lundi 17 octobre 2016

Les Pépites


De temps en temps, un documentaire au cinéma, ça permet de se plonger dans une histoire vraie de vrai. Et si c'est pas toujours aussi joli qu'à Hollywood, il y a des héros dans ces histoires.

Depuis 20 ans, un couple de retraités français se bat pour sortir des enfants cambodgiens de leur misère.

En mélangeant les prises de vues actuelles et les images d'époque tournées au caméscope, Xavier de Lausanne nous raconte au plus près cette aventure hors du commun.
Hors du commun et pourtant... Ce qui ressort en suivant étape par étape l'histoire de Christian et Marie-France, c'est l'évidence.

Grands voyageurs et adeptes du système D, ils ne sont pas arrivés au Cambodge en sauveurs ou en se disant qu'ils voulaient faire le bien autour d'eux. Ils sont tombés un peu par hasard sur cette décharge gigantesque à ciel ouverte sur laquelle vivait des milliers d'enfants.
Ils ont décidé d'agir, à leur échelle. Echelle qui a grandi petit à petit, jusqu'à scolariser aujourd'hui plusieurs milliers de jeunes. 

La situation du Cambodge était (et est encore par bien des aspects) tragique. Les conséquences du régime Khmer Rouge ont été non seulement économiques et démographiques mais aussi sociales. Pour de nombreuses familles, le lien s'est brisé, sombrant dans la violence en même temps que dans la misère.

Avec un regard occidental et il faut l'avouer un peu cynique, on se demande si certaines informations ne manquent pas: sur le financement, sur les relations politiques locales, sur l'absence notable de la religion.
Mais on se laisse volontiers convaincre du positif qui ressort de cette initiative. Les Pépites nous montre que les activités à petite échelle fonctionnent et font la différence.

Préparez vos mouchoirs car on ne raconte pas une histoire comme celle-ci en masquant les drames et les épisodes tristes. On flirte d'ailleurs parfois avec un certain voyeurisme...

On notera que le film a été réalisé avec l'aide technique de l'école de cinéma créée par le couple des Pallières à Phnom Penh. C'est en réalisant un film de promotion de l'association "Pour un Sourire d'Enfant" que l'idée de ce documentaire est née pour le réalisateur.

Loin des "feel-good movies" traditionnels, Les Pépites résonne d'authenticité et crée la même sensation: il y a des raisons de croire que ça peut aller mieux.

(Merci Axel et Géraldine pour la suggestion!)

La petite anecdote:
Comme Demain, Les Pépites a été financé partiellement via le site de crowd-funding KissKissBankBank.
Si vous voulez découvrir les prochains projets de films à financer: https://www.kisskissbankbank.com/fr/discover/categories/film-and-video 

Note:
3/5


Infos pratiques:
Les Pépites
sorti le 5 octobre 2016 en France
réalisateur: Xavier de Lausanne

mercredi 5 octobre 2016

Juste la Fin du Monde


Le jeune réalisateur québécois, coqueluche de Cannes depuis plusieurs années, avait frappé un grand coup avec Mommy. On attendait donc son nouveau film avec beaucoup d'impatience, et forcément un peu d’appréhension.

Alors qu'il ne les a pas vu depuis 12 ans, un jeune écrivain revient passer une journée avec sa famille.

Grand Prix à Cannes en 2016, Juste la Fin du Monde poursuit la filmographie à part de Xavier Dolan. Il choisit d'adapter la pièce de JL Lagarce qui date des années 90 (il avait déjà adapté une pièce, Tom à la ferme en 2013 de Michel Marc Bouchard). Même si l'histoire n'est pas de lui, on sent poindre tous les thèmes qui lui sont chers et qu'il aime filmer.

Propre d'une adaptation de pièce, Juste la Fin du Monde est un huis clos, les scène se déroulent dans de petits espaces confinés. Dolan filme alors en (très) gros plans les visages de ses acteurs et met en place son style. Cette façon de filmer peut agacer mais elle a pour effet de nous coller au plus près des personnages.
Moins sentimental que Mommy, les émotions ont mis plus de temps à m'atteindre. Puis, d'un coup, un déclic et on est submergé.

