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vendredi 7 mars 2014

The Grand Budapest Hotel


Wes Anderson (A bord du Darjeeling Limited, La Vie Aquatique, Fantastique Mr Fox, Moonrise Kingdom) réunit un grand casting pour nous conter sa nouvelle aventure farfelue et poétique.

Monsieur Gustave, concierge omniprésent et attentionné du Grand Budapest Hotel se retrouve impliqué dans des péripéties rocambolesques suite au décès soudain de l'une des clientes. 

L'univers de Wes Anderson est particulier et si vous êtes sensible à son charme désuet, à son attention aux détails et à son humour décalé, The Grand Budapest Hotel ne vous décevra pas.
Moins extravagant que certaines de ses précédents réalisations (La Via Aquatique par exemple), Anderson signe ici un conte malin et pétillant.

Monsieur Gustave est un personnage fascinant qui parvient à conserver son élégance dans toutes les situations. Dandy quasi gigolo, il érige les bonnes manières en style de vie et façonne son monde à coup de politesses. Le flegme britannique de Ralph Fiennes est parfait pour ce personnage qui donne largement le ton du film.

Anderson nous emporte dans le labyrinthe de son Grand Budapest Hotel, allant même jusqu'à faire des sauts dans le temps entre les années 30, 60 et 80.
Il ne perd jamais le rythme et les aventures s'enchaînent de façon surprenante et délicieuse. 
Les connaisseurs du réalisateur reconnaîtront des symboles et des thématiques qui lui sont chers (les trains, les costumes colorés, l'animation image par image, les dédales...).

L'affiche en dit long sur le festival de stars venues faire une apparition (Jude Law, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Willem Defoe et les habitués Owen Wilson et Bill Murray qui apparaissent pour la 7ème fois). Il semble que même les figurants soient connus! Sans doute ces acteurs et actrices viennent se régaler pour quelques jours de tournage à endosser les costumes loufoques que Wes Anderson a imaginé et participer à son univers.

Il n'a pas son pareil pour créer une atmosphère et y faire vivre ses histoires. Il jongle ici entre film d'action et d'évasion, comédie bourgeoise, enquête et romance et semble aussi à l'aise avec tous ces styles.

A bien y réfléchir, il y a une certaine noirceur derrière le rose bonbon de la façade du Grand Budapest Hotel. Le monde de M. Gustave touche à sa fin, l'armée s'installe et la violence n'est pas absente.
Mais grâce à un humour fin et décapant, le spectateur passe 1h40 dans un monde à part, entre burlesque et raffinement.

La petite anecdote:
The Grand Budapest Hotel n'est pas vraiment situé dans les Alpes du pays de Zubrowka: c'est le magasin görtlitzer Warenhaus en Allemagne (à la frontière avec la Pologne et la république tchèque) qui a servi de décors au film.

Infos pratiques:
The Grand Budapest Hotel
sorti le 26 février 2014 en France
réalisateur: Wes Anderson
avec: Ralph Fiennes, Tony Revolori, Adrian Brody, Willem Defoe, Mathieu Amalric, Jude Law, Hrvey Keitel 
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19539015&cfilm=207825.html 

lundi 5 novembre 2012

J'ai été voir... Skyfall


"Mr. Bond, vous avez la fâcheuse habitude de survivre", Octopussy (1983)
Pour la 23ème fois en 50 ans, c'est le retour de l'espion britannique le plus connu du cinéma.

Que l'on soit ou pas adepte de 007, la sortie d'un James Bond est un évènement.
Casino Royale en 2006 avait relancé la licence qui s’essoufflait sérieusement et était passée très près de la fin. On oubliera volontiers Quantum of Solace (2008) dont on mettra la pauvreté sur le compte de la grève des scénaristes.
C'est donc la 3ème apparition de Daniel Craig en James B(l)ond et c'est une belle réussite.

Après une mission qui tourne mal, c'est tout le MI-6 qui est remis en cause. Bond doit donc venir en aide à M dans un monde qui change et dans lequel il n'a peut-être plus sa place...

Skyfall démarre sur les chapeaux de roues et rien que le générique et la chanson d'Adèle valent le déplacement.

Sam Mendes, réalisateur oscarisé pour American Beauty, est aux commandes. C'est peu de dire qu'il était attendu au tournant, n'étant pas du tout connu pour des scènes d'action. Mais il réussit à nous emporter dans une histoire beaucoup plus profonde et une réflexion sur le personnage de Bond. Le film dure 2h20 et on s'en rend agréablement compte: j'avais plaisir à passer ce temps-là dans ce film.

C'est bien à une relique d'un monde qui n'existe plus qu'on a affaire. Sexiste, indestructible, équipé de gadgets improbables, la recette 007 a été épuisée et Skyfall s'applique à la renouveler. On multiplie donc les clins d'oeil et les références aux 22 films précédents de manière à dépoussiérer le mythe. J'ai personnellement trouvé que ça marchait très bien.

Skyfall est un film plus psychologique dans les thèmes qu'il aborde (la vieillesse, l'héritage, etc.) mais rassurez-vous, ça reste un film d'action! Là où Mendes est crédible, c'est que les cascades ne sont pas une fin en soi mais sont au service de l'histoire.

Le réalisateur s'est entouré de pointures à tous les niveaux: la photo est assurée par Roger Deakins et certaines scènes sont sublimes (Shanghai et Macao en particulier); ils sont trois au scénario puisque John Logan est venu renforcer le duo Neal Purvis - Robert Wade qui travaille sur les James Bond depuis 1999.

Daniel Craig quant à lui confirme qu'il a les épaules et le flegme nécessaire pour porter avec confiance le costume (ici signé Tom Ford) de 007. C'est même lui qui a proposé le réalisateur Sam Mendes aux producteurs, preuve qu'il s'est totalement approprié le rôle et qu'il s'y projette. 

Ce qui fait un James Bond, c'est aussi:
1) les James Bond girls: elles sont évidemment superbes ici (Naomie Harris et Bérénice - cocorico - Marlohe), même si les puristes trouveront qu'on ne les voit pas assez.
2) le méchant et c'est pour moi LA réussite de Skyfall: Javier Bardem est magistral en Silva, adversaire miroir de Bond, troublant, détestable et semant le doute autant que la destruction.

Il reste donc le meilleur de 007: son humour, son énergie et ses beaux accessoires (voitures et nanas), mais il reste aussi le sentiment de repartir sur de nouvelles bases pour donner ce qu'il manquait à Bond: une nouvelle jeunesse.

La petite anecdote:
La saga James Bond est une histoire de famille.
A la production, on retrouve Barbara Broccoli et son frère Michaël J. Wilson qui ont pris la succession de leur père Albert R. Broccoli, producteur des 007 depuis les débuts jusqu'en 1989.
Aux cascades, c'est la famille Powell qui figure au générique de tous les James Bond depuis Dr No: dans Skyfall, c'est Gary Powell qui double Daniel Craig, alors que son père, son oncle et son frère ont fait de même depuis les années 60.

Infos pratiques:
Skyfall
sorti en France le 26 octobre 2012
réalisateur: Sam Mendes
avec: Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem, Ralph Fiennes, Albert Finney, Naomie Harris, Berenice Marlohe, Ben Whishaw
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19378475&cfilm=145646.html