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mercredi 16 décembre 2015

Hunger Games: La Révolte (Partie 2)


La saga Hunger Games touche à sa fin avec ce 4ème film tiré des 3 romans de Suzanne Collins. Le précédent (Hunger Games: La Révolte (Partie 1)) était ratée: c'était une sorte de très longue bande-annonce pour ce dernier opus.

Tous les districts sont à présent en guerre. Katniss prend la tête de l'assaut final contre le président Snow et le Capitole.

Ayant lu - et apprécié - la trilogie de romans, j'attendais forcément avec impatience le dénouement de la série. Ce qui entraîne souvent des déceptions. Mais ce n'est pas le cas ici, j'ai été plutôt agréablement surprise. Hunger Games: La Révolte (Partie 2) renoue avec l'action et le spectacle. Alors que l'opus précédent était très verbeux, celui-ci est super dynamique. La 3D apporte la touche finale à une mise en scène super maîtrisée qui ne laisse pas de répit au spectateur.

Pas de grande surprise dans le scénario mais le rythme est le bon et on est happés dans l'histoire. Les épisodes romantiques du triangle Katniss/Peeta/Gale sont anecdotiques et c'est tant mieux.
C'est un film guerrier, voire violent. A déconseiller sans doute aux moins de 13 ans. Il s'installe au fur et à mesure un climat d'angoisse urbaine qui fait sursauter souvent. Les décors de guérilla sont impressionnants et cocorico, une partie des scènes a été tournée à Bry sur Marne.

Autre intérêt de la série des Hunger Games: elle a imposé l'idée d'une héroïne féminine, badass et dotée d'un fort libre arbitre. L'aspect psychologique est forcément moins développé que dans les livres mais ça fait du bien de voir un personnage féminin pas cul-cul.
Jennifer Lawrence est devenue depuis le 1er film (2012) une des stars qui compte à Hollywood. Elle donne à Katniss sa complexité et sa plastique (pourtant parfaite) n'est pas plus mise en avant que ça.
Hunger Games: La Révolte (Partie 2) est le dernier film dans lequel apparaît Philip Seymour Hoffman, qui s'est suicidé quelques semaines avant la fin du tournage. 

Certes on est dans des films d'action et de l'entertainment. Mais les Hunger Games ne font pas l'économie de quelques sujets de réflexion intéressants. Le 1er volet se penchait sur la place du spectacle. Cette conclusion, beaucoup plus violente et cruelle, pose la question des responsabilités en temps de guerre, des sacrifices, etc.

On passera donc sur le dénouement un peu mièvre pour rester sur l'impression explosive et réussie de ce Hunger Games: La Révolte (Partie 2).

La petite anecdote:
Des rumeurs courent déjà sur la possibilité de poursuivre la franchise, potentiellement avec un prequel. Jennifer Lawrence a déjà annoncé qu'elle n'y participerai pas.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Hunger Games: La Révolte (Partie 2)
sorti le 18 novembre 2015 en France
réalisateur: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Philip Seymour Hoffman

mardi 16 décembre 2014

Le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées


Dernier chapitre des aventures en Terre du Milieu. Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson clôt ici celle du Hobbit (qui, chronologiquement, se situe avant) et livre un grand spectacle en forme de bouquet final. 

Le dragon Smaug est réveillé et s'attaque à Laketown. La Montagne Solitaire sinsi débarrassée de son gardien cracheur de feux attire de nombreuses convoitises: les Nains qui retrouvent leur royaume, mais aussi les Elfes, les Humains, les Orques, les Gobelins. C'est la bataille des Cinq Armées qui se prépare.

Si vous ne plongez pas avec plaisir dans les univers d'heroic fantasy, que les oreilles pointues et les pieds poilus ne vous évoquent rien et que vous ne rêvez pas de chevaucher un élan ou un gros sanglier, vous risquez fort de ne pas apprécier ce Hobbit. L'aventure en Terre du Milieu a démarré il y a plus de 15 ans pour le réalisateur Peter Jackson: cet épisode la termine et y rend hommage. 
Faisant chronologiquement le lien entre les deux séries de films, les clins d’œil et indices sont nombreux et mentionnent des éléments qu'on retrouve dans Le Seigneur des Anneaux.

Jackson ne s'attarde d'ailleurs pas à résumer la situation au démarrage du film: on est immédiatement plongés dans le vif du sujet, quasi exactement où nous l'avions laissé à la fin de l'épisode précédent (Le Hobbit: La Désolation de Smaug). 
Cela nous place tout de suite dans le bain: Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est un film d'action. En 2h40 de film, Peter Jackson met en scène une immense chorégraphie de guerre visuellement très réussie.
Il alterne habilement entre les grands angles permettant d'imaginer l'ampleur de la bataille et les duels au corps à corps. C'est un grand ballet et on sort de ces 45 minutes de bataille comme après une longue apnée.

Ce focus sur l'action se fait malheureusement au détriment de l'histoire et des personnages. Sorti du champs de bataille, le scénario est réduit à pas grand chose. Le roi nain Thorïn a la folie des grandeurs et les elfes vient des histoires d'amour très clichés. 
Les fans du roman de Tolkien pourront jouer au jeu des différences car certaines libertés ont été prises pour l'adaptation. Difficile de faire autrement quand on sait que le roman ne fait que 300 pages. En tirer une matière riche pour trois longs-métrages relève du défi.

Pour filmer la trilogie des Hobbit, Peter Jackson a utilisé la technologie HFR qui filme en 48 images par seconde, soit le double de la vitesse normale au cinéma. On repère tout de suite un changement tant la sensation de vertige est forte. Lors des scènes d'action, tout va très (trop) vite et on se fatigue rapidement. Surtout, on détecte les effets spéciaux et les scènes tournées sur fonds vert et c'est assez gênant.
La 3D, elle, est bien utilisée et donne aux combats une intensité impressionnante.

