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samedi 31 décembre 2016

Rogue One: A Star Wars Story


Star Wars? Déjà l'épisode 8? pas tout à fait...
Difficile de ne pas perdre le fil dans la continuité de la saga. Rogue One: A Star Wars Story est, comme son nom l'indique, un spin-off et se situe chronologiquement entre les épisodes 3 et 4. Il y a tout à fait sa place.

Face à l'Empire, la Rebellion cherche à s'emparer des plans de l'Etoile Noire. 

L'intrigue de Rogue One est résumée en 2 lignes qui défilent au début de l'Episode 4 Un Nouvel Espoir (sorti en 1977, c'était le 1er de la saga. Vous suivez toujours?) "Les forces rebelles se sont emparées des plans de l'Etoile Noire". Comment ont-ils réussi? c'est toute l'intrigue de ce film.
Pas de Luke Skywalker, pas de Yoda à l'horizon, peu de sabre laser mais un Dark Vador en pleine forme.

Impossible aujourd'hui de faire un nouveau Star Wars sans y inclure de nombreuses références. Et les fans sont tellement pointilleux avec leur univers qu'il semble impossible de ne pas les décevoir. L'épisode XVI, Le Réveil de la Force sorti en 2015 souffrait ainsi de cette contrainte, comme si l'héritage pesait lourd sur ses épaules. 
La solution vient peut-être des spin-offs autonomes qui sont prévus autour de l'histoire principale. Rogue One est le premier alors qu'une série autour du personnage de Han Solo est en préparation. Ce film permet de compléter l'histoire mais il fonctionne également seul. 
Je ne le conseillerais cependant pas à quelqu'un n'ayant jamais vu les autres films ou n'appréciant pas l'univers. Pour les autres, ils risquent bien de se régaler.

Le réalisateur Gareth Edward (Godzilla) a pris le parti de faire un film de guerre, plus sombre et plus violent que ses prédécesseurs. Il a même été assorti d'un avertissement pour les moins de 13 ans aux USA. 
Peu de mentions de la Force et de la mythologie Jedi, beaucoup de combats de vaisseaux et de poursuites intergalactiques, voilà la recette choisie pour ce Rogue One. 
Le spectacle est au rendez-vous de cette superproduction.

Un peu long à se mettre en place et laissant peu de place à l'exploration des personnages (faisant de toute façon partie d'un commando suicide, on a pas vraiment le temps de les pleurer), on se délecte cependant de l'humour, distillé ici via le droïde K2SO) et on retrouve les composantes de l'ADN Star Wars.

Tout comme dans Le Réveil de la Force, le personnage principal est féminin. Felicity Jones est plus charismatique que Daisy Ridley et elle incarne avec autorité Jyn Erso.
Le reste du casting est évidemment 5 étoiles. Ben Mendelsohn, découvert dans l'excellent Animal Kingdom , enfile la cape du méchant. Alors que Mads Mikkelsen continue de prouver qu'il est à l'aise dans tous les genres de films.
Forest Whitaker donne quant à lui corps à Saw Gerrera, un personnage qui avait été créé dans le dessin animé Clone Wars. 
Certains acteurs vont jusqu'à ressusciter puisque Peter Cushing, décédé en 1994, reprend son rôle de Tarkin grâce aux images de synthèse. Le résultat est plus ou moins heureux mais on s'y retrouve.

On peut être confus par cette nouvelle aventure qui doit trouver sa place dans une narration déjà touffue. J'ai trouvé l'exercice réussi notamment grâce à certaines scènes bluffantes visuellement.

Un "épisode 3,5" qui occupera les fans et ravira les studios Disney qui ont racheté la franchise en 2012 et qui comptent bien la rentabiliser. En attendant l'Episode XIV, prévu pour la fin 2017.

La petite anecdote:
Suite au décès de Kenny Baker qui interprétait depuis les années 70 le robot R2-D2, seul Anthony Daniels, qui joue le droïde C3PO, apparaît dans tous les longs métrages de la saga.

Note:
4/5

Infos utiles: 
Rogue One: A Star Wars Story
sorti le 14 décembre 2016 en France
réalisateur: Gareth Edwards
avec: Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Mads Mikkelsen; Forest Whitaker

jeudi 8 septembre 2016

Star Trek Sans Limites


Je continue dans la série "voir des films dont je n'ai pas vu les épisodes précédents". Aujourd'hui (enfin... il y a quelques temps: je prends du retard dans l'écriture) Star Trek Sans Limites 3ème opus du remake de la série culte des années 60.

Le vaisseau Enterprise et son équipage explorent les confins inexplorés de l'espace et répondent à l'appel au secours d'un vaisseau échoué sur la planète Altamid.

Star Trek est plus qu'une série, c'est un univers à part entière: six séries et une série d'animation, 13 films, des centaines de romans et bandes dessinées, des dizaines de jeux vidéos. Cet univers fête ses 50 ans en 2016 et voit donc un nouveau long-métrage s'ajouter aux éléments qui le composent.
Pas besoin d'être un fan absolu parlant le klingon couramment, pour reconnaître les symboles Star Trek: les oreilles pointues de Spock, le signe de la main, la forme du vaisseau spatial, etc. Apprécier la science-fiction reste cependant un pré-requis pour goûter à ce nouvel opus.