Cette famille est dysfonctionnelle: les personnages ne parviennent pas à se parler. Pour communiquer, ils hurlent et personne ne s'entend. Quand le calme apparaît, c'est via un monologue, souvent surprenant par sa justesse. 
La famille de Louis a géré son absence, chacun à leur façon. En quelques heures, ils ont tant à lui dire et le font avec leurs maladresses.

C'est grâce au personnage de Louis que le film est supportable. Il reste en retrait, en observation. Il ne parvient pas à formuler ce qu'il est venu dire et ce silence (qu'on lui reproche) face aux cris permet de mesurer l'écart qui le sépare des siens. Face à l'hystérie chorale, Louis rentre dans sa coquille.

Dolan parvient à filmer quelque chose de très particulier: la certitude qu'on voit les choses pour la dernière fois. S'installe alors de la mélancolie, de la poésie et parfois un certain réconfort.
Le travail sur la BO (Moby, Blink 182,...) nous accompagne dans cette ambiance.

L'avantage quand on est vu comme un prodige, c'est que les plus grandes stars se bousculent pour travailler avec vous. Juste la Fin du Monde est le premier film au casting 100% français du réalisateur canadien, qui doit donc se passer de l'accent si typique qui avait fait une de ses marques de fabrique.
Gaspard Ulliel est sur le fil, fragile et perdu. Marion Cotillard est dans la retenue avec un personnage bafouillant et bienveillant qui au final est sans doute la seule à comprendre ce qui se passe. Même Lea Seydoux que j'affectionne peu est ici à la hauteur.

On suffoque presque et un étrange rythme s'installe qui ralentit la pourtant courte heure trente que dure le film.
La claque est moins forte qu'avec Mommy, Dolan dit que Juste la Fin du Monde est son premier film d'homme. Il parvient à maintenir cet équilibre entre l'outrance (les cris, les tenues, les couleurs) et la précision (des regards, des mots quand ils sont énoncés calmement) qui font une de ses pattes. 

A voir pour les amateurs de cinéma qui auront a cœur de voir se construire une filmographie. 

La petite anecdote
La pièce de Lagarce avait été jouée en 2008 à La Comédie Française et avait remporté le Molière su spectacle du Théâtre Public. 

Note:
4/5 

Infos utiles:
Juste la Fin du Monde
sorti le 21 septembre 2016 en France
réalisateur: Xavier Dolan
avec: Gaspard Ulliel, Vincent Cassel, Léa Seydoux, Nathalie Baye, Marion Cotillard

jeudi 22 septembre 2016

War Dogs


Après les films ultra-réalistes sur les dernières interventions de l'armée américaine (Zero Dark Thrirty, American Sniper, Du Sang et des Larmes...) est venu le temps des films plus légers autour de cette période.

En exploitant les dédales du système d'achats de l'armée américaine, deux copains magouilleurs se retrouvent marchands d'armes.

La mention "inspiré d'une histoire vraie" attirera forcément l'attention tant l'histoire semble loufoque. Révélée par un article dans Rolling Stones, elle s'est pourtant effectivement déroulée.

Todd Philipps, qui a été aux commandes des trois volets de Very Bad Trip adapte cette épopée, accompagné de ses compères Bradley Cooper (qui a ici un petit second rôle) et Jonah Hill.

On pense à Lord of War pour le thème, on pense à Wolf of Wall Street pour le côté irréel et pourtant fondé, on pense à Scarface parce que les références à ce film parsèment War Dogs. Sans vraiment dénoncer le système mais en en exposant les failles, Phillips nous montre un des envers du monde de la guerre made in USA.

War Dogs nous montre les méandres administratives et l'hypocrisie des services officiels qui ne veulent pas avoir directement traiter avec les gangsters qui détiennent les armes qui les intéressent. Ils mandatent donc des intermédiaires qui en profitent pour gagner (beaucoup) d'argent.
Le film ne s'attarde pas sur un message moralisateur mais en filigrane, on se pose quelques questions. A quel montant fixe-t-on la limite de la morale? jusqu'à combien d'argent est-on prêt à prendre des risques? et à partir de combien ferme-t-on les yeux?

