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lundi 26 mai 2014

X-Men, Days of Future Past


En 2011, la franchise X-Men avait pris un nouveau départ avec X-Men: Le Commencement dont l'action se déroulait dans les années 50 et racontait le début de l'aventure. Avec X-Men, Days of Future Past, c'est un nouveau défi pour le réalisateur Bryan Singer qui revient aux commandes: faire le lien entre les deux époques.

Dans un futur apocalyptique, les rares mutants survivants sont traqués par des Sentinelles. Wolverine est alors envoyé dans le passé pour changer les événements qui ont déclenché cette guerre. 

Le voyage dans le temps est probablement l'un des exercices les plus délicats au cinéma. Pour que la narration reste claire et que le spectateur ne se perde pas, il faut que l'écriture du scénario soit très réussie. C'est le cas ici: les atmosphères des deux époques sont très marquée (couleurs pop pour les années 60, noirceur et orages pour le futur) et surtout le processus et suffisamment bien expliqué pour que l'on s'y retrouve sans problème. 

Grâce à ce tour de passe-passe, les deux époques de X-Men (et les deux groupes d'acteurs) cohabitent. Nous avons donc deux Professeurs X (James McAvoy et Patrick Stewart) et deux Magneto (Michael Fassbender et Ian McKellen) qui se font face. De quoi faire plaisir aux fans...
X-Men, Days of Future Past  réunit tous les ingrédients du film grand spectacle de super héros. On y retrouve des personnages familiers dont on découvre de nouvelles facettes (Mystique, Charles Xavier...); on fait la connaissance de nouveaux mutants aux pouvoirs assez cools (Quicksilver qui se déplace 150 fois plus vite que la normale et qui donne à voir une splendide scène en slowmotion). Surtout, on en prend plein la vue.

Les 200 millions de dollars de budget ont été utilisés pour les salaires des nombreuses superstars du casting mais aussi sur les effets spéciaux. La 3D est utilisée à plein et les pouvoirs des mutants prennent une autre dimension grâce à cette technique.
Le film est par ailleurs déjà rentré dans ses frais après une semaine d'exploitation ($ 261 millions de recettes).

L'équipe d'acteurs est à faire pâlir d'envie, tant en quantité pour réaliser ce film chorale qu'en qualité (7 acteurs/actrices ont été nominés et/ou récompensés par un Oscar).
James McAvoy apporte sa touche d'ironie britannique et donne ce brin d'humour indispensable aux films de ce genre. Michael Fassbender a la grande classe et fait trembler quand il faut. Quant à Hugh Jackman, difficile d'imaginer un autre acteur jouer Wolverine. Petit clin d'oeil français puisqu'Omar Sy fait une apparition de quelques minutes.
LA bonne idée casting vient du méchant de service: Bryan Singer a fait appel à Peter Dinklage, connu pour son rôle de Tyrion Lannister dans la série Game of Thrones. 

X-Men, Days of Future Past est une grosse machinerie, très bien rodée, qui nous embarque pour 2h15 dans un spectacle 3D mais aussi dans une histoire fouillée qui met en scène des personnages variés et riches. 
Je recommande vivement de (re)voir X-Men: Le Commencement ou de visionner un résumé (celui-ci est plutôt bien fait) pour se mettre dans le bain, sous peine de rater des références.

Les fans de la franchise X-Men seront donc ravis de voir Bryan Singer reprendre les commandes de ce nouvel opus. Il réussit à garder l'aspect humain au milieu de cet univers pour le moins fantastique. Les thèmes abordés le sont de façon intelligente: le racisme, la radicalisation, la peur de l'autre... Si vous êtes déjà sensible à cet univers, vous serez ravis.

La petite anecdote:
X-Men: Days of Future Past  propose une nouvelle version de l'assassinat de JFK. Un site spécial y est même dédié: http://www.thebentbullet.com/#!/home

Note:
4/5

Infos pratiques:
X-Men: Days of Future Past 
Sorti le 21 mai 2014 en France
réalisateur: Bryan Singer
avec: James McAvoy, Michael Fassbender, Ian McKellen, Hugh Jackman, Patrick Stewart, Jennifer Lawrence

lundi 21 octobre 2013

J'ai été voir... Prisoners


Le cinéma n'a pas son pareil pour vous pousser dans vos retranchements. Et les thrillers (réussis) ont cette capacité de vous faire passer par des états d'émotion et de tension qu'on ne vit pas tous les jours. C'est le cas de Prisoners.

Dans une calme banlieue américaine, deux petites filles disparaissent. Alors que l'enquête policière peine à avancer, le père de l'une d'entre elles est persuadé de pouvoir les retrouver lui-même.

Il règne sur Prisoners une atmosphère lourde, humide et poisseuse qui vient tout contaminer: la vie de famille, les relations de couple et de voisinage, la foi, etc. C'est contagieux et le spectateur est vite pris au piège de cet environnement oppressant.
Le cœur de l'enquête provoque d'entrée un malaise: une disparition d'enfants, on imagine difficilement pire. Surtout quand un certaine nombre de personnages assez déséquilibrés font leur apparition.

Le réalisateur Denis Villeneuve (Incendies) réussit un habile tour de force: il nous accompagne dans l'enquête mais il s'en sert surtout pour explorer les failles de ses personnages. Principalement celui de Keller, le père d'une des fillettes (joué magistralement par Hugh Jackman) et celui de l'inspecteur Loki (impeccable Jake Gyllenhaal, qu'on aimerait décidément voir plus souvent).

Grâce à ces deux hommes et à leurs cheminements, on explore des questions sensibles: qu'est-on prêt à faire pour ceux qu'on aime? la douleur peut-elle tout excuser? à quel point la perte d'un être cher nous transforme-t-elle?

De façon élégante mais frontale, Villeneuve mène sa réalisation au millimètre. On pense à Mystic River de Clint Eastwood ou à Gone Baby Gone de Ben Affleck. 
Nous, on s'accroche au siège, parfois en avance sur l'enquête quand le réalisateur nous donne davantage que ce qu'il donne à ses personnages, parfois surpris des retournements de situations, frustrés de ne pas les avoir devinés...

Hugh Jackman (X-Men, Australia) est parfait en père de famille parano et malade de frustration de ne pouvoir agir pour sauver sa fille. Jake Gyllenhaal (Le Secret de Brokeback Mountain, Brothers) incarne l'obstination et le mystère de ce jeune flic qui résout toutes ses enquêtes. Ils sont entourés par d'autres très bons acteurs comme Paul Dano (Little Miss Sunshine, Elle s'appelle Ruby) et Viola Davis (La Couleur des Sentiments).

Prisoners est donc un thriller très réussi, qui tient en haleine pendant 2h30, dominé par deux acteurs en grande forme et dont le scénario très abouti risque de vous empêcher de dormir pour quelques nuits.

La petite anecdote:
Prisoners n'est pas vraiment un film sponsorisé par l'office du tourisme mais si le climat et la verdure du film vous tentent, sachez qu'il a été tourné dans la banlieue est d'Altlanta et dans les environs de Stone Mountain dans l'état de Géorgie.

Infos pratiques:
Prisoners
sorti le 9 octobre 2013 en France
réalisateur: Denis Villeneuve
avec: Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Paul Dano
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19536953&cfilm=180887.html