Enfin, il a manqué pour moi ce petit côté humoristique qui faisait qu'on s'attachait aux personnages. Martin Freeman qui joue Bilbo est le seul à apporter une dose de second degré. On retrouve cependant avec plaisir les personnages familiers de Gandalf, Galadriel, Elrond, etc. 

Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est une grande fresque, un spectacle d'action frénétique pour lequel le réalisateur a donné le meilleur de sa capacité à chorégraphier les scènes d'action. Il reste cependant un film assez plat en terme d'histoire et cliché dans ses thématiques.
Pour les courageux et les fans, il faudra attendre la version director's cut en DVD prévue en novembre 2015: avec 30 minutes supplémentaires, le film prendra peut-être une autre dimension.

La petite anecdote:
Pour la promotion du film, c'est le dragon Smaug lui-même qui a participé à l'émission américaine The Colbert Report. On y apprend qu'il vote plutôt à droite et qu'il n'est pas très en phase avec les dragons de Game of Thrones.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées
sorti le 10 décembre 2014 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freenman, Richard Armitage, Ian McKellen, Orlando Bloom, Evangeline Lily



mercredi 26 novembre 2014

Hunger Games: La Révolte (Partie 1)


Les romans de Suzanne Collins étaient une trilogie mais les sirènes d'Hollywood et du cinéma business ont sonné: ce seront 4 films qui raconteront la saga Hunger Games.

Nous avions laissé Katniss Everdeen s'échappant des jeux et détruisant l'arène. Réfugiée dans le District 13, elle est sollicitée pour devenir l'égérie de la révolution qui gronde et défie le Capitole.

Les Hunger Games correspondent exactement à ce qui marche aujourd'hui à Hollywood: une saga en plusieurs épisodes déclinable en franchise, basée sur des best-sellers ayant une communauté de fans solide, animée par des héros adolescents. 
Ajoutez-y des acteurs dont la cote de popularité a explosé depuis le 1er film et une campagne de promotion savamment dosée. 
Vous obtenez... le meilleur démarrage de l'année aux USA (123M de $ de recette pour le 1er week-end) et 1 million d'entrées en France en une semaine.

Et pourtant, c'est peu dire que ce Hunger Games : La Révolte (Partie 1) est bancal. Son scénario repose sur le 3ème roman mais est focalisé sur un petit épisode qui aurait sans doute pu tenir en 20 minutes. Il a donc fallu tirer sur la corde pour tenir 2h et c'est très léger...

Sortis de l'arène, nos héros s'attaquent à une bataille de plus grande envergure, une bataille politique. Il reste quelques scènes d'actions (pour la plupart déjà aperçues dans la bande-annonce) mais on reste un peu sur sa faim de ce côté-là. 
La thématique principale est l'utilisation des images et des symboles dans une guerre. Katniss doit choisir de devenir ou non le visage de cette révolte. Comment devient-on un symbole? comment les images deviennent-elles des armes? comment met-on une guerre en scène? 

On quitte la dimension psychologique (les romans étaient écrits à la 1ère personne) et l'adolescence pour des thèmes plus rudes. Sans oublier tout de même les amourettes pré-pubères qui rythment l'histoire.
Reste une héroïne un peu paumée, jouée avec toujours autant d'énergie par Jennifer Lawrence. Devenue productrice du film et sous la caméra de son père Francis Lawrence (qui a réalisé I am Legend), elle est omniprésente à l'écran et laisse peu de place à ses camarades, aussi célèbres soient-ils. Julianne Moore en présidente du District 13, Philip Seymour Hoffman dans son dernier rôle (il s'est suicidé une semaine avant la fin du tournage) ou Natalie Dormer (vue dans les séries Les Tudors et Game of Thrones) qui s'est rasé la moitié de la tête pour ce rôle.

La bande-son a été concoctée par la tout jeune Lorde, artiste néo-zélandaise, et c'est plutôt réussi. A écouter ici si ça vous tente.

Finalement, on a surtout l'impression d'assister à une bande-annonce de 2h pour l'épisode final qui sortira dans 1 an. Hunger Games : La Révolte (Partie 1) est dans cette mesure un vrai symbole du cynisme d'Hollywood: parce qu'on a vu le 1 et le 2 et qu'on ira voir le 4, le succès du très moyen n°3 est garanti, même s'il est facturé 10€ (et plus) 

La petite anecdote:
Le symbole de la rébellion des Hunger Games a été repris en Thaïlande par les opposants au régime. Il a même été interdit par les militaires...

Note:
2/5

Infos pratiques:
Hunger Games : La Révolte (Partie 1)
sorti le 19 novembre 2014 en France
réalisateur: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence,Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Philip Seymour Hoffman, Julianne Morre

vendredi 23 mai 2014

The Homesman


Autre film présent à Cannes (celui-ci en compétition officielle), The Homesman de Tommy Lee Jones revisite le style du western.

Mary Bee Cuddy, pionnière dans l'Ouest américain à la fin du 19ème siècle, accepte d'escorter trois jeunes femmes ayant perdu l'esprit pour les raccompagner sur la côte Est. Dans ce voyage au coeur des plaines désertiques, elle est accompagnée de George Briggs, mercenaire à qui elle a sauvé la vie.

C'est le retour à la réalisation pour Tommy Lee Jones (après notamment Trois enterrements en 2005) qui, à presque 70 ans, tient encore la forme. Il adapte ici un roman de Gledon Swarthout "Le Chariot des Damnés". Il nous invite sur les pistes du Nebraska et de l'Iowa, à l'époque ou les cowboys et les indiens n'étaient pas des jeux d'enfants.