Le duo d'acteurs qui est au centre de l'histoire est irréprochable et c'est sur eux que repose le rythme du film.
On retrouve avec plaisir Miles Teller (aperçu dans Divergente et surtout vu dans le génial Whiplash) avec sa bouille juvénile; il joue une jeune un peu paumé, voulant bien faire, et qui se laisse embarquer et se prend au jeu.
C'est surtout Jonah Hill (vu dans Wolf of Wall Street et Le Stratège entre autres) qui crève l'écran, en bulldozer à la répartie ultra efficace.

Il est curieusement difficile de classer War Dogs. Quelques jours après l'avoir vu, je m'en souviens plutôt comme d'une comédie alors que le thème abordé est dramatique. Le filme passe-t-il pour autant à côté de son sujet? pas vraiment. 
C'est un divertissement efficace, excessif comme ses personnages, survolté comme ses dialogues et au tempo digne d'un clip.

La petite anecdote:
L'enquête parue dans Rolling Stone et qui a révélé cet affaire est disponible ici: 

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
War Dogs
sorti le 14 septembre 2016 en France
réalisateur: Todd Phillips
avec: Miles Teller, Jonah Hill, Bradley Cooper

mercredi 21 septembre 2016

Comancheria


Le scénariste de Sicario Taylor Sheridan est à nouveau à l'oeuvre et nous transporte dans un Texas hors du temps, pays de cow-boys modernes dans une Amérique meurtrie.

Afin de rembourser leurs dettes, deux frères se lancent dans un série de braquages. Un ranger proche de la retraite est décidé à les arrêter.

Les grands espaces texans et les histoires d'hommes à la gâchette facile, on en a déjà vu (beaucoup) au cinéma. Pas évident de se réinventer dans ce cadre ultrabalisé. C'est pourtant ce que réussit à faire David Mckenzie (réalisateur de l'oublié Rock N Love et de Les Poings contre les Murs) avec Comancheria

La chevauchée de ces deux frères est avant tout une réussite esthétique et poétique. Tourné au Nouveau Mexique mais sensé se passer dans l'Ouest du Texas, Comancheria nous livre aux étendues arides et brutales du Sud des USA. Mackenzie a un sens très développé du paysage, qu'il accompagne d'une BO léchée (Nick Cave en tête).

Pour le fond, on constate les effets concrets de la crise. Souvent, le nouveaux westerns voient se battre un duo ou un couple au nom d'une quête d'absolu ou d'une révolte générale. Ici, les frères Howard ont des motivations bien plus simples: ils se battent pour leur terre. Ils prennent leur revanche à leur échelle contre un système qui les a écrasé et contre un environnement dont ils sentent qu'ils ne peuvent pas sortir autrement que par l’illégalité.
Dans leur façon très "redneck" de voir le monde, la justice se porte à la ceinture. Ce supplément d'âme texan est attachant tout autant qu'anachronique. En VO, le titre du film est Hell or High Water, une expression signifiant "faire ce qui doit être fait" et qui illustre bien la dynamique du film.

Chris Pine (récemment vu dans Star Trek Sans Limites) est surprenant en paysan tête pensante de cette opération. Ben Foster, le Lance Armstrong de The Program, est impressionnant en frère mais habité par une violence destructrice.
Jeff Bridges pousse le bouchon un peu loin dans le personnage du shérif vieillissant. Il apporte l'élément comique souvent salvateur.

Comancheria est un mélange de western, de film de braquage, de constat social, de road-movie et aussi disparate que soit cette liste, ça fonctionne. Carton plein.

La petite anecdote
Une semaine après le tournage, une des banques qui a servi de décor au film a été braquée.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Comancheria
sorti le 7 septembre 2016 en France
réalisateur: David Mackenzie
avec: Chris Pine, Jeff Bridges, Ben Foster


lundi 19 septembre 2016

Frantz


Certains disent qu'un mauvais Ozon, c'est toujours mieux que beaucoup d'autres films. Alors quand c'est un bon Ozon...

