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samedi 31 décembre 2016

Moi, Daniel Blake

Palme d'Or à Cannes en 2016, Moi, Daniel Blake est le dernier film en date du prolifique Ken Loach qui dénonce ici le manque d'humanité du système d'aides sociales au Royaume Uni.

Daniel Blake a travaillé toute sa vie en tant que charpentier. Quand un problème cardiaque le contraint à rester chez lui, il se retrouve coincé dans les méandres d'un système qu'il ne comprend pas.

C'est un record: Moi, Daniel Blake est la 13ème nomination en compétition officielle à Cannes pour Ken Loach et sa 2ème Palme d'Or après Le Vent se Lève en 2006.
Ce réalisateur s'applique depuis les années 80 à montrer les inégalités sociales et les dérives du système britannique (Sweet Sixteen, It's a free world, The Navigators...)

On retrouve dans Moi, Daniel Blake son style qui flirte souvent avec le documentaire. Certaines scènes sont directement inspirées d'épisodes auxquels le réalisateur ou son scénariste ont assisté (c'est le cas de celle dans la banque alimentaire). Certains acteurs ne sont pas professionnels, ce qui renforce encore cette sensation de réalisme.

Loach démontre simplement l'absurdité des administrations en charge de l'aide sociale. Daniel Blake est baladé entre les allocations santé et l'indemnisation chômage, il est sommé de répondre à des questionnaires stupides et standardisés et il doit prouver qu'il cherche un emploi via des outils informatiques qu'il n'a jamais appris à utiliser. C'est un symbole: lui qui a cotisé et travaillé pendant des années se retrouve exclu le jour où il a besoin d'aide.

A force de rationalisations et de coupes budgétaires, l'humain a été oublié. Les frustrations montent et la violence devient une réponse logique face à tant d'absurdité. En tant que spectateur, on assiste à ces scènes en se demandant comment on peut dériver jusqu'à tant d'injustice. Puis on allume sa télé en rentrant et on se rend compte que certains discours actuels prône un tel modèle...

Le personnage principal est interprété par l'humoriste Dave Johns qui joue avec beaucoup de modestie et beaucoup d'humour. Il parvient à incarner tout le parcours de cet homme avec sensibilité. L'actrice Hayley Squires l'accompagne et leur duo est poignant.

Bien sûr Moi, Daniel Blake est partisan. Loach ne trompe pas: on sait quand on va voir un de ses films qu'il va attaquer et militer contre le néo-libéralisme. La réussite du film tient à la pudeur qui s'en dégage. La colère est bien présente mais elle est contenue et glaçante. 
On peut trouver cela manichéen, illusoire ou sentimentaliste mais on ne peut pas reprocher à Ken Loach de faire du Ken Loach. Surtout aujourd'hui...

La petite anecdote:
La standing ovation à Cannes a duré 15 minutes suite à la projection du film.

Note:
4/5

Infos utiles:
Moi, Daniel Blake
sorti le 26 octobre 2016 en France
réalisateur: Ken Loach
avec: Dave Johns, Hayley Squires

mercredi 9 novembre 2016

Miss Peregrine et les Enfants Particuliers


Nouveau Tim Burton = grands espoirs, souvent déçus pour ces derniers films (Dark Shadows, Alice au Pays des Merveilles).

A la mort de son grand-père Jacob suit un faisceau d'indices qui l'amène sur une île galloise... particulière.

Le roman de Ransom Riggs ne pouvait pas rêver d'un autre réalisateur. Burton dit lui-même qu'il a aimé le livre avant même de l'avoir lu. La démarche (Riggs a construit son histoire à partir de vieilles photos chinées) est proche de sa propre façon de travailler.

Histoire sur mesure donc et volonté d'attirer de nombreux spectateurs pour un début de franchise (Riggs a déjà écrit le 2ème tome). Sauf qu'à vouloir contenter le plus grand nombre, le cinéma de Burton perd en mordant. Les monstres semblent bien sortis d'un cauchemar d'enfant. Mais le mélange lugubre/grand public donne un résultat bancal.

Burton cultive ses thèmes favoris: phobie de la réalité, acceptation de la différence et culte du bizarre. 
Il y insuffle une certaine poésie, même s'il n'est pas aidé par la BO banale. Pour une fois, ce n'est pas Dany Elfman qui l'accompagne mais le duo Michaël Highman - Matthew Margeson. 
Miss Peregrine reste une réussite visuelle, notamment grâce aux costumes de Coleen Atwood (dont c'est la 11ème collaboration avec Burton).

Le réalisateur excelle à installer un sentiment d'étrangeté dès le démarrage du film. Mais le rythme ne décolle pas et on peine à s'émouvoir.

Côté acteurs, Eva Green (révélée dans Casino Royale) campe Miss Peregrine, sorte de Mary Poppins excentrique. Le personnage à la fois drôle, mystérieux et protecteur colle à la belle actrice même si elle en fait parfois un peu trop. Tout comme Samuel L. Jackson qui joue le méchant Barron: too much.