Aux commandes de ce Star Trek Sans Limites, Justin Lin, réalisateur de 4 des 7 Fast and Furious. Il prend la suite de J.J. Abrams qui avait renouvelé la franchise et assuré un grand succès au box office.
Au scénario, un duo qui fonctionne super bien: Doug Jung et Simon Pegg (vu dans les Mission: Impossible, Shaun of the Dead et Le Dernier Pub avant la fin du Monde), humoriste anglais. Ils apportent un second degré et une bonne dose d'humour qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.

Cet épisode permet de tourner les pages de la génération précédente. Il rend hommage à Leonard Nimoy, acteur qui jouait Spock dans la série originale et à George Takei, qui jouait Sulu et à qui il est fait un clin d'oeil puisque le Sulu de Star Trek Sans Limites a une famille gay (Takei était un défenseur des droits gays). 

Côté action, on est servis et mieux vaut être bien accroché à son fauteuil et à ses lunettes 3D. Courses Poursuites de vaisseaux, traversée de nébuleuse et d'astéroïdes, gravité relative: ça bouge. Les scènes de batailles spatiales sont notamment très spectaculaires. La station Yorktown est également impressionnante visuellement.
Les relations entre les personnages sont en revanche survolées, ne laissant pas le temps aux émotions de s'installer.

Chris Pine prête son regard bleu acier au capitaine Kirk. Il n'est pas mauvais mais pas vraiment bon non plus. La française Sofia Boutella, vue dans Kingsman, incarne le personnage de Jaylah, alliée improbable et pleine de ressources.
Zachary Quinto (vu dans la série Heroes et dans Margin Call) colle parfaitement à Spock.

Star Trek est donc sans surprise un divertissement science-fiction de bonne qualité. Il compense ce qui manque en profondeur de scénario par du visuel et de l'action spatiale.

"Live long and prosper"

La petite anecdote:
Le film est dédié à Leonard Nimoy, décédé en 2015 et à Anton Yelchin, qui joue Pavel Chekov, l'ingénieur de l'Enterprise, décédé par accident en juin 2016.

Note:
3/5


Infos pratiques:
Star Trek Sans Limites
sorti le 17 août 2016 en France
réalisateur: Justin Lin
Avec: Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg, Sofia Boutella, Idriss Elba, Zoe Saldana 


lundi 4 janvier 2016

Star Wars: Le Réveil de la Force


Article garanti sans spoiler!
Rachetée en 2012 par Disney, la franchise Star Wars voit donc arriver son épisode 7 (après les 4, 5, 6 sortis fin des années 70 et les 1,2,3 début des années 2000). La réalisation a été confiée à J.J Abrams (créateur de Lost, Super 8, Star Trek), fan affiché des films originaux de George Lucas.

30 ans après les faits relatés dans Star Wars: Le Retour du Jedi, une nouvelle menace plane sur la République. L'ordre Jedi n'existe plus et le Premier Ordre grandit. La résistance s'organise...

Qu'il est agréable de ne pas être déçu(e) à la sortie d'un film très attendu (quel euphémisme). Alors que la prélogie (épisodes 1-2-3), réalisée par Georges Lucas avait chagriné de nombreux fans à cause d'une utilisation mal maîtrisée d'effets spéciaux numériques, ce nouveau départ suscite beaucoup d'enthousiasme.

JJ Abrams a réussi à réaliser un épisode de transition en respectant les règles mais également en introduisant une nouvelle génération de personnages. Star Wars: Le Reveil de la Force est le 1er épisode d'une nouvelle trilogie et il fallait l'enchaîner correctement avec les précédents.

Qu'on ne s'y trompe pas, cet épisode VII reste un produit ultra-calibré, destiné à plaire à la communauté de fans et à vendre des produits dérivés.
Pas de grosse surprise donc au niveau du scénario. On a même parfois l'impression d'un copier-coller de scènes des films précédents tant les clins d'oeil se font nombreux. 

32 ans se sont écoulés depuis la sortie de l'épisode VI (Star Wars: Le Retour du Jedi) et les acteurs ont donc vieilli en même temps que leurs personnages. Ils ont tous accepté de rempiler et on retrouve donc Han Solo, Chewbacca (qui a pris moins de rides que ses partenaires), Leia, etc. 
Le temps qui a passé est évoqué hors-champs et Abrams filme ces retrouvailles sans ironie et avec beaucoup de douceur. La narration est assez linéaire mais le rythme entre scènes d'action, poursuites spatiales et moments plus calmes est le bon.

Abrams réintègre par ailleurs une dose d'humour très bienvenue, notamment par le personnage de Finn (joué par John Boyega).

La nouvelle génération de personnage est diverse et pleine de possibilités. En confiant ces rôles à des acteurs peu connus du grand public, Abrams fait le bon choix. Daisy Ridley est Rey, une pilleuse d'épave dont on ne connaît pas les origines. Sorte de double de Keira Knightley, elle donne corps à ce personnage principal, féminin et surdoué. 
Le débat porte plutôt sur Adam Driver (vu dans la série Girls, aperçu dans Lincoln) qui joue Kylo Ren, le nouveau méchant et représentant du côté obscur de la Force. Evidemment moins charismatique que Dark Vador, je trouve sa complexité intéressante. Mais elle ne plait pas à tout le monde.
Tout au long de la saga, et cet épisode n'y échappe pas, les personnages évoluent en duo ou en trio, quelles que soient leurs allégeances et ces interactions fonctionnent bien. 