The Homesman est un western surprenant: sans fusillades et sans héros à la Lucky Luke, le Grand Ouest est ici le décor d'une histoire qui fait la part belle aux personnages. Ce Grand Ouest rend fou (les femmes) et impose ses règles, qui ont fait le mythe de l'Amérique au cinéma.
Les paysages sont souvent splendides et, à ce titre, The Homesman respecte les codes du genre, entre maisons en bois et et chevauchées au galop. Tourné au Nouveau Mexique et en Géorgie, il a fallu transporter sur 3000 km (et en un jour et demi!) les chevaux, les mules, les carrioles et autre matériel de tournage. L'attention portée à la lumière et aux atmosphères est à souligner.

Le scénario est centré autour des femmes, ce qui est assez rare dans les westerns pour être souligné. Celles qui deviennent folles nous sont dévoilées petit à petit et Tommy Lee Jones filme avec une grande pudeur les relations entre elles mais aussi les parcours qui les ont amenés à perdre la raison.
Hillary Swank prête sa détermination au personnage de Mary Bee Cuddy, femme forte et indépendante qui souffre de son célibat, vécu comme une tare dans la société dans laquelle elle vit.
Quant à Tommy Lee Jones, il est George Briggs, un homme sans scrupule mais finalement pas sans morale. L'acteur / réalisateur lui insuffle un côté comique réjouissant.

The Homesman a des qualités indéniables: une écriture très soignée, des personnages riches, une image léchée.
Cependant, le rythme est globalement lent et le style très formel et académique. Résultat: les deux heures que dure le film paraissent bien longues. Sans rêver d'une attaque d'Indiens toutes les deux minutes, on s'attend à davantage d'action et on a peu à se mettre sous la dent. Le désenchantement qui est au cœur du film gagne peu à peu les spectateurs jusqu'à les assoupir.

Un western différent, qui s’interroge sur ses personnages féminins mais qui le fait dans une atmosphère lente et pesante.

La petite anecdote:
La Croisette réussit à Tommy Lee Jones puisqu'il avait remporté le Prix du Scénario et le Prix d'Interprétation Masculine en 2005 pour Trois Enterrements.

Note:
2,5/5

Infos pratiques:
The Homesman
sorti le 18 mai 2014 en France
réalisateur: Tommy Lee Jones
avec: Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Meryl Streep
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19544682&cfilm=213464.html 

lundi 24 mars 2014

Her


Her est le 4ème long métrage de Spike Jonze (Dans la Peau de John Malkovitch, Max et les Maximonstres), réalisateur prolifique de clips et courts métrages. Il a remporté il y a quelques semaines l'Oscar du meilleur scénario original.

Théodore vit à Los Angeles. Suite à sa rupture avec sa femme, il a du mal à passer à autre chose. Jusqu'au jour où il charge dans son téléphone portable un nouveau système d'exploitation à l'intelligence artificielle, appelée Samantha. Il va tomber sous son charme.

L'idée de départ peut faire peur: un LA futuriste, des robots intelligents dont on tombe amoureux... le risque était grand de tomber dans le ridicule. C'était sans compter sur Spike Jonze qui réussit à construire un monde du futur à la fois chaleureux, cohérent et surtout très probable. Pas de voitures, pas de publicités, des couleurs chaudes: le futur que nous propose le réalisateur n'est pas du tout anxiogène, il ressemble même beaucoup à une grosse barbe à papa...

Le maître mot pour décrire l'ambiance du film est la mélancolie. Cette ville est pleine de solitudes qui se consolent comme elles peuvent avec leurs jeux vidéos et la technologie qui vient à leur secours. Ce qui n'est pas si loin de ce que nous pouvons vivre aujourd'hui...

Le sujet central qui intéresse Jonze c'est le sentiment amoureux. Et plus particulièrement, est-il nécessaire que l'autre ait un corps pour tomber amoureux?
Grâce à un Joaquin Phoenix en grande forme et bien plus souriant qu'à son habitude et surtout grâce à la voix suave et envoûtante de Scarlett Johansson qui incarne littéralement Samantha, on croit en cette histoire sans se poser de question. La technologie n'est pas intrusive et on se surprend même de la facilité avec laquelle on y croit...

La première heure du film explore ces complexités des relations physiques et virtuelles, ce qu'elles engendrent. Est-ce que finalement, l'autre n'est-il pas toujours une représentation dont on tombe amoureux? Le rythme est doux et on s'attache à ces personnages tendres et remplis d'émotions qu'ils découvrent et qui les submergent.
Dans la seconde partie de Her, le scénario perd en intensité et l'ennui s'installe. Dans ce monde en coton où toutes les sensations sont amorties, on peine à voir le relief et même la douleur. Ça devient mou...

Her est un film au style léché. Spike Jonze est ami de longue date des Arcade Fire qui signent la BO. Tout l'identité visuelle du film est également très marquée, entre esthétique hipster et costumes sans cols, sans plis et sans couleur noire. Et le réalisateur frise sans cesse avec le too much: trop de tendresse, trop de jolies petites musiques, trop de pantalons taille haute, pendant 30 minutes de trop.

A voir donc pour le concept et pour écouter Scarlett susurrer des mots doux dans vos oreilles. Vous ne regarderez plus votre iPhone du même oeil...

La petite anecdote:
Les plans de la ville n'ont pas été créés par effets spéciaux mais ont été tournés en décors réals: à Los Angeles et à Shanghaï. C'est en mélangeant les paysages que Jonze obtient son LA du futur.