Burton signe donc une féerie ténébreuse moyenne qui ne parvient pas à emballer. On attendra - au risque d'être à nouveau déçu - le prochain Burton, peut-être l'adaptation annoncée de Dumbo.

La petite anecdote:
La maison de Miss Peregrine existe réellement: elle s'appelle Torenhof et est située à Anvers en Belgique.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Miss Peregrine et les Enfants Particuliers
sorti le 5 octobre 2016 en France
réalisateur: Tim Burton
avec: Eva Green, Samuel L. Jackson, Asa Butterfield


jeudi 28 juillet 2016

Le Monde de Dory


13 ans après, on replonge avec Némo et Dory dans les eaux turquoises et animées du pacifique.

1 an après être rentrés chez eux, Dory est toujours amnésique. Mais grâce à des bribes de souvenirs, elle part sur les traces de son passé.

Quel plaisir de retrouver les personnages familiers de l'univers Nemo, l'un des films Pixar les plus réussis selon moi.
Sauf que 13 ans se sont écoulés et que la prouesse technique de représenter les fonds marins en film d'animation ne nous émerveille plus autant. Il faut donc jouer sur un autre registre.

Le scénario fonctionne sur la tendresse. On craque sur bébé Dory et les émotions sont au rendez-vous.

Une nouvelle collection de personnages vient compléter le casting. Mention spéciale à la pieuvre-caméléon et au béluga, tous deux à l'origine des meilleurs gags du film.

Si le rythme est là et qu'on ne s'ennuie pas, il manque tout de même la dose de surprises et de spontanéité nécessaires pour nous garder en haleine.

Ce qui m'a le plus gêné au final, c'est que Le Monde de Dory est un film sombre. Là où Le Monde de Nemo était lumineux et nous plongeait littéralement parmi les coraux et les récifs turquoises, Dory reste dans des eaux pleines d'algues et dans les bassins d'un centre marin. Tout est vert foncé, bleu foncé, oppressant.

La narration est elle aussi assez angoissante pusique Dory se perd et est convaincue que c'est de sa faute si ses parents ont disparu. Pas évident à expliquer à des enfants petits, pas très rigolo même pour les grands.

J'ai donc été peu emballée par l'atmosphère générale même si certaines pointes d'humour viennent égayer tout ça.

A croire qu'à trop faire de suites, les studios (même les meilleurs) pêchent par manque de fraîcheur...

La petite anecdote:


Note:
2/5

Infos pratiques:
Le Monde de Dory
sorti le 22 juin 2016 en France
réal: Andrew Stanton & Angus Mc Lane

jeudi 20 août 2015

Mission: Impossible - Rogue Nation

5ème Mission Impossible pour Tom Cruise qui rivalise à chaque fois d'imagination pour faire encore plus fort. On prend les mêmes (on change quand même de réalisateur) et on recommence.

Résumé:
Alors que l'IMF (Impossible Mission Force) est sur la sellette, Ethan Hunt reste persuadé qu'une organisation secrète - le Syndicat- est responsable d'un nombre grandissant d'accidents et attentats.

Avis:
Si les Mission: Impossible sont sensés être des travaux d'équipe et qu'on retrouve des têtes familières, c'est bien sur les épaules de l'acteur-producteur Tom Cruise que repose la franchise. Tour le plan de communication du film tournait d'ailleurs autour du fait qu'il a réalisé lui-même ses cascades.
Et pas des moindres puisque les grosses scènes d'action sont un des éléments clés de ce Mission: Impossible - Rogue Nation. Dans le précédent opus (Mission: Impossible - Protocole Fantôme) il grimpait sur la tour la plus haute du monde. Comment faire mieux? en s'accrochant par exemple à l'aile d'un A400M au décollage.

Les morceaux de bravoure s'enchaînent et rythment le film. Les poursuites (à moto notamment) sont jouissives et accrochent suffisamment le spectateur pour qu'il oublie que le scénario est très mou. Un script sans temps mort saupoudré d'humour (Simon Pegg notamment, impeccable caution british), un personnage féminin unique mais au jeu de jambes impressionnant: voilà la Mission: Impossible qui ronronne.

On devient sans nul doute trop exigeants: je n'ai pas été emballée outre mesure. C'est un bon divertissement mais pas un film d'action qui restera dans les annales. Le réalisateur Christopher McQuarrie (qui avait déjà travaillé avec Tom Cruise sur Jack Reacher) fait l'erreur de se prendre un peu trop au sérieux.

Masques, gadgets et cascades impressionnantes sont au rendez-vous: les fans de la série originale seront comblés. Pour les autres, c'est à ranger dans la catégorie "film d'action bien mais sans plus".

La petite anecdote:
Prévue à l'origine pour décembre 2015, la sortie de Mission: Impossible - Rogue Nation a été avancée à juillet pour éviter d'affronter le nouveau James Bond Spectre et le dernier Star Wars Star Wars - Le Réveil de la Force qui sortent en fin d'année.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Mission: Impossible - Rogue Nation
sorti le 12 août 2015
réalisateur Christopher McQuarrie
avec: Tom Cruise, Simon Pegg, Jeremy Renner, Rebecca Ferguson

mardi 21 juillet 2015

Magic Mike XXL

Pour la version courte de cette critique: regardez l'affiche > gros soupir... > sourire un peu béat.
Tout est dit.