On appréciera d'autant plus ce film qu'on est familier de l'univers Star Wars tant les clins d'oeil scénaristiques et visuels sont nombreux. On est heureux de voir ces souvenirs dépoussiérés même si on peut déplorer un manque d'audace et de nouveautés.

La mission est selon moi accomplie avec une saga qui renaît, un film qui fait le pont avec les épisodes précédents et un spectacle de 2h15 réussi.

La petite anecdote:
Les produits dérivés de Star Wars: Le Reveil de la Force ont déferlé au moment de la sortie du film. En voici parmi les plus étranges: le mascara Star Wars, le raisin Yoda, le dérouleur de scotch C3-PO ou encore le déambulateur...

Note:
4/5
Infos pratiques:
Star Wars: Le Reveil de la Force
sorti le 16 décembre 2015 en France
réalisateur: J.J Abrams
avec: daisy Ridley, John Boyega, Harrisson Ford, Carrie Fisher, Adma Driver
  

mercredi 16 décembre 2015

Hunger Games: La Révolte (Partie 2)


La saga Hunger Games touche à sa fin avec ce 4ème film tiré des 3 romans de Suzanne Collins. Le précédent (Hunger Games: La Révolte (Partie 1)) était ratée: c'était une sorte de très longue bande-annonce pour ce dernier opus.

Tous les districts sont à présent en guerre. Katniss prend la tête de l'assaut final contre le président Snow et le Capitole.

Ayant lu - et apprécié - la trilogie de romans, j'attendais forcément avec impatience le dénouement de la série. Ce qui entraîne souvent des déceptions. Mais ce n'est pas le cas ici, j'ai été plutôt agréablement surprise. Hunger Games: La Révolte (Partie 2) renoue avec l'action et le spectacle. Alors que l'opus précédent était très verbeux, celui-ci est super dynamique. La 3D apporte la touche finale à une mise en scène super maîtrisée qui ne laisse pas de répit au spectateur.

Pas de grande surprise dans le scénario mais le rythme est le bon et on est happés dans l'histoire. Les épisodes romantiques du triangle Katniss/Peeta/Gale sont anecdotiques et c'est tant mieux.
C'est un film guerrier, voire violent. A déconseiller sans doute aux moins de 13 ans. Il s'installe au fur et à mesure un climat d'angoisse urbaine qui fait sursauter souvent. Les décors de guérilla sont impressionnants et cocorico, une partie des scènes a été tournée à Bry sur Marne.

Autre intérêt de la série des Hunger Games: elle a imposé l'idée d'une héroïne féminine, badass et dotée d'un fort libre arbitre. L'aspect psychologique est forcément moins développé que dans les livres mais ça fait du bien de voir un personnage féminin pas cul-cul.
Jennifer Lawrence est devenue depuis le 1er film (2012) une des stars qui compte à Hollywood. Elle donne à Katniss sa complexité et sa plastique (pourtant parfaite) n'est pas plus mise en avant que ça.
Hunger Games: La Révolte (Partie 2) est le dernier film dans lequel apparaît Philip Seymour Hoffman, qui s'est suicidé quelques semaines avant la fin du tournage. 

Certes on est dans des films d'action et de l'entertainment. Mais les Hunger Games ne font pas l'économie de quelques sujets de réflexion intéressants. Le 1er volet se penchait sur la place du spectacle. Cette conclusion, beaucoup plus violente et cruelle, pose la question des responsabilités en temps de guerre, des sacrifices, etc.

On passera donc sur le dénouement un peu mièvre pour rester sur l'impression explosive et réussie de ce Hunger Games: La Révolte (Partie 2).

La petite anecdote:
Des rumeurs courent déjà sur la possibilité de poursuivre la franchise, potentiellement avec un prequel. Jennifer Lawrence a déjà annoncé qu'elle n'y participerai pas.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Hunger Games: La Révolte (Partie 2)
sorti le 18 novembre 2015 en France
réalisateur: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Philip Seymour Hoffman

jeudi 30 avril 2015

Avengers, Age of Ultron


On prend les mêmes, et on recommence! Nouvel opus dans l'univers Marvel (Avengers bien sûr mais aussi les Iron Man, Captain America et Thor), il faut - encore - sauver l'humanité...

Un programme de maintien de la paix dérape et les Avengers (Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, Hulk, Thor et Hawkeye) se retrouvent pour combattre un nouvel ennemi,  Ultron, bien décidé à éradiquer les hommes.

Si vous avez déjà fait votre overdose de super-héros, évitez Avengers, Age of Ultron. Tout y est: les très nombreuses scènes d'action et explosions, les personnages caricaturaux et le scénario qui tient sur un timbre poste. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à Hollywood, mais ils savent faire des films de divertissement. 

Préparez-vous donc à en prendre plein la vue pendant 2h30. C'est long et il y a clairement un passage à vide de presque 45 minutes (quand même...) avec un épisode centré sur Hawkeye qui n'apporte pas grand chose.
Avengers, Age of Ultron est en 3D et le réalisateur Joss Whedon (qui avait déjà réalisé le premier Avengers mais qui a aussi créé la série Buffy contre les vampires ) l'utilise bien. On prend quelques immeubles sur la tête et le poing de Hulk prend une autre dimension. D'une manière générale, les batailles sont encore plus immersives.

