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vendredi 29 juillet 2016

Tarzan


La légende de Tarzan.Légende, rien que ça. Voici donc la version 2016 de l'histoire du Roi de la Jungle.

Revenu vivre en Angleterre, Tarzan / Lord Greystoke est sollicité pour revenir en Afrique en tant qu’émissaire du Commerce. 

Ce Tarzan est conçu comme la suite d'un film qu'on ne verra jamais. Plutôt que de revenir sur l'histoire originale, David Yates (qui a notamment réalisé les quatre derniers Harry Potter) a choisi de raconter un nouveau chapitre. La narration est donc entre-coupée de flashes qui nous distillent les informations importantes de la fameuse légende. Le procédé n'est pas plus gênant que ça, il coupe cependant un peu le rythme par ailleurs soutenu.

Le personnage de Tarzan est filmé comme un super-héros primaire. Pas besoin de cape mais il communique avec les animaux, ce qui est un super-pouvoir plutôt pratique dans la jungle. Comme pour Superman ou Thor, les studios ont jugé qu'une musculature de body-builder était indispensable pour le rôle...
Aleksander Skarsgard a donc fait un régime draconien pour atteindre un physique à la limite de l'humain. Les abdos de Tarzan sont malheureusement à peu près le seul intérêt du film.

Les effets numériques pour représenter les animaux manquent de finition, la travelings incessants et inutiles donnent le tournis, l'histoire est simpliste et cul-cul. Dans les points positifs: les paysages splendides filmés au Gabon.

Qui dit budget à 180 millions de dollars dit casting costaud. Outre Aleksander Skarsgard, encore relativement anonyme (même si son père Stellan Skarsgard a, lui, été vu entre autres dans Melancholia, Millenium, etc.) on compte Christoph Waltz qui rejoue encore le même rôle (comme dans Inglorious Basterds, Django Unchained, Spectre). 
Margot Robbie (révélée par Le Loup de Wall Street et qu'on verra prochainement dans Suicide Squad) prête son joli minois à Jane, plus rebelle que demoiselle en détresse. On en vient à se dire qu'on préférerait la légende de son point de vue. 
Enfin Samuel L. Jackson est en charge de la dose humoristique.

On a la désagréable sensation que le film a peu à peu échappé au réalisateur et qu'un tas d'autres personnes ont eu leur mot à dire. Trop 1er degré et trop "propret", la légende se dégonfle...

La petite anecdote:
Pour filmer les déplacements de liane en liane, un trapéziste du Cercle du Soleil a été sollicité.

Note:
1.5/5


Infos pratiques:
Tarzan
sorti le 6 juillet 2016 en France
Réalisateur: David Yates
avec: Aleksander Skarsgard, Margot Robbie, Christoph Waltz, Samuel L. Jackson
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563732&cfilm=209062.html 

mercredi 2 mars 2016

The Revenant


Il est de ces films qu'on va voir pour répondre à une question: "Alors, Léo, il le mérite son Oscar ?"

1823, au début de l'hiver dans une Amérique sauvage, un groupe de trappeur échappe à une attaque d'Indiens et bat en retraite. Leur éclaireur, Hugh Glass tombe entre les pattes d'un ours et est grièvement blessé.

Alejandro Gonzalez Innaritu (réalisateur de Babel, Birdman) adapte - et prend de nombreuses libertés - le roman de Michael Punke qui relate l'histoire vraie et parfois difficilement croyable de Hugh Glass. 
The Revenant est une démonstration de force. Uniquement filmé en lumières naturelles, le travail du chef opérateur Emmanuel Lubezki (qui collabore également avec Terrence Malik) est bluffant. Il lui a par ailleurs valu l'Oscar de la meilleure photo.

Les scènes d'action sont dantesques, en particulier (mais pas uniquement) cette fameuse scène d'attaque d'ours. Mangez peu avant votre séance, The Revenant flirte parfois avec le gore.
Les longs plans séquences ne nous laissent aucun répit. On est happés dans cette nature hostile et pourtant tellement majestueuse, face à ces personnages aux réactions viscérales.

A la vue de la bande-annonce, je craignais une longue errance métaphysique dans les plaines enneigées. Cet aspect spirituel est présent mais le rythme ne manque pas. On est même souvent surpris de la tournure que prennent les événements.

The Revenant n'est pas seulement un film de vengeance, ce n'est pas non plus seulement une grande épopée ou une démonstration de survie. C'est un peu tout ça à la fois.
Le but d'Inarritu est de mettre l'homme à nu et d'observer ses réactions. Alors il ne ménage personne: il brutalise ses personnages autant que les spectateurs. On ne ressort pas indemne de The Revenant.

On peut reprocher au scénario d'enchaîner les événements les plus improbables. Il est vrai qu'au bout de 2h30 on se demande encore ce qui va tomber sur la tête de ce pauvre Glass.
C'est là que la dimension spirituelle prend le relais. Au travers de scènes de rêves mais aussi au travers de sa douleur physique, le personnage rampant et bavant passe petit à petit à un autre stade. A la fois sauvage et très pur.

The Revenant repose sur les épaules de Léonardo Di Caprio qui a enfin décroché l'Oscar du Meilleur Acteur pour ce rôle. Peu de mots: il laisse parler pour lui la puissance de son jeu. Et ça marche. On peut débattre pour savoir si c'est son meilleur rôle (je ne pense pas) mais la récompense cette année est méritée.
2015 était l'année Tom Hardy: Mad Max: Fury Road  a fait un carton au box-office et a raflé 6 Oscars, dans Legend il interprétait les 2 rôles principaux. Il est ici entier et donne toute sa puissance physique au rôle de salopard.

The Revenant est un magnifique objet esthétique. Il secoue et interroge. On a au final le sentiment d'avoir assisté à un grand poème: pas besoin d'en comprendre tous les sens cachés pour le trouver beau.

La petite anecdote:
Si vous voulez faire croire que vous avez vu The Revenant c'est de la scène de l'ours dont il vous faudra parler (comme la "scène de l'ascenseur" dans Drive).
Pour en savoir plus sur cette scène et savoir comment elle a été tournée, c'est ici.