Infos pratiques:
Her
réal: Spike Jonze
avec: Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541325&cfilm=206799.html 

lundi 23 décembre 2013

J'ai été voir... Le Hobbit - La Désolation de Smaug


Et revoilà le hobbit! Sortie du 2ème épisode de la nouvelle trilogie a adaptée de l'oeuvre de Tolkien par le réalisateur Peter Jackson.

Le 1er opus Le Hobbit - Un Voyage Inattendu, sorti fin 2012, racontait comment Bilbo Saquet partait pour une aventure en compagnie de Gandalf le magicien et une compagnie de 13 nains. 
Nous les retrouvons donc en chemin et approchant du but. Ils vont cependant rencontrer quelques obstacles tels qu'un groupe d'orques, une famille d'araignées géantes, des elfes peu coopératifs et... le dragon Smaug.

Comme beaucoup de n°2 dans les trilogies, La Désolation de Smaug a un challenge difficile à relever: continuer de surprendre alors que les spectateur connaît les personnages et sait que l'histoire ne va pas se terminer à la fin du film. Les 2èmes épisodes sont souvent les plus faibles à cause de cet effet de transition. Ils sont nécessaires pour progresser dans le récit mais moins intéressants que les autres.
La Désolation de Smaug n'échappe pas à la règle et paraît bien long car il ne parvient pas à se renouveler.

J'aime l'heroic fantasy et j'ai beaucoup apprécié l'univers des Seigneurs des Anneaux. Mais au bout de 5 films dans cet environnement, il en faut plus que quelques elfes et de beaux paysages (certes à couper le souffle) pour maintenir l'intérêt du spectateur.

Peter Jackson n'a en revanche pas loupé ses scènes d'action. A 2 ou 3 reprises La Désolation de Smaug s'emballe et la 3D aide à rendre les décors encore plus spectaculaires.
Jackson installe aussi quelques intrigues parallèles pour nourrir le récit. Gandalf part par exemple de son côté à la recherche du Nécromancien. Cela donne lieu à une scène limite psychédélique. Pour les fans du Seigneur des Anneaux on retrouve quelques indices et références au conflit qui est conté dans la première trilogie. 

Alors que le romand d'origine Bilbo le Hobbit était destiné aux enfants, le triptyque de Peter Jackson prend une teinte très sombre au fur et à mesure de son déroulement. Bilbo expérimente les pouvoirs de l'anneau, Thorin devient inquiétant, le roi des elfes est clairement dérangeant et d'une manière générale, on sent une menace s'installer sur la Terre du Milieu.

Martin Freeman est toujours impeccable en Biblo mais bien moins drôle que dans le 1er film. On retrouve avec plaisir Orlando Bloom en Legolas, accompagnée d'Evangeline Lily, ravissante Tauriel au cœur d'artichaut.

La Désolation de Smaug  est donc un beau spectacle visuel, à voir dans une grande salle si possible. Les presque 3h sont longues mais quelques scènes très réussies feront passer le temps... jusqu'au n°3, prévu en 2014.

La petite anecdote:
Lors d'une projection au Brésil, une des enceintes du cinéma n'a pas résisté au 1er hurlement de Smaug le dragon et a explosé... 

Infos pratiques:
La Désolation de Smaug
sorti le 11 décembre 2013 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Richard Armitage, Orlando Bloom, Christopher Lee, Evangeline Lily
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540033&cfilm=186918.html

jeudi 28 novembre 2013

J'ai été voir... Hunger Games : l'Embrasement


Le 1er volet de la saga Hunger Games, sorti en mars 2012 a suffisamment fédéré le public pour enclencher les suite: des 3 romans de Suzanne Collins seront adaptés 4 films, dont Hunger Games: l'Embrasement est le n°2.

On retrouve Katniss et Peeta à la veille de leur tournée célébrant leur victoire dans les Hunger Games. Mais ce n'est pas un retour à la normale puisqu'une rébellion gronde qui inquiète le Capitole. 

Ce 2ème volet est globalement plus réussi que le 1er. Gary Ross a cédé son siège de réalisateur à Francis Lawrence (I am Legend) qui a fait des choix visuels plus classiques. Exit la caméra à l'épaule, place à des plans larges et des paysages léchés. Le spectateur n'étant plus secoué dans tous les sens, il peut se concentrer sur le fond de l'histoire.

Pendant la première heure, on s'ennuie un peu. Avant de rentrer dans le vif du sujet, on s'attarde à revenir sur le premier épisode et sur les nouveaux protagonistes. Sans doute nécessaire mais un peu long avant que l'action ne démarre vraiment.

L'intérêt principal de ce 2ème volet est l'envergure que prend le personnage de Katniss. La jeune ado victime de son sort laisse la place à un symbole. Elle a mûri et comprend mieux les conséquences de ses actes. Jennifer Lawrence a elle aussi pris une autre dimension depuis mars 2012: un oscar pour Happiness Therapy  et une reconnaissance de tout Hollywood, elle retrouve Katniss et lui donne toute son énergie.

Principale différence pour moi: j'ai lu les romans depuis la sortie du 1er film. Je me suis donc privée des effets de surprise que réserve le scénario. J'étais tout de même curieuse de découvrir à l'écran les trouvailles de l'auteur Suzanne Collins. Et je n'ai pas été déçue: les effets numériques sont de haut niveau. Certaines scènes scènes assez violentes pourront choquer les plus jeunes...

Reste tout de même un problème de rythme assez frustrant. C'est au moment où le film est vraiment lancé qu'il se termine, laissant le spectateur sur sa faim (et accroché pour le n°3...).

