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lundi 13 avril 2015

Birdman


Inarritu (Babel, 21 grammes) revient avec un OVNI ciné qui a tout raflé aux Oscars: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleure photo.

Riggan Thomson a connu la gloire à Hollywood en incarnant le super-héros Birdman. Oublié du public, il cherche à remonter en haut de l'affiche en montant une pièce de théâtre à Broadway.

Birdman est un objet de cinéma bien particulier qui ne plaira pas à tout le monde. Il est fait de miroirs, de références et de mises en abimes. La confrontation entre Broadway et Hollywood nous laisse un peu indifférents de ce côté de l'Atlantique.

Mais le sujet principal du film est la célébrité et son côté éphémère. Comment certaines personnes ne vivent plus qu'au travers de l'image qu'ils renvoient à leur public. Comment cela façonne leur vie et celle des gens qui les entoure.

Birdman parle d'un comédien qui s'accroche à sa gloire passée et qui souhaite laisser une trace. Il court après une crédibilité qu'il cherche à racheter. Il veut revenir sur le devant de la scène mais dans un rôle qu'il juge noble, pour qu'on se souvienne de son talent.
Le personnage central (incarné par Michael Keaton) passe par des moments où il se croit le roi du monde, suivis par des phases où il est au fond du trou.

Le réalisateur nous plonge dans ces allers-retours en se fixant un défi de mise en scène. Birdman repose sur un seul plan, sans coupe mais pas sans montage. Les scènes étaient jouées en plan-séquences par les acteurs, dans l'ordre chronologique, et le montage a habilement enchaîné ces plans. Cela donne une grande fluidité: on passe d'un personnage à l'autre, d'une pièce à l'autre sans coupure et sans changement de point de vue. 
On a souvent l'impression d'être dans un labyrinthe. Sentiment renforcé par le fait que la plupart des scènes ont lieu dans les coulisses d'un théâtre aux couloirs étroits (et couverts de la même moquette que l'hôtel dans Shining). Ce dédale où se croise les personnages nous plonge dans cette folie puisque la plupart on un rapport pour le moins étrange à la réalité en plus d'un égo sur-dimensionné.

Le casting est idéal. A commencer par Michael Keaton dont la propre carrière ressemble à celle de son personnage: Batman dans les années 90, il a peu a peu disparu des écrans.
Edward Norton est impressionnant en comédien de théâtre déjanté et convaincu qu'il ne vit vraiment que sur scène. Naomi Watts, Emma Stone, Zach Galifianakis s'en donnent à coeur joie.

Birdman est tortueux, un peu prise de tête et parfois arrogant. Mais il est aussi intelligent, original visuellement, et très bien interprété.

La petite anecdote:
Saurez-vous repérer Martin Scorcese dans le public du théâtre?

Note:
3,5/5

Informations pratiques:
Birdman
sorti le 25 février 2015 en France
réalisateur: Alejandro Gonzalez Inarritu
avec: Michael Keaton, Naomi Watts, Edward Norton, Emma Stone, Zach Galifianakis


lundi 25 février 2013

J'ai été voir... Gangster Squad


Certains thèmes semblent être une source inépuisable d'histoires à raconter au cinéma: la lutte contre les gangsters en fait partie. Et ce thème se décline à toutes les époques: années 20-30 (Lawless), les années 40-50 (Le Parrain, Les Affranchis, L.A Confidential), les années 70-80 (American Gangster, Scarface) jusqu'à aujourd'hui (Les Infiltrés)...

Après la Seconde Guerre Mondiale, à Los Angeles, une unité spéciale est mandatée par le chef de la police pour détruire l'empire de Mickey Cohen, un parrain de la mafia qui contrôle la ville.

Sur le papier, le scénario ressemble beaucoup à celui des Incorruptibles; en fait, on en est loin. Mais ce n'est pas la seule référence puisque les clins d'oeil à Scarface et Public Enemies sont nombreux.  

