lundi 20 février 2012

J'ai été voir... Dos au Mur



Mise en garde : si vous souhaitez voir ce film, ne regardez pas la bande-annonce et ne lisez pas de critiques (sauf celle-ci bien sûr…) : elles en disent trop !

Nick Cassidy est prêt à sauter du haut d’un immeuble new-yorkais. Une négociatrice de la police va tenter de l’en dissuader et de comprendre ce qui se passe vraiment. Petit à petit, les morceaux du puzzle se mettent en place.

Le réalisateur Asger Leth a bien intégré une chose pour son premier long métrage : pas la peine de chercher à tout prix à rendre son histoire crédible.
Il y a donc pas mal d’invraisemblances dans Dos au Mur, mais on s’en fiche. Tout simplement parce qu’on sait que c’est du cinéma.

Les critiques mettent Dos au Mur dans la catégorie « thriller » mais je n’irai pas jusque là. Pour moi, il tombe dans la catégorie « film d’action du dimanche soir ». Il en coche les cases principales : une histoire pas trop mal ficelée, des cascades qui font sursauter, des acteurs agréables à regarder (Sam Worthington pour mesdames, Genesis Rodriguez pour messieurs) et une BO pas mal.

Vous l’aurez compris, on n’a pas affaire à un grand film mais on se prend au jeu.

A éviter si vous êtes de mauvaise humeur et que vous n’êtes pas prêt à faire quelques concessions.
Sautez (sic) sur l’occasion si vous cherchez un film d’action qui ne se prend pas trop au sérieux.

La petite anecdote
Sam Worthington est acrophobe, il a une peur extrême du vide. C’est pour affronter cette phobie qu’il a accepté de faire Dos au Mur…  et donc de tourner des scènes à plus de 70m du sol !

Infos pratiques
Dos au Mur
sorti le 15 février 2012 en France
réalisateur : Asger Leth
avec : Sam Worthington, Elizabeth Banks, Jamie Bell, Ed Harris, Genesis Rodriguez


mercredi 15 février 2012

J'ai été voir... La Taupe


A savoir :
1.  Le réalisateur Tomas Alfredson est suédois
2. L’auteur du roman dont est tiré ce film est connu pour la complexité de ses intrigues
Résultat : La Taupe est un film difficile à comprendre. L’histoire est complexe et l’esthétique du film est complexe également…

En 1973, au cœur de la Guerre Froide, George Smiley est limogé du MI6, les services secrets britanniques. Il reprend rapidement du service pour enquêter sur une rumeur qui veut que les Russes aient réussi à implanter une taupe au plus haut niveau du service. Les suspicions et les fausses pistes peuvent commencer…

Pour nous mettre dans l’ambiance des années 70, le réalisateur Tomas Alfredson et son directeur de la photo Hoyte Van Hoytema ont choisi de tamiser la lumière et d’étouffer les bruits. Sauf que c’est toute l’atmosphère qui devient étouffante.
Choisir de raconter une intrigue aussi enchevêtrée en misant sur les silences et les non-dits, c’est demander un vrai effort aux spectateurs. Je ne suis pas contre le fait de réfléchir au cinéma et je pense même que les meilleurs films sont ceux qui demandent de s’impliquer. Mais ici, on est concentré et tendu de peur de rater l’allusion qui permettra d’éclairer tout le reste.

Cette tension (plus que du suspense) est là tout au long du film et on ne peut pas nier qu’Alfredson nous transporte dans sa vision du Cirque (le QG du MI6).
Mais à être trop concentré, on passe à côté des interprétations des acteurs. C’est dommage car on a droit à un casting luxueux.

Gary Oldman tient le rôle principal et il est au cœur du film. Il est d’ailleurs nominé pour l’Oscar cette année. Pour ceux qui ne le reconnaitraient pas à cause de ses lunettes très seventies, sachez que vous l’avez déjà vu dans Harry Potter où il est Sirius Black, le parrain d’Harry, et dans The Dark Knight où il joue le lieutenant policier pote de Batman. Enfin (mais là ça remonte à plus loin) ; il était le méchant Zorb dans Le Cinquième Elément.
Oldman est entouré de seconds rôles tenus haut la main par des acteurs spécialisés dans les seconds rôles : Toby Jones, Mark Strong, John Hurt et… Colin Firth. Tous très bons.
On soulignera la prestation de Benedict Cumberbatch toute en délicatesse. On aura prochainement l’occasion de le revoir puisqu’il joue dan Le Hobbit (sortir en décembre prochain).