3 ans après avoir quitté la troupe de strip-teasers dans laquelle il dansait, Mike retrouve ses anciens compères, bien décidés à terminer leur propre carrière en beauté. 

Magic Mike XXL est donc la suite de Magic Mike et joue exactement sur les mêmes leviers: hommes bodybuildés, semblant de scénario, blagues potaches et numéros de danse.
Il y a plus d'abdos huilés au m² et de testostérone que dans une immense majorité de films (à part 300, je ne vois pas). 

A réserver pour une soirée entre copines, si possible arrosée de quelques cocktails. Les scènes de danse sont réussies même si elle frôlent souvent le vulgaire. On glousse (ce mot n'a jamais été aussi approprié...): les blagues sont lourdes mais un nombre significatif d'entre elles fonctionnent. Le second degré règne et donne une ambiance décontractée.

C'est dans l'ensemble agréable à regarder et c'est bien là l'intérêt n°1 de Magic Mike XXL: se rincer l’œil. Même si on est pas fan des musculatures sur-développées, on se prend au jeu ("Oh non, il va pas faire ça?!" "Eh ben si, il le fait...").
C'est d'ailleurs l'objectif affiché de ces "male entertainers": redonner le sourire à ces femmes qui viennent les voir danser et les couvrir de billets.

Difficile d'éviter le mauvais jeu de mot en disant qu'il y a quelques longueurs dans le scénario. L'histoire est quasi inexistante et permet seulement de faire le lien entre les scènes de show.

Channing Tatum (Foxcatcher, 21 et 22 Jump Street) retrouve son string à paillettes et est rejoint au casting par quelques noms connus. Andie McDowell et Jada Pinkett Smith mais également Amber HEard (Mme Johnny Depp à la ville).
On regrettera que Matthew McConaughey n'ai pas rempilé dans son rôle de génial meneur de revue du 1er opus.

A condition de ne pas trop réfléchir, Magic Mike XXL est un bon film d'été. 
Après tout, il n'y a pas de mal à se faire du bien! > gros soupir...

La petite anecdote:
la promo du film a réservé quelques surprises sympathiques.
Channing Tatum s'est déguisé et à surpris des fans lors d'une avant-première: https://www.youtube.com/watch?v=zEwiXK-__N4 
En Australie, ce sont les acteurs qui ont eu droit à une surprise: https://www.youtube.com/watch?v=IY45yB9qjsA 

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Magic Mike XXL
sorti le 8 juillet 2015 en France
réalisateur: Gregory Jacobs
avec: Channing Tatum, Joe Manganiello, Amber Heard, Jada Pinkett Smith

lundi 20 juillet 2015

Les Minions



Plus que Gru, les stars de Moi Moche et Méchant et Moi Moche et Méchant 2, ce sont eux... Normal qu'ils aient droit à leur propre long métrage.

Les minions sont voués à servir le plus méchant des méchants. Encore faut-il le trouver... et ne pas le supprimer par erreur.

Comme Les Pingouins de Madagascar et Scrat de L'Âge de Glace dans plusieurs courts métrages, les petits bonshommes jaunes s'émancipent. Les studios Universal parient sur leur capital sympathie. Retombées marketing garanties, produits dérivés en pagaille: jackpot assuré.

Nous voilà donc embarqués dans une fresque historique où l'on découvre que les minions ont toujours été là, aux côtés des plus grands vilains (les tyrannosaures, Dracula, Napoléon...), leur maladresse ayant souvent précipité la chute de leurs maîtres. 
La majeure partie du film se déroule dans le swinging London des années 60, ce qui permet non seulement une super BO (The Who, The DOors, etc.) mais aussi des clins d’œil bien trouvés aux Beatles, à Gainsbourg, etc.

Contrairement à de nombreux films d'animation, adultes et enfants riront des mêmes blagues: à part quelques références, il n'y a pas un 2ème niveau d'humour pour les grands. Ils se régaleront comme les petits des gags visuels à gogo et des blagues scato (on me souffle d'ailleurs qu'il n'y a pas assez de prouts dans le film...).

Le rythme est frénétique et les blagues s'enchaînent, ce qui permet de palier au manque flagrant de scénario. On se régale du burlesque et on rit de bon cœur. 

J'ai vu Les Minions en VO, ce qui m'a permis de me régaler de leur langage. C'est le réalisateur français Pierre Coffin qui double les 899 minions du film. Il mélange des mots inventés, de l'italien, de l'espagnol, du français et même de l'indonésien. Le tout ponctué de quelques "Banana!" bien sentis.

On reste dans l'esprit des deux premiers films, avec lesquels on reboucle d'ailleurs en fin de film. 
C'est fun et pop: du cartoon qui fait son job.