Gangster Squad est sensé aborder le sujet de la différence entre le bien et le mal: qu'est-ce qui différencie les gentils policiers des méchants s'ils sont prêts à tout ? 
Mais on ne va pas jusque là dans la réflexion car le film s'arrête au niveau esthétique du film de gangster.
Les années 50 sont parfaitement reconstituées: les chapeaux et les impers tombent parfaitement, les robes du soir ressemblent à celle de Jessica dans Qui veut la peau de Roger Rabbit? et les sulfateuses font un bruit d'enfer. C'est à un exercice de style que se livre le réalisateur Ruben Fleisher, il nous donne à voir un Los Angeles fantasmé.

Et il faut admettre que son casting a de l'allure. A la tête de l'équipe de policiers de chocs, Josh Brolin et sa mâchoire hyper-carrée. Pas hyper charismatique mais il a le physique parfait pour le personnage...
Pour continuer dans les physiques parfaits, Ryan Gosling prête sa gueule d'ange à Jerry Wooters, flic désabusé et séducteur second degré. Ok, il est plus mannequin qu'acteur: Los Angeles fantasmé on vous dit... 
La déception surprise vient de Sean Penn qui est d'habitude impeccable mais qui, ici, en fait beaucoup trop. Sur-maquillé pour le transformer en ex-boxeur, il s'énerve très fort et se fâche tout rouge mais il ne fait pas un Mickey Cohen convaincant.

Gangster Squad ressemble en fait à une BD, un de ces comics américains qui rassemblerait une bande de héros pour une quête de justice. Dans cette équipe de flics, que l'on pourrait rebaptiser "United Colors of LAPD", tous les quotas sont remplis (1 noir afro-américain, 1 mexicain, 1 geek, 1 vieux senior). 
Visuellement aussi, on est dans le film de super-héros avec des ralentis et des arrêts sur images qui ressemblent aux vieux dessins animés Batman.
La Ligue des Policiers Extraordinaires fait donc son travail et cet esprit BD est renforcé par un humour un peu lourd. Cela permet également de dédramatiser la violence, pourtant bien présente dans le film: on ne prend pas au sérieux les bastons et les fusillades qui paraissent très chorégraphiées.
Pas de subtilité: on ne fait pas dans la dentelle et on ne s'attarde pas sur des détails de l'histoire qui pourraient pourtant lui donner la profondeur qui lui manque.

Gangster Squad est une succession de clichés sur ce qu'est sensé être un film de gangsters dans les années 50. Ce n'est pas désagréable mais ça pourrait être tellement mieux...

La petite anecdote:
La sortie de Gangster Squad a été retardée suite à la fusillade dans le cinéma d'Aurora. Alors qu'il devait sortir en septembre 2012 et que la bande-annonce tournait déjà, la production a décidé de couper une scène du film qui représentait... une fusillade dans un cinéma. Il a même fallu re-tourner entièrement une scène.

Infos pratiques:
Gangster Squad
sorti le 6 février 2013 en France
réalisateur: Ruben Fleisher
avec: Josh Brolin, Sean Penn, Ryan Gosling, Emma Stone
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19415289&cfilm=186168.html 

mardi 15 novembre 2011

J'ai été voir... La Couleur des Sentiments


La Couleur des Sentiments est l'un de ces films qu'on ne peut pas recommander à tout le monde. J'ai beau avoir passé un très bon moment, je sais très bien que ce n'est pas un film qui plaira à tous les spectateurs.
C'est un film de femmes: avec un casting quasi-exclusivement féminin, un thème qui parle des femmes, adapté d'un best-seller écrit par une femme. Vous êtes prévenu(e)s...

Mississippi, dans les années 60, les familles blanches emploient quasiment toutes des domestiques noires pour les aider à tenir leur maison et élever leurs enfants. Quand l'une de ces enfants blanches revient de l'université et décide de demander aux domestiques de l'aider à écrire un livre qui raconte leurs histoires, c'est un vent de panique qui souffle sur Jackson, Mississippi...