Hunger Games: l'Embrasement est un bon film d'action, construit autour d'un personnage central intéressant et agréablement filmé. Une preuve que l'on peut viser un public "young adult" sans le prendre pour des imbéciles.

La petite anecdote:
La responsable des costumes Trish Summerville a sorti une collection de vêtements inspirés du film qu'elle commercialise dans une ligne intitulée "Capitol Costume". Si vous êtes intéressés, sachez que ce n'est pas donné. Ca se passe ici

Infos pratiques
Hunger Games: l'Embrasement
sorti le 27 novembre 2013 en France
réal: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Philip Seymour Hoffman
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19536496&cfilm=196666.html



lundi 18 février 2013

J'ai été voir... Happiness Therapy


L'année ciné est rythmée par quelques évènements qui influencent les sorties: vacances scolaires, fêtes, festival de Cannes et bien sûr... les Oscars. Dans la déferlante actuelle de films sortis à temps pour rafler les statuettes, Happiness Therapy est un des grands gagnants. Il réalise le "big five" des nominations: meilleur film, meilleur acteur et actrice, meilleur réalisateur et meilleur scénario. Gros coup marketing orchestré de main de maître par les frères Weinstein, producteurs et déjà responsables des succès du Discours d'un roi et The Artist.

A Philadelphie, Pat Solitano sort de 8 mois en hôpital psychiatrique après avoir perdu son sang-froid et agressé l'amant de sa femme. Pour la reconquérir et se reconstruire, il adopte une philosophie optimiste et tente de changer. Il va croiser Tiffany, jeune veuve nymphomane aussi détraquée que lui...

Le réalisateur David O'Russell, à qui l'on doit Fighter, a choisi d'adapter ce roman (Silver Linings Playbook) avec lequel il a un lien assez personnel puisque son propre fils a, comme le héros du film, été diagnostiqué comme bipolaire.
Pat subit ses sautes d'humeur et ses accès de violence. Il refuse de prendre ses médicaments et tente de reprendre sa vie en main. Le choix, assez surprenant, de confier ce rôle à Bradley Cooper s'avère payant. Loin du beau-gosse tombeur habituel, l'acteur incarne avec sincérité cet homme immature, attachant et perdu.

Le réalisateur a choisi d'aborder de lourds thèmes (le deuil, les relations familiales, la maladie mentale) via la comédie romantique . En découle un mélange des genres assez déroutant qui n'a pas très bien fonctionné pour moi.
Deux trames d'histoires s’entremêlent dans Happiness Therapy: le contexte familial de Pat et sa relation avec Tiffany. 

La relation du personnage principal avec son père est l'un des aspects les plus intéressants du film: ambiguë, retenue, pudique, parfois violente. Robert De Niro joue très sobrement ce père peu bavard et superstitieux, qui tente de prouver à sa façon à son fils qu'il croit en lui. C'est par ailleurs cet aspect du film qui donne lieu à des scènes qui m'ont personnellement mises assez mal à l'aise: crises, cris, coups, les épisodes bipolaires sont oppressants et donnent à réfléchir sur l'impuissance de ce personnage face à sa maladie.

D'un autre côté, Happiness Therapy est une love story, entre deux personnages très déglingués mais finalement faits pour s'entendre. Et c'est là que ça n'a pas fonctionné pour moi. Malgré une Jennifer Lawrence lumineuse et délicieusement frappée, le rapprochement de Pat et Tiffany ne fonctionne pas. Outre le fait que l'actrice soit sans doute trop jeune pour le rôle, je n'ai pas été emportée dans cette histoire.

Happiness Therapy  a été présenté comme un feel-good movie et c'est pour moi tout le contraire: loin de me faire sentir mieux, c'est mission accomplie pour faire ressentir le mal-être de ce personnage.
On ne négligera pas l'humour qui se dégage de certaines scènes, les réparties bien senties et les personnages secondaires excellents (Chris Tucker, qu'on n'avait pas vu depuis Rush Hour 3 ou Jacki Weaver vue dans l'excellent Animal Kingdom).

Globalement un peu déçue, ce qui arrive souvent quand on entend trop de critiques positives sur un film. Cela dit, le niveau des acteurs rend le spectacle agréable et le film intéressant, sans plus.

La petite anecdote:
Premier film depuis 31 ans nominé dans les 4 catégories "acteurs" des Oscars: Bradley Cooper pour Meilleur Acteur, Jennifer Lawrence pour Meilleure Actrice, Robert De Niro pour Meilleur Second Rôle masculin,  Jacki Weaver pour Meilleur Second Rôle féminin.
Rendez-vous le 24 février pour le palmarès...

mercredi 19 décembre 2012

J'ai été voir... Le Hobbit: Un Voyage Inattendu


D'après le titre, ce voyage est inattendu. Ce n'est pas le cas du film qui est en préparation depuis des années et dont la gestation a connu de nombreux rebondissements (conflit sur les droits d'auteur, grève des scénaristes, presque faillite de la MGM, etc.). Après avoir été pendant quelques temps dans les mains du réalisateur Guillermo Del Toro (Hellboy, Le Labyrinthe de Pan), c'est finalement Peter Jackson himself qui repasse derrière la caméra.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est adapté du 1er roman que J.R.R. Tolkien Bilbo le Hobbit a écrit dans les années 1920 pour divertir ses propres enfants. Ce roman lui servira de base pour la trilogie Le Seigneur des Anneaux, plus sombre et plus complexe, qui connaîtra un succès planétaire, en librairie et au cinéma (3 films, 30 nominations, 17 oscars).

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est donc le 1er volet d'une nouvelle trilogie où l'on suit Bilbo Baggins, hobbit de la Comté emmené presque malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de treize nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire pour reconquérir le trésor gardé par le dragon Smaug.