La petite anecdote:
Vous ne comprenez pas le minion? Universal a crée une appli pour les traduire...
Les minions ne sont pas les seuls personnages parlant une langue spécialement inventée pour le cinéma. Pour en savoir plus, un article détaillé ici:

Note:
3/5


Infos pratiques:
Les Minions
sorti le 8 juillet 2015 en France
réalisateurs: Pierre Coffin et Kyle Balda

vendredi 22 mai 2015

Mad Max: Fury Road


Depuis la bande-annonce survitaminée sortie en juillet 2014 et vue par des centaines de milliers de spectateurs, Mad Max: Fury Road était attendu comme un des incontournables de 2015. 

Dans un monde post-apocalyptique où l'essence et l'eau sont devenues des denrées rarissimes, Max tente de survivre. Il doit se battre contre ceux qui ont pris le pouvoir mais aussi contre ses propres démons.

Les trois premiers Mad Max (1979, 1981 et 1985) voyaient un Mel Gibson jeune et pas encore complètement perché se battre au volant de son Interceptor et devenir une star internationale.
Le réalisateur George Miller (qui a aussi réalisé Happy Feet et... Babe, un cochon dans la ville) avait depuis 1997 le projet de réaliser ce 4ème épisode.. Les déboires de production ont finalement amené ce Mad Max: Fury Road à sortir plus de 30 ans après le dernier opus.

Les fans de la saga seront rassurés: l'ADN Mad Max est bien là, fait de métal, de fureur, de poussière et d'adrénaline. 
La majeure partie des 2 heures du film est constituée d'une vaste course poursuite. Ça va donc vite, très vite et mieux vaut bien s'accrocher à son siège.
La passion de Miller pour l'automobile n'est pas nouvelle et il y a ici laissé libre cours en créant des véhicules tous plus hallucinants les uns que les autres.

La première grosse réussite de ce Mad Max est son authenticité. Plus de 80% des prises de vues ont été réalisées sans effet spécial numérique. Vraies voitures, vraies cascades, vrais paysages: ça se voit à l'écran.

Le scénario est simplissime mais efficace. Et de toute façon, personne n'est dupe: ce n'est pas pour ça qu'on vient. Il n’empêche que l'histoire tient la route (c'est le cas de le dire...). Ce qui est réussi, c'est que les scènes d'action font partie intégrante de la narration. Les réflexions thématiques sur l'espoir, les rêves brisés ainsi que les évolutions psychologiques des personnages, tout passe par l'action. Les dialogues ne sont que des balises pour nous donner les règles du jeu.

Mad Max regorge de symboles, comme autant de messages que le réalisateur délivre au cours du film. Quelques clins d'oeil aux films précédents de la saga mais aussi des images fortes qui délivrent leur morale plus sûrement que de longs discours. 

Deuxième élément qui fonctionne très bien: le duo de personnages Max-Furiosa, interprété par Tom Hardy (Batman: The Dark Knight Rises, Des Hommes Sans Loi) et Charlize Theron (oscarisée pour Monster, vue récemment dans Prometheus)Abîmés mais profondément humains, ils évoluent ensemble et donnent un équilibre appréciable.
Il est également agréable de noter que les personnages féminins ne sont pas cantonnés à des rôles de faire-valoir mais qu'il règne une égalité entre les héros.
Tom Hardy est suffisamment charismatique et fragile pour jouer le rôle quasiment sans texte de Max. Charlize Theron est superbe en enragée qui recherche la rédemption.
Notons également la prestation de Nicholas Hoult (vu gamin dans Pour un garçon puis dans la série Skins et dans la série des X-Men) en war boy qui perd ses repères.

De l'adrénaline en barre pendant 2 heures: alors qu'on pensait avoir tout vu en matière de films d'action, Miller fait dans la démesure et nous scotche.

La petite anecdote:
Vous ne le reconnaîtrez peut-être pas mais c'est Hugh Keays-Byrne qui incarne l'horrible Immortan Joe dans ce Mad Max: Fury Road. Il était déjà au casting du premier Mad Max en 1979 dans lequel il jouait "Toecutter", l'ennemi de Max.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Mad Max: Fury Road
sorti en France le 14 mai 2015
réalisateur: George Miller
avec: Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553108&cfilm=125054.html 

vendredi 9 janvier 2015

A Most Violent Year


Margin Call était - pour moi - un des meilleurs films de 2012. Après Wall Street, son réalisateur J.C. Chandor pose cette fois sa caméra dans le New York du début des années 80 et revisite le polar.

Abel Morales a un objectif: faire croître sa société. Il doit faire face à la violence et la corruption qui menacent son business.

A Most Violent Year est un film de gangster qui dénonce les dérives du capitalisme. Alors que Margin Call nous racontait la journée d'une banque sur le point de basculer dans un crach boursier, nous sommes cette fois-ci au cœur d'un environnement tout aussi violent, y compris au niveau physique. 
C'est par son personnage principal que ce film se démarque. Alors qu'il a tout du malfrat (les origines, la tête, l'ambition), Abel Morales décide de rester droit et fait ses choix de manière honorable. Il résiste à ses concurrents, ses conseillers, même sa femme qui le poussent à entrer dans la spirale de la violence et de l'illégal.