Outre le contexte "historique" dans lequel se situe le film (le début du mouvement des droits civils aux Etats-Unis), c'est plus dans une atmosphère que l'on se plonge avec La Couleur des Sentiments. On entre dans ces foyers par la petite porte et on suit les "femmes au foyer", leurs clubs de bridge, leurs chamailleries, leurs angoisses et leur personnel de maison.
Même si on est à la même époque, on est visuellement très loin de Mad Men : autant le New York de Mad Men est sombre, autant le Jackson de La Couleur des Sentiments est ensoleillé... Et pourtant les preoccupations de ces housewifes ne sont pas si éloignées.

La force de La Couleur des Sentiments réside dans les personnages qu'elle met en scène.
Côté "blacks", les caractères sont bien trempés, on se rentre dans le lard régulièrement et la solidarité règne. L'humour aussi puisqu'il permet de surmonter les coups et les humiliations...
Côté "blanches", on est ridicules jusqu'à la caricature, on ne supporte pas le changement et on se prend beaucoup trop au sérieux.
Quand ces deux camps s'affrontent, ça fait des étincelles. Et finalement parfois, entre les deux, on trouve aussi de la tendresse.

La bande d'actrices qui interprète toutes ces femmes est largement à la hauteur. On sent qu'elles ont saisi la chance d'incarner ces beaux rôles que le film leur offre.

Le film aurait donc pu s'intituler "La Couleur des Bons Sentiments" ou "Autant en Emporte le Racisme" car le sujet est traité de façon peu nuancée et assez prévisible. Mais j'ai rit et j'ai été touchée, alors pourquoi bouder son plaisir?...
Pour plus d'aspérités dans les personnages et de profondeur dans l'histoire, j'attaque prochainement la lecture du best-seller dont le film est tiré. 

La petite anecdote
Kathryn Stockett (l'auteure du roman) a écrit le rôle de Minny en s'inspirant directement de l'actrice Octavia Spencer... qui interprète le rôle dans le film!
L'auteure l'a en effet cotoyée puisque l'actrice a vécu pendant 4 ans en colocation avec Tate Taylor, le réalisateur du film et ami d'enfance de Kathryn Stockett.
Ils ont donc naturellement décidé de confier le rôle à son modèle...

Infos pratiques:
La Couleur des Sentiments
sorti le 26 octobre 2011 en France
réalisateur: Tate Taylor
avec: Emma Stone, Jessica Chastain, Viola Davis, Octavia Spencer
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19246232&cfilm=176673.html

mardi 18 octobre 2011

J'ai été voir... Crazy Stupid Love


Crazy, Stupid Love fait partie d'une catégorie bien particulière de films, les "films du dimanche soir", ceux qu'on aime parce qu'on sait en entrant dans la salle qu'on aura le sourire en ressortant.

Et quand le casting est aussi alléchant que pour Crazy, Stupid Love, je n'hésite pas longtemps...
Steve Carell (The Office) joue un gentil père de famille dont la vie tombe en morceaux quand sa femme, jouée par Julianne Moore, lui annonce qu'elle le trompe. Grâce à un jeune tombeur (Ryan Gosling) qui le prend sous son aile, il va apprendre à draguer au XXIème siècle...
Pour ceux qui en doutaient, Ryan Gosling a non seulement un potentiel comique, mais aussi des abdos en acier trempé.
Steve Carell ne tombe jamais dans le mélo ou le clown et il joue sincèrement ce mec un peu paumé et vraiment amoureux.

Crazy, Stupid Love contient évidemment des clichés de comédie romantique et il y a un tas de bons sentiments à l'américaine, mais il y a aussi des dialogues bien ficelés, des personnages bien trempés et des surprises bien amenées...
Et puis les bons sentiments, c'est toujours agréable un dimanche soir.

La petite anecdote:
David A. Siegel, producteur exécutif du film, est aussi celui de Very Bad Trip.

Infos pratiques
Crazy, Stupid Love
sorti le 14 septembre 2011 en France
réalisateurs: Glenn Ficarra, John Requa
avec: Steve Carell, Ryan Gosling, Julianne Moore, Emma Stone
Bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19228368&cfilm=180157.html