Le roman original ne dépassant pas 300 pages, j'avais des doutes sur la possibilité de le transformer en trois films de 3h. Et pourtant, ça marche. Peter Jackson a intelligemment choisi d'intégrer des éléments seulement évoqués dans le roman et d'autres qu'il avait omis dans sa trilogie Le Seigneur des Anneaux

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu plaira donc sans doute aux fans de la 1ère trilogie qui retrouveront avec plaisir l'atmosphère et même certains personnages de la Terre du Milieu. Les références et les clins d'oeil sont nombreux, et parfois exagérés. Cela crée en revanche l'agréable sensation de revenir après 10 ans dans un pays qu'on avait beaucoup aimé lors d'une première visite.
Les liens avec Le Seigneur des Anneaux sont d'ailleurs plus profonds que les allusions. On remonte littéralement 60 ans avant le début de La Communauté de l'Anneau et on comprend comment certaines choses se sont mises en place (comment Bilbo a-t-il récupéré l'anneau, les prémices du retour de Sauron, etc.).
Pour ceux qui n'avaient pas adhéré à l'univers en revanche, je doute qu'ils trouvent leur compte ici.

Les paysages de la Nouvelle-Zélande sont toujours aussi magnifiques filmés par l'enfant du pays. Certaines scènes sont franchement impressionnantes visuellement, des batailles souterraines aux orages en montagnes, on s'accroche plus d'une fois à ses lunettes 3D. Même si on n'a plus l'effet de surprise, l'univers de Tolkien vu par Peter Jackson est toujours aussi bluffant et détaillé.

Le ton général de ce Hobbit: Un Voyage Inattendu est une bonne surprise: gai et léger, drôle sans être grotesque ou caricatural.
Martin Freeman qui interprète Bilbo apporte une touche britannique bienvenue et subtile. Il fait évoluer ce personnage central qui n'a pas demandé à prendre part à cette aventure mais qui y adhère car elle le transforme.
Les nains, quant à eux, n'endossent pas le rôle de bouffon qu'avait Gimli dans Le Seigneur des Anneaux. Ils sont 13, tous différents, le réalisateur nous les présente et nous les rend attachants. Thorin, leur chef, joué par Richard Armitage est franchement charismatique et incarne un nouveau héros.
On est même contents de retrouver Gollum, qui n'est pas encore tombé complètement du côté obscur de la force. Andy Serkis donne de nouvelles facettes à ce personnage qui est sans aucun doute l'un des plus intéressants de la Terre du Milieu.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu permet donc des retrouvailles très agréables, sous forme de grand spectacle, épique et majestueux.

La petite anecdote:
Les acteurs Ian Holm (Bilbo âgé), 81 ans et Christopher Lee (Saroumane), 90 ans ont tourné leurs scènes dans les studios londoniens Pinewood: leur état de santé ne leur permettait pas le voyage jusqu'en Nouvelle Zélande.

Infos pratiques:
Le Hobbit: Un Voyage Inattendu
sorti le 12 décembre 2012 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Hugo Weaving, Cate Blanchett, Andy Serkis
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19404061&cfilm=119089.html 

jeudi 13 septembre 2012

J'ai été voir... Des Hommes Sans Loi


La sélection du film Des Hommes Sans Loi en compétition officielle du dernier festival de Cannes en avait surpris plus d'un. Et même si le réalisateur John Hillcoat (La Route) est reparti bredouille, le film avait fait bonne impression.

Au début des années 30 aux Etats-Unis, la Prohibition a transformé le compté de Franklin en Virginie en un haut lieu de production d'alcool de contre-bande. Les trois frères Bondurant gèrent leur trafic en famille jusqu'à ce qu'un agent fédéral corrompu tente de leur imposer sa propre loi.

A mi-chemin entre le western et le film de gangster, Des Hommes Sans Loi est globalement une réussite. On s'accroche avec plaisir aux membres de cette famille plus à cheval sur leur honneur que sur la légalité. Ils sont par ailleurs entourés de personnages hauts en couleurs qui les mettent agréablement en valeur.

Hillcoat a choisi de raconter cette histoire inspirée de faits réels et tirée du roman The Wettest County In The World, écrit par un des descendants de la vraie famille Bondurant. Nick Cave, musicien avec lequel il avait déjà travaillé sur The Proposition, signe ici le scénario ET la bande son, créant une ambiance musicale parfaitement adaptée et intégrée à l'histoire.
Le décor est par ailleurs très bien planté et les détails dans les costumes et les décors sont assez bluffant. 

La réalisation est très classique et on retrouve les codes et les clichés des westerns américains (nature, gueules cassées et feux de camp).
La violence des films de gangsters a également sa place et certaines scènes sans fard m'ont poussé à détourner le regard.
Des Hommes Sans Loi parle de la famille, et en particulier des liens qui unissent ces trois frères aux caractères et aux ambitions très différents. Par cet angle, on pense parfois à un film sur la mafia.
Enfin, Des Hommes Sans Loi est un film d'hommes. Les personnages féminins (interprétés par Jessica Chastain et Mia Wasikowska, jolies et sensibles au milieu de ce monde de brutes) ne sont qu'à peine effleurés, et servent de faire-valoir à ces messieurs.

2011-2012, années Tom Hardy ( Warrior, La Taupe, The Dark Knight Rises) ? Il livre ici une performance massive en interprétant Forrest Bondurant, l'aîné et chef de la famille. Tout en puissance retenue et en silences, l'acteur confirme son potentiel de brute au coeur tendre. Il a d'ailleurs confié en interview que la virilité de son personnage vient paradoxalement, selon lui, du fait qu'il est un "matriarche".