Le New York que filme Chandor (et son chef opérateur très doué Bradford Young) fait froid dans le dos: poisseux, glacial impitoyable. Le travail de reconstitution est impeccable, des Mercedes aux tenues Armani de la femme d'Abel, Anna.

A Most Violent Year offre à Jessica Chasatin un nouveau rôle marquant. Femme d'affaires redoutable, elle est le côté obscur de son mari. 
Elle forme avec Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) un duo implacable: entre respect mutuel et différence de morale, ils flirtent avec les limites pour atteindre leur objectif commun.

Il y a tout de même un problème de rythme qui m'a gêné. A trop vouloir respecter les codes du genre, le film s'essouffle et ne surprend pas du tout. Certaines scènes sont carrément longues.
Chandor installe une tension palpable, qu'il résout de façon très fine. Mais le spectateur a besoin de plus de variations. Les subtilités psychologiques d'Abel ne suffisent pas à tenir 2h.

A Most Violent Year réussit à recréer un environnement très particulier et à nous y plonger. J.C. Chandor confirme qu'il est sans doute l'un des meilleurs réalisateur pour parler du capitalisme.
Mais ce film de gangster à la sauce eighties souffre d'une lenteur qui l'étouffe et c'est bien dommage.

La petite anecdote:
Jessica Chastain et Oscar Isaac se connaissent bien puisqu'ils ont étudié ensemble à Juilliard à New York. C'est d'ailleurs elle qui a suggéré Isaac au réalisateur quand Javier Bardem, initialement prévu pour le rôle, a quitté le projet.

Note:
2.5/5 

Infos pratiques:
A Most Violent Year
sorti le 31 décembre 2014 en France
Réalisé par: J.C. Chandor
avec: Jessica Chastain, Oscar Isaac, David Oyelowo


mercredi 15 octobre 2014

Mommy


De temps en temps, un film vous rappelle pourquoi le cinéma est un art qui touche de façon particulière et qui peut vous emmener très loin.
Mommy, le nouveau long-métrage du jeune québécois Xavier Dolan est de ceux-là.

Diane Desprès, veuve quadra, récupère la garde de son fils de 16 ans quand celui-ci est renvoyé pour violence du centre dans lequel il était placé. Ils vont apprendre à vivre ensemble, aidés par leur voisine.

Pour décrire Xavier Dolan, les journalistes s'emballent: génie, chef-d'oeuvre, sublime, extraordinaire, etc.
Le réalisateur de 25 ans en effet déjà 5 films à son actifs, dont 4 ont été sélectionnés à Cannes (J'ai tué ma mère en 2009 à la Quinzaine des Réalisateurs, Les Amours Imaginaires et Laurence Anyways en Un Certain Regard en 2010 et 2012 et Mommy en sélection officielle cette année). Il a même dû partager son Prix du Jury, reçu ex-aequo avec Jean-Luc Godard...
Et pourtant, je n'avais jamais été attirée par ses films. Gros choc donc en voyant Mommy

La figure de la mère est un thème qui l'inspire et on se demande presque comment un jeune homme de 25 ans peut écrire des rôles de femmes de 40 ans aussi beaux et complexes.

Steve est un ado hyperactif et constamment au bord de l'explosion. Il aime sa mère à sa façon et elle le lui rend bien. Mais leurs fêlures respectives rendent leur relation difficile et instable. Quand leur voisine vient compléter ce triangle, un certain équilibre s'installe. Leurs relations sont à la fois fascinantes et troublantes et Dolan parvient à les filmer avec une grande empathie.
Le caractère imprévisible des personnages nous maintient en état de tension du début à la fin des 2h15 que dure le film.

Les trois acteurs sont extraordinaires. 
Anne Dorval et Suzanne Clément sont des habituées du cinéma de Dolan. Elles composent ici les deux facettes d'une mère en même temps qu'une histoire d'amitié qui va au-delà des mots.
Steve est magistralement interprété par Antoine-Olivier Pilon, angélique autant que détestable, à qui le réalisateur avait déjà fait appel pour un clip d'Indochine (voir ci-dessous "La petite anecdote").

Dolan a choisi de filmer en format carré 1:1 qui, s'il surprend et gène un peu lors des premières minutes, prend tout son sens au fil du film. Steve et Diane sont enfermés, ils n'ont pas de porte de sortie et cela se traduit par ces plans serrés. Il n'y a de la place à l'écran que pour une personne à la fois.

Intégralement joué en joual, ce dialecte québécois haut en couleur, le film est sous-titré (le réalisateur a lui-même assuré la "traduction" en français) pour nous permettre de ne rien rater des échanges verbaux parfois violents.
C'est d'ailleurs un des seuls reproches que je peux faire: on frôle parfois l'hystérie et cela pèse par moments.

Ces personnages ambivalents, à la fois détestables et aimables, Dolan les filme sans aucun cynisme et provoque chez nous des réactions épidermiques. Il utilise notamment la musique comme un ingrédient à part entière de sa réalisation. Je n'aurai pas pensé être autant émue par une chanson de Céline Dion (sacrée d'ailleurs "trésor national" à l'occasion). 