Un jeune français rescapé de la 1ère Guerre Mondiale vient se recueillir sur la tombe d'un soldat allemand.

Le réalisateur de Potiche, Jeune et Jolie, et Huit Femmes (entre autres) propose un film d'un classicisme déroutant. Filmé en 35mm, présenté en noir et blanc avec au casting un ancien de la Comédie Française: le risque de sentir la poussière est fort.

L'exercice est finalement plutôt réussi pour Ozon. Certes Frantz est un film lisse et propre sur lui; comme le milieu bourgeois qu'il met en scène. Mais le réalisateur se sert de ce cadre pour explorer ses sujets favoris: le deuil, le secret...
Adapté d'une pièce de théâtre de Maurice Rostand, Frantz installe un suspense qui ne se dissipe qu'au goutte à goutte. 

Contrairement à ce que le titre peut laisser à penser, c'est bien le personnage d'Anna qui est au cœur du film. La jeune fiancée du soldat allemand décédé est le personnage dont Ozon dresse le portrait car c'est sur elle que se reportent les chagrins, les révélations, les mensonges. Et c'est bien là le sujet du film: on parle ici du droit au secret, du droit au mensonge pour protéger ceux qui doivent l'être.

Paula Beer, impeccable, donne un visage délicat et une beauté classique à Anna. Elle incarne cette si petite place laissée aux femmes au lendemain de cette guerre d'hommes.

Face à elle, Pierre Niney, choix quasi évident à la description du personnage tant sa fragilité et son élégance vont de soi. Niney a pour l'occasion appris à jouer du violon, danser la valse et parler allemand. Le problème avec les choix évidents, c'est qu'on est peu surpris.

Frantz souffre d'un côté "exercice de style" qui empêche l'émotion de s'installer. Comme si le film était trop élégant pour provoquer un émoi. Il reste cependant de superbes images, comme de belles photos. L'utilisation du noir et blanc est graphique mais sert aussi l'histoire (avec une petite astuce un peu facile mais efficace). Quant à la langue allemande, elle contribue à installer l'atmosphère.
Ozon multiplie les fausses pistes mais reste dans le pur mélodrame, nous balade pour mieux nous surprendre.

Très écrit et à la mise en scène presque ampoulée, Frantz peut paraître coincé. Il reste un film a l'esthétique soignée et au déroulé impeccable.
Un bon Ozon.

La petite anecdote:
Après Yves Saint Laurent en 2014, Pierre Niney sera très prochainement à l'affiche de deux nouveaux biopics: L'Odyssée sur la vie de Cousteau et La Promesse de l'Aube adapté du roman autobiographique de Romain Gary.

Note:
3.5/5

Infos pratiques:
Frantz
sorti le 7 septembre 2016 en France
réalisateur: François Ozon
avec: Paula Beer, Pierre Niney

vendredi 16 septembre 2016

Toni Erdmann


Triomphe auprès de la critique à Cannes mais oublié du palmarès, voici une comédie allemande (oui, je sais, c'est surprenant).

Inès est une femme d'affaire trentenaire. Quand son père débarque à Bucarest où elle travaille, il lui demande si elle est heureuse. C'est le début d'une réflexion plus profonde.

Autant le dire tout de suite, Tony Erdmann est un film complètement loufoque (pour ne pas dire perché). Très personnellement, je suis passée à côté.
Encensé par la critique cannoise, il n'est reparti qu'avec le Prix de la Critique Internationale.
Pendant 2h45, on assiste à une farce délirante: si on ne prend pas le train dès le départ, il est difficile de le rattraper en cours de route.

Maren Ade nous raconte l'histoire de deux personnages que tout oppose malgré leur parenté. Inès est le symbole de cette jeunesse workaholic qui a sacrifié sa joie de vivre sur l'autel de la carrière brillante. Winfried est un père qui ne communique que par de vieilles blagues dont tout son entourage est lassé.

En combinant chronique intime et critique sociale, la réalisatrice allemande touche des sujets profonds et très actuels. 
L'esthétique à la Derrick, le rythme délibérément lent et l'allemand mêlé de roumain ont eu raison de mon niveau d'attention.