Note:
4/5

Infos pratiques:
The Revenant
sorti le 24 février 2016 en France 
réalisateur: Alejandro Gonzalez Inarritu
avec: Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson


jeudi 30 avril 2015

Avengers, Age of Ultron


On prend les mêmes, et on recommence! Nouvel opus dans l'univers Marvel (Avengers bien sûr mais aussi les Iron Man, Captain America et Thor), il faut - encore - sauver l'humanité...

Un programme de maintien de la paix dérape et les Avengers (Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, Hulk, Thor et Hawkeye) se retrouvent pour combattre un nouvel ennemi,  Ultron, bien décidé à éradiquer les hommes.

Si vous avez déjà fait votre overdose de super-héros, évitez Avengers, Age of Ultron. Tout y est: les très nombreuses scènes d'action et explosions, les personnages caricaturaux et le scénario qui tient sur un timbre poste. Cependant, on peut reprocher beaucoup de choses à Hollywood, mais ils savent faire des films de divertissement. 

Préparez-vous donc à en prendre plein la vue pendant 2h30. C'est long et il y a clairement un passage à vide de presque 45 minutes (quand même...) avec un épisode centré sur Hawkeye qui n'apporte pas grand chose.
Avengers, Age of Ultron est en 3D et le réalisateur Joss Whedon (qui avait déjà réalisé le premier Avengers mais qui a aussi créé la série Buffy contre les vampires ) l'utilise bien. On prend quelques immeubles sur la tête et le poing de Hulk prend une autre dimension. D'une manière générale, les batailles sont encore plus immersives.

La clé du succès du premier Avengers était pour moi son sens de l'humour. Le n°2 a perdu l'effet de surprise mais il reste quelques punchlines bien senties et l'autodérision indispensable pour ne pas rendre le film trop lourd. 

L'histoire laisse la place aux parts d'ombres et aux peurs de chacun de nos héros. C'est malheureusement souvent noyé au milieu de la castagne et on y prête peu attention.
D'autant que le nombre de personnages augmente avec l'apparition des jumeaux Maximoff (Quicksilver et Scarlet Witch). On a donc parfois un impression de grand bazar.

Tout rentre dans l'ordre quand il s'agit de se battre: les scènes d'action sont chorégraphiées au millimètre et c'est assez jouissif. Effets spéciaux et numérique à tous les étages: on est sonné mais bluffé.

Avengers, Age of Ultron n'est pas un film d'acteurs, même si tout le monde tient son rôle sans faiblir. Mention spéciale à James Spader qui endosse la carapace robot du méchant, Ultron et qui parvient à lui donner un aspect humainement menaçant.

Pas de nouveauté dans ce nouveau Marvel mais une recette qui continue de fonctionner.

La petite anecdote:
Le personnage de Quicksilver a fait l'objet d'une bataille légale entre Marvel (pour qu'il apparaisse dans la licence Avengers) et Fox (pour la licence X-Men).
Le personnage est finalement présent dans Avengers, Age of Ultron ainsi que dans X-men, Days of Future Past
L'accord trouvé entre les studios est très précis: Quicksilver ne doit pas être présenté comme un mutant dans les films Avengers, ni mentionner le fait que Magneto est son père.
Il ne doit pas être présenté comme faisant partie des Avengers dans un film X-Men  et vice-versa. N'ayant pas pu se mettre d'accord, ce sont deux acteurs différents (Evan Peters et Aaron Taylor-Johnson) qui jouent le même personnage dans les deux films. 
Bref, à moins d'être un fan absolu de comics, on a l'impression que ce sont deux personnages différents qui n'ont rien à voir, sauf qu'ils courent tous les deux très vite.

Note:
3/5

Infos pratiques:
Avengers, Age of Ultron
sorti le 22 avril 2015 en France
réalisateur: Joss Whedon
avec: Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Mark Ruffalo
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19551827&cfilm=198488.html

mardi 16 décembre 2014

Le Hobbit: la Bataille des Cinq Armées


Dernier chapitre des aventures en Terre du Milieu. Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson clôt ici celle du Hobbit (qui, chronologiquement, se situe avant) et livre un grand spectacle en forme de bouquet final. 

Le dragon Smaug est réveillé et s'attaque à Laketown. La Montagne Solitaire sinsi débarrassée de son gardien cracheur de feux attire de nombreuses convoitises: les Nains qui retrouvent leur royaume, mais aussi les Elfes, les Humains, les Orques, les Gobelins. C'est la bataille des Cinq Armées qui se prépare.

Si vous ne plongez pas avec plaisir dans les univers d'heroic fantasy, que les oreilles pointues et les pieds poilus ne vous évoquent rien et que vous ne rêvez pas de chevaucher un élan ou un gros sanglier, vous risquez fort de ne pas apprécier ce Hobbit. L'aventure en Terre du Milieu a démarré il y a plus de 15 ans pour le réalisateur Peter Jackson: cet épisode la termine et y rend hommage. 
Faisant chronologiquement le lien entre les deux séries de films, les clins d’œil et indices sont nombreux et mentionnent des éléments qu'on retrouve dans Le Seigneur des Anneaux.

Jackson ne s'attarde d'ailleurs pas à résumer la situation au démarrage du film: on est immédiatement plongés dans le vif du sujet, quasi exactement où nous l'avions laissé à la fin de l'épisode précédent (Le Hobbit: La Désolation de Smaug). 
Cela nous place tout de suite dans le bain: Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est un film d'action. En 2h40 de film, Peter Jackson met en scène une immense chorégraphie de guerre visuellement très réussie.
Il alterne habilement entre les grands angles permettant d'imaginer l'ampleur de la bataille et les duels au corps à corps. C'est un grand ballet et on sort de ces 45 minutes de bataille comme après une longue apnée.

