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lundi 14 octobre 2013

J'ai été voir... Parkland


Passé plutôt inaperçu, le premier film de Peter Landesman vaut pourtant le détour, apportant un éclairage différent sur l'un des faits divers les plus connus du XXème siècle.

22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy est en visite à Dallas et reçoit plusieurs balles. Pendant qu'il est accompagné aux urgences de l'hôpital Parkland, l'enquête autour de son assassinat démarre.

Parkland retrace les événements du 22 novembre et des 3 jours qui ont suivi en s'attardant sur des personnages touchés directement par l'événement: l'équipe médicale de l'hôpital, l'équipe du FBI chargée de l'enquête, le cinéaste amateur qui a filmé la scène avec sa caméra 8mm...

C'est donc un film choral, sans personnage principal mais avec plusieurs morceaux d'histoire qui s'entrechoquent. On est plongés au coeur de l'action, aux côtés de ceux qui la vivent.
Le choix de filmer caméra à l'épaule s'explique sans doute par cette volonté d'immersion. Cela crée cependant une instabilité des images qui peut rapidement donner la nausée. D'autant que les scènes sanguinolentes à l'hôpital ne sont pas vraiment édulcorées...

En multipliant les points de vue, Landesman crée une certaine confusion car il passe rapidement d'un protagoniste à l'autre. En se contentant de cette position de témoin, il ne propose aucune explication et ne rouvre pas l'enquête sur l'assassinat de JFK. Il raconte les détails, ces petites anecdotes auxquelles on n'a jamais réfléchi. Il replace ainsi cet événement historique dans un contexte humain et nous montre comment il a marqué les gens qui l'ont vécu.

Pas de grande performance mais un casting au sein duquel vous reconnaîtrez quelques visages. Zac Efron (Paperboy) ne prononce que quelques phrases et fait donc un jeune médecin crédible; Paul Giamatti (Cosmopolis, Les Marches du Pouvoir) joue le cinéaste amateur qui se retrouve malgré lui auteur d'images qui le dépassent. C'est surtout Jacki Weaver (Happiness Therapy, Animal Kingdom) qui se démarque et qui donne à la mère d'Oswald un côté frapadingue jouissif tout en posant le doute sur la culpabilité de son fils.

Parkland nous pousse donc à regarder d'un autre oeil ces images que l'on a vu 100 fois. Nous nous sommes approprié cet événement a posteriori. Landesman nous montre comment les principaux intéressés ont réagi sur le coup. 
Ce n'est ni polémique, ni exceptionnel mais haletant et pertinent.

La petite anecdote:
Alors que le casting compte plusieurs visages connus, notamment au travers de séries TV (Tom Welling de Smallville, Colin Hanks vu dans Dexter, etc.) les personnages les plus connus ont été interprétés par des acteurs inconnus. Les rôles du vice-président Lyndon Johnson et de Jacki Kennedy sont joués par deux texans anonymes avant Parkland.

Infos utiles:
Parkland
sorti le 2 octobre 2013 en France
réalisateur: Peter Landesman
avec: Zac Efron, Paul Giamatti, Billy Bob Thorton, Jacki Weaver
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537306&cfilm=211703.html

lundi 29 octobre 2012

J'ai été voir... Paperboy


Paperboy avait créé en mai dernier des remous du côté de la Croisette où il était présenté en compétition officielle du Festival de Cannes. Nombreux étaient ceux qui se demandaient tout simplement comment il avait pu être sélectionné... L'une des raisons est sans doute son casting, qui garantissait une montée des marches glamour à souhait (Nicole Kidman, Matthew McConaughey, Zac Efron).
J'avais donc envie de m'en faire ma propre opinion.

Paperboy raconte l'enquête menée par un journaliste (Matthew McConaughey) pour innocenter un pauvre type (John Cusack) accusé un peu précipitamment du meurtre d'un policier. Accompagné par son petit frère (Zac Efron) et à la demande de la copine du taulard (Nicole Kidman), il va donc revenir dans sa ville natale et tenter de comprendre ce qui s'est passé.

Le premier mot qui vient à l'esprit en parlant de Paperboy est "trash". Le réalisateur Lee Daniels (qui avait réalisé Precious en 2009) ne nous épargne rien et prend même un malin plaisir à nous mettre en face de scènes difficiles à digérer.

Le scénario n'est d'ailleurs qu'un prétexte pour explorer les facettes déviantes et les parts d'ombre des personnages. Du coup, on est vite perdus dans l'histoire et on a la sensation de perdre le fil, ce qui est désagréable. Trop de petits morceaux d'histoire(s) qui ne s'emboîtent pas bien et qui ne sont pas aboutis.

Esthétiquement, Daniels pousse les références aux années 70 à fond. Couleurs criardes, costumes bariolés, musique: pas de doute, on est en 1969.
Les thèmes abordés sont d'époque également: racisme sous-jacent, homosexualité refoulée, etc. Sauf qu'à vouloir parler de trop de choses, le film s'éparpille et perd de son intensité.

En revanche, il reste une constante qui dure 1h50: le côté poisseux.
L'action se situe en Floride, dans ce sud bouseux des Etats-Unis qui a été filmé tant de fois qu'on a l'impression de le connaître sans y avoir pourtant jamais mis les pieds. L'atmosphère, chaude et humide, vous prend à la gorge et ne vous lâche pas.
Le bayou de Floride étant visiblement un endroit approprié pour grandir avec une case en moins, les protagonistes de Paperboy sont tous un peu barrés.

