Affichage des articles dont le libellé est Judi Dench. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Judi Dench. Afficher tous les articles
lundi 5 novembre 2012
J'ai été voir... Skyfall
"Mr. Bond, vous avez la fâcheuse habitude de survivre", Octopussy (1983)
Pour la 23ème fois en 50 ans, c'est le retour de l'espion britannique le plus connu du cinéma.
Que l'on soit ou pas adepte de 007, la sortie d'un James Bond est un évènement.
Casino Royale en 2006 avait relancé la licence qui s’essoufflait sérieusement et était passée très près de la fin. On oubliera volontiers Quantum of Solace (2008) dont on mettra la pauvreté sur le compte de la grève des scénaristes.
C'est donc la 3ème apparition de Daniel Craig en James B(l)ond et c'est une belle réussite.
Après une mission qui tourne mal, c'est tout le MI-6 qui est remis en cause. Bond doit donc venir en aide à M dans un monde qui change et dans lequel il n'a peut-être plus sa place...
Skyfall démarre sur les chapeaux de roues et rien que le générique et la chanson d'Adèle valent le déplacement.
Sam Mendes, réalisateur oscarisé pour American Beauty, est aux commandes. C'est peu de dire qu'il était attendu au tournant, n'étant pas du tout connu pour des scènes d'action. Mais il réussit à nous emporter dans une histoire beaucoup plus profonde et une réflexion sur le personnage de Bond. Le film dure 2h20 et on s'en rend agréablement compte: j'avais plaisir à passer ce temps-là dans ce film.
C'est bien à une relique d'un monde qui n'existe plus qu'on a affaire. Sexiste, indestructible, équipé de gadgets improbables, la recette 007 a été épuisée et Skyfall s'applique à la renouveler. On multiplie donc les clins d'oeil et les références aux 22 films précédents de manière à dépoussiérer le mythe. J'ai personnellement trouvé que ça marchait très bien.
Skyfall est un film plus psychologique dans les thèmes qu'il aborde (la vieillesse, l'héritage, etc.) mais rassurez-vous, ça reste un film d'action! Là où Mendes est crédible, c'est que les cascades ne sont pas une fin en soi mais sont au service de l'histoire.
Le réalisateur s'est entouré de pointures à tous les niveaux: la photo est assurée par Roger Deakins et certaines scènes sont sublimes (Shanghai et Macao en particulier); ils sont trois au scénario puisque John Logan est venu renforcer le duo Neal Purvis - Robert Wade qui travaille sur les James Bond depuis 1999.
Daniel Craig quant à lui confirme qu'il a les épaules et le flegme nécessaire pour porter avec confiance le costume (ici signé Tom Ford) de 007. C'est même lui qui a proposé le réalisateur Sam Mendes aux producteurs, preuve qu'il s'est totalement approprié le rôle et qu'il s'y projette.
Ce qui fait un James Bond, c'est aussi:
1) les James Bond girls: elles sont évidemment superbes ici (Naomie Harris et Bérénice - cocorico - Marlohe), même si les puristes trouveront qu'on ne les voit pas assez.
2) le méchant et c'est pour moi LA réussite de Skyfall: Javier Bardem est magistral en Silva, adversaire miroir de Bond, troublant, détestable et semant le doute autant que la destruction.
Il reste donc le meilleur de 007: son humour, son énergie et ses beaux accessoires (voitures et nanas), mais il reste aussi le sentiment de repartir sur de nouvelles bases pour donner ce qu'il manquait à Bond: une nouvelle jeunesse.
La petite anecdote:
La saga James Bond est une histoire de famille.
A la production, on retrouve Barbara Broccoli et son frère Michaël J. Wilson qui ont pris la succession de leur père Albert R. Broccoli, producteur des 007 depuis les débuts jusqu'en 1989.
Aux cascades, c'est la famille Powell qui figure au générique de tous les James Bond depuis Dr No: dans Skyfall, c'est Gary Powell qui double Daniel Craig, alors que son père, son oncle et son frère ont fait de même depuis les années 60.