La clé du succès du premier Avengers était pour moi son sens de l'humour. Le n°2 a perdu l'effet de surprise mais il reste quelques punchlines bien senties et l'autodérision indispensable pour ne pas rendre le film trop lourd. 

L'histoire laisse la place aux parts d'ombres et aux peurs de chacun de nos héros. C'est malheureusement souvent noyé au milieu de la castagne et on y prête peu attention.
D'autant que le nombre de personnages augmente avec l'apparition des jumeaux Maximoff (Quicksilver et Scarlet Witch). On a donc parfois un impression de grand bazar.

Tout rentre dans l'ordre quand il s'agit de se battre: les scènes d'action sont chorégraphiées au millimètre et c'est assez jouissif. Effets spéciaux et numérique à tous les étages: on est sonné mais bluffé.

Avengers, Age of Ultron n'est pas un film d'acteurs, même si tout le monde tient son rôle sans faiblir. Mention spéciale à James Spader qui endosse la carapace robot du méchant, Ultron et qui parvient à lui donner un aspect humainement menaçant.

Pas de nouveauté dans ce nouveau Marvel mais une recette qui continue de fonctionner.

La petite anecdote:
Le personnage de Quicksilver a fait l'objet d'une bataille légale entre Marvel (pour qu'il apparaisse dans la licence Avengers) et Fox (pour la licence X-Men).
Le personnage est finalement présent dans Avengers, Age of Ultron ainsi que dans X-men, Days of Future Past. 
L'accord trouvé entre les studios est très précis: Quicksilver ne doit pas être présenté comme un mutant dans les films Avengers, ni mentionner le fait que Magneto est son père.
Il ne doit pas être présenté comme faisant partie des Avengers dans un film X-Men  et vice-versa. N'ayant pas pu se mettre d'accord, ce sont deux acteurs différents (Evan Peters et Aaron Taylor-Johnson) qui jouent le même personnage dans les deux films. 
Bref, à moins d'être un fan absolu de comics, on a l'impression que ce sont deux personnages différents qui n'ont rien à voir, sauf qu'ils courent tous les deux très vite.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Avengers, Age of Ultron
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551827&cfilm=198488.html

jeudi 20 novembre 2014

Interstellar


L'espace est à la mode. Après Gravity c'est au tour d'Interstellar de nous faire faire le grand saut dans le vide.
Christopher Nolan est un réalisateur qui peut à peu près tout se permettre. Après la trilogie des  et Inception, il signe ici une odyssée de science-fiction au budget de 165 millions de $.

La vie sur Terre est condamnée et l'homme doit aller chercher au-delà de notre galaxie une autre planète où la vie est possible.

Pas de publicité mensongère, Interstellar est un film de science-fiction. C'est même un film de science-fiction volontairement compliqué. Nolan n'a pas cherché à simplifier à outrance les travaux de l'astro-physicien Kip Thorne qui sont à la base du scénario (le chercheur y a même contribué en tant que consultant). Si vous êtes allergiques aux mots comme "tesseract", "trous noirs" et autres théories sur l'espace temps, fuyez. 
L'art de Nolan est de faire évoluer des personnages de chair et de cœur au sein de ces éléments scientifiques.

La comparaison et les références à 2001 Odyssée de l'Espace  de Kubrick sont nombreuses et inévitables. Les deux films utilisent l'expédition spatiale comme métaphore. Mais les différences sont au moins aussi nombreuses que les ressemblances. Par moment, Interstellar fait d'ailleurs davantage penser à Spielberg (qui a travaillé sur le projet à l'origine): la thématique de la famille, les relations père-fille et d'une manière générale les 50 premières minutes du film qui se passent dans une Amérique profonde sur une Terre revenue aux fondamentaux. 
Ces thèmes sont ce qui rend le film accessible et agréable. Les motivations des personnages ne sont pas uniquement centrés autour de la curiosité scientifique. Certes, ils sont embarqués dans la plus grande aventure spatiale mais ils restent humains, avec leurs élans, leurs amours, leurs principes.

L'autre axe d'Interstellar est celui du temps qui passe. Comme il ne s'écoule pas de la même façon sur toutes les planètes et donc pour tous les personnages, s'engage alors une véritable course contre la montre. L'expression prend un sens littéral quand une heure sur une planète équivaut à sept ans sur une autre.
Les 2h50 que dure le films sont donc à relativiser elles aussi. Certaines scènes tirent clairement en longueur mais n'est-ce pas volontaire de la part de Nolan?...

A film hors-norme, casting hors-norme: Matthew McConaughey (oscarisé pour Dallas Buyers Club) est l'acteur sur-mesure pour ce rôle de cosmonaute fermier. Anne Hathaway (Catwoman dans le dernier Batman de Nolan The Dark Knight Rises) l'accompagne avec douceur et élégance. On se délecte aussi de quelques seconds rôles très agréables pour Michael Caine (qui signe sa 6ème collaboration avec Nolan) et John Lithgow.