Ce focus sur l'action se fait malheureusement au détriment de l'histoire et des personnages. Sorti du champs de bataille, le scénario est réduit à pas grand chose. Le roi nain Thorïn a la folie des grandeurs et les elfes vient des histoires d'amour très clichés. 
Les fans du roman de Tolkien pourront jouer au jeu des différences car certaines libertés ont été prises pour l'adaptation. Difficile de faire autrement quand on sait que le roman ne fait que 300 pages. En tirer une matière riche pour trois longs-métrages relève du défi.

Pour filmer la trilogie des Hobbit, Peter Jackson a utilisé la technologie HFR qui filme en 48 images par seconde, soit le double de la vitesse normale au cinéma. On repère tout de suite un changement tant la sensation de vertige est forte. Lors des scènes d'action, tout va très (trop) vite et on se fatigue rapidement. Surtout, on détecte les effets spéciaux et les scènes tournées sur fonds vert et c'est assez gênant.
La 3D, elle, est bien utilisée et donne aux combats une intensité impressionnante.

Enfin, il a manqué pour moi ce petit côté humoristique qui faisait qu'on s'attachait aux personnages. Martin Freeman qui joue Bilbo est le seul à apporter une dose de second degré. On retrouve cependant avec plaisir les personnages familiers de Gandalf, Galadriel, Elrond, etc. 

Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées est une grande fresque, un spectacle d'action frénétique pour lequel le réalisateur a donné le meilleur de sa capacité à chorégraphier les scènes d'action. Il reste cependant un film assez plat en terme d'histoire et cliché dans ses thématiques.
Pour les courageux et les fans, il faudra attendre la version director's cut en DVD prévue en novembre 2015: avec 30 minutes supplémentaires, le film prendra peut-être une autre dimension.

La petite anecdote:
Pour la promotion du film, c'est le dragon Smaug lui-même qui a participé à l'émission américaine The Colbert Report. On y apprend qu'il vote plutôt à droite et qu'il n'est pas très en phase avec les dragons de Game of Thrones.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Le Hobbit: La Bataille des Cinq Armées
sorti le 10 décembre 2014 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freenman, Richard Armitage, Ian McKellen, Orlando Bloom, Evangeline Lily



mercredi 16 juillet 2014

Dragons 2


Vacances d'été obligent, c'est la saison des films d'animation et autres dessins animés. Me voici donc chaussant mes lunettes 3D pour ce 2ème volet de la saga Dragons (en VO How to train your Dragon ).

Après avoir convaincu le village de Berk que les vikings et les dragons peuvent vivre ensemble, Harold et Krokmou explorent de nouveaux territoires. Ils découvrent alors une grotte remplie de dragons et d'autres surprises.

Les studios Dreamworks (Shrek) avaient frappé un grand coup en 2010 avec le premier Dragons qui avait rencontré un succès public et critique. Le réalisateur Dean De Blois n'est plus accompagné de son co-scénariste Chris Sanders, parti s'occuper des Croods. Il a donc négocié seul le passage de l'adolescence au début de l'âge adulte pour ses héros. Tous les personnages ont 5 ans de plus et font face à de nouveaux défis.

Dragons 2 est tout d'abord réussi au niveau visuel. Dès la scène d'ouverture de course à dos de dragon, on est littéralement plongés dans l'action grâce à une 3D utilisée très judicieusement. Les paysages sont magnifiques et colorés, l'univers des dragons fantaisiste mais très agréable.

Dragons 2 est donc beau mais il est surtout riche. Il s'agit d'un récit d'apprentissage, qui s'appuie sur un héros suffisamment complexe pour être intéressant. Les autres personnages qui l'entourent sont aussi intéressants et évoluent de façon subtile. On est loin des caricatures brutes et des leçons de morale. Le scénario des Dragons 2 est dense mais très bien écrit. On y parle de responsabilités, de devoir vivre à la hauteur de ce que nos parents attendent de nous, de ce que signifie protéger les siens mais aussi de l'amitié.

On notera tout de même quelques longueurs dans les scènes d'action qui m'ont un peu perdue.
L'humour, ingrédient indispensable pour moi aux films d'animation, est présent mais pas 100% réussis. Certains running gags sont même assez lourds.

En empruntant des références allant du Seigneur des Anneaux (les scènes de bataille) aux films d'animation de Miyasaki (l'apparition du Dragon Rider dans les nuages), Dean De Blois crée une identité propre, qui détache Dragons 2 des autres films d'animation. 
On est pas éblouis ou émerveillés comme dans certains Pixar (les premiers...) mais il s'agit d'un film honnête et touchant, qui fait confiance au spectateur pour interpréter les messages qu'il véhicule. 

Ajoutez qu'il plaira aux petits et aux grands et vous avez là un film d'aventure parfaitement taillé pour l'été.

La petite anecdote:
A votre avis, quel animal a servi d'inspiration pour Krokmou, le dragon de Harold?
Il s'agit du chat du superviseur de l'animation... Il devait initialement ressembler à une panthère, mais il a été décidé de l'adoucir.

Note
3.5/5

Infos pratiques:
Dragons 2
sorti le 2 juillet 2014 en France
réalisateur: Dean De Blois
avec les voix de: Jay Baruchel, Cate Blanchett, Gerard Butler

mardi 27 mai 2014

Godzilla


Le célèbre monstre japonais est de retour... Après la version (ratée) de Roland Emmerich en 1998, c'est au tour de Gareth Edwards (réalisateur de Monsters sorti en 2010) de livrer son interprétation du mythe. On compte quasiment 30 films mettant en scène ce monstre et autant de mangas, séries et jeux vidéos.

En 1999, le Dr Serizawa découvre aux Philippines une spore préhistorique. Au même moment, un accident conduit à la destruction d'une centrale nucléaire au Japon. 15 ans plus tard, ces événements resurgissent avec l'apparition de monstres.

