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vendredi 29 juillet 2016

Tarzan


La légende de Tarzan.Légende, rien que ça. Voici donc la version 2016 de l'histoire du Roi de la Jungle.

Revenu vivre en Angleterre, Tarzan / Lord Greystoke est sollicité pour revenir en Afrique en tant qu’émissaire du Commerce. 

Ce Tarzan est conçu comme la suite d'un film qu'on ne verra jamais. Plutôt que de revenir sur l'histoire originale, David Yates (qui a notamment réalisé les quatre derniers Harry Potter) a choisi de raconter un nouveau chapitre. La narration est donc entre-coupée de flashes qui nous distillent les informations importantes de la fameuse légende. Le procédé n'est pas plus gênant que ça, il coupe cependant un peu le rythme par ailleurs soutenu.

Le personnage de Tarzan est filmé comme un super-héros primaire. Pas besoin de cape mais il communique avec les animaux, ce qui est un super-pouvoir plutôt pratique dans la jungle. Comme pour Superman ou Thor, les studios ont jugé qu'une musculature de body-builder était indispensable pour le rôle...
Aleksander Skarsgard a donc fait un régime draconien pour atteindre un physique à la limite de l'humain. Les abdos de Tarzan sont malheureusement à peu près le seul intérêt du film.

Les effets numériques pour représenter les animaux manquent de finition, la travelings incessants et inutiles donnent le tournis, l'histoire est simpliste et cul-cul. Dans les points positifs: les paysages splendides filmés au Gabon.

Qui dit budget à 180 millions de dollars dit casting costaud. Outre Aleksander Skarsgard, encore relativement anonyme (même si son père Stellan Skarsgard a, lui, été vu entre autres dans Melancholia, Millenium, etc.) on compte Christoph Waltz qui rejoue encore le même rôle (comme dans Inglorious Basterds, Django Unchained, Spectre). 
Margot Robbie (révélée par Le Loup de Wall Street et qu'on verra prochainement dans Suicide Squad) prête son joli minois à Jane, plus rebelle que demoiselle en détresse. On en vient à se dire qu'on préférerait la légende de son point de vue. 
Enfin Samuel L. Jackson est en charge de la dose humoristique.

On a la désagréable sensation que le film a peu à peu échappé au réalisateur et qu'un tas d'autres personnes ont eu leur mot à dire. Trop 1er degré et trop "propret", la légende se dégonfle...

La petite anecdote:
Pour filmer les déplacements de liane en liane, un trapéziste du Cercle du Soleil a été sollicité.

Note:
1.5/5


Infos pratiques:
Tarzan
sorti le 6 juillet 2016 en France
Réalisateur: David Yates
avec: Aleksander Skarsgard, Margot Robbie, Christoph Waltz, Samuel L. Jackson
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563732&cfilm=209062.html 

jeudi 3 décembre 2015

007 Spectre


James Bond revient pour son 27ème film au service de sa Majesté. Sam Mendes (American Beauty, Les Noces Rebelles), qui avait déjà réalisé Skyfall, reprend la réalisation et nous plonge cette fois dans les tentacules du Spectre.

Après les événements de Skyfall, James Bond poursuit un indice venu du passé et réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation secrète.

Daniel Craig enfile le costume de Bond pour la 4ème fois et comme pour tous nouveau James Bond, les attentes étaient fortes.

La scène d'ouverture à Mexico, long plan séquence d'action ayant nécessité 1500 figurants costumés, magnifiquement filmée, nous met dans le vif du sujet.
Puis suit un générique (les génériques des 007, toute une institution!) mêlant flammes, torse nu de James et tentacules... bof...

La suite du scénario est décevante. En voulant creuser la part d'ombre des personnages, l'intrigue est délaissée et on reste clairement sur sa faim. Pas de belle scène d'action, pas vraiment de tension, tout est très téléphoné.
A vouloir rendre hommage à la saga, de nombreuses scènes copient des épisodes précédents et renforcent de sentiment de déjà vu.