J’ai eu la sensation étrange en sortant de La Taupe d’avoir assisté à un bon film mais de ne pas l’avoir compris.
Il y a un travail esthétique certain, et un jeu d’acteurs remarquable. Mais je suis passée à côté de l’intrigue et c’est drôlement frustrant.
Je vais donc courir acheter le roman « Tinker, Tailor, Soldier, Spy » de John LeCarré et me prévoir une rediffusion du film à la sortie du DVD.

La petite anecdote
John LeCarré fait une apparition dans le film, lors de la scène de fête de Noël

Infos pratiques
La Taupe
Sorti le 8 février 2012
réalisateur : Tomas Alfredson
avec : Gary Oldman, Colin Firth, Mark Strong, Toby Jones, Benedict Cumberbatch, John Hurt

mardi 14 février 2012

J'ai été voir... Félins



Si on allait voir un documentaire animalier pour changer un peu ?
Félins est la nouvelle production de DisneyNature, le dernier-né des labels Disney, qui se spécialise dans ce genre.

Au cœur de la savane au Kenya, une lionne et une femelle guépard élèvent leurs petits dans un environnement hostile et sauvage.

Les moyens techniques déployés pour obtenir les images de Félins sont impressionnants. On se retrouve plongé au cœur de la tribu de lions et tous les animaux sont filmés en très gros plan. Une caméra à grande vitesse Phantom HD a été utilisée pour filmer jusqu’à 450 images par seconde !

Je m’attendais à en prendre plein la vue, à voir d’immenses paysages et des courses-poursuites à 100 à l’heure. Je dois dire que j’ai été déçue. Certes, les bébés félins sont craquants et la course du guépard au ralenti est chouette. Mais il n’y a que très peu de plans larges qui permettraient de prendre la mesure de l’environnement quotidien de ces petites bêtes…

Surtout, le récit/scénario qui vient orchestrer les images n’est pas bon. A vouloir mettre en scène un drame épique, les réalisateurs ont trop humanisé les relations entre les animaux. Le résultat n’est tout simplement pas crédible en terme de succession d’événements (un petit guépard qui miaule n’est pas forcément « seul au monde, désespéré de retrouver sa mère » !)

Quant à la voix off, j’ai dû me résoudre à voir Félins en français (il n’est pas diffusé en VO à Paris) et donc à écouter Pascal Elbé au lieu de Samuel L. Jackson qui assure la narration de la version originale. C’est pas terrible.

On peut donc aller voir Félins avec des enfants s’il fait trop froid pour aller au zoo. A condition sans doute de leur expliquer que la vie dans la savane n’est pas aussi romancée…
Mais après tout, on est chez Disney… (qui ressort Le Roi Lion en 3D le 11 avril prochain)

La petite anecdote
Restez jusqu’au générique de fin qui est très rigolo et qui présente les animaux à des postes techniques (la girafe est opérateur grue par exemple…)

Infos pratiques
Félins
sorti le 1er février 2012 en France
réalisateurs : Keith Scholey et Alastair Fothergill

mercredi 8 février 2012

J'ai été voir... Detachment


Les « films de profs », c’est presque un genre à part… Il y a eu Le Cercle des Poètes Disparus, puis plus tard la transposition (ratée) dans un lycée de filles: Le Sourire de Mona Lisa avec Julia Roberts. Dans les années 90, on a Esprits Rebelles avec Michelle Pfeiffer et en BO la chanson 'Gangsta’s Paradise' de Coolio. En France, Entre les Murs de Laurent Cantet a remporté la Palme d’Or à Cannes en 2008 et Isabelle Adjani figurait dans La Journée de la Jupe (adapté d’un fait divers réel si ma mémoire est bonne).
Le cinéma aime se pencher sur le système éducatif et surtout sur ses failles.

Quand le réalisateur d’American History X s’attaque au sujet, on peut donc raisonnablement s’attendre à être bousculé.

Henry Barthes (Adrian Brody) est un professeur remplaçant qui vient passer un mois dans un lycée de la banlieue de New York ou la plupart des élèves (et une partie des profs) ont baissé les bras. Sa route va croiser celle de trois personnages féminins qui vont chambouler les choses : Meredith, une lycéenne mal dans sa peau, Ms Madison, une jeune prof passionnée et Erica une petite prostituée.

Ce qui fait la force du film, c’est qu’au-delà de la critique du système scolaire américain, Tony Kaye pose des questions tout simplement humaines. On est touchés directement par le film, même si on peut se sentir loin de ce lycée new-yorkais.

Le personnage de Barthes cherche à donner à ces gamins ce qu’il n’a pas reçu étant petit : une oreille attentive et un discours rassurant. Mais Barthes n’est pas idéaliste, même pas optimiste au fond… Pour faire son métier, il est obligé de garder ses distances, de se « détacher ». Et c’est bien là tout le sujet : comment aider les autres sans s’impliquer trop pour se protéger soi-même ?