Le scénario de ce Godzilla est minime est c'est là son principal défaut. S'appuyant pourtant sur un casting honorable (Bryan Cranston, héros de la série Breaking Bad et vu dans Drive , Ken Watanabe, vu dans Inception et Batman Begins et même Juliette Binoche dans un petit rôle), les personnages sont relayés au second plan. ce qui intéresse le réalisateur Gareth Edwards, ce n'est pas les humains et ça se comprend vite. 
On les découvre dans une première partie plutôt bien construite pour mieux les oublier dans la seconde moitié du film, où les rapports humains sont vraiment à la peine.
On n'est pas aidés par Aaron Taylor-Johnson (vu dans Kick-Ass, Savages et Anna Karenine) qui interprète le héros, Ford Brody. Mon camarade de séance ciné a trouvé la bonne métaphore: il joue "comme une tong".

Le scénario est donc très faiblard mais la réalisation est extrêmement maîtrisée: l'intérêt principal de Godzilla est visuel.

Edwards choisit intelligemment de ne pas nous montrer tout de suite les monstres. Il fait monter la tension en nous les dévoilant par petits morceaux, voire en les laissant hors champs. On est vite au cœur de l'action sans pouvoir prendre de recul. En jouant tout au long du film sur les différences d'échelles, le réalisateur livre quelques scènes magnifiques, notamment le saut en parachute au dessus de San Francisco, sur une musique extraite de 2001: L'Odyssée de l'Espace.
Evidemment, les destructions sont nombreuses (c'est pour une fois San Francisco qui fait l'objet de la rage des monstres) et la 3D permet de se lâcher sur les effets spéciaux. Chacun aura son avis sur le style de Godzilla, que de nombreux fans ont trouvé trop gras... Les scènes de bataille tirent parfois en longueur mais c'est aussi ça qu'on vient voir en prenant son billet.

A part un scénario construit, un autre élément fait cruellement défaut à Godzilla: le second degré. Le film, à l'image de son héros, se prend beaucoup trop au sérieux et c'est vite pénible.

Quant au retraitement du mythe et le message que Gareth Edwards veut faire passer, il est loin d'être exploité à fond. Ce Godzilla serait une incarnation de la Nature, plus forte que l'Homme et capable de se rééquilibrer...

On a donc affaire à un blockbuster très premier degré, dont la dimension humaine est réduite à peau de chagrin mais à la mise en scène très réussie. Pas de surprise mais du grand spectacle.

La petite anecdote:
Le directeur de la photographie s'est un jour trompé de plateau dans les studios de Vancouver. Il s'est retrouvé sur le tournage de La Planète des Singes: L'Affrontement qui avait ce jour-là un décor assez similaire.

Note:
2.5/5

Infos pratiques:
Godzilla
sorti le 14 mai 2014
réalisateur: Gareth Edwards
avec: Bryan Cranston, Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Juliette Binoche
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540635&cfilm=179616.html 

vendredi 21 mars 2014

Monuments Men


Alors qu'il devait à l'origine sortir en décembre 2013, à temps pour les Oscars 2014, Monuments Men a finalement été repoussé pour  peaufiner la post-production. Cela n'a malheureusement pas suffi et le film est très décevant.

La Seconde Guerre Mondiale touche à sa fin quand l'armée américaine met en place une unité constituée d'experts chargés de sauver et récupérer les œuvres d'art menacées par les nazis.

Basé sur le roman du même nom de Robert E. Edsel, lui-même inspiré de la réalité, Monuments Men raconte une vaste chasse au trésor au sein d'une Europe très chaotique.
C'est surtout une nouvelle variation sur le thème "les Américains sauvent le monde". Ils sauvent ici les chefs-d’œuvres artistique et donc les plus belles réalisations de l'humanité.

En chef d'équipe, et réalisateur, George Clooney arbore fièrement la moustache et l'uniforme américain. Avec lui, Matt Damon, peu crédible en conservateur du MET, Cate Blanchett, sensée camper une française (!). Au moins John Goodman et Bill Murray font-ils sourire alors que Jean Dujardin est une mauvaise caricature de français (un genre d'OSS 117 sans le second degré...)

Le principal problème de Monuments Men est le sentiment qui s'en dégage: tout ça n'est pas vraiment sérieux. En privilégiant un ton léger et un humour de potes, Clooney essaie de rendre le sujet plus proche des spectateurs. Il donne surtout un vrai sentiment d'amateurisme. Ou quand les Américains peuvent filmer la guerre comme si c'était une attraction de Disneyland. Même les moments dramatiques sont joués avec un côté "je m'en foutiste" très désagréable. 

Comme tout film, Monuments Men ne nous présente qu'une vision partielle de la réalité et de nombreux experts dénoncent les intentions américaines qui ne souhaitaient pas forcément rendre toutes les œuvres à leurs propriétaires (souvent juifs) mais surtout remplir les musées outre-Atlantique.

Quoi qu'il en soit, la matière avait davantage de potentiel. C'est en fait un Ocean's Eleven en 1945 avec l'accent mit sur les vannes et l'esprit de groupe plutôt que sur le fond de l'histoire. Le sujet méritait plus de sérieux et de profondeur.

Monuments Men n'est donc pas crédible et son mérite principal est d'attirer l'attention sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre Mondiale. Pour en savoir plus, mieux vaut ouvrir quelques bouquins, le roman d'origine Monuments Men ou Le Pillage de l'Europe  par Lynn H. Nicholas.

La petite anecdote:
"L'Autel de Gand", aussi appelé "Adoration de l'Agneau mystique", de Jan Van Eyck, est l'une des oeuvres les plus volées de l'histoire de l'humanité: achevé en 1432, le retable est caché en 1566 pour éviter que les calvinistes ne le brûlent. Entre 1784 et 1860, deux panneaux de l'autel disparaissent mystérieusement, alors qu'on 1794 l'armée française enlève quatre panneaux représentant l'Adoration de Paris. En 1816-17, six des panneaux restants sont achetés par Frédéric-Guillaume III de Prusse, avant que le retable ne soit totalement séparé entre 1914-1918. Berlin, Bruxelles et Gand se partagent l'oeuvre. Les Allemands volent deux panneaux en 1914 avant de les rendre en 1923. Enfin, une demande de rançon est faite suite au vol de deux panneaux en 1935: l'un est rendu comme gage de bonne foi, l'autre est encore aujourd'hui porté disparu. ce sont les nazis qui volent le reste et le cachent dans les mines de sel d'Altaussee avant que les Monuments Men ne découvrent la cachette. 