Interstellar prendra la tête à quiconque essaiera de comprendre ses fondements scientifiques ou voudra tester leur réalisme. Mais si on parvient à voir ces éléments comme un grand décor, il reste un blockbuster comme on en voit peu aujourd'hui. Très bien filmé et dirigé, avec de nombreuses prises de vues réelles (peu de fonds verts qui rendent souvent un résultat peu crédible), basé sur une histoire originale et pas adapté d'un roman. 
Indéniablement un des grands films de cette année. 

La petite anecdote:
comme pour souligner que les relations père-fille sont au cœur, le nom de code du film a longtemps été Flora's Letter. Flora est le (très joli) prénom de la fille de Christopher Nolan.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Interstellar
sorti le 5 novembre 2014 en France
réalisateur: Christopher Nolan
avec: Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine, Casey Affleck, John Lithgow

mardi 27 mai 2014

Godzilla


Le célèbre monstre japonais est de retour... Après la version (ratée) de Roland Emmerich en 1998, c'est au tour de Gareth Edwards (réalisateur de Monsters sorti en 2010) de livrer son interprétation du mythe. On compte quasiment 30 films mettant en scène ce monstre et autant de mangas, séries et jeux vidéos.

En 1999, le Dr Serizawa découvre aux Philippines une spore préhistorique. Au même moment, un accident conduit à la destruction d'une centrale nucléaire au Japon. 15 ans plus tard, ces événements resurgissent avec l'apparition de monstres.

Le scénario de ce Godzilla est minime est c'est là son principal défaut. S'appuyant pourtant sur un casting honorable (Bryan Cranston, héros de la série Breaking Bad et vu dans Drive , Ken Watanabe, vu dans Inception et Batman Begins et même Juliette Binoche dans un petit rôle), les personnages sont relayés au second plan. ce qui intéresse le réalisateur Gareth Edwards, ce n'est pas les humains et ça se comprend vite. 
On les découvre dans une première partie plutôt bien construite pour mieux les oublier dans la seconde moitié du film, où les rapports humains sont vraiment à la peine.
On n'est pas aidés par Aaron Taylor-Johnson (vu dans Kick-Ass, Savages et Anna Karenine) qui interprète le héros, Ford Brody. Mon camarade de séance ciné a trouvé la bonne métaphore: il joue "comme une tong".

Le scénario est donc très faiblard mais la réalisation est extrêmement maîtrisée: l'intérêt principal de Godzilla est visuel.

Edwards choisit intelligemment de ne pas nous montrer tout de suite les monstres. Il fait monter la tension en nous les dévoilant par petits morceaux, voire en les laissant hors champs. On est vite au cœur de l'action sans pouvoir prendre de recul. En jouant tout au long du film sur les différences d'échelles, le réalisateur livre quelques scènes magnifiques, notamment le saut en parachute au dessus de San Francisco, sur une musique extraite de 2001: L'Odyssée de l'Espace.
Evidemment, les destructions sont nombreuses (c'est pour une fois San Francisco qui fait l'objet de la rage des monstres) et la 3D permet de se lâcher sur les effets spéciaux. Chacun aura son avis sur le style de Godzilla, que de nombreux fans ont trouvé trop gras... Les scènes de bataille tirent parfois en longueur mais c'est aussi ça qu'on vient voir en prenant son billet.

A part un scénario construit, un autre élément fait cruellement défaut à Godzilla: le second degré. Le film, à l'image de son héros, se prend beaucoup trop au sérieux et c'est vite pénible.

Quant au retraitement du mythe et le message que Gareth Edwards veut faire passer, il est loin d'être exploité à fond. Ce Godzilla serait une incarnation de la Nature, plus forte que l'Homme et capable de se rééquilibrer...

On a donc affaire à un blockbuster très premier degré, dont la dimension humaine est réduite à peau de chagrin mais à la mise en scène très réussie. Pas de surprise mais du grand spectacle.

La petite anecdote:
Le directeur de la photographie s'est un jour trompé de plateau dans les studios de Vancouver. Il s'est retrouvé sur le tournage de La Planète des Singes: L'Affrontement qui avait ce jour-là un décor assez similaire.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Godzilla
sorti le 14 mai 2014
réalisateur: Gareth Edwards
avec: Bryan Cranston, Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Juliette Binoche
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540635&cfilm=179616.html 

lundi 26 mai 2014

X-Men, Days of Future Past


En 2011, la franchise X-Men avait pris un nouveau départ avec X-Men: Le Commencement dont l'action se déroulait dans les années 50 et racontait le début de l'aventure. Avec X-Men, Days of Future Past, c'est un nouveau défi pour le réalisateur Bryan Singer qui revient aux commandes: faire le lien entre les deux époques.

Dans un futur apocalyptique, les rares mutants survivants sont traqués par des Sentinelles. Wolverine est alors envoyé dans le passé pour changer les événements qui ont déclenché cette guerre. 

Le voyage dans le temps est probablement l'un des exercices les plus délicats au cinéma. Pour que la narration reste claire et que le spectateur ne se perde pas, il faut que l'écriture du scénario soit très réussie. C'est le cas ici: les atmosphères des deux époques sont très marquée (couleurs pop pour les années 60, noirceur et orages pour le futur) et surtout le processus et suffisamment bien expliqué pour que l'on s'y retrouve sans problème. 