Sous l'aile de la Maman Ours - Tom Hardy on trouve Shia LaBeouf en petit dernier de la fratrie, pas très costaud et rêvant de grandeur. Il est subtil et tout en nuances et c'est plutôt une bonne surprise (je partais avec un a priori plutôt négatif depuis le navet Eagle Eye et les Transformers).

Pour incarner le méchant face à ces péquenauds trafiquants d'alcool, Hillcoat a fait appel à Guy Pearce. Il campe un flic pourri, inquiétant et sadique, aussi répugnant à l'intérieur qu'il est impeccable en surface.

Des Hommes Sans Loi ne sort pas des sentiers battus.
Le final est en dessous de ce qu'il aurait pu être, certains personnages auraient mérité plus de place (notamment Floyd Banner, interprété par Gary Oldman)... On pense à Public Enemies de Michael Mann ou aux Sentiers de la Perdition  de Sam Mendes
Hillcoat n'a pas souhaité ré-interpréter un genre, il voulu s'inscrire dans une tradition de cinéma américain.
Et de temps en temps, un film qui ne cherche pas à réinventer la poudre, ça fait du bien.

La petite anecdote
Des Hommes Sans Loi, film australien? outre le réalisateur John Hillcoat et le scénariste et musicien Nick Cave, le casting compte plusieurs autres australiens: Jason Clarke qui joue le troisième frère, Guy Pearce et Mia Wasikowska.

Infos pratiques
Des Hommes Sans Loi
sorti le 12 septembre 2012 en France
réalisateur: John Hillcoat
avec: Tom Hardy, Shia LaBeouf, Guy Pearce, Jessica Chastain, Mia Wasikowka, Gary Oldman
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19337840&cfilm=200399.html 

mardi 3 avril 2012

J'ai été voir... Hunger Games



Quand les ados du monde entier s’arrachent un roman ou –mieux- une série de romans, les studios de cinéma se bousculent vite pour l’adaptation.
Avec 30 millions d’exemplaires vendus, la trilogie Hunger Games écrite par Suzanne Collins n’échappe pas à la règle. Et c’est le studio Lionsgate qui hérite du projet, le confiant au réalisateur Gary Ross (La Légende de Seabiscuit) alors que d’autres noms prestigieux avaient un temps été mentionnés comme Sam Mendes (American Beauty).

En souvenir et en punition suite à une rébellion, les districts de Panem doivent tous les ans envoyer un jeune garçon et une jeune fille participer aux Hunger Games. Cet événement télévisé est une lutte à mort : le vainqueur est le dernier adolescent survivant. Katniss représente le District 12 et elle va devoir se battre pour sortir vivante de l’arène…

Le sujet de Hunger Games est donc particulièrement violent et il n’est pas sans rappeler d’autres films, Battle Royale en tête. Sauf qu’ici, le public visé est très jeune et de nombreux stratagèmes sont utilisés pour nous éviter les spectacles trop sanglants. Je ne suis pas une fan des boucheries à l’écran mais le résultat est un peu frustrant : on nous oblige à détourner les yeux (la caméra le fait pour nous) alors qu’on sait très bien ce qui se passe.

Ce premier volet dure 2h20 et met presque 1h à se mettre en place. Le rythme est plus ou moins là quand l’action démarre mais on tire quand même en longueur.

Le côté intéressant vient du fait que l’univers du film est à la fois imaginaire et en même temps proche de notre société. Notre relation à la célébrité et le thème de la téléréalité sont par exemple abordés intelligemment (même si de Koh Lanta à Hunger Games, il y a une marge)

Autre point positif, l’héroïne est contrastée. Tout d’abord, elle n’est pas maigrichonne et donc d’autant plus crédible quand il s’agit de survivre dans la forêt. Mais surtout, elle n’est ni la gentille fille, ni une nouvelle superwoman. Elle est jeune et intelligente et doit faire des choix difficiles. J’imagine que le roman est plus détaillé sur sa psychologie (il est écrit à la 1ère personne).
En tous cas on s’enthousiasme pour cette Katniss pleine de fougue qui n’est pas nunuche, même quand une histoire d’amour s’installe.

Niveau acteurs, quelques têtes connues font des apparitions, mais pas dans les rôles principaux : Donald Sutherland en président du Capitole, Woody Arelson en ancien champion tombé dans l’alcool et – plus drôle – Lenny Kravitz en styliste/conseiller en image.
Les ados sont joués par de nouveaux acteurs qu’on a parfois aperçus rapidement. Jennifer Lawrence avait par exemple joué dans le dernier X-Men et surtout dans Winter’s Bone (qui lui avait quand même valu une nomination aux Oscars).

Mais les performances d’acteurs ne sont pas ce qu’on retient de Hunger Games.
On retient un film d’aventure rempli et bien construit (Gary Ross a semble-t-il suivi de près le roman de Suzanne Collins, qui est d’ailleurs coscénariste), dans un univers de science-fiction pas si éloigné que ça, avec des héros costauds mais attachants.
On retient aussi qu’on s’adresse à un jeune public donc les clichés sont nombreux…

La série compte trois épisodes et les acteurs principaux ont annoncé qu’ils rempileraient si la suite devait être tournée.

La petite anecdote
Le visage de Liam Hemsworth vous dit quelque chose ? son frère Chris est l’acteur qui joue Thor dans… Thor et prochainement dans The Avengers. Le seul conseil qu’il ait donné à son petit frère c’est de perdre du poids : « c’est Hunger Games (les jeux de la faim) pas Eating Games (les jeux de la nourriture) »

Infos pratiques
Hunger Games
Sorti le 21 mars 2012 en France
Réalisateur : Gary Ross
Avec: Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson

lundi 2 janvier 2012

J'ai été voir... Happy New Year


1er janvier, 14h: j'ouvre un oeil.
Léger mal de tête.
Petit déjeuner et envoi massif de messages de bonne année.
Puis?... Ciné bien sûr, histoire de démarrer 2012 sur de bonnes bases. Happy New Year semble tout à fait indiqué.