Infos pratiques:
Monuments Men
sorti le 12 mars 2014 en France
réalisateur: George Clooney
avec: George Clooney, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Cate Blanchett, Jean Dujardin
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540445&cfilm=201434.html 

lundi 23 décembre 2013

J'ai été voir... Le Hobbit - La Désolation de Smaug


Et revoilà le hobbit! Sortie du 2ème épisode de la nouvelle trilogie a adaptée de l'oeuvre de Tolkien par le réalisateur Peter Jackson.

Le 1er opus Le Hobbit - Un Voyage Inattendu, sorti fin 2012, racontait comment Bilbo Saquet partait pour une aventure en compagnie de Gandalf le magicien et une compagnie de 13 nains. 
Nous les retrouvons donc en chemin et approchant du but. Ils vont cependant rencontrer quelques obstacles tels qu'un groupe d'orques, une famille d'araignées géantes, des elfes peu coopératifs et... le dragon Smaug.

Comme beaucoup de n°2 dans les trilogies, La Désolation de Smaug a un challenge difficile à relever: continuer de surprendre alors que les spectateur connaît les personnages et sait que l'histoire ne va pas se terminer à la fin du film. Les 2èmes épisodes sont souvent les plus faibles à cause de cet effet de transition. Ils sont nécessaires pour progresser dans le récit mais moins intéressants que les autres.
La Désolation de Smaug n'échappe pas à la règle et paraît bien long car il ne parvient pas à se renouveler.

J'aime l'heroic fantasy et j'ai beaucoup apprécié l'univers des Seigneurs des Anneaux. Mais au bout de 5 films dans cet environnement, il en faut plus que quelques elfes et de beaux paysages (certes à couper le souffle) pour maintenir l'intérêt du spectateur.

Peter Jackson n'a en revanche pas loupé ses scènes d'action. A 2 ou 3 reprises La Désolation de Smaug s'emballe et la 3D aide à rendre les décors encore plus spectaculaires.
Jackson installe aussi quelques intrigues parallèles pour nourrir le récit. Gandalf part par exemple de son côté à la recherche du Nécromancien. Cela donne lieu à une scène limite psychédélique. Pour les fans du Seigneur des Anneaux on retrouve quelques indices et références au conflit qui est conté dans la première trilogie. 

Alors que le romand d'origine Bilbo le Hobbit était destiné aux enfants, le triptyque de Peter Jackson prend une teinte très sombre au fur et à mesure de son déroulement. Bilbo expérimente les pouvoirs de l'anneau, Thorin devient inquiétant, le roi des elfes est clairement dérangeant et d'une manière générale, on sent une menace s'installer sur la Terre du Milieu.

Martin Freeman est toujours impeccable en Biblo mais bien moins drôle que dans le 1er film. On retrouve avec plaisir Orlando Bloom en Legolas, accompagnée d'Evangeline Lily, ravissante Tauriel au cœur d'artichaut.

La Désolation de Smaug  est donc un beau spectacle visuel, à voir dans une grande salle si possible. Les presque 3h sont longues mais quelques scènes très réussies feront passer le temps... jusqu'au n°3, prévu en 2014.

La petite anecdote:
Lors d'une projection au Brésil, une des enceintes du cinéma n'a pas résisté au 1er hurlement de Smaug le dragon et a explosé... 

Infos pratiques:
La Désolation de Smaug
sorti le 11 décembre 2013 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Richard Armitage, Orlando Bloom, Christopher Lee, Evangeline Lily
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540033&cfilm=186918.html

mercredi 23 octobre 2013

J'ai été voir... L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet


L'univers de certains réalisateurs est reconnaissable entre mille et ils ne cessent pourtant de nous surprendre. C'est le cas de Wes Anderson (Fantastique Mr Fox, Moonrise Kingdom) et aussi de Jean-Pierre Jeunet. Avec L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet, il signe un nouveau chapitre de sa filmographie, après Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, Un Long Dimanche de Fiançailles ou La Cité des Enfants Perdus.

T.S. Spivet a 10 ans et c'est un inventeur de génie. Pour recevoir un prestigieux prix que lui remet le Smithsonian de Washington, il entreprend de traverser seul les Etats-Unis.

Les films de Jeunet sont des contes: leur ton, leurs couleurs vives, leurs personnages biscornus sont des éléments de fable. Le réalisateur raconte ses histoires d'une façon bien particulière, avec une voix off et en s'attardant sur des détails dont on décline ensuite un trait de personnalité. Si vous n'aimez pas ce style, L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet va vous paraître surfait...
En adaptant le roman de Reif Larsen, Jeunet laisse libre court à sa créativité visuelle, tout en s'appuyant sur un scénario à l'histoire simple mais solide.

La première partie du film est consacrée à une description très fine et pleine d'humour de la vie de T.S. sur son ranch avec sa famille. C'est dans un second temps qu'il entreprend son "extravagant voyage", qui donne lieu à un road-trip, à des paysages superbes et à une galerie de personnages dont on se régale.

Grâce à une 3D relief très poussée et techniquement impeccable (il a utilisé les caméras de James Cameron Avatar) Jeunet met en action des dessins, des insectes et tout un relief de manière vraiment bluffante. Les prairies, le linge qui sèche, les croquis d'inventions: tout prend littéralement une autre dimension.

Quant au ton du film, il est fantaisiste mais aborde tout de même des sujets graves comme le deuil et la culpabilité. C'est un (petit) reproche, cette partie émotionnelle est souvent laissée au second plan.
Surtout, L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet est un film positif, qui met le sourire aux lèvres en mettant en action les rêves d'un petit garçon.