Grâce à ce tour de passe-passe, les deux époques de X-Men (et les deux groupes d'acteurs) cohabitent. Nous avons donc deux Professeurs X (James McAvoy et Patrick Stewart) et deux Magneto (Michael Fassbender et Ian McKellen) qui se font face. De quoi faire plaisir aux fans...
X-Men, Days of Future Past  réunit tous les ingrédients du film grand spectacle de super héros. On y retrouve des personnages familiers dont on découvre de nouvelles facettes (Mystique, Charles Xavier...); on fait la connaissance de nouveaux mutants aux pouvoirs assez cools (Quicksilver qui se déplace 150 fois plus vite que la normale et qui donne à voir une splendide scène en slowmotion). Surtout, on en prend plein la vue.

Les 200 millions de dollars de budget ont été utilisés pour les salaires des nombreuses superstars du casting mais aussi sur les effets spéciaux. La 3D est utilisée à plein et les pouvoirs des mutants prennent une autre dimension grâce à cette technique.
Le film est par ailleurs déjà rentré dans ses frais après une semaine d'exploitation ($ 261 millions de recettes).

L'équipe d'acteurs est à faire pâlir d'envie, tant en quantité pour réaliser ce film chorale qu'en qualité (7 acteurs/actrices ont été nominés et/ou récompensés par un Oscar).
James McAvoy apporte sa touche d'ironie britannique et donne ce brin d'humour indispensable aux films de ce genre. Michael Fassbender a la grande classe et fait trembler quand il faut. Quant à Hugh Jackman, difficile d'imaginer un autre acteur jouer Wolverine. Petit clin d'oeil français puisqu'Omar Sy fait une apparition de quelques minutes.
LA bonne idée casting vient du méchant de service: Bryan Singer a fait appel à Peter Dinklage, connu pour son rôle de Tyrion Lannister dans la série Game of Thrones. 

X-Men, Days of Future Past est une grosse machinerie, très bien rodée, qui nous embarque pour 2h15 dans un spectacle 3D mais aussi dans une histoire fouillée qui met en scène des personnages variés et riches. 
Je recommande vivement de (re)voir X-Men: Le Commencement ou de visionner un résumé (celui-ci est plutôt bien fait) pour se mettre dans le bain, sous peine de rater des références.

Les fans de la franchise X-Men seront donc ravis de voir Bryan Singer reprendre les commandes de ce nouvel opus. Il réussit à garder l'aspect humain au milieu de cet univers pour le moins fantastique. Les thèmes abordés le sont de façon intelligente: le racisme, la radicalisation, la peur de l'autre... Si vous êtes déjà sensible à cet univers, vous serez ravis.

La petite anecdote:
X-Men: Days of Future Past  propose une nouvelle version de l'assassinat de JFK. Un site spécial y est même dédié: http://www.thebentbullet.com/#!/home

Note:
4/5

Infos pratiques:
X-Men: Days of Future Past 
Sorti le 21 mai 2014 en France
réalisateur: Bryan Singer
avec: James McAvoy, Michael Fassbender, Ian McKellen, Hugh Jackman, Patrick Stewart, Jennifer Lawrence

mardi 15 avril 2014

Divergente


Les studios américains ne s'y trompent pas: le public adolescent est rentable. Il est donc largement visé depuis quelques années avec des franchises et séries de 2,3 ou 4 films adaptés de romans à succès. Harry Potter, Twilight et Hunger Games ont engrangé en 15 films plus de 12 milliards de dollars...
C'est donc au tour de la série Divergente de romans de Véronica Roth d'être adaptée au cinéma. 

Le monde post-apocalyptique dans lequel vit Tris est divisé en 5 clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). Quand vient son tour de choisir sa place, elle se rend compte qu'elle ne rentre dans aucune catégorie et qu'elle va devoir trouver sa propre voie.

En se basant sur les best-sellers de Veronica Roth, les studios Summit ne prennent que peu de risques. La base de fans est présence et assure un "buzz" avant même la sortie du film. Et tous les ingrédients sont réunis pour un "young adult movie" pur jus. La réalisation a été confiée à Neil Burger (Limitless) qui a choisi un univers assez sombre et "réaliste" en tournant notamment de nombreuses scènes à Chicago, là où est sensée se dérouler l'action du film. 

On a donc une jeune fille qui se cherche, jouée par Shailene Woodley qu'on avait vu dans The Descendants. Elle doit faire face à des choix et passer des épreuves physiques et psychologiques. Les hormones n'étant jamais loin d'un film pour adulescent, la romance n'est pas loin... Car, côté testostérone, c'est Théo James (vu dans Underworld  et un petit rôle dans la série Downton Abbey) qui incarne le mystérieux instructeur de Tris.

La violence est très (trop) souvent suggérée et la réalisation policée permet au film de rentrer dans le format "film d'ado" mais fait perdre en impact au niveau du message politique qui se cache dans la description des dérives fascisantes de la société de Divergente. 

Certes, Divergente n'est pas un film original. On a souvent l'impression d'avoir déjà vu ça quelque part, notamment dans The Hunger Games. Il n’empêche que c'est un film efficace si on se met dans le bon état d'esprit. La BO faite de titres pop-rock fonctionne plutôt bien et je me suis surprise à m'enthousiasmer pour deux ou trois rebondissements. 
C'est une nouvelle histoire d'initiation, avec ce qu'elle peut comporter de longueurs et de naïveté. Mais Neil Burger crée un univers qui tient la route.