Pour les interpréter, Lee Daniels a mis sur pied un casting solide (et glamour donc) qui le suit sans complexe dans ses scènes tordues.
Tout d'abord Nicole Kidman qui écorche avec plaisir son image de diva froide en interprétant avec une grande fragilité ce personnage très ambigu de bimbo vieillissante obsédée par les prisonniers. Trois scènes ont particulièrement fait couler l'encre des critiques, pendant lesquelles elle flirte avec l'exhibitionnisme (on vous laissera identifier les moments en question).
John Cusack, malgré peu de temps à l'écran, campe un type complètement taré, le cheveux sale, l'esprit tordu et le regard vide.
Zac Efron, lui, saute dans la cour des grands. Après les films pour adolescentes qui l'ont lancé (High School Musical 1,2 et 3, 17 ans encore ou Happy New Year), il ne livre pas ici la performance du siècle mais donne à voir un potentiel. On a en revanche de temps en temps l'impression que Daniels le filme davantage pour ses abdos et pour le fantasme qu'il représente que pour son jeu.
Enfin Matthew McConaughey, encore une fois en grande forme, nous régale avec le personnage de Ward Jansen, très juste dans sa recherche des limites. On ne se lasse pas de le voir aussi souvent en 2012 (Magic Mike, Killer Joe et bientôt Mud de Jeff Nichols)

C'est donc là que se trouve le plaisir, un peu pervers, du spectateur de Paperboy: voir de bons acteurs aller jusqu'au bout du challenge que leur propose un réalisateur qui n'a pas peur de faire dans le cra-cra. Même si le résultat est globalement vulgaire et dérangeant, il est aussi captivant. 
Pervers on vous dit...

La petite anecdote
Paperboy est un roman de Peter Dexter, inspiré d'une histoire vraie.
L'adaptation a longtemps été entre les mains de Pedro Almodovar, qui a finalement décliné.

Infos pratiques
Paperboy
sorti le 17 octobre 2012 en France
réalisateur: Lee Daniels
avec: Nicole Kidman, Matthew McConaughey, John Cusack, Zac Efron
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19400197&cfilm=193901.html


lundi 2 janvier 2012

J'ai été voir... Happy New Year


1er janvier, 14h: j'ouvre un oeil.
Léger mal de tête.
Petit déjeuner et envoi massif de messages de bonne année.
Puis?... Ciné bien sûr, histoire de démarrer 2012 sur de bonnes bases. Happy New Year semble tout à fait indiqué.

Le pitch est rapide: Happy New Year retrace les histoires croisées d'une myriade de personnages qui fêtent la nouvelle année à New York.
Il y a tellement d'histoires et de personnages qu'il est impossible (et inutile) d'essayer d'en dire plus.

Le réalisateur est Garry Marshall, à qui on doit (entre autres) Pretty Woman et Valentine's Day. Ça donne tout de suite un ordre d'idée sur le ton du film: tout le monde est beau et tout est bien qui finit bien.

En fait, Happy New Year, c'est un peu comme quand on lit Gala chez le coiffeur. Une sorte de petit plaisir coupable...

Car l'intérêt n°1 du film, c'est le casting: une foule de stars se presse au portillon, à tel point qu'on se demande comment ils ont fait rentrer tous les noms sur l'affiche. Ce casting de luxe explique sans doute le budget de 56 millions de dollars...
C'est donc assez rigolo de reconnaître les têtes connues dans les tout petits rôles (mention spéciale à Alyssa Milano qui apparaît 10 secondes).

Parmi toutes ces vedettes, c'est à mon avis Michelle Pfeiffer qui s'en sort le mieux. Elle interprète une femme entre deux âges, plutôt pathétique et qui tente de reprendre sa vie en main au travers de ses résolutions de nouvelle année. Et, choc des générations oblige, c'est Zac Efron qui va l'aider.

Autre côté sympa, c'est New york. Je ne sais pas à quoi ressemble Time Square en vrai un soir de Nouvel An mais ça donne drôlement envie d'aller voir.

Il y a du rythme et même un peu de suspense, et on n'a pas le temps d'anticiper les rebondissements du scénario. Alors on se laisse porter par le déluge de clichés et de bons sentiments, le tout enrobé dans des paillettes et des confettis: ça passe tout seul.

Parce que franchement, un 1er janvier, on a le droit de vouloir laisser son cerveau au repos.
Alors si vous ne l'avez pas vu hier, vous avez raté la seule excuse valable... mais vous pourrez le regarder en DVD le 1er janvier 2013!

La petite anecdote:
Hector Elizondo est présent dans tous les films du réalisateur Garry Marshall, qui le considère comme son porte-bonheur.

Infos pratiques:
Happy New Year
sorti le 21 décembre 2011 en France
réalisateur: Garry Marshall
avec: Halle Berry, Jessica Biel, Jon Bon Jovi, Abigail Breslin, Chris 'Ludacris' Bridges, Robert De Niro, Josh Duhamel, Zac Efron, Hector Elizondo, Katherine Heigl, Ashton Kutcher, Seth Meyers, Lea Michele, Sarah Jessica Parker, Michelle Pfeiffer, Til Schweiger, Hilary Swank, Sofia Vergara
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19261482&cfilm=178084.html