Ce jeune inventeur, c'est Kyle Catlett, révélation de 10 ans qui donne à T.S Spivett son côté à la fois caricatural (ses mimiques sont géniales) et touchant de sincérité.
Helena Bonham Carter (Harry Potter, Alice au Pays des Merveilles) est pour une fois presque normale en maman entomologiste qui crame tous ses grille-pains.

L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet est loufoque mais délicat, frappé mais poétique, dur mais doux, drôle mais émouvant.
Un petit bijou qui pourrait bien m'avoir réconcilié avec la 3D. 

La petite anecdote:
Les magnifiques paysages du Montana ont en réalité été tournés au Canada, entre Alberta et Montréal.

Infos utiles:
L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S Spivet
sorti le 16 octobre 2013 en France
réalisateur: Jean-Pierre Jeunet
avec: Helen Bonham Carter, Kyle Catlett, Judy Davis, Dominique Pinon
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537595&cfilm=199842.html 

lundi 24 juin 2013

J'ai été voir... Man of Steel


Dans la série des films-déceptions: Man of Steel, le nouveau Superman.
Ça partait pourtant plutôt bien: une bande-annonce explosive, un méchant qui a de la gueule et un costume sans slip rouge (visible).

Clark Kent a grandi au Texas mais il vient d'ailleurs. Il a été envoyé par son père depuis la planète Krypton. Sur Terre, il a développé des pouvoirs. Il doit maintenant révéler au monde qui il est afin de poursuivre son destin de héros.

Le Superman de DC Comics a déjà eu droit à plusieurs adaptations au ciné (sans compter les séries TV): en 1978 Richard Donner a signé Superman avec Christopher Reev et Marlon Brando; en 2006, c'est Bryan Singer qui réalise Superman Returns, échec au box-office.

Sept ans plus tard, Man of Steel est un reboot (on reprend tout depuis le début) réalisé par Zack Snyder (300, Sucker Punch).

On se retrouve donc sur Krypton, là où tout à commencé. Snyder a la volonté de reprendre les choses à la base pour reconstruire les fondations d'un super-héros mythique.

Le principal problème de Man of Steel est son manque flagrant de profondeur. Il semblerait que les 225 millions de dollars de budget soient exclusivement passés dans les effets spéciaux et que l'achat d'un scénario ait été oublié.

On comprend vite que la question centrale que se pose Clark/Kal-El/Superman est la suivante: les Terriens sont-ils prêts à m'accueillir en héros (voire en demi-dieu si possible)?
On est très loin de la noirceur et de la complexité d'un Batman version Christopher Nolan (qui a pourtant participé à l'écriture de ce Superman...). On reste ici au degré zéro de la profondeur psychologique: ce qui est censé rendre un super-héros attachant, ce sont ses failles, ses doutes. Ici, c'est aussi lisse que son armure...

Si un film de super-héros ne réinvente pas l'univers dans lequel il évolue, alors quel est son intérêt? Les séries Batman et Spiderman de Nolan et Sam Raimi avaient réussi à créer leur propre atmosphère autour du personnage de départ.
Ici, Snyder se contente d'appuyer sur les détonateurs...

Si vous recherchez un film bourré d'explosions, Man of Steel devrait vous plaire. Pendant les 2h20 que durent le film, on compte au moins 50 buildings détruits, plusieurs vaisseaux spatiaux démolis, une planète qui implose, des stations-services qui s'envolent en morceaux et même la gravité terrestre qui est chamboulée.
Mais tout ça est creux: pourquoi ces super-héros s'acharnent à se taper dessus puisqu'on sait qu'ils sont aussi forts l'un que l'autre?...

L'humour sauve souvent ce type de films (Avengers ou Iron Man par exemple). Man of Steel se prend au sérieux et en devient vite ridicule.

Ajoutez à cela d'énormes incohérences et des personnages secondaires inutiles ou sous exploités et vous obtenez un spectacle qui,certes, fait beaucoup de bruit, mais qui est très indigeste.

Pour finir sur les interprètes: Henry Cavill ressemble à une poupée en plastique ridiculement gonflée et avec une unique expression faciale. Amy Adams joue une Loïs Lane à la fois énervante et pas crédible. Russel Crowe est Jor-El (le papa kryptonien de Superman) et se contente de froncer les sourcils.
Le seul qui s'en sort est Michael Shannon (Take Shelter) qui incarne le méchant Général Zod, personnage un peu creusé qui croit se battre pour la bonne cause.

Même en débranchant son cerveau -ce qui était mon intention en entrant dans la salle- pas moyen de trouver ce Man of Steel autre chose qu'énervant tant il est creux. 
Finalement, peut-être Superman aurait-il dû garder son slip rouge par dessus son pantalon....

La petite anecdote:
Ben Affleck avait tout compris. Il a décliné l'offre de réaliser Man of Steel et a déclaré: "Une des leçons que j'ai apprises est de ne pas choisir un film en fonction de son budget, du montant dépensé pour les effets spéciaux ou des lieux de tournage. C'est l'histoire qui est importante."

Infos pratiques:
Man of Steel
sorti le 19 juin 2013 en France
réalisateur: Zack Snyder
avec: Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams, Russell Crowe, Kevin Costner
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19516753&cfilm=123348.html


mercredi 20 mars 2013

J'ai été voir... Le Monde Fantastique d'Oz


75 ans après Le Magicien d'Oz de Victor Fleming avec Judy Garland et ses souliers rouges, Disney nous propose de replonger au pays de la Cité d'émeraude, de suivre la rouge aux briques jaunes, version 2013 en 3D.

Oscar Diggs est un magicien véreux dans un cirque ambulant au Kansas. Emporté par une tornade, il se retrouve au pays d'Oz où il est accueilli en héros, tout le monde le prenant pour le Magicien annoncé par une prophétie. Il va devoir ruser pour faire face aux aventures que lui réserve ce monde fantastique.

C'est Sam Raimi, le réalisateur de Evil Dead et de la trilogie Spider Man qui a accepté le challenge. En effet, Le Magicien d'Oz est un immense classique, incontournable dans la culture américaine. La comédie musicale Wicked adaptée elle-aussi des romans de L. Frank Baum est un grand succès à Broadway depuis 10 ans. Il était donc périlleux de s'attaquer à ce monument.