On est surpris de la tournure complètement farfelue que prennent les événements. Les sauts vers l'absurde sont assurés par le personnage du père et font (parfois) rire. Mais c'est un rire presque nerveux, et pas franchement agréable.

Le personnage d'Inès est à la fois cassante et attachante dans sa solitude parée des symboles de la réussite professionnelle. Son père est balourd et délicat dans son souhait de se reconnecter avec sa fille.

Les critiques (Telerama en tête, j'aurais dû me méfier) ont loué l'écriture nette, l'atmosphère si spéciale, le ridicule assumé.
Pour ma part, je me suis de nombreuses fois demandé ce que je faisais là.

La petite anecdote:
La mascotte de Cannes 2016 c'est lui, le kukeri, créature bulgare sensée chasser les mauvais esprits. Présent dans Toni Erdmann, il est venu monter les marches.
Le comble, c'est qu'il apparaissait dans un second film, Apnée, présenté à la Semaine de la Critique. 

Note:
1/5

Infos pratiques:
Toni Erdmann
sorti le 17 août 2016 en France
réalisatrice: Maren Ade
avec: Peter Simonischek, Sandra Hüller

jeudi 15 septembre 2016

Divine(s)

Avoir envie d'aller au ciné un mardi soir.
Choisir une séance un peu au hasard.
Se retrouver à assister à l'avant-première du film récompensé par la Caméra d'Or à Cannes cette année, avec l'équipe du film pour un débat après la projection.

Dounia vit dans une banlieue et elle rêve de pouvoir et d'argent. Elle décide avec sa meilleure amie de marcher dans les pas de Rebecca, une dealeuse respectée.

La réalisatrice Houda Benyamida a fait du bruit à Cannes, avec un discours fleuve et spontané au moment de recevoir son prix (à voir ici). Cette énergie débordante, on la retrouve dans Divines
Elle décrit son film comme "une rencontre entre le politique et le sacré" et là on se dit: mince, encore un film prise de tête, spécial Festival de Cannes. Mais non. Divines parle de politique, de sacré, mais Divines parle aussi d'amitié, de romantisme, de colère.

On pense à Audiard, à Kechiche pour la façon de filmer la banlieue comme un décor et pas comme un sujet.
Divines brouille les repères masculins et féminins. Tout ce qui est fin, esthétique, artistique est porté par des personnages d'hommes (notamment Djigui, joué par Kevin Mischel, épatant danseur-acteur). Alors que la violence, la rage, les coups, sont du côté des filles.

Les héroïnes renversent les codes de la bienséance: elles sont bruyantes, elles courent après l'argent comme un sésame pour une vie meilleure. Elles veulent de la "money, money, money", des ferraris, des Rolex, du bling-bling. Ce rêve matérialiste est lié à une violence verbale et physique: Dounia et Maimounia en feront brutalement l'expérience.

C'est un premier film à la fois pour la réalisatrice et pour la plupart des acteurs. On sent leur fraîcheur et leur envie de raconter cette histoire. Oulaya Amamra (qui est la soeur de Houda Benyamida) est lumineuse mais aussi Deborah Lukumuena et Jisca Kalvenda, excellentes.

Pas forcément ultra original (scènes inévitables d'échec scolaire, de confrontation avec la police), Divines est surtout très efficace. C'est un film qui fonce dans le tas, qui nous laisse étourdi et qui fait ensuite réfléchir sur des éléments plus cachés dans les recoins du film. Divines touche parce qu'on sent que toute cette énergie doit être canalisée, comme Dounia qui doit trouver un équilibre entre sa rage et ses peurs.

La petite anecdote:
La réalisatrice Houda Benyamida a créé en 2006 l'association 1000 visages (www.1000visages.fr) destinée à promouvoir la diversité dans les castings de cinéma.

Note:
4/5

Infos pratiques:
Divines
sorti le 31 août 2016 en France
réalisatrice: Houda Benyamida
avec: Oulaya Amamara, Deborah Lukumuena, Jisca Kelvenda, Kevin Mischel