Mommy est donc à ne pas rater. Préparez-vous à un tour en machine à laver dont vous allez ressortir secoué(e).
Et dire que Dolan n'a que 25 ans, à suivre de près...

La petite anecdote:
Xavier Dolan avait déjà tourné en format carré, pour un clip controversé, celui de la chanson College Boy d'Indochine. On y reconnaît également l'acteur Antoine-Olivier Pilon.
Attention, certaines images peuvent choquer.

Note:
4.5/5

Infos pratiques:
Mommy
sorti le 8 octobre 2014 en France
réalisateur: Xavier Dolan
avec: Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon, Suzanne Clément

mercredi 4 juin 2014

Maléfique


Les contes de fée ont aussi leur côté sombre et c'est souvent le plus intéressant... Disney a demandé à Robert Stromberg de revisiter le classique de 1959 La Belle au Bois Dormant.

Maléfique est donc l'histoire cachée de ce qui a mené cette fée à jeter ce sort à la petite Aurore.

Difficile d'en dire davantage sans révéler quelques surprises qui valent le coup d'être découvertes sur grand écran!

Maléfique est une fée, elle évolue dans un monde fantastique peuplé d'autres créatures magiques. Le paradis pour le réalisateur Robert Stromberg qui a été directeur artistique pour de nombreux films comme Avatar, L'Odyssée de Pi, Le Monde Fantastique d'Oz, etc. C'est un spécialiste des effets spéciaux et il joue avec la 3D pour nous plonger dans son monde. On peut même considérer la surenchère d'effets visuels assez lourde.

Même si c'est un Disney, il n'est pas à mettre devant les yeux de tous les enfants. Certaines scènes de bataille sont assez violentes et l'univers est plutôt sombre.

Maléfique repose sur Angelina Jolie. Rôle titre et central, elle est effrayante mais classe, charismatique mais fragile. Elle donne vie au personnage du dessin animé et s'éclate visiblement à porter les cornes de Maléfique.
Elle Fanning (vue dans L'Etrange Histoire de Benjamin Button et Super 8) joue Aurore et est relativement insipide.
Sharlto Copley (District 9Elysium) prête quand à lui son accent sud africain au roi Stefan et incarne la métaphore de l'alpha mâle qui se laisse dépasser par son ambition.

La thématique et le message de Maléfique sont multiples. On peut y trouver plusieurs niveaux de lecture, le problème étant qu'aucun d'entre eux n'est vraiment poussé jusqu'au bout. Maléfique peut être à la fois interprété comme une ode au féminisme, une dénonciation du viol et/ou une réhabilitation des méchants. Certains y ont même vu une histoire d'amour lesbienne.
Le scénario est assez disparate: plusieurs pistes sont lancées mais le découpage est bancal: une introduction trop longue, un final en queue de poisson... Le spectateur reste un peu sur sa faim.

Grâce à Maléfique, un bon coup de balai est donné sur les vieux contes de fée et par la même occasion dans le catalogue Disney. Etre capable de réinventer les mythes et les renouveler est une vraie performance.

La superstar Angelina Jolie trouve avec Maléfique un rôle taillé sur mesure. La débauche d'effets spéciaux peut être indigeste mais on rentre dans un univers à part et la relecture du conte est moins bête que prévue.

La petite anecdote:
Vivienne, une des filles d'Angelina Jolie et de Brad Pitt a joué dans une scène du film car c'était la seule enfant à ne pas avoir peur de l'actrice quand elle portait son costume.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Maléfique
sorti le 28 mai 2014 en France
réalisateur: Robert Stromberg
avec: Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley

vendredi 21 mars 2014

Monuments Men


Alors qu'il devait à l'origine sortir en décembre 2013, à temps pour les Oscars 2014, Monuments Men a finalement été repoussé pour  peaufiner la post-production. Cela n'a malheureusement pas suffi et le film est très décevant.

La Seconde Guerre Mondiale touche à sa fin quand l'armée américaine met en place une unité constituée d'experts chargés de sauver et récupérer les œuvres d'art menacées par les nazis.

Basé sur le roman du même nom de Robert E. Edsel, lui-même inspiré de la réalité, Monuments Men raconte une vaste chasse au trésor au sein d'une Europe très chaotique.
C'est surtout une nouvelle variation sur le thème "les Américains sauvent le monde". Ils sauvent ici les chefs-d’œuvres artistique et donc les plus belles réalisations de l'humanité.

En chef d'équipe, et réalisateur, George Clooney arbore fièrement la moustache et l'uniforme américain. Avec lui, Matt Damon, peu crédible en conservateur du MET, Cate Blanchett, sensée camper une française (!). Au moins John Goodman et Bill Murray font-ils sourire alors que Jean Dujardin est une mauvaise caricature de français (un genre d'OSS 117 sans le second degré...)