La première bonne idée est de situer l'histoire avant celle du Magicien d'Oz: on va comprendre comment ce fameux magicien est arrivé en Oz. Sans connaître l'univers du film de 1938, on n'est pas perdu puisqu'on reprend les choses depuis le début. Evidemment, les clins d'oeil sont nombreux et on perd beaucoup de références et de subtilités si on n'a vu ni le film original, ni la comédie musicale...

Disney est aux commandes et Le Monde Fantastique d'Oz est un film familial: les sorcières ne font pas trop peur, la morale est sauve et on imagine déjà l'attraction "Oz" qui pourrait arriver dans les parcs Disneyland... C'est bien à du grand spectacle qu'on assiste et on comprend où passent les 215 millions de $ de budget: explosions de couleurs, effets spéciaux à grande échelle, casting de stars. Le sens du merveilleux qui est la marque de fabrique de Disney est là, sans aucun doute. Le Monde Fantastique d'Oz est d'une richesse visuelle à couper le souffle, surtout grâce à une très bonne utilisation de la 3D. 
Enfin de la 3D Haribo, digne de la pub qui passe pendant les bandes-annonces et qui vous envoie des bonbons au visage. 
Le pays d'Oz se prête très bien à cette technologie avec ces bébêtes qui volent, ces créatures effrayantes qui surgissent de nulle part et ces tours de magie destinés à impressionner les foules. Sam Raimi s'est entouré des meilleurs dans le domaine (Andrew L. Jones a par exemple travaillé sur Avatar) et le résultat est à la hauteur.

Au-delà des aspects techniques, le réalisateur fait preuve d'une ingéniosité et d'une subtilité agréable. Par exemple, le premier quart d'heure du film, qui se déroule dans le monde réel, au Kansas, est en noir et blanc, au format 4/3. On ne passe à la couleur et au format Scope qu'en arrivant en Oz. Le Mande Fantastique d'Oz est un film pour enfants qui ne prend pas les enfants pour des idiots... Si on creuse un peu, on peut même y voir une réflexion sur comment être honnête dans un monde constitué d'illusions.

Cependant, l'ensemble manque de relief: le scénario est très linéaire et les surprises peu nombreuses. On ne tremble pas vraiment,ni de peur, ni d'émotion, et les bons sentiments (n'oublions pas qu'on est chez Disney) peuvent finir par être dégoulinant.

James Franco est le magicien Oz et je l'ai trouvé un peu raide, comme s'il n'avait pas vraiment osé se lâcher. Les sorcières sont, elles,  réussies, chacune dans leur genre: Michelle Williams, blonde et gentille, Rachel Weisz, brune et puissante, et Mila Kunis, sexy et brûlante.
Les personnages les plus aboutis sont ceux en animation: le singe Finley (doublé par Zach Brass, de Scrubs) qui apporte l'élément comique et la poupée de porcelaine qui va apprendre l'importance de la confiance à notre magicien égoïste.

Le Monde Fantastique d'Oz paraîtra sans doute simplet aux plus cyniques des spectateurs. Mais le cinéma est aussi là pour raconter de belles histoires. Quand en plus, il vous en met (littéralement) plein la vue, on ne boude pas son plaisir et on retombe en enfance.

La petite anecdote:
Ne vous attendez pas à voir les souliers rouges à paillettes de Dorothy ou le grain de beauté de la sorcière verte de Wicked. Ces images sont la propriété de la MGM et Disney n'avait donc pas le droit de les intégrer dans Le Monde Fantastique d'Oz...

Infos pratiques:
Le Monde Fantastique d'Oz
sorti le 13 mars 2013 en France
réalisateur: Sam Raimi
avec: James Franco, Michelle Williams, Mila Kunis, Rachel Weisz, Zach Brass
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19433612&cfilm=180655.html 

lundi 14 janvier 2013

J'ai été voir... L'Odyssée de Pi


Sorti peu avant les fêtes de fin d'année, L'Odyssée de Pi a refait parler de lui cette semaine avec ses 11 nominations aux Oscars (dont meilleur film et meilleur réalisateur). Un des points forts de ce film étant son esthétique, je vous conseille vivement, si vous souhaitez le voir, de le voir sur grand écran.

Suite au naufrage du cargo qui les transportait à travers le Pacifique, un jeune indien doit cohabiter sur un canot de sauvetage avec... un tigre.

Et là vous vous dites: 2h de tête à tête entre un ado et un animal de cirque, ça va être long. Vous n'aurez pas complètement tort. Et pourtant, Ang Lee a fait de ces deux heures un spectacle assez époustouflant.

Adapté du roman philosophique de Yann Martel, L'Odyssée de Pi présentait de nombreux défis. Comment raconter l'aventure et le cheminement essentiellement psychologique d'un personnage livré à lui-même? Le réalisateur de Tigre et Dragon et Le Secret de Brokeback Mountain a choisi de s'appuyer sur la 3D pour nous plonger dans un univers où les limites entre rêve et réalité sont très floues.

Au coeur de L'Odyssée de Pi est la question de la foi: en quoi croire? en soi? en Dieu? en quel Dieu? et à quoi se raccroche-t-on quand tout s'écroule?
Dans une première demi heure de film un peu laborieuse mais nécessaire pour la présentation des personnages, le jeune Pi (qui a encore les pieds au sec) découvre et essaie plusieurs religions. Plus tard, confronté à des épreuves quasi insurmontables, il y fait face en sollicitant ses différentes croyances mais également en acceptant de les remettre en cause. Avec lui, on se questionne, on désespère, on trouve des ressources inattendues. Tout évènement au milieu de l'océan prend des proportions gigantesques. 

