pics d'actions qui lui donne son rythme.

Kingsman est un film fun. L'humour ras des pâquerettes à la Austin Powers associé à des acteurs qui prennent visiblement plaisir, ça fonctionne. Vaughn aime le gore, l'outrance et la démesure et on pense par moment Mars Attacks dans les scènes de grand n'importe quoi pendant lesquelles les têtes explosent dans tous les sens.
L'ensemble a du style. Elégant grâce aux efforts sur les costumes et à cet accent britannique qui rend tout plus chic.

Côté acteurs, c'est un défilé de têtes connues. Colin Firth, classe à toute épreuve, même au milieu d'une bagarre dans un pub londonien. Mark Strong discret mais efficace en rouage essentiel de l'organisation. Et surtout Samuel L. Jackson en milliardaire taré qui joue le méchant pragmatique.
Le rôle de la jeune recrue a en revanche été confié à un petit nouveau Taron Egerton qui ne se démonte pas devant les stars.
Enfin, cocorico, le rôle de Gazelle, l'assistante du grand méchant, est tenu par Sofia Boutella, danseuse de hip-hop déjà aperçue dans Street Dance 2 et égérie Nike.

Kingsman est un film drôle et décalé, qui parodie les films d'espionnage avec un style propre à son réalisateur. Ne pas trop réfléchir et y aller pour le divertissement déjanté.

La petite anecdote:
Le style vestimentaire des espions Kingsman est essentiel. Matthew Vaughn a créé en parallèle du film une collection pour le site de e-commerce masculin, Mr Porter. 60 pièces allant du manteau au costume, le tout proposé par des marques britanniques.
C'est ici que ça se passe: http://www.mrporter.com/mens/designers/kingsman 

Note:
3/5

Infos pratiques:
Kingsman
sorti le 18 février 2015 en France
réalisateur: Matthew Vaughn
avec: Colin Firth, Michael Caine, Mark Strong, Taron Egerton, Samuel L. Jackson


mercredi 31 décembre 2014

Les Pingouins de Madagascar


Tout comme les Minions de Moi, Moche et Méchant, les pingouins de Madagascar, personnages secondaires à l'origine, ont droit à leur long métrage (Les Minions sortira en juillet 2015). Accrochez-vous, ça déménage!

Skipper, Rico, Kowalski et Private s'embarquent dans une nouvelle aventure qui va les confronter au terrible Pr Octavius Brine et leur faire rencontrer une autre troupe d'élite, North Wind.

Co-réalisé par des habitués de la franchise Madagascar (Simon J. Smith et Eric Darnell) Les Pingouins de Madagascar reste dans l'ambiance. On retrouve avec plaisir ce mélange de couleurs pop et d'humour décalé. La première scène en Antarctique, parodie des documentaires animaliers, nous met tout de suite dans le bain.
Suit 1h30 de délire comique, à un rythme effréné, caricature de film d'espionnage où le smoking de James Bond est cette fois revêtu par une équipe de pingouins.

Les références sont ultra nombreuses et vraiment très drôles. Je recommande d'ailleurs la VO, non seulement pour les voix de John Malkovitch et Benedict Cumberbatch, mais aussi pour les blagues intraduisibles en français (faites attention aux noms des pieuvres sous les ordres de Brine).

Alors qu'elle était réussie dans Madagascar 3, Bons Baisers d'Europe , la 3D n'est pas très utile ici. 
La mise en scène survoltée ne laisse pas de répit au spectateur. Les plus jeunes se régaleront des explosions et autres scènes d'action. Les plus grand riront aux gags qui tapent tous dans le mille.

Sans doute moins subtil que ses grands frères de Madagascar, Les Pingouins de Madagascar s'appuie tout de même sur un scénario qui, même s'il est mince, donne une trame. A 100 à l'heure, on suit nos héros aux quatre coins du monde et on se demande régulièrement où les scénaristes ont été pêcher leurs idées. 

Divertissement jouissif: missions accomplie, Pingouins!

La petite anecdote:
Les pingouins étaient des personnages mineurs au départ, ils étaient donc doublés par des membres de l'équipe technique et pas par des acteurs. 
C'est toujours le cas ici puisque Tom McGrath (Skipper) est le réalisateur des Madagagscar, Chris Miller (Kowalski) et Conrad Vernon (Rico) sont animateurs chez Dreamworks et Chris Knight (Private) est chef-monteur.

Note:
3/5

Infos utiles:
Les Pingouins de Madagascar
réalisateurs: Simon J. Smith & Eric Darnell
avec les voix de: John Malkovitch, Benedict Cumberbatch 

mardi 9 décembre 2014

La French


Un film de gangsters mafieux... français. C'est suffisamment rare pour intriguer. Quand le duo Dujardin - Lellouche figure au casting, le ton est donné. 

En 1973, Pierre Michel est nommé juge du grand banditisme à Marseille. Sa mission: lutter contre la French Connection et, à sa tête, Gaëtan Zampa.

Le scénario de La French est inspiré de faits réels. Au cours des années 70, l'organisation mafieuse baptisée la French Connection organisait un trafic d'héroïne d'ampleur internationale, fournissant notamment les Etats-Unis. Cet épisode a déjà été porté au cinéma en 1971 par Friedkin dans French Connection avec Gene Hackman. 
Les références sont nombreuses dans le film de Jimenez: Scorcese évidemment, un peu de Coppola, Scarface... Le réalisateur fait cependant très attention à ne pas tomber des l'imitation ou la caricature.

Jimenez a réuni un gros budget (26 millions d'€) pour réaliser un film de gangsters crédible et le résultat tient la route.
La reconstitution du Marseille des années 70 est réussie. Décors, costumes et (surtout) la BO nous plongent rapidement dans l'époque. D'autant que Dujardin et Lellouche ont l'air de prendre un malin plaisir à porter les costumes cintrés et à conduire des DS.

Le scénario ne brille pas par son originalité. On suit chronologiquement l'enquête du juge Michel et, à ce niveau, le film peine à décoller. Rien ne s'emballe vraiment même aux moments plus critiques. L'écriture est pourtant fine et on devine dans les dialogues la patte féminine d'Audrey Diwan qui a co-écrit le scénario.

Le juge et le gangster sont présentés comme les deux faces d'une même pièce. Pas de grand méchant et de gentil immaculé: ils ont tous deux des parts d'ombre et des côtés purs. 

Côté visuel, je ne m'habitue toujours pas aux scènes filmées caméra à l'épaule. Ça m'a vite donné la nausée sans atteindre l'objectif de me plonger dans l'action. 

Le couple Dujardin - Lellouche est bien choisi. Même si dès que le premier fait une blague, on voit ressurgir OSS117, le second donne une intensité brutale à Zampa. Il s'appuie surtout sur ses acolytes pour montrer à quel point son personnage faisait peur. 
Les seconds rôles sont en effet nombreux et bien choisis: Céline Sallette, Benoît Magimel, Melanie Doutey...

Jimenez atteint donc son but de réaliser un film de gangsters à la française, solide et populaire. Quelques maladresses et longueurs plombent un peu le film mais c'est dans l'ensemble réussi.

La petite anecdote:
Pour en savoir plus sur la vraie French Connection (parfois appelée également Corsican Connection), c'est ici
Le réalisateur Cedric Jimenez a grandi à Marseille où son père tenait un restaurant à côté du bar du frère de Zampa.

Note:
3/5

Infos pratiques:
La French
sorti le 3 décembre 2014 en France
réalisateur: Cédric Jimenez
avec: Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Céline Sallette, Benoît Magimel