Le principal problème de Monuments Men est le sentiment qui s'en dégage: tout ça n'est pas vraiment sérieux. En privilégiant un ton léger et un humour de potes, Clooney essaie de rendre le sujet plus proche des spectateurs. Il donne surtout un vrai sentiment d'amateurisme. Ou quand les Américains peuvent filmer la guerre comme si c'était une attraction de Disneyland. Même les moments dramatiques sont joués avec un côté "je m'en foutiste" très désagréable. 

Comme tout film, Monuments Men ne nous présente qu'une vision partielle de la réalité et de nombreux experts dénoncent les intentions américaines qui ne souhaitaient pas forcément rendre toutes les œuvres à leurs propriétaires (souvent juifs) mais surtout remplir les musées outre-Atlantique.

Quoi qu'il en soit, la matière avait davantage de potentiel. C'est en fait un Ocean's Eleven en 1945 avec l'accent mit sur les vannes et l'esprit de groupe plutôt que sur le fond de l'histoire. Le sujet méritait plus de sérieux et de profondeur.

Monuments Men n'est donc pas crédible et son mérite principal est d'attirer l'attention sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre Mondiale. Pour en savoir plus, mieux vaut ouvrir quelques bouquins, le roman d'origine Monuments Men ou Le Pillage de l'Europe  par Lynn H. Nicholas.

La petite anecdote:
"L'Autel de Gand", aussi appelé "Adoration de l'Agneau mystique", de Jan Van Eyck, est l'une des oeuvres les plus volées de l'histoire de l'humanité: achevé en 1432, le retable est caché en 1566 pour éviter que les calvinistes ne le brûlent. Entre 1784 et 1860, deux panneaux de l'autel disparaissent mystérieusement, alors qu'on 1794 l'armée française enlève quatre panneaux représentant l'Adoration de Paris. En 1816-17, six des panneaux restants sont achetés par Frédéric-Guillaume III de Prusse, avant que le retable ne soit totalement séparé entre 1914-1918. Berlin, Bruxelles et Gand se partagent l'oeuvre. Les Allemands volent deux panneaux en 1914 avant de les rendre en 1923. Enfin, une demande de rançon est faite suite au vol de deux panneaux en 1935: l'un est rendu comme gage de bonne foi, l'autre est encore aujourd'hui porté disparu. ce sont les nazis qui volent le reste et le cachent dans les mines de sel d'Altaussee avant que les Monuments Men ne découvrent la cachette. 

Infos pratiques:
Monuments Men
sorti le 12 mars 2014 en France
réalisateur: George Clooney
avec: George Clooney, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Cate Blanchett, Jean Dujardin
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540445&cfilm=201434.html 

jeudi 19 septembre 2013

J'ai été voir... Ma Vie Avec Liberace


Méconnu en france, Liberace est une légende aux Etats-Unis, sorte de précurseur d'Elton John, Madonna et Lady Gaga. Pianiste star dans les années 50 à 70, il a été en son temps l'artiste le mieux payé au monde. Soderbergh en fait le sujet de son dernier film (il a annoncé qu'il prenait sa retraite) en adaptant le roman autobiographique de Scott Thorson, ancienne conquête de Liberace.

En se concentrant sur les 5 années qu'a duré la liaison entre Scott, jeune homme fragile et Liberace, le pianiste excentrique, Ma Vie Avec Liberace lève le voile sur les coulisses du show-business et de cette relation électrique.

Outre sa virtuosité au piano, Liberace était connu pour son goût du grandiose, des paillettes et du grand spectacle. Préparez-vous donc pour du bling-bling grand format durant les 2h que durent le film. Ma Vie Avec Liberace est un film qui brille, où les décors et les costumes ont été reconstitués avec beaucoup de soin (y compris le manteau en renard de 5m de long incrusté de cristaux d'une valeur de plus de  $100 000). 

Mais cela n'est que l'arrière plan... Le vrai sujet est ailleurs: cette relation tenue secrète entre deux hommes ayant 40 ans d'écart. Au milieu des fourrures et du strass, c'est l'analyse des sentiments et de l'image qu'ils se renvoient l'un de l'autre que nous propose Soderbergh. Alors que l'extravagance règne dans les décors, c'est en retenue que le réalisateur nous mène dans cette histoire. Il évite ainsi habilement la caricature version "cage aux folles" et on s'attache aux personnages rapidement.

Ma Vie Avec Liberace raconte comment le pianiste domine tout l'univers qui l'entoure, en particulier les gens. Plus jeune, en quête de reconnaissance et de tendresse, Scott se laisse faire sans se rendre compte qu'il devient un objet parmi d'autres. Se pose alors la question des sacrifices que l'on peut faire par amour...

Le film n'est pas sorti en salles aux Etats-Unis, les distributeurs le jugeant "trop gay". C'est en revanche la chaîne HBO qui a fait le pari de soutenir Ma Vie Avec Liberace (Behind the Candelabra en version originale). Avec raison puisque ce sont plus de 2,5 millions de spectateurs qui ont suivi la diffusion TV.
Pas de prix à Cannes en revanche où le film était présenté en mai dernier... (sauf la Palme Dog remise au caniche interprétant avec brio le rôle de Baby Boy)

Coté négatif, un faux-rythme s'installe par moment et on se surprend à vouloir accélérer les choses. Le déroulé assez attendu de l'histoire est quant à lui pardonné puisque c'est une histoire vraie.