La grande réussite de L'Odyssée de Pi est visuelle. Plus l'écran sera grand, plus vous pourrez plonger dans ces belles images. Les scènes de tempête sont terrifiantes. La 3D rend les vagues et la violence des éléments très palpables. Même par temps calme, c'est magique: les méduses sont phosphorescentes, le ciel et l'océan se mélangent et on perd les limites...
Le fameux tigre (nommé Richard Parker...) qui accompagne Pi lors de cette odyssée est impressionnant lui-aussi. Ang Lee a eu l'intelligence de ne pas lui enlever son côté dangereux. Richard Parker n'est pas une peluche, pas un animal domestique, et c'est justement en cela qu'il aide Pi à survivre.

Là où j'ai été déçue, c'est qu'Ang Lee nous laisse un peu seuls dans cette Odyssée. Certes, chacun interprétera l'histoire avec ses propres croyances et références. Mais à force de ne pas prendre position, le résultat peut paraître flou et dispersé. En voulant parler de la foi mais éviter la leçon de théologie, le réalisateur nous pose les questions de bien belle manière mais ne nous aide pas vraiment à trouver les réponses.

L'Odyssée de Pi est une réussite au niveau esthétique. J'ai cependant raté l’embarquement sur le questionnement mystique...
Cela dit, je vais lire le roman très prochainement, peut-être qu'il me permettra d'y voir plus clair.

La petite anecdote:
La grande majorité du tournage a eu lieu dans un bassin de 70 mètres de long, 30 mètres de large, 4 mètres de profondeur et d'une contenance de 6,4 millions de litres.

Infos pratiques:
L'Odyssée de Pi
sorti le 19 décembre 2012 en France
réalisateur: Ang Lee
avec: Suraj Sharma, Irrfan Khan, Adil Hussain, Gérard Depardieu
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19407006&cfilm=54343.html 

mercredi 19 décembre 2012

J'ai été voir... Le Hobbit: Un Voyage Inattendu


D'après le titre, ce voyage est inattendu. Ce n'est pas le cas du film qui est en préparation depuis des années et dont la gestation a connu de nombreux rebondissements (conflit sur les droits d'auteur, grève des scénaristes, presque faillite de la MGM, etc.). Après avoir été pendant quelques temps dans les mains du réalisateur Guillermo Del Toro (Hellboy, Le Labyrinthe de Pan), c'est finalement Peter Jackson himself qui repasse derrière la caméra.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est adapté du 1er roman que J.R.R. Tolkien Bilbo le Hobbit a écrit dans les années 1920 pour divertir ses propres enfants. Ce roman lui servira de base pour la trilogie Le Seigneur des Anneaux, plus sombre et plus complexe, qui connaîtra un succès planétaire, en librairie et au cinéma (3 films, 30 nominations, 17 oscars).

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu est donc le 1er volet d'une nouvelle trilogie où l'on suit Bilbo Baggins, hobbit de la Comté emmené presque malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de treize nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire pour reconquérir le trésor gardé par le dragon Smaug.

Le roman original ne dépassant pas 300 pages, j'avais des doutes sur la possibilité de le transformer en trois films de 3h. Et pourtant, ça marche. Peter Jackson a intelligemment choisi d'intégrer des éléments seulement évoqués dans le roman et d'autres qu'il avait omis dans sa trilogie Le Seigneur des Anneaux

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu plaira donc sans doute aux fans de la 1ère trilogie qui retrouveront avec plaisir l'atmosphère et même certains personnages de la Terre du Milieu. Les références et les clins d'oeil sont nombreux, et parfois exagérés. Cela crée en revanche l'agréable sensation de revenir après 10 ans dans un pays qu'on avait beaucoup aimé lors d'une première visite.
Les liens avec Le Seigneur des Anneaux sont d'ailleurs plus profonds que les allusions. On remonte littéralement 60 ans avant le début de La Communauté de l'Anneau et on comprend comment certaines choses se sont mises en place (comment Bilbo a-t-il récupéré l'anneau, les prémices du retour de Sauron, etc.).
Pour ceux qui n'avaient pas adhéré à l'univers en revanche, je doute qu'ils trouvent leur compte ici.

Les paysages de la Nouvelle-Zélande sont toujours aussi magnifiques filmés par l'enfant du pays. Certaines scènes sont franchement impressionnantes visuellement, des batailles souterraines aux orages en montagnes, on s'accroche plus d'une fois à ses lunettes 3D. Même si on n'a plus l'effet de surprise, l'univers de Tolkien vu par Peter Jackson est toujours aussi bluffant et détaillé.

Le ton général de ce Hobbit: Un Voyage Inattendu est une bonne surprise: gai et léger, drôle sans être grotesque ou caricatural.
Martin Freeman qui interprète Bilbo apporte une touche britannique bienvenue et subtile. Il fait évoluer ce personnage central qui n'a pas demandé à prendre part à cette aventure mais qui y adhère car elle le transforme.
Les nains, quant à eux, n'endossent pas le rôle de bouffon qu'avait Gimli dans Le Seigneur des Anneaux. Ils sont 13, tous différents, le réalisateur nous les présente et nous les rend attachants. Thorin, leur chef, joué par Richard Armitage est franchement charismatique et incarne un nouveau héros.
On est même contents de retrouver Gollum, qui n'est pas encore tombé complètement du côté obscur de la force. Andy Serkis donne de nouvelles facettes à ce personnage qui est sans aucun doute l'un des plus intéressants de la Terre du Milieu.

Le Hobbit: Un Voyage Inattendu permet donc des retrouvailles très agréables, sous forme de grand spectacle, épique et majestueux.

La petite anecdote:
Les acteurs Ian Holm (Bilbo âgé), 81 ans et Christopher Lee (Saroumane), 90 ans ont tourné leurs scènes dans les studios londoniens Pinewood: leur état de santé ne leur permettait pas le voyage jusqu'en Nouvelle Zélande.

Infos pratiques:
Le Hobbit: Un Voyage Inattendu
sorti le 12 décembre 2012 en France
réalisateur: Peter Jackson
avec: Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Hugo Weaving, Cate Blanchett, Andy Serkis
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19404061&cfilm=119089.html