Infos pratiques:
Skyfall
sorti en France le 26 octobre 2012
réalisateur: Sam Mendes
avec: Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem, Ralph Fiennes, Albert Finney, Naomie Harris, Berenice Marlohe, Ben Whishaw
bande-annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19378475&cfilm=145646.html
Libellés :
- S,
2012,
Action,
Albert Finney,
Ben Whishaw,
Berenice Marlohe,
Daniel Craig,
Javier Bardem,
Judi Dench,
Naomie Harris,
Ralph Fiennes,
Réal: Sam Mendes,
Thriller
vendredi 18 mai 2012
J'ai été voir... Indian Palace
Spécialité britannique n°1: l'humour au second degré (à égalité avec le fish & chips)
Exemple réussi: Indian Palace.
C'est l'histoire d'un hôtel en Inde qu'un jeune rêveur veut transformer en maison pour seniors britanniques. S'y rencontrent des sexagénaires hauts en couleurs, qui sont tous en quête de quelque chose...
L'élément principal du film, c'est l'Inde et ce fameux hôtel (le "Best Exotic Marigold Hotel for the elderly and beautiful" qui a donné le titre du film en anglais). On plonge tête la première dans la foule, les couleurs, le bruit de Jaïpour. Le film partant du principe que les personnes âgées ne recherchent pas nécessairement le calme dans lequel on essaie de les confiner en Occident, l'activité grouillante de l'Inde est palpable.
Pour camper son équipe de séniors, le réalisateur John Madden (Shakespeare in Love, L'Affaire Rachel Singer) s'est tout simplement entouré de ce qui se fait de mieux en terme d'acteurs de plus de 60 ans au pays de Sa Majesté. Grâce à ce casting impeccable, les personnages deviennent extrêmement attachants et vrais.
Judi Dench (M dans les derniers James Bond, récemment dans My Week with Marilyn) rayonne, Maggie Smith (Harry Potter, Gosford Park et la série Downtown Abbey) est hilarante, Tom Wilkinson est très touchant. Quant à Bill Nighy (Love Actually, Good Morning England), il est comme d'habitude irrésistible et "so british".
Certes, sept personnages principaux, plus Dev Patel qui joue le doux dingue qui tente de manager cet hôtel, ça fait beaucoup. On ne creuse pas en profondeur les histoires de chacun.
Mais cette galerie de personnages permet à Madden de nous proposer différentes réponses à la question: "Comment envisage-t-on son avenir quand on sait que la majeure partie de sa vie est déjà passée?"
De façon légère mais sensible, plusieurs aspects de la vieillesse sont abordés.
La vieillesse qui fait peur et qu'on cherche à repousser mais qui est traitée ici de façon franche et si drôle.
Car si le scénario n'échappe pas à quelques (rares) lenteurs, elles sont largement compensées par les éclats de rire et le charme qui se dégage de cette histoire.
Allez-y! et si vous pouvez, emmenez vos (grands) parents avec vous.
Et tant que vous y êtes, invitez-les au resto indien dans la foulée...
La petite anecdote
La moyenne d'âge du casting est de 68 ans.
Infos pratiques
Indian Palace
sorti le 9 mai 2012 en France
réalisateur: John Madden
avec: Judi Dench, Tom Wilkinson, Bill Nighy, Dev Patel, Maggie Smith, Celia Imrie, Penelope Wilton, Tena Desae
jeudi 5 avril 2012
J'ai été voir... My Week with Marilyn
En 1956, Marilyn Monroe, tout juste mariée à Arthur Miller et au sommet de sa gloire, vient en Angleterre pour la première fois. Elle tourne dans Le Prince et la Danseuse, de et avec Sir Laurence Olivier. Colin Clark est 3ème assistant réalisateur sur le plateau ; il raconte sa relation particulière avec miss Monroe.
My Week with Marilyn est le premier film de fiction ayant pour sujet l’actrice et le mythe qui l’entoure. Les clichés sont nombreux sur cette icône, actrice, chanteuse, femme-enfant et croqueuse d’hommes.
Ce film viendra conforter les clichés plutôt que les expliquer : on en apprend peu sur le « personnage » Marilyn.