Le pitch est rapide: Happy New Year retrace les histoires croisées d'une myriade de personnages qui fêtent la nouvelle année à New York.
Il y a tellement d'histoires et de personnages qu'il est impossible (et inutile) d'essayer d'en dire plus.

Le réalisateur est Garry Marshall, à qui on doit (entre autres) Pretty Woman et Valentine's Day. Ça donne tout de suite un ordre d'idée sur le ton du film: tout le monde est beau et tout est bien qui finit bien.

En fait, Happy New Year, c'est un peu comme quand on lit Gala chez le coiffeur. Une sorte de petit plaisir coupable...

Car l'intérêt n°1 du film, c'est le casting: une foule de stars se presse au portillon, à tel point qu'on se demande comment ils ont fait rentrer tous les noms sur l'affiche. Ce casting de luxe explique sans doute le budget de 56 millions de dollars...
C'est donc assez rigolo de reconnaître les têtes connues dans les tout petits rôles (mention spéciale à Alyssa Milano qui apparaît 10 secondes).

Parmi toutes ces vedettes, c'est à mon avis Michelle Pfeiffer qui s'en sort le mieux. Elle interprète une femme entre deux âges, plutôt pathétique et qui tente de reprendre sa vie en main au travers de ses résolutions de nouvelle année. Et, choc des générations oblige, c'est Zac Efron qui va l'aider.

Autre côté sympa, c'est New york. Je ne sais pas à quoi ressemble Time Square en vrai un soir de Nouvel An mais ça donne drôlement envie d'aller voir.

Il y a du rythme et même un peu de suspense, et on n'a pas le temps d'anticiper les rebondissements du scénario. Alors on se laisse porter par le déluge de clichés et de bons sentiments, le tout enrobé dans des paillettes et des confettis: ça passe tout seul.

Parce que franchement, un 1er janvier, on a le droit de vouloir laisser son cerveau au repos.
Alors si vous ne l'avez pas vu hier, vous avez raté la seule excuse valable... mais vous pourrez le regarder en DVD le 1er janvier 2013!

La petite anecdote:
Hector Elizondo est présent dans tous les films du réalisateur Garry Marshall, qui le considère comme son porte-bonheur.

Infos pratiques:
Happy New Year
sorti le 21 décembre 2011 en France
réalisateur: Garry Marshall
avec: Halle Berry, Jessica Biel, Jon Bon Jovi, Abigail Breslin, Chris 'Ludacris' Bridges, Robert De Niro, Josh Duhamel, Zac Efron, Hector Elizondo, Katherine Heigl, Ashton Kutcher, Seth Meyers, Lea Michele, Sarah Jessica Parker, Michelle Pfeiffer, Til Schweiger, Hilary Swank, Sofia Vergara
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19261482&cfilm=178084.html

mardi 13 décembre 2011

J'ai été voir... Hara-Kiri: mort d'un samouraï


Vous n'en avez pas entendu parlé? moi non plus... Mais je me suis laissé convaincre (l'alternative, c'était Twilight 4...) d'aller voir ce film que je n'aurai pas été voir de moi-même.

Hara-Kiri: Mort d'un Samouraï est un film 100% japonais: réalisateur, acteurs, langue et surtout le thème abordé.
Hara-Kiri: Mort d'un Samouraï traite en effet de la notion de code d'honneur chez les samouraïs ou comment certains d'entre eux sont entièrement intransigeants et comment d'autres adaptent leurs valeurs à la réalité qui les entoure.

Ce film est très différent de ce que j'ai vu ces derniers temps. J'avais vu quelques films japonais (de Kitano par exemple) mais rarement aussi poussés que celui-ci.
Là, on est transporté dans un autre univers: celui des samouraïs au XVIIème siècle. Tous nos repères habituels sont chamboulés: la langue et les formules de politesse qui en découlent, les valeurs de ces guerriers, la façon de se battre...

Il faut donc s'attendre à un film... spécial. Mon impression? ce film est froid. Je n'ai pas réussi à m'attacher à ces personnages malgré leur histoire tragique.
Tout est très (trop?) maîtrisé: la lumière, la musique, les scènes de combat chorégraphiées à la seconde près, jusqu'à la moindre feuille morte qui tombe, tout a été prévu. L'esthétique du film est donc très travaillée mais à mon sens, c'est au détriment de l'émotion et de la poésie.

J'attendais évidemment des combats, film de samouraïs oblige. Frustration là aussi car le réalisateur a privilégié les tensions psychologiques et émotionnelles à la violence physique. Les quelques scènes de combat sont malgré tout susceptibles de heurter les plus sensibles.

Je suis donc ressortie perplexe de ce film, avec l'impression que je n'avais pas toutes les clés pour le décoder et en comprendre les références, les sens cachés et la morale.

La petite anecdote:
Hara-Kiri : mort d'un samouraï a été sélectionné dans la Compétition Officielle du Festival de Cannes 2011. C'est le seul film qui a été projeté en 3D mais il n'a finalement remporté aucune récompense.

Infos pratiques:
Hara-Kiri: mort d'un samouraï
sorti le 30 novembre 2011 en France
réalisateur: Takashi Miike
avec: Ebizô Ichikawa, Eita, Koji Yakusho
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19257654&cfilm=192861.html