Surtout, les deux acteurs principaux livrent des performances remarquables. Michael Douglas est métamorphosé. Il enfile les perruques et les implants de Liberace avec joie et donne une âme à ce bonhomme à la fois pervers et généreux. Face à lui, Matt Damon surprend en gigolo blond platine, un peu perdu et qui perd progressivement le contrôle de ce qui lui arrive. 

Si, de l'extérieur, Ma Vie Avec Liberace  a l'air d'un film reconstitution du Las Vegas des années 70, il a plus que ça. Et c'est intéressant de voir un film aussi clinquant visuellement traiter de sujets aussi intimes que l'homosexualité, le refus de vieillir, la dépendance à ceux qu'on aime.

La petite anecdote:
Steven Soderbergh a parlé de ce rôle à Michaël Douglas il y a 13 ans, sur le tournage de Traffic. Il a ensuite monté le projet et a attendu que l'acteur se remette de son cancer de la gorge pour finalement lancer le tournage.

Infos pratiques:
Ma Vie Avec Liberace
Sorti le 18 septembre 2013 en France
réalisateur: Steven Soderbergh
avec: Michael Douglas, Matt Damon, Scott Bakula, Rob Lowe
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19511961&cfilm=139160.html

lundi 16 septembre 2013

J'ai été voir... Le Majordome


Annoncé comme le film à Oscars de 2013, Le Majordome ne déçoit pas: casting impressionnant, scénario tiré d'une histoire vraie (mais largement romancée)... Le réalisateur Lee Daniels (Precious, Paperboy) nous livre ici sa version de "l'histoire des noirs américains pour les nuls".

Cecil Gaines naît esclave dans les champs de coton du Sud des États-Unis. Il apprend à servir et devient majordome à la Maison Blanche. Durant sept présidences, il sera aux premières loges...

a la manière de Forrest Gump, Cecil Gaines est le témoin privilégié des grands événements de l'histoire des États-Unis. Il assiste aux tractations et aux hésitations de ces présidents, à leurs succès et à leurs tragédies. En parallèle, sa vie de famille reflète aussi les évolutions de la société américaine: son fils aîné s'engage progressivement dans la défense des droits civiques.

La fresque que nous peint Daniels est fluide et on s'y repère facilement. Il a le mérite de ne retenir que l'essentiel de chaque période.
Évidemment, on n'évite pas les caricatures quand on résume 40 ans d'histoire en 2h15. Les présidents sont ramenés à des traits simplifiés et aisément reconnaissables. Les spécialistes de l'histoire américaine noteront sans doute le manque de subtilité, pour les autres, c'est compréhensible. En se servant de la "petite" histoire (celle de la famille Gaines) comme témoin de l'Histoire, il nous y intègre facilement.

Autre réussite, le casting "all stars" admirablement utilisé au service du scénario.
En première ligne, Forest Whitaker (oscarisé pour Le Dernier Roi d'Ecosse) prête tout son charisme à ce personnage et lui donne une élégance qui illumine le film. A ses côtés, Oprah Winfrey joue sa femme Gloria. Elle retrouve le grand écran 28 ans après La Couleur Pourpre qui lui avait valu une nomination aux Oscars. Trop maquillée et souvent pas assez subtile, on ne peut s’empêcher de voir l'animatrice télé davantage que le personnage...
Pour les rôles secondaires  (les sept présidents, le personnel de la Maison Blanche mais aussi les autres personnages historiques comme Martin Luther King), ce sont majoritairement de grandes stars qui s'y collent: Robin Williams est Eisenhower, John Cusack est un inquiétant Nixon, Alan Rickman (Harry Potter, Love Actually) un gentil Reagan, Jane Fonda une pétillante Nancy Reagan. A quelques rares exceptions près (Jackie Kennedy), ils donnent tous un côté "clin d'oeil". On s'amuse à les reconnaître et cela pimente le spectacle.

Car c'est bien à un spectacle qu'on assiste, de ceux que seuls les américains savent produire. Ils ont une capacité à mettre en scène leur propre histoire qui reste impressionnante. On n'évite pas les clichés et le pathos mais Le Majordome reste un film efficace qui dénonce le racisme ordinaire qui habitait les États-Unis il n'y a pas si longtemps. En mesurant le chemin parcouru à l'échelle d'un homme, il rend compte des évolutions de la société.
De quoi nous tirer une petite larme et sans doute faire le plein de statuettes en mars 2014.

La petite anecdote
Barack Obama a affirmé avoir pleuré en visionnant le film. 
Moi aussi mais il n'y aura sans doute pas autant d'articles qui relaieront la nouvelle...

Infos pratiques:
Le Majordome
sorti le 11 septembre 2013 en France
réalisateur: Lee Daniels
avec: Forest Withaker, Oprah Winfrey, David Oyelowo, Cuba Gooding Jr., Alan Rickman, John Cusack, Robin Williams, Jane Fonda
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19515848&cfilm=188951.html