Ancrer James Bond dans le XXIème siècle n'est pas tâche aisée tant il est un symbole d'une époque. C'est pourtant pour moi une erreur que de lui associer une équipe (Q, MoneyPenny, M) qui lui donne un côté Mission Impossible loin du mythe de l'agent secret qui agit seul.
Il manque même l'ingrédient indispensable: cet humour british décalé si caractéristique.

Visuellement, on croirait qu'on se balade dans une succession de publicités. C'est joli mais le placement produit est omniprésent (téléphones, boissons, voitures). Quand James descend d'un train dans le désert, c'est une pub Louis Vuitton...

Un James Bond se mesure à la hauteur de son méchant. Christopher Waltz est le méchant attitré (Inglorious Basterds, Django Unchained) et ne parvient pas ici à donner à Oberhauser l'envergure nécessaire. 
Daniel Craig reste dans son interprétation très fermée et taiseuse de Bond. Et honnêtement, ça commence à être lassant.
La James Bond Girl de ce Spectre est Léa Seydoux (La Vie d'Adèle, Saint Laurent) que je trouve sans charisme et tellement fade. Monica Bellucci a une scène de 5 minutes et la surpasse largement.

Bref, un James Bond pas surprenant et qui laisse donc sur sa faim... Serait-il temps de sonner la fin de l'aire Craig?

La petite anecdote:
Qui dit James Bond, dit belles voitures. Aston Martin en l'occurrence.
Ce sont pas moins de 32 millions d'euros qui ont été consacrés au budget "destruction de voitures"! 7 des 10 Aston Martin n'ont en effet pas survécu au tournage... 

Note:
2/5


Infos pratiques:
007: Spectre
sorti le 11 novembre 2015 en France
réalisateur: Sam Mendes
avec: Daniel Craig, Léa Seydoux, Christopher Waltz


lundi 21 janvier 2013

J'ai été voir... Django Unchained


Le réalisateur de Pulp Fiction est de retour et, en grand fan de cinéma, il s'attaque à un nouveau genre. Préparez-vous pour un western spaghetti version Tarantino.

Au Texas, deux ans avant la Guerre de Sécession. Le Dc Schultz, chasseur de prime allemand, achète l'esclave Django pour l'aider à identifier et éliminer les frères Brittle. Il lui promet la liberté. Va naître un partenariat entre les deux hommes qui va les mener jusqu'à la plantation Candyland pour secourir la femme de Django.

Tarantino utilise les codes du western pour aborder un thème sensible, celui de l'esclavage. Et si Django Unchained est largement réussi, c'est parce que le réalisateur évite avec soin les pièges et cliches pourtant faciles.
Du western-spaghetti, il garde quelques images: les cow-boys au soleil couchant, les fusillades aux six coups, quelques classiques de musique country. En rendant hommage à ce style, il nous laisse des repères.
Mais, pas de doute possible, on est bien chez Tarantino. Explosions de dynamite et d'hémoglobine, humour décalé et références pop cachées dans tous les coins, rien ne manque. Y compris une bande-son qui mélange hip-hop, country et musique "classique" de cinéma.
En revanche, tout semblé plus maîtrisé, un peu comme si le réalisateur avait pris conscience de ce qui fait sa signature mais qu'il est là pour raconter une histoire. On n'échappe pas au zooms, ralentis et incrustations de texte mais ils sont rares et à propos.

Son sujet, Tarantino l'aborde avec subtilité, ce qui n'est généralement pas sa marque de fabrique. Pas de manichéisme: les blancs ne sont pas tous des pourris et certains noirs sont pire que leurs maîtres. Grâce à ces personnages nuancés, le propos et le film prennent du relief.