Simon Curtis nous montre la femme fragile, qui n’a pas du tout confiance en elle et qui recherche constamment une figure masculine et l’approbation de tous. Il nous montre aussi la diva manipulatrice, très consciente de son image. En revanche, on passe très rapidement sur les addictions de la star aux médicaments et à l’alcool.
Surtout, on comprend la fascination qu’elle provoquait sur tous : hommes, femmes, tout le monde est bouche bée face à son magnétisme. Elle est au centre puisque tous les autres personnages se définissent par rapport à elle : amoureux d’elle, jaloux d’elle, revenu de son aura ou au contraire complètement sous le charme…
Le réalisateur Simon Curtis vient du monde de la télévision. Il a principalement travaillé sur des séries de la BBC. Il savait que ce premier long métrage serait très attendu, et il a réalisé un travail très soigné et précis. Il n’a pas vraiment pris de liberté avec son histoire et du coup, il manque un peu de folie et de profondeur… Tout est bien fait (la lumière, les décors, la musique) mais rien ne ressort vraiment.
Qui dit biopic, dit comparaison entre les performances des acteurs et les « originaux ». Encore plus quand le film traite de stars de cinéma…
Michelle Williams incarne Marilyn Monroe et j’ai trouvé qu’elle s’en sortait très bien. Au-delà d’un mimétisme physique, elle reproduit les mimiques qui rendent la star telle qu’on se l’imagine. Surtout, elle a une retenue et une fragilité qui la rendent très sensible : on la sent au bord des larmes, comme si elle pouvait craquer à tout moment.
Kenneth Branagh joue Sir Laurence Olivier et je dois avouer que j’ai moins d’images du « vrai » sir Laurence. J’ai trouvé qu’il en faisait un peu trop…
Quant à Eddie Redmayne, vous reconnaitrez son visage très « bristish » et sa silhouette longiligne si vous avez vu la série adaptée des Piliers de la Terre ou si vous êtes tombé sur la dernière campagne de pub pour Burberry. Il est très juste dans son interprétation de ce jeune aristocrate attiré par les paillettes du cinéma et qui a du mal à croire à ce qui lui arrive.
Encore une fois, les seconds rôles sont très au point. Emma Watson (Hermione dans Harry Potter) est une très chouette petite costumière. Judi Dench (M dans les derniers James Bond et bientôt dans Indian Palace que j’attends avec impatience) est Dame Sybil Thorndike, grande actrice britannique que Dench avait effectivement rencontré en 1958. La liste est encore longue donc je ne mentionnerai qu’un de mes chouchous : Dominic Cooper (Mamma Mia !, Une Education) qui est ici électrique.
Il y avait beaucoup de battage autour de My Week with Marilyn, ce qui est garanti quand Bob Weinstein est producteur (cf Le Discours d’un Roi ou The Artist). Michelle Williams a été nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice et Kenneth Branagh pour celui du meilleur second rôle masculin.
Pas de déception donc et des performances agréables : My Week with Marilyn est une chronique détaillée et sage sur un mythe qui reste encore à déchiffrer.
La petite anecdote :
Saurez-vous retrouver les 5 acteurs de My Week with Marilyn qui figurent au moins une fois dans la série des Harry Potter ? (réponse dans le 1er commentaire)
Infos pratiques :
My Week with Marilyn
Sorti le 4 avril 2012 en France
Réalisateur: Simon Curtis
Avec : Michelle Williams, Eddie Redmayne, Kenneth Branagh, Judi Dench, Emma Watson, Dominic Cooper
lundi 16 janvier 2012
J'ai été voir... J. Edgar
J. Edgar raconte la vie de l’homme qui a créé puis dirigé le FBI pendant près de 50 ans. Aux premières loges (voire partie prenante) de l’histoire américaine, il cachait une personnalité complexe sous une carapace d’homme implacable.