Adrian Brody tient le rôle principal qui lui va comme un gant. Son regard mélancolique et sa silhouette dégingandée collent très bien au personnage. Entre rage contenue et lourd passé, Brody campe un prof complexe et attachant.

A ses côtés, des stars (James Cann, oscarisé pour Le Parrain), des têtes connues (Marcia Gray Harden, Christina Hendricks vue dans Mad Men et Lucy Liu) et des petites nouvelles qu’il faudra suivre (dont Betty Kaye, la propre fille du réalisateur).

Il se dégage de ce film un sentiment d’impuissance assez lourd, comme si même la meilleure volonté du monde ne pouvait pas lutter contre certaines dérives. Mais il y a aussi à mon avis un message qui pousse à aller vers les autres, à ne pas s’enfermer dans sa propre carapace.

Tout n’est pas complètement réussi : la caméra à l’épaule et les gros plans incessants dérangent visuellement et les animations à la craie sur le tableau noir ne sont pas franchement utiles.

Mais ça ne gâche pas le message et l’ambiance générale du film, plutôt déprimant mais très touchant.

La petite anecdote
Trois acteurs oscarisés jouent dans Detachment : Adrian Brody, meilleur acteur pour Le Pianiste, James Caan, meilleur second rôle dans Le Parrain et Marcia Gray Harden, meilleur second rôle féminin pour Pollock d’Ed Harris.

Infos pratiques
Detachment
sorti le 1er février 2012 en France
réalisateur : Tony Kaye
avec : Adrian Brody, James Caan, Marcia Gray Harden, Christina Hendricks, Lucy Liu, Sami Gayle, Betty Kaye




mardi 7 février 2012

J'ai été voir... Another Happy Day



Vous pensiez que l’humour noir était réservé aux anglais ? Eh bien Another Happy Day devrait vous convaincre que les américains savent se défendre dans ce genre.

La famille de Lynn (Ellen Barkin) se réunit pour le mariage de son fils aîné. Ce qui devrait être un jour de fête va très vite déraper quand surgissent les dysfonctionnements de cette famille franchement bancale.

La galerie de personnages que met en scène Sam Levinson est la colonne vertébrale du film : ils sont tous plus dérangés les uns que les autres ! Adultes, ados, personnes âgées : pas d’exception…
Même si on en vient du coup à trouver ça parfois un peu trop gros pour être vrai, on se délecte de leurs excès et de leurs répliques cinglantes.

Ezra Miller confirme ici ce qu’il nous avait déjà montré dans We Need To Talk About Kevin : il se fait une spécialité des rôles d’ados psychotiques. Il incarne ici Eliott, jeune camé qui souffre du syndrome Gilles de La Tourette. On a hâte de la voir jouer autre chose mais il est ici parfaitement dérangeant, fragile et violent.
Ellen Barkin est Lynn, la mère de cette famille de canards boiteux. Elle est omniprésente et son ton larmoyant (et ses lèvres botoxées) sont à la longue un peu pesants. Mais elle porte littéralement cette histoire, avec toutes ses contradictions.

J’ai retrouvé avec plaisir Thomas Haden Church que j’avais beaucoup aimé dans Sideways.
Et les plus grands éclats de rire viennent de la performance de Demi Moore, hilarante en belle-mère hystérique.

On a donc une brochette d’acteurs très en forme qui viennent animer cette réunion de famille haute en couleurs et en émotions.

Dans le fond, l’histoire de Another Happy Day n’est pas très originale et certains trouveront que Sam Levinson donne dans le cliché du cinéma indépendant (le film a d’ailleurs reçu le prix du Meilleur Scénario au festival de Sundance)
Mais c’est rythmé, c’est drôle et si, comme moi, vous rentrez dans l’histoire, c’est un véritable ascenseur émotionnel.

La petite anecdote
Sam Levinson, qui réalise ici son premier long métrage, est le fils de Barry Levinson, réalisateur de Rain Man et Good Morning Vietnam.
Et pour boucler la boucle, Ellen Barkin avait démarré sa carrière au cinéma dans Diner, un film de… Barry Levinson ! (elle ne s’est rendu compte de la filiation Sam/Barry qu’après plusieurs semaines de tournage de Antoher Happy Day)

Infos pratiques
Another Happy Day
Sorti le 1er février 2012 en France
réalisateur : Sam Levinson
avec : Ellen Barkin, Ezra Miller, Kate Bosworth, Demi Moore



jeudi 2 février 2012

J'ai été voir... La Vérité Si Je Mens! 3


Ça faisait 10 ans qu’ils l’annonçaient… on reprend donc les mêmes et on recommence !