La réussite de Divergente tient dans le fait qu'il nous propose une héroïne qui tient la route, qui prend des coups autant qu'elle en donne et qui n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Les personnages masculins gravitent autour d'elle mais le méchant est une femme (Kate Winslet).

Un peu fade, assez lisse et pas subversif pour deux sous, Divergente n'est pas là pour révolutionner le genre. Il surfe sur une tendance et le fait plutôt bien... Le public cible devrait y trouver son compte.

La petite anecdote:
Si Kate Winslet vous paraît plus ronde que d'habitude dans Divergente c'est tout simplement parce qu'elle était enceinte de 5 mois au moment du tournage. Elle tente (maladroitement) de cacher son ventre à l'aide de dossiers et autres ordinateurs portables.

Infos pratiques:
Divergente
sorti le 9 avril 2014 en France
réalisateur: Neil Burger
avec: Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet

lundi 24 mars 2014

Her


Her est le 4ème long métrage de Spike Jonze (Dans la Peau de John Malkovitch, Max et les Maximonstres), réalisateur prolifique de clips et courts métrages. Il a remporté il y a quelques semaines l'Oscar du meilleur scénario original.

Théodore vit à Los Angeles. Suite à sa rupture avec sa femme, il a du mal à passer à autre chose. Jusqu'au jour où il charge dans son téléphone portable un nouveau système d'exploitation à l'intelligence artificielle, appelée Samantha. Il va tomber sous son charme.

L'idée de départ peut faire peur: un LA futuriste, des robots intelligents dont on tombe amoureux... le risque était grand de tomber dans le ridicule. C'était sans compter sur Spike Jonze qui réussit à construire un monde du futur à la fois chaleureux, cohérent et surtout très probable. Pas de voitures, pas de publicités, des couleurs chaudes: le futur que nous propose le réalisateur n'est pas du tout anxiogène, il ressemble même beaucoup à une grosse barbe à papa...

Le maître mot pour décrire l'ambiance du film est la mélancolie. Cette ville est pleine de solitudes qui se consolent comme elles peuvent avec leurs jeux vidéos et la technologie qui vient à leur secours. Ce qui n'est pas si loin de ce que nous pouvons vivre aujourd'hui...

Le sujet central qui intéresse Jonze c'est le sentiment amoureux. Et plus particulièrement, est-il nécessaire que l'autre ait un corps pour tomber amoureux?
Grâce à un Joaquin Phoenix en grande forme et bien plus souriant qu'à son habitude et surtout grâce à la voix suave et envoûtante de Scarlett Johansson qui incarne littéralement Samantha, on croit en cette histoire sans se poser de question. La technologie n'est pas intrusive et on se surprend même de la facilité avec laquelle on y croit...

La première heure du film explore ces complexités des relations physiques et virtuelles, ce qu'elles engendrent. Est-ce que finalement, l'autre n'est-il pas toujours une représentation dont on tombe amoureux? Le rythme est doux et on s'attache à ces personnages tendres et remplis d'émotions qu'ils découvrent et qui les submergent.
Dans la seconde partie de Her, le scénario perd en intensité et l'ennui s'installe. Dans ce monde en coton où toutes les sensations sont amorties, on peine à voir le relief et même la douleur. Ça devient mou...

Her est un film au style léché. Spike Jonze est ami de longue date des Arcade Fire qui signent la BO. Tout l'identité visuelle du film est également très marquée, entre esthétique hipster et costumes sans cols, sans plis et sans couleur noire. Et le réalisateur frise sans cesse avec le too much: trop de tendresse, trop de jolies petites musiques, trop de pantalons taille haute, pendant 30 minutes de trop.

A voir donc pour le concept et pour écouter Scarlett susurrer des mots doux dans vos oreilles. Vous ne regarderez plus votre iPhone du même oeil...

La petite anecdote:
Les plans de la ville n'ont pas été créés par effets spéciaux mais ont été tournés en décors réals: à Los Angeles et à Shanghaï. C'est en mélangeant les paysages que Jonze obtient son LA du futur.

Infos pratiques:
Her
réal: Spike Jonze
avec: Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19541325&cfilm=206799.html 

jeudi 28 novembre 2013

J'ai été voir... Hunger Games : l'Embrasement


Le 1er volet de la saga Hunger Games, sorti en mars 2012 a suffisamment fédéré le public pour enclencher les suite: des 3 romans de Suzanne Collins seront adaptés 4 films, dont Hunger Games: l'Embrasement est le n°2.

On retrouve Katniss et Peeta à la veille de leur tournée célébrant leur victoire dans les Hunger Games. Mais ce n'est pas un retour à la normale puisqu'une rébellion gronde qui inquiète le Capitole. 

Ce 2ème volet est globalement plus réussi que le 1er. Gary Ross a cédé son siège de réalisateur à Francis Lawrence (I am Legend) qui a fait des choix visuels plus classiques. Exit la caméra à l'épaule, place à des plans larges et des paysages léchés. Le spectateur n'étant plus secoué dans tous les sens, il peut se concentrer sur le fond de l'histoire.

Pendant la première heure, on s'ennuie un peu. Avant de rentrer dans le vif du sujet, on s'attarde à revenir sur le premier épisode et sur les nouveaux protagonistes. Sans doute nécessaire mais un peu long avant que l'action ne démarre vraiment.