Le casting est tout simplement génial et Tarantino en tire le meilleur. 
On retrouve Christophe Waltz, oscarisé pour Inglorious Basterds et son phrasé millimétré. Il forme un duo d'enfer avec Jamie Foxx. Là c'est une très bonne surprise car j'avais jusqu'à présent l'image d'un acteur un peu bling-bling. Il progresse ici avec son personnage et prend au fur et à mesure de l'ampleur jusqu'à un final héroïque.
Di Caprio a enfin un rôle de méchant à la hauteur de son talent. Délicieusement détestable, ses joutes verbales avec Waltz sont jouissives.
Enfin Samuel L. Jackson est magistral en esclave plus esclavagiste que les blancs. Sa complicité avec Tarantino est sans doute à l'origine de cette performance et on se régale.

Django Unchained combine une équipe d'acteurs visiblement heureux d'être là, un réalisateur en pleine possession de sa technique et de son style et un scénario intelligent. On a donc un film équilibré, drôle, explosif et qui porte un regard différent sur un sujet pas évident à traiter.

Un Tarantino assagi mais qui n'a pas oublié ce qui l'éclate et ce qu'on aime dans son cinéma.
Django Unchained fait partie de ces films qui vous rappelle pourquoi vous aimez aller au ciné. 

La petite anecdote:
Le cheval que monte Jamie Foxx est le sien. En bon texan, l'acteur est un cavalier très à l'aise et il a réalisé lui-même ses cascades.

Infos pratiques:
Django Unchained
sorti le 16 janvier 2013 en France
réalisateur: Quentin Tarantino
avec: Christoph Waltz, Jamie Foxx, Leonardo Di Caprio, Samuel L. Jackson

jeudi 15 décembre 2011

J'ai été voir... Carnage


Suite à une violente dispute entre deux enfants, leurs parents se rencontrent pour s'expliquer. Malgré les bonnes intentions affichées au départ, la situation va évidemment dégénérer et les personnages vont peu à peu dévoiler leurs vrais visages.

Carnage est une adaptation de la pièce de théâtre Le Dieu du Carnage de Yasmina Reza (qui cosigne d'ailleurs le scénario du film).
C'est donc un huis-clos: l'action se déroule dans une seule pièce et on ne quitte pas les personnages de l'heure et demi que dure le film. Cette limitation de l'espace crée de fait une proximité avec l'histoire.

Le casting est la raison n°1 pour aller voir ce film: il réunit la crème de la crème... Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly: soit 4 Oscars (plus une nomination pour le seul des quatre qui ne l'a pas eu), 2 Golden Globe et quelques Emmys qui pourraient trôner sur le manteau de la cheminée de l'appartement new-yorkais dans lequel se déroule Carnage.
On se régale de voir ces quatre-là monter progressivement dans les tours...
Kate Winslet est une hystérique qui a quelques soucis avec son estomac.
Jodie Foster en bobo qui craque et essaie de calmer tout ce petit monde.
John C. Reilly passe d'abord pour un gentil mais se révèle finalement être froid et désabusé.
Et que Christoph Waltz est bon pour jouer les personnages détestables! Il campe là un avocat sans scrupule a qui on a constamment envie de mettre des baffes.

Polanski a réuni les quatre acteurs pendant 2 semaines avant le début du tournage pour qu'ils maîtrisent parfaitement leurs répliques et répètent ensemble, comme pour une pièce de théâtre.

Le rythme du film est soutenu et on en sort un peu lessivé. Mais la tension monte progressivement et surtout les dynamiques entre les personnages changent tout au long du film et les cartes sont redistribuées à chaque fois. Le tout étant saupoudré de scènes vraiment drôles...

Quant aux sujets abordés (sommes-nous vraiment civilisés? quelle est la part de monstre en nous?), ils peuvent tous nous toucher et le film nous pousse à nous poser ces questions. Ces thèmes ont une résonance encore plus personnelle pour Polanski et cela rend Carnage encore plus puissant.

La petite anecdote:
L'appartement dans lequel se déroule l'action de Carnage a été construit en studio à Bry-sur-Marne, en région parisienne.

Infos pratiques:
Carnage
sorti le 7 décembre 2011 en France
réalisateur: Roman Polanski
avec: Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz, John C. Reilly
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19245502&cfilm=183445.html