On retrouve toute la bande du Sentier, qui a déménagé à Aubervilliers et qui doit faire face à la concurrence venue de Chine. Ils ont des cheveux blancs en plus, un peu de bedaine, ils ont eu des enfants (qui ont grandi) mais au fond, ils n’ont pas changé.

Et c’est bien pour ça qu’on y va, comme pour retrouver une bande de copains qu’on n’a pas vu depuis longtemps.

La raison annoncée (à grands renforts de plateaux télé) pour expliquer l’attente de 10 ans entre le n°2 et le n°3, c’est qu’ils attendaient le bon scénario…
C’est donc un bon scénario ?!... on sent que des efforts ont été faits pour raconter une histoire mais au final, c’est long et cousu de fil blanc. Les rebondissements tarabiscotés sont donc uniquement là pour fournir un décor aux vannes des personnages.

Et surtout (mais là ce n’est pas une surprise), ils en font des tonnes. C’est de la grosse caricature, du bling-bling dans tous les sens et zéro subtilité.
Les femmes qui avaient joué un rôle dans les deux films précédents sont ici relayées au rang de potiches.
Mais on rit finalement de certaines situations poussées à l’extrême et aussi de la complicité entre ces cinq amis.

Car c’est bien ça qui fait tenir le film : l’amitié est non seulement le thème récurrent des Vérité si je mens !, mais c’est aussi celle entre les acteurs qui ont tous rempilé pour ce troisième volet et dont on sent le plaisir qu’ils ont eu à se retrouver.

On ne recommandera donc qu’aux fans d’aller voir La Vérité si je Mens ! 3…

La petite anecdote
C’est le retour de Vincent Elbaz. Alors que dans le 2ème volet, le rôle de Dov était tenu par Gad Elmaleh, Elbaz le reprend dans ce n°3.

Infos pratiques
La Vérité Si Je Mens ! 3
sorti le 1er février 2012 en France
réalisateur : Thomas Gilou
avec : Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Vincent Elbaz, Gilbert Melki


mercredi 1 février 2012

J'ai été voir... Les Nouveaux Chiens de Garde




C’est la première fois que je parle ici d’un documentaire et je me rends compte que c’est un exercice bien différent de la « critique » d’un film de fiction.

Les Nouveaux Chiens de Garde parle de la place des médias dans la société française.
C’est l’adaptation d’un essai écrit en 1997 par Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique, à la suite des grandes grèves de décembre 1995.

Si on reproche parfois au cinéma de ne pas assez prendre position, c’est loin d’être le cas ici.
Les méchants et les gentils sont aussi bien identifiés que dans un Disney : méchants industriels propriétaires des principaux média contre gentils journalistes indépendants qui ne veulent pas rentrer dans le rang.

Le message est clair : les grands groupes industriels et financiers contrôlent l’information et le pluralisme n’existe pas.
Le film fait preuve d’une certaine pédagogie pour délivrer ce message. Le ton au second-degré peut parfois être arrogant mais certaines démonstrations, images d’archive à la clé, sont édifiantes.
Un bon exemple est la séance qui présente le « mercato » des journalistes vedettes, qui changent d’antenne comme dans un jeu de chaises musicales.

On ressort donc moins bête du cinéma après avoir été voir Les Nouveaux Chiens de Garde, mais surtout, on aiguise son sens critique.
Sens critique qu’on exerce aussi sur le documentaire en question puisqu’il frise parfois la caricature… mais qu’il a le mérite de poser des questions qui dérangent, notamment sur le pouvoir réel du journaliste d’aujourd’hui.

Autre démonstration efficace, celle qui prouve par A+B que les « experts » économistes (toujours les mêmes d’ailleurs) n’ont absolument pas vu venir la crise de 2008, tout occupés qu’ils étaient à vanter les mérites du système des marchés financiers.

Il manque quand même un des acteurs indispensables du monde de l’information d’aujourd’hui : le documentaire ne mentionne pas du tout Internet et son potentiel rôle de contre-pouvoir.

Les Nouveaux Chiens de Garde est donc un film résolument militant et argumente sa thèse de façon efficace, même si c’est parfois avec de gros sabots.

Finalement, la place d’un tel film n’est peut-être pas dans une salle de cinéma mais sur un écran de télé. Je doute cependant qu’aucune chaîne ne prenne l’initiative de le diffuser…

La petite anecdote
Pour ceux que ça intéresse, voici un lien qui recense les débats organisés après la projection du film : http://www.acrimed.org/article1667.html

Infos pratiques
Les Nouveaux Chiens de Garde
Sorti le 11 janvier 2012 en France
réalisateurs : Gilles Balbastre et Yannick Kergoat