Sur le papier, tout y est : le réalisateur célèbre (Clint Eastwood), le sujet passionnant (un personnage historique mystérieux, un demi-siècle d’histoire des Etats-Unis), des acteurs au sommet (Léonardo DiCaprio, Naomi Watts), un scénariste oscarisé (Dustin Lance Black, récompensé en 2009 pour Milk)...
C’est à se demander ce qui s’est passé pour en arriver à ces 2h15 que comptent J.Edgar.
Commençons par ce point : 2h15. Certes, la période historique dont il est question est vaste et riche. Mais la durée du film ne se justifie pas mais la quantité d’événements relatés mais par un rythme lent qui nous empêche de nous emballer et de faire passer le temps plus vite.
Clint Eastwood a choisi de raconter la vie de Hoover en le faisant lui-même écrire son histoire. On se balade donc entre le passé des souvenirs et un présent où le vieux directeur dicte ses mémoires à de jeunes scribes. Ces allers-retours dans le temps sont plutôt bien construits, et ne gênent pas, notamment grâce à un souci du détail au niveau des décors et des costumes. Surtout, on se rend rapidement compte que Hoover livre sa version de l’histoire, celle dont il aimerait qu’on se souvienne plutôt que l’exacte vérité.
Eastwood fait le choix de présenter la face cachée du personnage et le scénario se concentre donc sur les aspects privés de sa vie. En particulier sa relation avec sa mère puis celle, ambiguë, avec son bras droit, Clyde Tolson. A mon sens, ce focus sur le côté personnel se fait au détriment des éléments historiques et de témoignage. Je ne m’attendais pas à voir un documentaire sur le FBI mais il est tout de même très frustrant de sortit sans avoir l’impression d’en savoir plus sur cette institution.
Dans la presse et pour expliquer le contexte du film, on présente Hoover comme l’homme qui a côtoyé huit présidents des États-Unis, qui est parfois surnommé le « faiseur de rois ». Or le film ne nous donne rien à voir de cet aspect politique : on survole les événements historiques comme des péripéties et ne sait pas ce qui se passe dans le bureau ovale…
On assiste au récit de la vie d’un homme obsédé par le secret parce que rongé lui-même par l’amour qu’il éprouve pour un autre homme et que son éducation (et son époque) empêchent d’assumer publiquement. C’est tragique sans doute, mais même les ficelles psychologiques sont grosses et difficiles à avaler.
Clint Eastwood se débat peut-être avec une histoire mal ficelée mais il sait tirer le meilleur des acteurs qu’il dirige.
Léonardo DiCaprio habite J. Edgar Hoover et sait lui donner les mimiques qui le rendent vivant. Si on doit comparer les biopics dans lesquels il a joué, sa performance dans l’Aviator de Scorcese et tout de même un cran au-dessus. La faute peut-être ici au masque de plâtre et au maquillage destiné à le vieillir qui doivent sacrément gêner pour jouer.
Le bras droit / ami / amant est interprété par Armie Hammer, que l’on avait (doublement) vu dans The Social Network dans lequel il jouait les jumeaux Winkelvoss. Il est ici tout en retenue pour nous montrer l’amour et l’admiration de son personnage.
Enfin Naomi Watts est Helen Gandy, la secrétaire particulière de Hoover. Sur elle, le maquillage ne fait pas faux et elle arrive à véhiculer à la fois la tendresse et la fidélité pour cet homme avec qui elle a travaillé pendant 50 ans.
J’attendais J. Edgar avec impatience, en me disant que Au-delà n’avait été qu’une erreur de parcours de Clint Eastwood réalisateur. Mais le film est long et lent, et on s’ennuie en attendant qu’il se passe enfin quelque chose. Bref, c’est poussif.
Et c’est dommage qu’un sujet pareil n’ait pas été confié à un réalisateur plus ambitieux…
La petite anecdote
Reproduire le sol de granit du Ministère de la Justice, c’était trop cher. Le chef décorateur a donc pris le vrai sol en photo sous tous les angles et l’ont reproduit sur du contreplaqué.
Infos pratiques
J. Edgar
sorti le 11 janvier 2012
réalisateur : Clint Eastwood
avec : Léonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Judi Dench
Inscription à :
Articles (Atom)