L'intérêt principal de ce 2ème volet est l'envergure que prend le personnage de Katniss. La jeune ado victime de son sort laisse la place à un symbole. Elle a mûri et comprend mieux les conséquences de ses actes. Jennifer Lawrence a elle aussi pris une autre dimension depuis mars 2012: un oscar pour Happiness Therapy  et une reconnaissance de tout Hollywood, elle retrouve Katniss et lui donne toute son énergie.

Principale différence pour moi: j'ai lu les romans depuis la sortie du 1er film. Je me suis donc privée des effets de surprise que réserve le scénario. J'étais tout de même curieuse de découvrir à l'écran les trouvailles de l'auteur Suzanne Collins. Et je n'ai pas été déçue: les effets numériques sont de haut niveau. Certaines scènes scènes assez violentes pourront choquer les plus jeunes...

Reste tout de même un problème de rythme assez frustrant. C'est au moment où le film est vraiment lancé qu'il se termine, laissant le spectateur sur sa faim (et accroché pour le n°3...).

Hunger Games: l'Embrasement est un bon film d'action, construit autour d'un personnage central intéressant et agréablement filmé. Une preuve que l'on peut viser un public "young adult" sans le prendre pour des imbéciles.

La petite anecdote:
La responsable des costumes Trish Summerville a sorti une collection de vêtements inspirés du film qu'elle commercialise dans une ligne intitulée "Capitol Costume". Si vous êtes intéressés, sachez que ce n'est pas donné. Ca se passe ici. 

Infos pratiques: 
Hunger Games: l'Embrasement
sorti le 27 novembre 2013 en France
réal: Francis Lawrence
avec: Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Philip Seymour Hoffman
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19536496&cfilm=196666.html



lundi 4 novembre 2013

J'ai été voir... Gravity


"Quand je serai grand, je serai astronaute!" Peut-être le réalisateur Alfonso Cuaron a-t-il repensé à cette phrase en se lançant dans le projet Gravity. Après 5 ans de rédaction du scénario et d'attente pour que les techniques de tournage en 3D correspondent à sa vision, le film arrive sur les écrans et rencontre un énorme succès, qui va sans doute lui ouvrir de nombreuses nominations aux prochains Oscars.

Suite à un accident lors d'une sortie dans l'espace, le Docteur Ryan Stone doit tenter l'impossible pour rentrer sur Terre.

Comment rendre captivantes 1h30 de film avec deux personnages et une liberté de lieux assez limitée? La réponse de Cuaron: en créant une prouesse visuelle, celle de projeter le spectateur dans l'espace et de lui faire perdre tous ses repères. Grâce à la mise au point de nouveaux procédés de tournage, il parvient à nous faire perdre la notion de haut, de bas, de pesanteur, d'effort. Tout est chamboulé et on est rattaché au seul personnage de Stone qui dérive. 

Gravity est tourné en 3D. Une 3D qui donne une profondeur évidente à l'espace, aux paysages de la Terre vue d'en haut mais aussi un aspect très effrayant aux débris et accidents en tous genres. C'est spectaculaire et très bien calculé, aucun détail n'étant laissé au hasard. Même l'ancien astronaute Buzz Aldrin a avoué avoir été bluffé par le réalisme du film.

Le scénario de Gravity est simple et on peut lui reprocher son manque de réalisme. Il a pour principal intérêt d'être concis (1h30 de film, ça devient rare à Hollywood) et donc de ne pas nous perdre en cours de route.
Je n'ai personnellement pas vraiment adhéré à l'odyssée intérieure du Dc Stone qui lui permet de passer au-delà des difficultés. Elle articule le film mais n'en constitue pas pour moi l'intérêt principal.

Sandra Bullock porte le film de bout en bout. Sans livrer la performance du siècle, elle assume d'être la seule source d'attention. Elle incarne avec empathie cette scientifique qui panique et nous emmène dans son ballet en apesanteur.
Georges Clooney fait la version "Objectif Lune" de la publicité pour Nespresso. Autant dire qu'il excelle dans ce rôle.

En voyant Gravity, on entre dans un autre espace. Nos habitudes de spectateurs sont perturbées. Pas de fioriture ou de perte de temps: on garde le souffle coupé depuis le solide plan séquence de démarrage jusqu'au dénouement. La bande-son accompagne très bien les images, à la fois faite de sons métalliques, de percussions et de mélodies plus douces. Dans l'espace, pas de son et c'est donc au rythme de la respiration des astronautes que se déroule l'histoire.

Cuaron a compris que le spectaculaire pouvait être intelligent et qu'il était possible de faire un film visuel sans perdre le suspense et la tension.
Gravity  n'est pas pour moi le chef d'oeuvre annoncé par certains. Mais il est un film à part, une expérience visuelle qui laissera peu de spectateurs indifférents.

La petite anecdote:
La durée du film est de 90 minutes. C'est le temps qu'il faut à la station spatiale internationale (ISS) pour effectuer une rotation autour de la Terre.

Infos pratiques:
Gravity
sorti le 23 octobre 2013 en France
réalisateur: Alfonso Cuaron
avec: Sandra Bullock, George Clooney
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19538824&cfilm=178496.html